NEUF OLFACTIF
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dans sa partie terminale. Ainsi le pédicule est composé de substance blanche et de substance fïrise. La première occupe le plan inférieur, la deuxième le plan supérieur. La substance blanche est formée de libres trés-llnes idcnti([ues à celles de l'encéphale ; la grise par des cellules et de la matière granuleuse. C'est doncen déhnitiveune portion, un petit lobe des centres nerveux. On a prétendu que ce pédicule présentait un canal central, mais jamais il n'en existe chez l'adulte. 11 n'y a que chez l'embryon que le fait a pu être constaté
Fig. 56.
Schéma du nerf olfactif. — 1" pédoncule, bulbe, partie centrale des branches terminales ; 2" partie périphérique de ces mêmes branches. — a, derme. — b, réseau nerveux. — d, cellule épithéliale. — c, fibrille libre.
quelquefois, mais cela suffit pour accuser la nature centrale. C'est une expansion, en voie de disparition, de la grande cavité qui sert d'axe fictif à l'édification progressive de la masse cérébro-spinale. Dans le bulbe, on trouve encore un grand nombre de cellules qui sont munies de prolongements ramifiés et qui sont plus petites que celles du pédicule. Elles sont plongées au milieu d'un réseau inextricable de fibres dont il est impossible de déterminer les rapports avec les nerfs olfactifs proprement dits. Quant aux branches qui émanent de la partie inférieure du bulbe et qui méritent seules le
nom de nerfs, elles ont un névrilènic el elles sont exclusivement formées par des tubes. Quelques niicrographes prétendent que ceuxci diffèrent des tubes des nerfs ordinaires par un contenu tout à fait granuleux. Mais je crois que c'est là une simple modification cadavérique qui atteste du moins la grande tendance à s'altérer rapidement que présente particulièrement ce nerf, en raison sans doute de son mode de terminaison et du terrain dans lequel ses dernières ramifications se trouvent plongées. Suivant Eckhard les branches terminales viennent former, entre le derme et l'épithélium de la muqueuse, un réseau que Horne croyait être leur mode de terminaison ultime, mais qui en réalité donne lui-môme naissance à des pinceaux de fibrilles excessivement minces. Au dire de cet auteur, celles-ci s'insinueraient dans les interstices laissés par les cellules épithéliales, et leurs extrémités, restant tout à fait libres, viendraient plonger directement dans le mucus nasal. Dernièrement Brunn a prétendu que l'épithélium est lui-même recouvert par une membrane limitante, ressemblant à une couche liquide qui vient de se solidifier. Elle serait traversée par de petits canaux livrant passage aux prolongements des cellules olfactives. Mais Cizoflf, de son côté, nie même la perforation de l'épithélium par les fibrilles nerveuses. Celles-ci ne deviendraient libres qu'accidentellement, par suite d'une desquammation partielle.
Physiologie normale. — Jusqu'à la fin du vnf siècle, l'existence de la l'^ paire fut méconnue, du moins en tant que cordon nerveux, et elle fut seulement considérée comme un système de conduits destinés à déverser dans les fosses nasales les humeurs excrémentitielles du cerveau exprimées et recueillies par la glande pituitaire. C'était pour l'encéphale une voie d'épuration. Il n'est pas d'erreur, d'absurdité même, qui ne trouve son excuse et parfois sa justification apparente dans des faits mal interprétés. Cette application particulière de la doctrine humorale était riche sous ce rapport et a laissé des racines encore très-vivaces dans le public de nos jours. L'espèce d'obtusion de l'intelligence gui accompagne dans le coryza l'obstruction des fosses nasales, son réveil relatif au moment où survient l'hypersécrétion de la pituitaire; la douleur frontale que provoque le gonflement de la muqueuse des tissus ; la stimulation réflexe que les priseurs trouvent dans l'usage du tabac; l'expression si pittoresque de rhume de cerveau , tout cela concourt à perpétuer cette idée erronée chez les personnes qui ne sont pas spécialement
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éclairées. L'autorité de Yésale oiïara du moins l'erreur dans le monde médical. Il Cul le premier qui attribua à la 1'''' paire l'exercice de l'olfaction d'une manière exclusive. Mais, en 182i, un physiologiste célèbre, Magendie, ébranla la conviction générale en chargeant les rameaux nasaux de la 5* paire de la perception des odeurs, et en affectant le nerf olfactif, non plus à l'excrétion d'humeurs qui ne peuvent plus être admises dans l'état actuel de la science, mais à l'éliiuination, par voie d'imbibilion, d'une certaine portion du liquide céphalo-rachidien. 11 s'est montré, du reste, disposé à faire bon marché de la seconde partie de cette hypothèse, née simplement sous l'inlhience de ses études sur ce liquide, mais il a maintenu avec énergie la première partie, celle qui confère à la 5* paire un rôle olfactif. Elle trouve encore aujourd'hui dans une des illustrations de la médecine française, dans Cl. Bernard, un défenseur dévoué. En présence d'un appui aussi puissant, on est forcé d'examiner les -arguments émis dans cet ordre d'idées, quoiqu'il puisse vous sembler puéril de chercher à démontrer que l'exercice de l'olfaction appartient réellement à la 1'^ paire. Pour le moment nous allons nous eu tenir aux faits purement physiologiques. Nous ferons parler ensuite la pathologie. Les deux enquêtes étant séparées, tous éviterons ainsi les influences réciproques qu'elles pourraient exercer l'une sur l'autre.
