‹ Le système nerveux périphérique ... normal et pathologique; leçons de physiólogieChapitre 6 sur 23 · DES NERFS RACHIDIENS EN PARTICULIER. 1G · texte numérisé non relu

DES NERFS RACHIDIENS EN PARTICULIER. 1G

oiilrc, les rainilicalioiis du nerf scialiquc occupent une plus grande snrlaco de lerrain et soiil plus exposées, par suite, à l'action p6ripliéritpie du IVoid et de l'huinidilé. Il est aussi, vu son étendue, uu'uaeé di' chocs dans un plus grand nombre de points. Il est en contact avec une plus grande étendue d'os qui peuvent devenir malades. Les branches éloignées sont soumises fré(iuemnient à l'action des enchondromes des orteils. — Le plexus cervical et ses branches sont beaucoup plus rarement le siège de troubles morbides. Comme voisinage , ce ilépartement nerveux peut bien être soumis à l'influence des tumeurs de la thyroïde et des ganglions lympathiques de la région cervicale. Mais ces organes sont moins souvent affectés que les viscères abdominaux , qui, par la nature de leurs fonctions, sont plus exposés aux déviations morbides. Il n'y a pas là cette grande variété d'organes qui multiplie les chances de compression ou d'irritation. En outre, il manque ici cette barrière osseuse qui, dans le bassin, rend les compressions plus efficaces et plus précoces. La peau du cou est susceptible d'une certaine extensibilité qui retarde l(>s effets du refoulement. Mais par contre le cou, tout en étant doué d'une peau assez fine, est une des régions les plus exposées à l'action des courants d'air froid. De là la fréquence de cette affection douloureuse considérée comme une des formes du torticohs. — Le plexus brachial, avec s* s dépendances, est plus fréquemment atteint que le précédent, moins cependant que les plexus lombaire et sacré. Non-seulement il est passible au môme degré des influences signalées précédemment, mais en outre il trouve dans l'articulation scapulo-lmmérale , dans les tumeurs de l'aisselle, de la sousclavière et de l'axillaire, un voisinage d'autant plus dangereux que la ceinture scapulo-claviculaire reproduit en partie les conditions mécaniques du bassin. Enfin ses corrélations avec le pneumogastrique et le sympathique sont telles qu'il subit fréquemment le contre-coup des maladies du cœur, du foie et de la rate. Pour des raisons topographiques sans doute , en raison d'un plus grand rapprochement des causes extrinsèques d'irritation, parmi les branches du plexus brachial celle qui est le plus fréquemment frappée, c'est le cubital. — Les nerfs radichiens présentent tous une condition commune d'influence pathologique. Il existe en effet dans la cavité du rachis un plexus veineux excessivement serré qui devient, dans une foule de circonstances, le siège d'une stase sanguine considérable, pendant laquelle les cordons nerveux qui le traversent peuvent

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être plus ou moins comproiriis. 11 y a dans ces conditions vasculaires ambiantes de quoi expliquer la prédisposition aux névralgies des sujets atteints d'hémorrlioïdes et des femmes mal réglées. Il est vrai que chez ces dernières l'aménorrhée est un des effets d'un état nerveux sur lequel nous reviendrons dans l'étude du sympathique, état nerveux qui est très-apte à développer par lui-môme des névralgies. Mais il y a lieu de tenir compte pour elles, comme pour les hémorrhoïdaires , des conséquences que peut avoir pour le plexus intra-rachidien la mauvaise distribution du sang veineux. C'est surtout sur les nerfs intercostaux que retentit cette condition vasculaire, parce que les nerfs dorsaux se trouvent, plus que les autres , entourés d'un épais lacis veineux à leur sortie. Henle fait remarquer à ce sujet que les veines intercostales ne peuvent pas toutes se dégorger avec la même facilité, par la raison que celles du côté gauche, et surtout celles de la 4^ et de la 8" côte, n'ont pas d'autre issue que la demi-azygos , voie qui est assez insuflisanle. Or, tout justement, c'est principalement à gauche qu'on rencontre la névralgie intercostale. D'autre part, les nerfs intercostaux, placés dans la plus grande partie de leur trajet dans une rainure des côtes, sont tous par le fait très-exposés à subir les conséquences des maladies de ces arcs osseux. Ils peuvent enfin souffrir du voisinage de la mamelle, qui est exposée elle-même à tant de causes de dégénérescence et dont l'activité peut, à chaque instant, dépasser les bornes physiologiques ; ainsi que de celui de la plèvre et des poumons. Telles sont les nombreuses conditions ambiantes de gène et d'irritation que les nerfs rachidiens peuvent rencontrer à leur origine et sur leur trajet, conditions qui font que très-souvent ils déterminent des troubles de sensibilité, de motilité et de nutrition.

