‹ Le système nerveux périphérique ... normal et pathologique; leçons de physiólogieChapitre 7 sur 23 · DES NERFS RACHIDIENS EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

DES NERFS RACHIDIENS EN PARTICULIER

récriture. Dans les cas où on voit la crampe des écrivains marcher de front avec l'atrophie proprement dite des muscles de la main , il est clair que la pathogéiiie particulière se trouve ôtre analogue à celle de l'atrophie musculaire progressive, et que les cellules motrices spéciales à l'écriture ont été surmenées et irritées par l'abus de l'acte. D'autres fois peut-être aussi il y a, comme dans la choréc, irritation dos cellules sensitives qui viennent entraîner les motrices à faire exécuter des mouvements désordonnés. En un mot, la même maladie peut être engendrée par des mécanismes différents, et s'il est réellement des cas que peut revendiquer la pathologie du système nerveux périphéricpie , il en est beaucoup pour lesquels la cause est réellement centrale. D'après Lancereaux, Schtltzenberger, Piorry, Ebrard, la syphilis peut donner lieu à des contractures déviant la tête, l'épaule et les doigts.

En dehors des cas de lésions traumatiques considérables, de destruction ou de compression complète par des tumeurs , les nerfs rachidiens donnent rarement lieu par eux-mêmes à des paralysies musculaires. Léon Chapoy, qui a réuni un grand nombre de cas de paralysie isolée du nerf radial, mentionne parmi les causes les plus fréquentes, les contusions, l'action continue d'une béquille sur le plexus brachial, le tiraillement du nerf dans les tentatives de réduction de la luxation scapulo-humérale , la compression par un kyste ou une tumeur ; mais il n'a pu accorder qu'une part assez faible au froid, à la chaleur, à l'épuisement du nerf par une action trop prolongée. Suivant Vulpian la paralysie à frigore du radial serait due à ce que le froid détruit les relations physiologiques entre les fibres motrices de ce nerf et les muscles. Il agirait sur les plaques motrices à la manière du curare. Les mêmes proportions semblent exister dans l'étiologie de la paralysie du nerf circonflexe. La névrite franche est la seule affection spontanée qui amène, d'une manière assurée, la paralysie motrice. Les névralgies proprement dites ne le font qu'exceptionnellement d'une manière très-appréciable. Roniberg a même prétendu que dans les névralgies du plexus brachial, l'inertie musculaire n'est jamais qu'apparente et consiste en une immobilisation instinctive ayant pour but d'éviter la souffrance. Il a pu constater que la rapidité de la transmission motrice est la même que dans le bras resté sain. Mais ce médecin s'est certainement montré trop absolu, car Notta a observé une paralysie réelle du bras dans une simple névralgie. C'est surtout la sciatique qui s'accompagne

fré(iiiemment, tout au moins d'une semi- paralysie des muscles. C'est encore ce nerf qui, parmi les cordons rachidiens, subit le plus souvent les conséquences de la syphilis, et dans ce cas les muscles qu'il anime peuvent être complètement paralysés. Il est alors soit sclérosé, soit enllammé, soit criblé de petites tumeurs gommeuses. Charcot regarde aussi comme périphériques la paralysie pseudo-hypertrophique et les paralysies -saturnines, parce qu'on constate alors une abolition de la contractilité faradique; mais Erb prétend que la perte de l'excitabilité électrique tient à une altération histologique des muscles. Enfin Graves a signalé une paralysie passagère due à une action que le froid pourrait produire à distance. Quand on manie de la neige, non-seulement les mains sont paralysées, mais les muscles de l'avant-bras ne peuvent plus exécuter les mouvements de flexion et d'extension.

Troubles de nutrUion. — Toutes les sciatiques, pour peu qu'elles se prolongent, déterminent un amaigrissement général du membre. Mais ce n'est là qu'une conséquence passive de l'immobilité à laquelle la maladie condamne ce membre. Cependant il est des cas où l'atrophie existe par places disséminées et se manifeste dès le début. Dans ce cas l'affection du nerf provoque réellement un effet trophique. C'est la reproduction périphérique et partielle de l'atrophie musculaire progressive. Le nerf, phlogosé sans doute , fait alors dans sa sphère de distribution ce que produit dans une plus grande étendue l'inflammation des cornes antérieures (1). Mais de toutes les névralgies, celle qui entraîne le plus souvent cette destruction active du tissu musculaire, c'est incontestablement celle du nerf circonflexe.

Les téguments sont, plus fréquemment que les muscles, le théâtre des troubles trophiques suscités par les nerfs. Le zona, dont les cliniciens ont fait tout d'abord une maladie indépendante du système nerveux, est avec raison regardé aujourd'hui comme une manifestation de certaines névralgies intercostales. Non-seulement l'éruption est précédée et accompagnée d'une douleur excessivement violente qui, par ses caractères, rappelle exactement ceux de la névralgie; mais elle dessine extérieurement le trajet du nerf intercostal. Olivier

(1) Dans un travail récent, M. Landoury, interne des hôpitaux, a réuni un certain nombre de faits de sciatique avec atroptiio des muscles correspondants. Dans tous ces cas il existait des signes incontestables de névrite. L'auteur pense que cet état inflammatoire agit en supprimant l'influence trophique exercée normalement par la moelle sur les nerfs et sur les muscles.