Après la section intra-crânienne du trijumeau, la perception des odeurs se trouve être considérablement entravée et finit même par être complètement abolie. Mais ce résultat, sur lequel nous reviendrons dans l'étude de la 5* paire, tient à ce que la vascularisation et la nutrition de la pituitaire éprouvent des altérations qui rendent impossibles les opérations initiales de l'impression. L'absence du trijumeau ne supprime pas la sensibilité olfactive ; elle ne fait que rendre la muqueuse et les extrémités périphériques de la r* paire incapables de fonctionner convenablement. — Le trijumeau présente une aptitude particulière à réunir en lui des genres de sensibilité essentiellement différents, puisque le lingual fournit à la fois à la partie antérieure de la langue le sens du goût et celui du tact. Par conséquent , les rameaux qu'il envoie à la pituitaire peuvent aussi bien lui apporter en même temps les sensibilités générale et olfactive. Ce que nous savons sur le mécanisme des tubes nerveux rend ce cumul plus simple encore, puisqu'ils sont tous identiques entre eux et que leurs rôles dépendent seulement de la
nature des centres auxquels ils se rendent; si le lingual remplit deux rôles, cela tient à ce que quelques-uns de ses tubes aboutissent au noyau central de la couche optique, tandis que les autres gagnent le noyau guslatif. Mais rien ne prouve que les rameaux de la pituitaire aient aussi deux destinations centrales. Le fait du lingual indique seulement que la chose n'est pas impossible ; mais il ne démontre pas son existence. — D'après Rudolphi et Tiedemann, les cétacés n'ont point de nerfs olfactifs, et cependant ils paraissent être doués encore d'un certain odorat, car le vice-amiral Le Pcley prétend que sur la côte de Terre-Neuve il arrivait à disperser des bandes entières de baleines rien qu'en faisant jeter à la mer des matières putrides. Mais, outre que le dégoût pouvait être dans ce cas aussi bien engendré par la gustation qu(! i)ar l'olfaction, les recherches de Blainville et de Cuvier sont venues démontrer que ces animaux possèdent réellement un nerf olfactif qui est seulement peu développé relativement aux autres cordons aerveux. — Magendic s'appuyait surtout sur des expériences tendant à démontrer qu'on peut détruire les nerfs olfactifs sans supprimer l'odorat. A l'aide d'une couronne de trépan, il mettait à découvert la lame criblée de l'cthmoïde et il détruisait toutes les branches du nerf avec le manche d'un scalpel. Lorsque la guérison de la plaie était obtenue, l'animal donnait des preuves manifestes de la persistance de la sensibiUté olfactive. La plupart du temps, lorsqu'on lui jetait deux paquets bien clos, l'un renfermant du fromage, l'autre un morceau de bois, l'animal choisissait le premier et le déployait. Cl. Bernard, dans ses leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux, a annoncé à ses auditeurs qu'il avait pratiqué une opération analogue, mais préférable dans ses moyens d'exécution, sur un certain nombre d'animaux, et que quand ceux-ci seraient guéris, il ferait connaître le résultat au point de vue de l'olfaction. Mais ce résultat, je ne l'ai trouvé consigné nulle part depuis. En admettant qu'il ait abondé dans le même sens que celui obtenu par Magendie, je ne crois pas qu'on serait encore en droit de déposséder la Impaire du rôle que tout le monde lui assigne presque d'instinct; car nonseulement quelques filets ont pu échapper à la destruction, nonseulement il a pu s'établir des soudures partielles, ce que semble indiquer la nécessité où étaient les expérimentateurs d'attendre la guérison de la plaie; mais eu faisant choix du fromage, Ifcs animaux étaient peut-être guidés par la simple consistance du paquet. Serait-