Troubles de sensibilité. — Du côté de la sensibilité, les nerfs rachidiens , soumis aux causes précédentes, provoquent beaucoup plus souvent des phénomènes d'exaltation que de dépression. Nous allons passer en revue, séparément sous ces deux rapports, les particularités propres aux principaux de ces nerfs. Le nerf sciatique, lorsqu'il est irrité, a une propension particulière à donner lieu, en dehors de la douleur vive qui caractérise toute espèce de névralgie , à des sensations d'engourdissement et de fourmillement. L'engourdissement ne doit pas être une sensation purement subjective ; il est l'expression d'une véritable faiblesse musculaire. L'irritation qui ébranle les tubes à extrémités sensitives et qui exalte l'impres-

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sionnabilité des centres de sensibilité peut en même temps, surtout si elle est d'origine matérielle, si elle consiste en une congestion ou une névrite, gêner au contraire les vibrations des tul)es moteurs, qui, eux, ne reçoivent qu'une impulsion volontaire ordinaire; et cette faiblesse des vibrations motrices se l'ait d'autant plus sentir qu'il s'agit ici de soulever un membre volumineux et chargé de soutenir le reste de la charpente luimaine. Les fourmillements sont analogues à ceux qui caractérisent le phénomène de la jambe endormie, et la plupart des causes qui provoquent la sciatique sont de nature à exercer sur le nerf une compression analogue à celle qui est produite par le bord d'une chaise. Les fourmillements ne sont peut-être pas dus seulement à l'irritation ou à une compression incomplète des tubes. Il y a aussi probablement à tenir compte de la gène de la circulation sanguine qui peut en résulter dans le névrilème. 11 peut, en raison même de la déclivité du membre , se produire une congestion passive du nerf, beaucoup plus facilement que dans les autres cordons nerveux. Le public a, pour ainsi dire, une intuition de l'intervention de ce mécanisme, car il attribue au sang la sensation éprouvée. Les cliniciens ont été frappés de la rareté des irradiations douloureuses dans la sciatique. La douleur a une grande tendance à rester localisée dans le tronc principal ou dans une seule des branches collatérales. Pour ceux qui voient dans les irradiations le résultat d'une diffusion centrale , ce fait parle en faveur de leur opinion, car de toutes les névralgies, c'est certainement la sciatique qui reconnaît le plus souvent une cause purement locale. Pour ceux qui les regardent comme étant dues à une propagation restant dans le domaine de la périphérie, le même fait ne constitue pas une objection bien inébranlable, car c'est dans ce nerf que le névrilème se trouve être le plus abondant, le plus grossier, et où les tubes sont par conséquent plus isolés les uns des autres. Le plexus lombaire traduit souvent son état d'exaltation par diverses névralgies comprises sous le nom générique de névralgie lombo- abdominale. En dehors des douleurs spontanées qui les caractérisent avant tout , ces névralgies provoquent parfois secondairement quelques troubles fonctionnels. C'est ainsi qu'elles peuvent donner lieu à des besoins fréquents d'uriner , sans qu'il y ait cystite concomitante; provoquer des érections fatigantes et même un véritable priapisme; produire en outre chez la femme des pertes utérines souvent considérables. Pourquoi ces effets? Sont-

