‹ Le système nerveux périphérique ... normal et pathologique; leçons de physiólogieChapitre 8 sur 23 · DES NERFS RACHIDIENS EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

DES NERFS RACHIDIENS EN PARTICULIER

accorde aux nerfs dans les herpès Iraumaliques une part moins considérablo qw Verncuil. Il fait observer que dans les cas de ce chirurgien l'éruption s'est produite au voisinage de plaies, c'està-dire là où le traumatisme avait préparé un terrain favorable pour la poussée hcrpéti([ue.

L'herpès est loin d'être la seule manifestation trophique cutanée des nerfs rachidiens. La névralgie des nerfs du bras provoque fréquemment des éruptions d'urticaire et de pcmphigus. Des sujets ont même présenté, dans ces circonstances et à plusieurs reprises, de petites suppurations aux extrémités des doigts. Le tissu cellulaire peut aussi avoir sa part de troubles du mémo genre. Dans une névralgie cervico-occipitalc intermittente, Romberg a vu se former, à chaque accès, de petites intumescences sous-cutanées qui s'évanouissaient dans les intervalles. On prenait là sur le fait la réalisation matérielle et aussi complète que possible de l'atmosphère de congestion dont je supposais tout à l'heure l'existence. La névralgie mammaire liée à la menstruation ou à la grossesse produit un trouble de nutrition particulier qui vient aussi donner un corps à cette idée. Ce sont des nodosités disséminées le long du trajet des filets nerveux et qui sont dues à un engorgement de différents points du tissu conjonctif. D'après Rosenthal leur volume varie de la grosseur d'une noisette à celle d'une châtaigne.

Les nerfs malades paraissent même pouvoir provoquer des troubles trophiques dans les organes de la vie végétative. Marrotte, Barras et Notta ont observé dans la névralgie iléo-scrotale une véritable orchite névralgique. 11 est vrai qu'on peut objecter que l'orchite ordinaire s'accompagne, dès son début, de douleurs telles dans le basventre et la partie supérieure des cuisses qu'elles peuvent fort bien en imposer pour une véritable névralgie. Mais dans le cas de Marrotte il y eut trois accès névralgiques, séparés par un intervalle de onze jours, avant que le testicule eût présenté le moindre gonflement. 11 reste toutefois dans cette observation une cause de doute, c'est l'existence antérieure d'une blennorrhagie. Les faits de Barras et de Notta ont plus de valeur, car il n'y avait pas eu d'écoulement; la névralgie était franchement périodique. Le gonflement s'est répété plusieurs fois pour disparaître toujours avec l'accès, et de plus il ne s'est jamais montré que dans les crises d'une grande intensité. Les nerfs rachidiens peuvent enfin produire des troubles sécrétoires. Valleix, Notta et d'autres auteurs ont cité un certain nombre de

faits qui tendent à prouver que la névralgie lombo-abdominale peut donner lieu à un écoulement leucorrhéique qui vient même juger chaque accès, comme nous verrons cela avoir lieu pour d'autres sécrétions de la circonscription des nerfs crâniens. II est évident que l'utérus ne peut intervenir que par l'intermédiaire du sympathique, qui se trouve lui-même être mis en cause d'une manière réflexe. L'ébranlement névralgique réfléchi par les centres et le sympathique vers l'utérus s'use , pour ainsi dire , dans la génération de cette hypersécrétion. L'exaltation sensitive trouve là une détente en prenant une autre forme. Il n'est pas étonnant du reste que la névralgie lombaire vienne de préférence s'éteindre dans une sécrétion utérine, car il existe entre le plexus lombaire et le système nerveux particulier de la matrice une solidarité qui porte même sur des phénomènes de même ordre, sur les douleurs. Dans l'accouchement les contractions utérines éveillent des douleurs dans les nerfs lombaires. Il en est de même de la fluxion menstruelle. D'un autre côté, les névralgies du plexus lombaire s'accompagnent très-souvent d'une ■ douleur de la matrice, ce que Valleix appelle le point utérin. Les nerfs utérins et lombaires sont très-portés à se donner mutuellement l'écho. Par quel mécanisme anatomique ou physiologique ces retentissements réciproques s'étabUssent-ils, puisque l'utérus semble n'être innervé que par le sympathique? C'est là une question que nous chercherons peut-être à élucider dans l'étude de ce nerf. L'excitation névralgique du sciatique produit souvent des sueurs abondantes du membre abdominal. Ici on ne peut pas mettre en doute l'origine nerveuse de cette hypersécrétion, puisqu'il ne s'agit plus d'une leucorrhée, affection tellement fréquente qu'on peut toujours invoquer une coïncidence. Ces sueurs font en général cesser les accès. II y a là de quoi justifier les bains de vapeur.

Duplay est porté à attribuer le mal perforant du pied à une lésion dégénératrice des nerfs de la région, qui serait due elle-même soit à une maladie de la moelle, soit à une section ou à une compression des gros troncs nerveux du membre abdominal. Pour lui l'endartérite que Dolbeau et Montaignac regardent comme la cause première de cette maladie, n'en est qu'un des effets, comme le prouve sa marche ascendante. Cette inflammation artérielle naît dans la plaie et suit le vaisseau en remontant vers le cœur. Si réellement elle engendrait la plaie par défaut de circulation et de nutrition, elle devrait apparaître tout d'abord dans le tronc artériel. Ce qui

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prouve pour lui la genèse par les nerfs, ce sont les douleurs l'ulgnrautes, les plaques d'anesthésie et d'analgésie qu'on observe. Knlin, il a pu constater directement la dégénérescence granulo-graisseuse des tubes nerveux. Morat et Fischer ont été conduits par leurs observations à émettre la même opinion.

Il est un mode d'irritation des nerfs d'un membre qui peut produire des hémorrhagies dans des points éloignés, c'est celui qui résulte des brûlures. Brown-Sequard a observé le fait expérimentalement sur les animaux et cliniquement dans l'espèce humaine. Alors que la brûlure porte sur un membre, l'exhalation sanguine se fait, évidemment par action réflexe, dans les intestins ou dans les autres viscères abdominaux.

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