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il (lu reslc l)icn clabli qno la dcstruclioii complète el irrOmùdiablc tlo l'oiraclif ne diminue en rien l'odoral, que je n'accorderais encore il la 5' paire qu'une suppléance d'occasion, qui ne serait peul-ôtrc pas aussi irralionnelle qu'on pourrait le croire au premier a1)ord, car le mode d'action des odeurs est probablement un contact qui est seulement beaucoup plus délicat, plus moléculaire, plus Iluide, [)our ainsi dire, que celui qui développe les sensations ordinaires du toucher; et si les nerl's de sensibilité générale ne sont pas susceptibles d'être ébranlés par un excitant aussi faible, aussi vaporeux, ils peuvent, dans certains cas, acquérir une liypéreslhésie ionclionnelle, une inipressionnabilité inaccoutumée leur permettant de suppléer indirectement des agents anatomiques spéciaux à l'aide d'élaborations s'exécutant dans les centres sensitifs et intellectuels. C'est ainsi ([ue chez les aveugles le toucher acquiert un tel degré de perfection qu'il atteint presque les buts vers lesquels la vision conduit plus rapidement et plus directement. Peut-être même une imi)ression arrivée dans le centre de sensibilité générale serait-elle capable, dans certains cas de nécessité, de se propager ultérieurement jusque dans le centre olfactif. La transposition des sens que les magnétiseurs prétendent obtenir ne pourrait du moins s'expliquer que par ces déviations du courant primitif. Ce sont là des hypothèses bien hasardées, j'en conviens ; mais si de nouvelles expériences venaient confirmer d'une manière plus complète encore les aptitudes olfactives de la 5* paire, j'aimerais mieux admettre ces vagues suppositions et croire à une suppléance indirecte que de refuser à la 1''* paire le monopole de la transmission olfactive dans l'état physiologique ; car l'odorat est nettement limité à sa sphère de distribution. De plus, les branches émises par le bulbe ethmoïdal constituent de véritables nerfs. Ce sont même des nerfs qui, par tous leurs caractères , ne sauraient avoir une autre mission. Ce sont, dans les fosses nasales, les seuls qui présentent un mode de terminaison spécial en rapport avec une destination de sensibilité spéciale. Si les observations d'Eckhard sont exactes, sans doute qu'en faisant plonger les fibrilles terminales dans le vide des fosses nasales ou plutôt dans la couche de mucus qui revêt leurs parois , la nature a voulu leur permettre d'être ébranlées d'une manière plus efficace par les eflluves odorantes en dissolution ou en combinaisons chimiques dans cette nappe de liquide. C'est grâce à cette disposition que l'exercice de l'odorat s'effectue avec tant de
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rapidité, qu'il peut apprécier les nuances les plus légères, percevoir les odeurs les plus faibles. Reviendrait-on jamais à l" ancien système des vibrations odorantes que celte nudité des nerfs serait encore une condition excessivement favorable au développement de l'impression. Mais la théorie des exhalaisons matérielles, qui a déjà tant de raisons d'être la vraie, trouve encore un moyen de jperfectionnement dans la présence des cils vibratiles qui brassent et agitent le mucus odorant, multipliant et accentuant ainsi les contacts avec les nerfs. Suivant Eckhard, chacune des lacunes où viennent déboucher les pinceaux de fibrilles olfactives est entourée d'une couronne de cils plus longs que ceux des parties voisines. Ce serait là encore une condition secondaire parlant en faveur du rôle olfactif de la l'" paire. Voyons si notre conclusion est justifiée par les faits pathologiques. Anatomie et physiologie pathologiques. — Le nerf olfactif, en raison sans doute de la nature centrale d'une bonne partie de son trajet, est plus souvent que les cordons de sensibilité générale victime des arrêts de développement. 11 est vrai que je ne connais, dans les annales de la science, que quatre cas d'absence congéniale de la 1" paire; mais beaucoup de faits de ce genre ont dû forcément passer inaperçus. Dans trois de ces cas, on a constaté une absence absolue de l'odorat, ce sont ceux relatés par Rosenmtlller, Gerutti et Pierrat. Dans le quatrième, qui fut observé par Cl. Bernard luimême, ce dernier déclare avoir constaté l'existence d'une certaine sensibilité olfactive. 