ils dus aux connexions nombreuses cl inlimos que les nerfs lombaires conlraclent avec les Ciels sympathiques destinés aux organes génito-urinaires? Non, si on veut supposer l'existence d'un entraînement se faisant directement de fibre animale à fibre végétative. Oui, si on veut admettre ou deux effets simultanés d'une môme cause périphérique, ou l'intervention des centres, soit directe, soit réflexe. Car en laissant de côté la provocation de fibre à fibre qui serait en désaccord avec la loi de l'indépendance, trois cas sont possibles : ou bien la tumeur, la cause extrinsèque qui irrite les nerfs lombaires, excite en même temps les fibres sympathiques qui peuvent avoir à intervenir dans la contraction de la vessie, dans le mécanisme de l'érection, dans l'écoulement du sang menstruel ; ou bien l'axe cérébro-spinal est en éréthisme, et alors la douleur névralgique ainsi que les troul)les fonctionnels sont engendrés simultanément par les centres; ou bien, enfin, la douleur d'origine périphérique va solliciter les centres à produire ces actes , à titre de phénomènes réflexes, et les filets sympathiques ne font qu'obéir à cette impulsion réflexe. C'est certainement ce dernier cas qui existe le plus fréquemment. Au reçu de l'impression sensitive morbide la moelle réagit, par l'intermédiaire du plexus hypogastrique, sur les fibres musculaires du corps de la vessie. Elle peut aussi réfléchir en partie la titillation douloureuse qu'elle reçoit, vers les filets sympathiques qui animent les fibres musculaires des ligaments larges. D'où, contraction de celles-ci, compression et obturation des veines chargées de ramener le sang de l'utérus , engorgement sanguin et rupture mécanique des capillaires de cet organe. Toutefois, je crois que souvent la douleur est plutôt la conséquence que la cause de la métrorrhagie, et que le spasme musculaire nécessaire à la production de l'écoulement sanguin détermine des crampes douloureuses qui peuvent être prises pour une véritable névralgie lomboabdominale. La tuméfaction de l'utérus, résultant de l'engorgement sanguin, peut aussi comprimer le plexus lombaire d'une manière irritante. Quant à l'érection, elle pourrait aussi être comprise d'une façon analogue. Sous l'influence de l'impression névralgique, la moelle peut réagir sur les fibres musculaires de la prostate et de la verge, qui, en supprimant le cours du sang veineux tout en respectant celui du sang artériel, réalisent les conditions de l'érection. Mais la question des nerfs érecteurs, soulevée par Eckhard, nécessitera peut-être une modification de cette explication. Nous la traite-

