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la leucémie lymphoïde, la maladie de Hodgkin et les diverses adénites, la tuberculose se distingue par la fréquence et l'importance de ses manifestations adénopathiques. La scrofule, l’adénopathie trachéo-bronchique, les adénites mésentériques représentent 26, 8 °c}, des cas de tuberculose chez l'adulte et 88 °/, des cas chez l’enfant (Calmette). Ces chiffres impressionnants, surtout en ce qui concerne l'enfant, permettraient de qualifier presque la tuberculose de maladie ganglionnaire. Nous rectifierons plus loin cette qualification.
Il est à noter que la localisation ganglionnaire est avant tout le fait de la première atteinte tuberculeuse, de celle qui confère l'allergie. L'idée d'un rôle possible de l'atteinte ganglionnaire dans la préservation contre les tuberculoses pulmonaires graves a été émise par Marfan, en 1886. Cet auteur, en se basant sur des statistiques, a constaté qu'une atteinte ganglionnaire antérieure pouvait être une sorte de garantie contre les chances de tuberculose grave dans l’avenir. Depuis, cette supposition de Marfan a été érigée en loi et se trouve connue actuellement sous le nom de /oi de Marfan. 11 est certain qu’en tant que loi rigoureuse, le rôle immunisant de la scrofule est très discutable. Il reste cependant vrai que les enfants qui ont présenté des adénopathies, même suppurées et même ouvertes, font très rarement des tuberculoses pulmonaires graves. Nous reviendrons encore sur ces faits à propos de l'intervention du système réticulo-endothélial dans l’immunité et dans l'allergie. |
Comme dans toute infection, les ganglions lymphati-
ques peuvent jouer le rôle de relais dans la propagation
de l'agent pathogène. C’est l’autre aspect. du problème de l'adénopathie tuberculeuse, bien étudié par Sergent. Cet auteur a, en effet, vu l'atteinte tuberculeuse pulmonaire, en partant des ganglions cervicaux et en suivant la voie lymphatique. Le fait semble être certain pour ce qui concerne l’adénopathie trachéo-bronchique.
Dès lors, l'atteinte ganglionnaire tuberculeuse semble être une sorte d’intermédiaire entre deux processus : la pénétration du bacille dans l'organisme d’une part, et sa dissémination d’autre part. Ce rôle des ganglions sera développé ultérieurement, lorsque nous pourrons invo-
quer encore d’autres faits servant de base à notre hypothèse.
Nous avons vu dans le chapitre précédent que la moelle osseuse faisait partie du système réticulo-endothélial. Or, il se trouve que les ostéites et ostéo-arthrites tuberculeuses siègent dans les régions où la substance spongieuse de l’épiphyse est riche en substance médullaire. Le début d’une tumeur blanche, comme nous le montrent les radiographies précoces, siège toujours au sein même de la substancespongieuse de l’épiphyse, on peut donc admettre que ce début se fait par le système réticulo-endothélial. Nous nous croyons en droit de penser que les adénopathies tuberculeuses ont la même signification que les. tumeurs blanches. Marfan les a comprise dans sa loi et leur attribue les mêmes propriétés d’immunisation relative qu'aux atteintes tuberculeuses ganglionnaires. Si les ostéites sont cependant plus graves, c’est. dû uniquement.
à ce que le système osseux remplit des fonctions qui sont troublées lorsque l’os est atteint par la tuberculose et aussi car la mise en repos d’une articulation est plus difficile que celle d’un ganglion. |
D'autres tissus réticulo-endothéliaux peuvent encore être atteints par la tuberculose, nous ne ferons que citer le foie, les capsules surrénales, le tissu lymphoïde intestinal et surtout alors le poumon. Nous avons vu qu'il n'était aujourd'hui guère discutable que le poumon est très riche d’éléments cellulaires faisant partie du système réticulo-endothélial, que ces éléments appartiennent en propre au poumon ou qu'ils s’y fixent secondairement. Nous verrons dans le chapitre suivant le rôle important que ces éléments jouent dans l'édification de la lésion
tuberculeuse spécifique.
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Il n'y a qu'un système de tissus dont l'atteinte fréquente dans la tuberculose n’est pas expliquée par l’affinité du système réticulo-endothélial pour le bacille de Koch : ce sont les séreuses. IL y aurait sans doute beaucoup à dire sur la tuberculose des séreuses qui sont parmi les localisations les plus fréquentes du bacille de Koch. Faut-il ajouter l’endothélium de la plèvre, du péricarde, du péritoine, des méninges, etc., au système réticulo-endothélial? Nous ne possédons pas suffisamment de preuves pour cela. Contentons-nous de noter le fait ici.
La fixation élective du bacille de Koch par le système réticulo-endothélial explique encore pourquoi certains tissus sont réfractaires à la tuberculose, tout au moins dans les conditions habituelles. 11 a ainsi été remarqué l'absence totale de manifestations tuberculeusès au niveau du tissu musculaire. De même, certaines glandes: glandes salivaires, glandes mammaires, pancréas, etc., ne sont qu’exceptionnellement atteintes. Les surfaces cutanées et muqueuses montrent très rarement des lésions tuberculeuses et dans le cas où elles en présentent, ce sont généralement des lésions ayant débuté dans la profondeur.
Il y a vraisemblablement d’autres raisons à l'état réfractaire de ces organes, notamment des raisons d'ordre humoral ou immunitaire, mais il importe de noter les faits que (les séreuses mises à part) la fréquence de la localisation tuberculeuse est en räpport avec la richesse d’un organe en éléments réticulo-endothéliaux.
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