11 s'agit d'une femme morte à l'Hôtel-Dieu, à l'âge de 29 ans, et qui à l'autopsie offrait une absence complète des olfactifs, avec conformation normale de la face inférieure du cerveau et distribution régulière de tous les nerfs crâniens. Cl. Bernard alla prendre des rensejgnements dans la maison où elle habitait avant son entrée à l'hôpital, et il apprit qu'elle ne pouvait supporter l'odeur de la pipe, qu'elle était fortement incommodée par la fétidité d'un plomb qui avoisinait sa chambre, que même elle adorait les fleurs et en savourait le parfum. Pour maintenir malgré cela la destination classique de la 1" paire, je ne me servirai pas de ce rapport de trois cas favorables à un seul défavorable, car uu seul fait positif a toujours plus de valeur que plusieurs négatifs. Mais je me demande si des renseignements fournis par des personnes ne s'occupant pas de science peuvent être acceptés sans la moindre réserve ; car elles obéissent toujours, d'une manière inconsciente, à l'attrait du merveilleux. — La science est beaucoup plus riche en observa-
lions de deslriiction ou de compression du nerf olfactif par une tumeur preiiaiil son orij^iiie, soit dans le cerveau, soit dans les méninges, soit enfin dans la base du crdne; par des abcès de la glande pituitaire; par des caries de la lame criblée. Dans toutes celles qui furent réunies par Nolta, il y eut anosmie, soit totale, soit partielle. Magendie cite, il est vrai, une malade, morte dans le service de Ik-rard, à la suite d'une afTection tuberculeuse du cerveau ayant détruit les nerfs olfactifs et sans avoir paru privée du sens de l'odorat. Mais le médecin de l'hôpital a déclaré lui-même qu'il n'accordait aucune importance aux renseignements pris d'une manière posthume près d'un infirmier sur l'exercice de l'olfaction pendant les derniers moments de la vie. — Les recherches de Prévost ont montré que les nerfs olfactifs s'atrophient chez tout le monde sous l'influence des progrès de l'âge. Chez l'adulte, dit cet observateur, ils présentent un développement remarquable. Ils sont volumineux; leur pédoncule est d'un blanc nacré ; leur bulbe est rosé et remplit la gouttière ethmoïdale ; leur consistance est des plus fermes. Chez les vieillards, au contraire, ces nerfs sont grêles, demi-transparents, grisâtres, c'est-à-dire sclérosés. Le bulbe, lui, diminue de volume et devient difflucnt. Au microscope, on ne trouve plus que quelques tubes perdus au milieu du tissu conjonctif. Les corpuscules amyloïdes, qui existent normalement, il est vrai, dans ce nerf, se multiplient de plus en plus et finissent par former la plus grande partie de la masse générale. Or, il est bien établi, d'un autre côté, qu'à travers les années le sens de l'odorat tend à perdre de plus en plus de sa finesse et qu'il devient tout à fait obtus chez les vieillards. — Tout le monde sait que l'exercice de l'olfaction est à peu près complètement supprimé par le coryza, ce qu'on attribue en partie à l'obstruction des fosses nasales par le gonflement de la pituitaire, en partie à la sécheresse de cette muqueuse, qui prive les molécules odorantes de leur dissolvant nécessaire, et plus tard, pendant la période d'hypersécrétion, à la composition chimique du liquide séreux que produit cette membrane. Mais il y a peut-être à tenir compte aussi de la situation dans laquelle se trouvent les fibrilles terminales du nerf olfactif. Leur extrémité, habituellement flottante, est comme masquée par le boursouflement des parties ambiantes; elles sont aussi comprimées, comme étranglées dans leur continuité ; elles sont enfin exposées à des troubles trophiques, au môme titre que la muqueuse elle-même. C'est probablement à ces altérations plus
OU moins considérables des tubos nerveux qiu' sont dus les cas d'anosmie persistante, après que tout ce qui concerne Ja muqueuse cUe-mc'mc est rentré dans l'ordre. 11 ressort évidemment de tout ce qui précède que la 1" paire est réellement chargée de la transmission des impressions olfactives. En dehors des vices congénitaux et de la dégénérescence sénile du nerf olfactif, on ne sait absolument rien sur son anatomie pathologique spéciale. Toutefois il semble pouvoir être victime du virus syphilitique. Dans cette circonstance, Bayle a constaté deux fois le ramolhsscnient et l'émaciation du nerf. Meyer a observé son atrophie sous la même influence.