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roiis à propos du synipatliiquc Si la névralgie du plexus cervical est moins Iréqueulc que celle des autres plexus, en revanche elle a pour caractère d'être plus douloureuse. Le simple contact des cheveux suffit pour provoquer des douleurs excessivement vives. Ce fait vient à l'ap|)ui de l'interprétation qui a trans))iré plusieurs fois dans le cours de ces leçons , celle de l'épuisement des ébranlements sensilifs au fur et à mcsiu'e qu'ils ont parcouru un plus long trajet. Les ébranlements exagérés dont peuvent être le siège les nerfs sciatique et lombaires n'arrivent à la couche optique, où s'engendre la sensation consciente, qu'après avoir parcouru la presque totalité de la substance grise de la moelle, et par suite la force initiale se trouve considérablement usée quand elle touche au but. Les paires rachidicnnes qui forment le plexus cervical débouchent au contraire dans le segment le plus élevé de la moelle, très-près par conséquent du foyer central de la sensibilité, et leurs ébranlements sont encore vierges lorsqu'ils arrivent à destination. C'est sans doute pour des raisons de même nature que la névralgie du trijumeau présente le summum des douleurs de ce genre. Un fait singulier qui a été signalé par Cotugno, mais qui n'a été rencontré qu'une fois et qui, en raison de son isolement, ne saurait mériter une bien grande attention, c'est l'apparition d'irradiations douloureuses dans le nerf sciatique pendant le cours d'une névralgie du plexus cervical. La cause de cette coïncidence a dû sans doute être centrale, mais si le cas s'était reproduit plusieurs fois, il serait naturel de penser plutôt à une certaine sympathie réflexe qui rendrait moins inacceptable la méthode de traitement de la sciatique consistant dans la cautérisation du lobule de l'oreille. — Les douleurs névralgiques qui appartiennent au plexus brachial ne prêtent à aucune considération particulière. Disons seulement qu'un de ses nerfs, le cubi+al, partage avec le sciatique la propriété de présenter le phénomène du fourmillement quand il est névralgie. 11 est à remarquer, du reste, que dans l'état physiologique on détermine avec la plus grande facilité ce résultat par la compression pratiquée au niveau de la trochlée. L'exaltation douloureuse d'un ou plusieurs nerfs intercostaux coïncide souvent avec la gastralgie. Leoni, dont Axenfeld paraît accepter les idées, prétend que dans ces circons tances les nerfs intercostaux ne font qu'exprimer, par une douleur réflexe , la souffrance de l'estomac. Les centres les chargeraient de traduire l'état morbide des filets sympathiques stomacaux , qui se-

raient incapaljlcs de l'exprimer eux-inômes par une douleur consciente. H suppose que les troubles gaslriiiues titillent d'une façon morbide les filets stomacaux du sympathique; que celte titillation arrive à la moelle qui, à son tour , réagit sur les nerfs intercostaux en y provoquant une douleur réflexe, qui est la plainte, formulée extérieurement , de la souffrance restée inconsciente dans les nerfs sympathiques. La moelle désignerait, pour ainsi dire, le nerf intercostal pour être l'avocat d'oilice du grand sympathique. On a objecté à cette théorie f[ue la névralgie occupe souvent un nerf intercostal situé loin des nerfs stomacaux, soit au-dessus, soit au-dessous. Leoni répond à l'objection que : le grand nerf splanchuique , qui fom-nit à l'estomac et qui naît tout justement de^ganglions correspondants aux côtes supérieures , peut parfaitement expliquer les névralgies dont le siège est élevé, et que le petit splanchuique, qui lui aussi fournit probablement à l'estomac et qui a ses origines situées très-bas, peut rendre compte des névralgies intercostales inférieures. Mais à quoi bon rechercher un rapprochement anatomique, si, comme l'admet Leoni lui-même, la réflexion sensitive s'opère dans le centre; car dans ce cas elle peut aussi bien s'effectuer dans un point éloigné que dans les environs des cellules médullaires primitivement ébranlées. Ce qu'on peut réellement reprocher à cet auteur, c'est de mettre en cause le sympathique plutôt que le pneumogastrique, qui joue certainement le rôle sensitif dans la gastralgie. C'est avec lui qu'il aurait dû chercher des connexions anatomiques pour les intercostaux, et non avec lesfile ts splanchniqucs qui sont avant tout vaso-moteurs. Il a tort aussi de regarderie sympathique comme étant incapable de devenir le siège d'une douleur consciente. 11 est vrai que dans l'état physiologique ses impressions sensitives aboutissent toujours à des phénomènes réflexes inconscients, parce qu'elles rencontrent sur leur trajet centripète un trop grand nombre de centres de réflexion. Mais pour peu que , sous une influence morbide, elles acquièrent une grande intensité, elles peuvent alors traverser tous ces ganglions sans s'user complètement, et arriver en grande partie dans la couche optique où elles font naître un sentiment de douleur. La nécessité d'un représentant sensitif conscient pour les troubles gastriques n'est donc pas indispensable. Le serait-elle du reste, (]ue le rôle d'avocat dans cette cause locale reviendrait plutôt au pneumogastrique qu'à un intercostal. Enfln, en interprétant de cette façon ce retentissement intercostal