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a vu, il est vrai, le zona survenir tleu^cmois avant l'apparition d'une viol(Mit(> nc'vralfïic; mais c'est là une exception. Kn tous cas, le trajet de l'éruption et la douleur attestaient que la cause commune se trouvait dans un seul et même nerf, et il est probable que, primitivement, les soulFranccs n'avaient pas été assez vives pour attirer l'attention du malade. La relation entre l'afTection cutanée et l'état du nerf est d'autant plus incontestable que ce mode de manifestation n'appartient pas exclusivement au thorax et que tous les nerfs sont susceptibles de la produire. Beaucoup de névralgies des membres donnent naissance à des traînées herpétiques qui reproduisent encore la direction et le mode de distribution du nerf atteint; et comme trait d'union apportant une nouvelle part de démonstration, la science possède déjà un grand nombre de cas de zona qui, limités d'abord au 3* espace intercostal, envahissaient consécutivement la région du bracliial cutané interne et de son accessoire, traduisant ainsi les relations anatomiques naturelles. Mais ce qui ne saurait laisser aucun doute à cet égard , c'est l'apparition d'herpès à la suite de blessures directes des nerfs. Non-seulement la cause première vient établir ici l'origine nerveuse de l'éruption, mais elle prouve en outre que les nerfs peuvent , aussi bien que les centres nerveux, produire des troubles trophiques par eux-mêmes, lorsqu'ils sont irrités. Coyne et Parrot regardent comme indispensable à la production de l'herpès la position superficielle du nerf névralgie. Le premier s'appuie sur un fait de zona spontané ayant apparu sur le trajet du 3^ intercostal du brachial cutané interne et de son accessoire et faisant complètement défaut au niveau de l'épaule. Au premier abord il semble que la nécessité de cette condition doit tenir à ce qu'un nerf sensitif ne peut naturellement provoquer des troubles trophiques que dans son propre département tégumentaire. Car tant qu'un nerf est profond, c'est qu'il n'est pas encore arrivé à destination et qu'il n'est pas appelé à fournir lui-môme aux téguments de la partie dont il parcourt la profondeur. Mais en réaUté l'éruption n'envahit pas toute la surface de distribution d'un nerf donrié. Elle reproduit plutôt le trajet du tronc principal que la dissémination de ses tubes terminaux. Vu ce fait, il est très - possible que dans ces circonstances un nerf douloureux n'agisse pas par une influence directe de ses terminaisons, mais en déterminant, par action réflexe, une congestion active des tissus ambiants dans une étendue assez limitée, et que, pour qu'il

y ait modification des téguments, il faille que le nerf soit assez rapproché pour que la peau fasse partie de cette atmosphère de congestion. Ceci vient donner une nouvelle raison d'être à la part que j'ai accordée à la vie cellulaire dans les Généralités. La puissance organique des éléments histologiques joue ici le rôle capital. L'éréthisme du nerf ne fait que la forcer à se manifester par des déviations. Pour qu'il y ait zona, il faut donc que la congestion puisse envahir les éléments cutanés, les seuls capaltles de réaliser une éruption, et en second lieu que la titillation sensitive soit assez grande pour réaliser une inflammation suffisamment vive de ces éléments. Parrot a fait remarquer qu'au début l'éruption n'existe que par points disséminés avec de larges solutions de continuité; et que ces places cutanées, primitivement atteintes, correspondent tout justement aux points névralgiques de Valleix. Or, ceux-ci se trouvent en général situés là où le nerf devient plus superficiel , c'est-à-dire là où la peau se trouve le plus rapidement comprise dans l'atmosphère de congestion dont s'entoure le nerf névralgie. Plus tard, sans doute, cette atmosphère s'agrandit et parvient à envahir des points cutanés même éloignés du cordon nerveux. Alors les solutions de continuité disparaissent.

L'herpès traumatique ne correspond pas toujours exactement au filet lésé. Deux cas peuvent se présenter en dehors do la loi ordinaire, surtout à la suite des amputations : ou bien l'éruption se montre sur le territoire des lambeaux innervés par des filets nés du bout central à une certaine distance de la plaie; ou bien, elle se fait dans une région plus ou moins éloignée du nerf lésé, et dans ce cas elle s'accompagne toujours de fièvre. Verneuil désigne le premier cas par les mots herpès de voisinage, et il suppose que l'amputation ou la blessure a déterminé une névrite ascendante et récurrente ou une inflammation de voisinage. Au second cas il donne le nom dlierpès à distance, et il lui attribue un mécanisme réflexe. Ces faits ne sont nullement en désaccord avec l'hypothèse émise précédemment. Le premier prouve seulement que les branches collatérales sont seules assez superficielles pour englober les téguments dans leur milieu de congestion. Le second indique que parfois la modification vaso-motrice rêllexe, au lieu de se faire autour du nerf lésé, peut, par l'intermédiaire des centres, s'efîectuer, de même que tous les actes de réflexion, dans une région éloignée, mais sympathique, autour d'un autre nerf qui par lui-même est sain. Parrot

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