‹ Le système politique d'Auguste ComteChapitre 5 sur 15 · CATHOLIQUES ET POSITIVISTES : L ACCORD O · texte numérisé non relu

CATHOLIQUES ET POSITIVISTES : L ACCORD O

« développer (c'est-à-dire exploiter) le positivisme en dehors (c'est-à-dire contre) son fondateur », afin de perpétuer sous une nouvelle forme l'interrègne religieux et l'indiscipline intellectuelle ».

On ne pouvait prévoir plus juste. Suivant le programme dévoilé ici par Comte, le positivisme fut, en effet, dès après la mort de son fondateur, exploité conlre lui. Dans cette œuvre corruptrice j'ai dit le succès qu'eut Littré. J'en ai dit les raisons. Aux raisons qui tiennent à sa personnalité, et que j'ai indiquées, il faut ajouter les puissants appuis politiques qu'il trouva, et dont Ton devine sans peine la nature. Les voici du reste précisés dans la page suivante, écrite par un disciple d'Auguste Comte, M. Lagarrigue : « Cette mystification eut pour agents les grands prêtres et directeurs de la démocratie qui ne répondaient aux prédications des positivistes de la rue Monsieur-le- Prince que par le silence ou la calomnie ; ils avaient d'ailleurs leurs dieux et leurs autels ! Par une bien singulière idéalisation, ils avaient découvert en M. Littré le continuateur d'Auguste Comte et un disciple plus grand que le maître, dont ils lui attribuaient avec la candeur de l'ignorance une foule de conceptions et d'aspirations. Doucement enivré des perpétuels élancements de leur adoration perpétuelle, M. Littré prit ce rôle au sérieux ; il se dit que lui aussi était philosophe, et il aspira à fonder une école nouvelle pour la tourner contre soa maître. Les organes de l'académisme et du matérialisme, les journalistes militants, aussi bien que les cardinaux romains et les

penseurs libéraux et orthodoxes, regardèrent dès lors la doctrine de M, Littré comme le vrai positivisme, sans se douter que ce prétendu maître n'avait pas de doctrine. » Et voici la conclusion : « En fait, M. Littré, à l'égard du positivisme, n'a finalement rempli qu'un rôle de pur démolisseur. »

Cependant en 1874 Littré, espérant sans doute un appui encore plus direct et plus empressé de ses amis politiques, entrait dans la Franc-Maçonnerie : « Nous célébrons aujourd'hui, mes frères, — disait Jules Ferry quelques années après, — l'anniversaire de l'initiation du F.". Littré, de ce grand fait maçonnique, de ce fait reconnu, accepté et célébré comme grand, de l'entrée officielle du positivisme, par un de ses représentants les plus illustres, dans le sein de la Maçonnerie. Est-ce que ce fait est un fait de hasard?... J'y vois quelque chose de plus. Je crois qu'il n'y a là rien de fortuit, et je crois que si ce grand et sage esprit, cet homme de grande science et de hautes vertus vous est venu dans le déclin rayonnant de sa belle carrière, de cette vie si pleine dans laquelle se trouvent tous les services sociaux et toutes les grandeurs morales, ah ! croyez-le bien, ce n'est pas une fantaisie tardive qui l'a amené parmi nous, c'est quelque chose de plus, c'est qu'il y avait une affinité intime, secrète, entre la maçonnerie et le positivisme. Et si le Positivisme a fait son entrée dans la Maçonnerie, c'est que la Maçonnerie était depuis longtemps positiviste sans le savoir. »

Ainsi, mainmise par la franc-maçonnerie sur le positivisme, Gambetta, Jules Ferry apôtres du positivisme,

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