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des troubles iiaslriqiios, il ne liiil au fond ([u'exprimei-, sous une autre forme, un fuit qu'il n'explique pas et qu'il n'est guère possible d'expliquer dans l'ùtat actuel de la science. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il y a là une de ces sympathies préétablies analof!;ue à celles qui s'établissent entre le sein el la matrice. Devant l'inconnu loules les suppositions peuvent Otre émises. Elles doivent môme l'être, car il n'y a pas de progrès possible sans essais. A ce compte, Leoni a bien fait de fournir une hypothèse, el je n'hésite pas à eu proposer d'autres, sans leur accorder toutefois plus de valeur. La névralgie intercostale ne naît-elle pas quehiuefois sous rinfluence des modilicalions vaso-motrices ([ui accompagnent les gastralgies et qui pourraient fort bien ne pas rester toujours limitées à l'organe atteint de névrose , mais envahir une région plus ou moins étendue. Les ganglions thoraciques , qui semblent donner naissance aux nerfs splanchniques et alimenter par eux l'innervation vaso-motrice de l'estomac, fournissent aussi des vaso-moteurs aux parois du thorax. Us peuvent donc donner lieu à une congestion concomitante d'un ou plusieurs nerfs intercostaux , congestion qui y ferait naître directement des douleurs névralgiques. Ou il existe des troubles gastriques sans douleur, el on peut admettre que l'état du sym])atliique qui les a produits, engendre en même temps, d'une manière directe, la congestion intercostale ; ou il y a gastralgie dans le sens du mot, et la douleur peut, par l'intermédiaire de l'axe et de ces ganglions, provoquer une congestion réflexe à la fois de l'estomac et des espaces intercostaux. Il faut aussi tenir compte de l'éréthisme général du système nerveux dont la gastralgie n'est souvent que l'expression, et ([ui peut faire naître des névralgies de tous côtés sous la moindre intluence. En face de cette prédisposition, il est enlin une circonstance qui peut servir de cause détcrmiiuuite et agir de préférence sur les intercostaux. Presque tous les gastralgiques ont à chaque instant le rhythme respiratoire troublé, soit par des spasmes, soit par des soupirs. Ces contractions irrégulières et énergiques exposent, jusqu'à un certain point, à des froissements les nerfs qu'ils emprisonnent. Quelques cliniciens ont eu la pensée d'attribuer le point de côté de la pleurésie et de la pneumonie aune inflammation de voisinage d'un ou plusieurs nerfs intercostaux. Beau, entre autres, voit dans cette douleur spéciale, comme dans celle qui accompagne la péricardite, le résultat d'une véritable névrite. Il attribue même à une inflammation des intercostaux supérieurs les douleurs que les