Nerf optique.
Considérations (matomiques . — Comme l'olfactif, le nerf optique naît aussi par trois racines, deux blanches et une grise. De la réunion de ces trois racines résulte un faisceau aplati appelé la baadelelle optique, qui se porte obliquement en bas, en avant et en dedans; puis se réunit à celle du côté opposé pour constituer le chiasma ou la commissure des nerfs optiques. Après cette fusion, tout au moins apparente, les cordons redeviennent distincts et offrent dès lors une forme cylindrique contrastant avec l'aspect rubané des bandelettes. On réserve avec raison le nom de nerfs optiques à ces deux faisceaux situés au delà du chiasma. Avant de les suivre euxmêmes, rappelons ce que l'on sait sur la structure de ce dernier. Les anatomistes sont loin d'être fixés sur les connexions que les fibres des deux bandelettes peuvent contracter entre elles dans l'intérieur du chiasma. Quelques-uns veulent qu'il n'y ait là qu'un simple accolement au sortir duquel chaque nerf se trouve composé de fibres provenant de la bandelette du même côté ; d'autres admettent un entre-croisement complet, en vertu duquel toutes les fibres de chaque bandelette passeraient dans le nerf optique du côté opposé, de telle sorte que chaque œil et chaque nerf dépendraient de l'hémisphère cérébral opposé. D'autres enfin, et ils forment le plus grand nombre, croient à un entre-croisement partiel portant exclusivement sur les fibres internes, de telle sorte que chacun des nerfs, et par conséquent chaque rétine correspondrait par sa moitié externe à l'hémisphère du même côté, et par sa moitié interne à l'hémisphère opposé. Le docteur Friand a, dans sa thèse inaugurale, cherché à juger la
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quostion par de noml)reus('s dissociions portant sur les difTércntcs classes dos vorlobros. Son scalpol a ronconlré des combinaisons variées, entre autres la décomposition des bandelettes en un plus ou moins fjfrand nombre do boutonnières ot do digilalions, reproduisant entre elles la disposilion d'un sorre-bras, mais sans passage de fibres d'une digitatioii à laulre, en sorte qu'il n'y aurait là que des broderies do la nature sur un enlrc-rroisemenl toujours complet et subordonnant cluu|ue œil à un seul liomispbèro, celui du côté opposé. Mais Friand dit lui-même qu'il a dû, pour isoler les digitalions, rompre des filaments conjonclifs s'étondant de l'une à l'autre; et comme il n'a pas eu recours au microscope, rien ne prouve que ces brides ne renfermaient pas des tubes réalisant des échanges entre les deux bandelettes. En réalité, si on s'en tient à ce qui existe chez l'homme, on est obligé de reconnaître que la structure du chiasma est très-compliquée, et qu'avant d'être connue dans tous SCS détails elle exigera encore de nombreuses études de la part des micrographes. Mais il est très-probable qu'au miUeu des complications motivées par des nécessités de perfectionnement, les grands traits de la charpente se rapprochent beaucoup de l'idée de l'entrecroisemonl partiel portant sur les fibres internes, car non-seulement l'anatomie pathologique plaide dans le môme sens, mais cette disposition est restée jusqu'aujourd'hui le seul moyen matériel d'expliquer la loi des points identiques. Il est aussi à peu près certain qu'en dehors dcs^fibres directes et croisées, il en existe de curvilignes, étendues sans doute d'une rétine à l'autre, en décrivant une anse dont les branches latérales parcourent les deux nerfs optiques et dont la partie incurvée occupe le bord antérieur du chiasma. Quelles que soient les relations des fibres des nerfs optiques avec celles des bandelettes et du chiasma , ces cordons, une fois constitués, se dirigent vers les trous optiques par lesquels ils pénètrent dans les orbites. Au moment de s'engager dans le globe oculaire, chacun d'eux éprouve un léger étranglement. 11 traverse d'un trait, nonseulement la sclérotique et la choroïde, qui sont perforées et manquent en ce point à cet effet, mais encore la presque totalité de cette membrane à la fois si mince et si compliquée qu'on appelle rétine. Au moment où il est sur le point de franchir la hmite antérieure de celte membrane et où il n'est plus séparé du corps vitré que par la couche limitante interne, c'est-à-dire par une lamelle de la plus grande finesse et transparente comme du verre, le faisceau