plilliisHiui's r])roiivciil au niveau du soinmot des poumons. Koa a on effcl rencontré, chez une femme morle de pneumonie tuberculeuse du sommet, les 4 premiers nerfs intercostaux considérablement hyjiertrophiés. Leur névrilème était très-hypcrpUisié. Il est prohiible qu'il y avait eu, à travers plusieurs années, une série de névrites provoquées par l'atmosphère inflammatoire des tubercules et ayant amené peu à peu ce résultat. Dans quelques autopsies de pneumonies franches on a pu constater les signes matériels d'une névrite. Mais les faits no sont pas encore assez nombreux pour asseoir complètement cotte opinion. Les investigations cadavériques ont même fourni un cei'tain nombre de cas tout à fait négatifs. Aussi plusieurs médecins pensent que si la douleur de côté doit être attribuée aux intercostaux, elle est alors le résultat d'une simple névralgie sine malcviâ. Axenfeld fait observer que la sensation du point de côté ne ressemble en rien à celles que fournissent habituellement les névralgies, et il pense que si le nerf n'est pas congestionné ou enflammé en lui-môme, il est tout au moins gêné et comprimé par rinflammation de la plèvre et du tissu cellulaire ambiant. J'ai eu une fluxion de poitrine et par conséquent l'occasion d'analyser ce qu'on éprouve dans ces circonstances. On sent avant tout nue douleur qui, par son siège et sa nature, semble appartenir réellement au nerf intercostal ; mais cotte douleur est comme plongée dans une atmosphère d'une autre douleur vague et diffuse, qui rappelle certaines sensations intestinales et qui doit certainement siéger dans les organes respiratoires eux-mêmes. Le tout est mélangé du soutimont de la gêne (ju'éprouvent les mouvements du thorax et de celui do l'imperméabilité du poumon. — La névralgie intercostale a été encore donnée comme pouvant être une expression sympathique des maladies de l'utérus ; mais la relation fonc- ' tionnelle existe plutôt entre l'utérus et la mamelle. Les maladies de la matrice produisent ce que déterminent la période menstruelle et le début de la grossesse. Dans ces deux circonstances les seins sont d'une sensibiUté e.vtrême, au point que le moindre attouchement devient excessivement pénible. C'est ià le résultat d'une harmonie préétablie dos organes de la gestation et do ceux de rallaitcmonl. Toutefois le retentissement nerveux n'appartient pas aux nerfs intercostaux eux-mêmes , mais à ceux de la maniollo, car la douleur existe aussi bien dans les filets que le sein reçoit des nerfs sus-claviculaires antérieurs que dans ceux que lui envoient les iutercos-

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taux voisins. Los vomisseincnls qui accoiui);ignL'nl parfois cctlu nOvralgio particulière, sont aussi une consc(iueiicc sympatliiquo directe de l'état de l'utérus et non pas le résultai d'une irradiation provoquée par les nerfs mammaires.

Ce qui peut engendrer l'exaltation de la sensibilité des nerfs rachidiens est aussi susceptible , par excès d'action , de produire son abolition. H en est ainsi de la contusion, de la commotion et de la compression lorsqu'elkis acquièrent de trop grandes proportions. Le froid lui-môme, qui est une cause si fréquente de névralgie, peut amener ce résultat inverse. On voit du reste les deux effets opposés se marier ensemble dans les névralgies. Ainsi que l'a établi Notta, dans les névralgies des branches du plexus brachial, la douleur spontanée s'accompagne très-souvent d'une diminution de la sensibilité tactile de la peau du membre thoracique. Il en est de même dans la névralgie intercostale. La sensibilité cutanée peut même être complètement perdue dans la région correspondante. On a observé aussi le même fait dans les névralgies crurale et sciatique. Cette association n'a rien de contradictoire. En effet, tantôt il s'agit d'une lésion extrinsèque qui, comme les névromes, peut arrêter la transmission des ébranlements cutanés apportés par la portion du nerf située au-dessous, tout en servant d'épine pour la partie supérieure restée en pleine communication avec les centres sensitifs; tantôt la cause comprimante n'efface complètement que quelques tubes, ou bien, s'il s'agit d'une congestion et d'une névrite, certaines fibres peuvent être tout à fait anihilées, tandis que d'autres ne sont que stimulées. C'est pour ces raisons sans doute que ces anesthésies sont presque toujours partielles et nîême disséminées par plaques. Il est encore un fait signalé par Notta, c'est que souvent ces anesthésies disparaissent momentanément si on frictionne un certain temps la peau. Ces frictions réveillent des ébranlements dans ces fibres qui ne sont pas encore détruites et qui ne sont qu'engourdies par la lésion du nerf.

La section complète d'un nerf rachidien entraîne généralement l'aneslhésie absolue de la région cutanée alimentée par ce nerf. On ne rencontre dans ce cas que quelques exceptions qui ont trouvé leur explication -dans nos Généralités. Mais si on peut expliquer cette sensibilité posthume et exceptionnelle par des libres récurrentes, ou par la diffusion effectuée dans le réseau périphérique, ou encore par les suppléances indirectes proposées par Létievant, il

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n'est pas aussi facile de corapreiulre commciU on peul parfois voir apparaître de l'aiiestliésic dans un département qui ne reçoit rien du nerf lésé. Évidemment cette anomalie ne peut s'expliquer que par la concomitance d'une altération centrale alTérente au filet spécial de ce département; ou par une action réflexe scnsitive exercée par le bout central du cordon coupé ; ou enfin par une erreur anatomiqne portant sur la distribution des rameaux de ce cordon. C'est à cette dernière interprétation que s'est arrêté Richelot ; et le scalpel est venu lui donner raison pour le nerf médian en particulier. On a rencontré en effet souvent l'anesthésie de la face dorsale des 2' et 3^ pbalanges de l'index et du médius , dans les plaies du nerf médian. Or, cet anatomiste a constaté que les descriptions classiques sont erronées lorsqu'elles disent que le médian ne donne que des collatéraux palmaires, et que le radial et le cubital fournissent des collatéraux dorsaux à tous les doigts en se les partageant par moitié. 11 a pu s'assurer qu'au contraire les collatéraux dorsaux de l'indicateiu", du médius et de l'annulaire viennent exclusivement des branches palmaires et par suite du médian, et non des deux autres nerfs indiqués. Pour moi, je reprocherai, à ce propos, aux traités d'anatomie de se montrer toujours trop absolus dans leurs descriptions. S'occupant de la partie la plus positive des sciences médicales, les anatomistes sont naturellement entraînés à pousser le positivisme à l'excès; ils ne font pas une assez large part aux anomalies. Je crois que les anomalies pathologiques de ce genre correspondent toujours à des anomalies anatomiques. C'est tout justement parce que l'anesthésie de la face dorsale de l'index et du médius dans les blessures du nerf médian n'est pas constante, qu'on doit l'attribuer à une distribution possible, mais exceptionnelle.

Troubles de la motilitè. — Les symptômes d'exaltation motrice sont rares dans les maladies périphériques des nerfs rachidiens. La sciatique s'accompagne quelquefois de crampes douloureuses, mais c'est plutôt un effet réflexe provoqué par la douleur que le résultat de l'irritation directe des tubes moteurs. D'après Notta, ces spasmes réflexes seraient presque la règle générale, puisqu'il les a rencontrés 14 fois sur 25 cas. Mais on arrive toujours à des données fausses lorsqu'on fait de la statistique sur des observations rédigées dans les hôpitaux ou même en ville, car on ne prend cette peine que pour des faits un peu marquants. Celui qui a beaucoup de clientèle civile peut assurer que si les douleurs sciafiqucs sont excessivement

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répiiiidiics, celles qui doiiiienl lien à des crnmpes sont an contraire foi't rares. IMns excejitionnellenienl encore, la provocation sensitivc peut à certains moments acquérir un tel degré que les centres moteurs réagissent à la l'ois sur (oute l'économie, et il se produit un tremblement général. 11 est toutefois un fait rapporté par Grogan qui montre combien les réactions motrices du sciatique peuvent acquérir une grande puissance. Un jeune bomme, atteint d'une sciatique intense, avait des contractures des muscles dn mollet qui étaient arrivées à leur donner des dimensions athlétiques. — Les réactions musculaires ont lieu d'autant plus que la douleur ébranle davantage les centres nerveux. Elles sont par conséquent en raison du rapprochement de ces centres et en raison de l'impressionnabilité du nerf névralgie. C'est pour cela que la névralgie du plexus cervical provoque plus souvent des secousses involontaires ou un tétanos des muscles du cou que la sciatique ne le fait pour les muscles du membre inférieur. La plupart des auteurs prétendent que la névralgie des intercostaux ne- produit jamais de réactions motrices, et que si elle s'accompagne souvent de dyspnée , cela tient à ce que le malade retient instinctivement le jeu de soufflet du thorax pour éviter d'exaspérer les douleurs. Un spasme des muscles intercostaux est une chose difficile à constater et rien ne prouve son impossibilité. — L'excitation des tubes moteurs des nerfs du bras ne se rencontre généralement pas dans les névralgies du plexus brachial ; mais les contractures dont le membre thoracique peut être le siège dans la maladie connue en clinique sous le nom de Contracture des extrémités, ne reconnaissent peut-être pas toujours une cause centrale. Il est en effet des cas où on ne trouve aucune lésion de l'axe cérébro-spinal et de ses enveloppes et où il n'existe qu'une certaine hyperémie des nerfs engagés.