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de luhes se dissocie. 11 s'étale de façon à donner naissance à une couche composée presque exclusivement de fibres nerveuses et qui a reçu le nom de couche fibreuse. C'est un véritable épanouissement du nerf optique qui masque toutes les parties de la rétine, déjà traversées par lui, à la manière d'une colonne d'eau qui, à l'issue du puits lui livrant passage, s'étale en nappe sur tout le terrain ambiant. Ces fibres ne laissent à découvert qu'un seul îlot qu'elles contournent et qui est appelé tache jaune. Après avoir rayonné ainsi dans tous les sens, ces fibres se recourbent en arrière et rétrogradent vers la dernière couche qu'elles viennent de traverser, comme si, dans leur élan, elles avaient dépassé le but. Elles se fusionnent avec les prolongements de cellules nerveuses qui par leur agglomération forment la couche dite couche des cellules nernciise ou ganglionnaire. C'est au niveau de la tache jaune que cette couche est le plus épaisse et qu'elle renferme le plus de cellules. Il y en a là jusqu'à huit ou dix plans superposés. Ici s'arrête le positif en ce qui concerne les terminaisons propres du nerf optique. On connaît' bien à peu près la disposition et la composition des couches susjacentes à celles formées par l'épanouissement du nerf et par les cellules ganglionnaires. On sait qu'au-dessus de ces dernières existe une accumulation de noyaux ressemblant à ceux que nous avons rencontrés dans les centres nerveux, surtout dans le cervelet, et que Robin a appelés myélocytes {couche granuleuse interne). On sait aussi qu'au delà se trouvent une accumulation d'une substance analogue à la matière granuleuse de l'encéphale et de la moelle [couche intermédiaire); puis une nouvelle couche de myélocylcs {couche granuleuse externe) ; enfin une membrane dite de Jacob qui est formée d'éléments tout à fait nouveaux, les uns d'aspect cylindrique appelés bâtonnets, les autres de forme conique nommés cônes. On sait enfin que cet ensemble est traversé par des fibres que l'on a suivies jusque dans la membrane limitante interne et qu'on appelle fibres de Millier. Mais la plupart des auteurs veulent avec Krause que toutes ces couches et tous ces éléments hisfologiqucs soient considérés comme n'étant pas de nature nerveuse et comme constituant un organe particulier, aussi distinct du nerf optiqm; qu'un muscle peut l'être de son nerf moteur. Pour eux, la partie réellement nerveuse de la rétine s'arrête à la couche granuleuse interne et ne comprend que les couches fibreuse et ganglionnaire. Krau.se se base en particulier sur ce que la section du nerf optique n'entraîne d'altêra-
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lions consénitivos que dans ces fibres et ces cellules. Mais il est bien certain (lu'eii dehors des rii)res de Midler, qui ne sont probablement que les traverses de la charpente conjonctive de la rétine, et qui, pour cette raison, s'étendent jusqu'à la limitante, il lixiste d'autres fibres très-fines qui font suite aux cônes et qui, d'autre part, s'abouchent avec les prolongements des cellules déjà en connexion avec les fibres optiques. Scluiltze aflirnic même que ces fibres ont un aspect monilii'orme qui vient démontrer leur nature nerveuse. Si la section du nerf optique ne provoque pas leur altération, cela tient sans doute à ce que les cellules ganglionnaires suffisent pour les maintenir dans un état trophique convenable. Dans tous les cas, elles relient les fibres optiques à la membrane de Jacob par l'intermédiaire des cellules. Elles représentent pour elles une véritable branche articulée. Ces considérations, jointes à la présence de myélocytes et d'une matière granuleuse, me portent à considérer la rétine comme faisant réellement partie du système nerveux périphérique de la vision, à voir en elle, non pas un organe auquel