Il est un genre particulier de trouble moteur dont on a fait une maladie spéciale et qui semble incomber aux branches terminales du même plexus. C'est ce qu'on a appelé la Crampe des écrivains. Les personnes qui en sont atteintes sont dans l'impossibilité de réaliser l'acte de l'écriture, tout en pouvant exécuter convenablement avec le bras et la main toute autre espèce de mouvement. Si on analyse le phénomène de près, on voit que cette impossibilité n'est pas toujours le résultat des mêmes conditions mécaniques. Tantôt il se fait une contraction spasmodique , une véritable contracture qui immobilise la main et la plume ; tantôt c'est un défaut de coor-

dination qui est pour l'écriture ce que l'ataxie locomotrice est pour la marche; tantôt c'est uu tremljleuieut qui est comme une paralysie agitante concentrée dans un seul département musculaire; tantôt enfin il y a faiblesse et atrophie des muscles de la fonction. Comme l'étiologie fournit en général des causes réellement locales, on a cru devoir placer le siège de cette maladie dans le système nerveux périphérique. Ce sont l'abus de l'écriture, le froid, certaines blessures de la main, l'emploi de plumes trop lourdes, etc. D'autres auteurs ayant observé que non-seulement l'imitation, mais simplement la pensée de l'acte d'écrire sulDsail pour faire éclater le même genre de désordre dans les doigts que si on cherchait à écrire réellement, ont cru devoir en conclure que la cause de l'affection était au contraire centrale. Dans l'uu et l'autre camp on a cherché à approfondir davantage le mécanisme central ou périphé rique de l'affection. Ainsi pour Fritz le point de départ serait local et appartiendrait aux nerfs sensitifs du membre. Les centres n'interviendraient que comme réfléchissant, d'une manière perturbatrice vers les nerfs moteurs , l'impression reçue. Mais celle-ci ne partirait pas, comme pour les autres névroses , des nerfs sensitifs de la peau, mais de ceux des muscles. Ce serait une maladie partielle et de siège périphérique du sens musculaire. Niemeyer, qui paraît placer le théâtre de la maladie dans les centres moteurs, suppose que ceux-ci présentent une certaine excitabilité qui étend leurs vibrations au delà des points désignés par la volonté. 11 se passerait en eux des irradiations motrices qui contrecarreraient les mouvements normaux par l'intervention de muscles qui devraient rester en dehors de l'acte. Ce serait une espèce df^ichorée partielle, un bégayement de l'écriture. En réalité , comme t lus les actes qui nécessitent l'intervention harmonique des nerfs jensitifs, des centres intellectuels, des nerfs et des centres moteurs , celui de l'écriture peut être troublé de la même manière , par la faute de n'importe quelle section de cette série d'ouvriers. Il est évident que la lésion des nerfs sensitifs, soit par une blessure, soit par une névrite à frigore, peut rendre l'acte difficile en supprimant le sens musculaire dans ses moyens périphériques, ou en entravant l'action des tubes moteurs. 11 est évident aussi que, pour d'autres cas, il peut survenir dans les centres une lésion rompant les moyens de communication entre les cellules psychiques et les cellules motrices affectées au mécanisme de la main, et qu'il peut se produire ainsi une véritable aphémie de

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