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ORGANISATIONS COMPARÉES

Comptabilité. — Pour ce service, dans une organisation non systématisée, on se contente de dresser le compte des profits et pertes une seule fois par an, après inventaire fait ; et combien d’entreprises ne connaissent les résultats de l’exercice écoulé que six mois après sa clôture. C’est là la cause primordiale de bien des faillites.

Dans une organisation systématisée, les livres sont tenus à jour, les prix de revient établis d’une façon détaillée, ce qui permet de fixer le prix de vente et de rogner les dépenses exagérées

Dans une organisation scienüfique, la comptabilité est en relations étroites et multiples avec d’autres opérations : elle est bien loin de constituer un chapitre isolé, indépendant du reste du fonctionnement de l’usine. Taylor condamne la comptabilité au mois comme embrassant une période trop étendue et variable, comprenant tantôt quatre, tantôt cinq époques de paye : il la condamne aussi comme rendant impossible les comparaisons des prix de revient d’une époque de l’année à une autre. Il

est donc indispensable d'établir la comptabilité par jour,

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semaine, période de quatre semaines et année de treize

périodes. On comprendra l'importance de cette opération

en rappelant le lien étroit qui relie la comptabilité à la

fabrication ; la fiche de travail qui donne aux ouvriers les ordres relatifs au travail est, d’autre part, la base de toute la comptabilité de l'usine ; c’est d’après les renseignements qu’elle contient que les comptables établiront les feuilles de paye des ouvriers, et le prix de revient de chaque objet fabriqué.

Avec une comptabilité si détaillée, les inventaires de

fin d’année deviennent inutiles.

Achats. — Dans une organisation non systématisée, les achats sont réalisés par un grand nombre de personnes différentes, chacune se procurant ce dont elle a besoin. On ne se préoccupe pas d’acheter des types définis de marchandises ; on achète pour le même usage plusieurs modèles différents ; on fait sur un point des approvisionnements en excès et on les laisse en souffrance sur d’autres.

Dans une organisation systématisée, ils sont confiés à un seul service, qui définit les types de matières et leur quantité exacte.

Tandis que dans une organisation scientifique, avant de réaliser tout achat, il s’agit de déterminer tous les fac-

teurs qui peuvent intéresser le but final de l’industrie :

1” Convenance des matières premières par rapport à la fabrication ;

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2” Unification des types et qualités de ces matières ;

3° Prix d’achat ;

4° Importance des approvisionnements.

On ne doit jamais faire un achat sans une spécification écrite très précise. Ainsi un magasin employait douze sortes de papier d'emballage et devait pour ne pas en manquer en avoir, en magasin, une quantité correspondant à une valeur de 12.500 francs.

Après examen, il fut reconnu que quatre sortes de papier suffiraient.

Résultats : les approvisionnements furent réduits à une valeur de 5.000 francs ; l’étendue du magasin fut diminué de 60 % et même ies disponibilités de ses approvisionnements furent augmentées de 20 %.

L'emploi de ce choix scientifique des matières à acheter a pour conséquences de diminuer les frais de fabrication, d'accélérer la production, de réduire la manutention de matières différentes, de diminuer la surface des magasins et enfin d’abaisser les frais d’achats en raison de l’aug-

mentation de chaque commande particulière.

Magasins. — Dans une organisation non systématisée, la première occupation consiste à choisir un emplacement, une disposition avantageuse pour les ateliers ; mais on délaisse totalement ces considérations pour les magasins qui sont disséminés dans tous les coins de

l'usine ; leur ordre est laissé au caprice da personnel qui

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les utilise ; d’où pertes de temps, mauvaise utilisation des emplacements disponibles et gaspillage des approvisionnements.

Dans une organisation systématisée, le magasin est nettement organisé : unique dans toute l’usine, il est sous la surveillance d’un chef d’atelier qui ne laisse sortir aucun objet sans un bon de commande, et les objets en magasin sont Compris sur un état tenu à jour.

Dans une organisation scientifique, le magasin à quelques améliorations de détail ; le compte des objets est tenu au bureau, le chef de magasin est prevenu à l’avance des commandes qu’il recevra afin de les préparer à l’avance et ce sont de jeunes messagers qui mettent en communication les ouvriers et le personnel du magasin qui

ne doivent à aucun moment se déranger.

Travail et rendement. — Dans une organisation non systématisée, on se contente d’ordres verbaux sommaires, supposant que les ingénieurs, contremaîtres et ouvriers connaissent chacun leur affaire. Chacun gaspille une bonne partie de son temps, les ouvriers emploient des outils à leur convenance, chacun a son procédé spécial et finalement le rendement est faible, variable et dépend des connaissances, des qualités de direction du contremaître. Les salaires sont arbitraires et les syndicats ouvriers ont la part belle pour intervenir, pour soutenir leur cause, car personne n’est capable de déterminer exactement la

production normale d’un ouvrier et par suite son salaire.

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Dans une organisation systématisée, le travail se fait généralement aux pièces et suivant des ordres écrits pour chaque opération, mais le rendement des ouvriers est fixé par l'arbitraire des contremaîtres. On ne se préoccupe pas de déterminer les aptitudes personnelles et chaque ouvrier travaille à n'importe quelle besogne de sa spécialité.

Dans l’organisation scientifique, l’ouvrier n’est plus sous la direction d’un chef unique, mais d’une série de chefs différents qui, n’ayant qu’une fonction à remplir, atteignent une grande habileté. D'autre part, les procédés de travail sont étudiés par des personnes compétentes qui les enseignent aux ouvriers. L'organisation scientifique a pour objet d’atteindre le rendement maximum de l’ouvrier.

Je rappellerai pour mémoire les moyens d’action variés par la combinaison desquels il y arrive : analyse élémentaire des opérations, sélection, instructions des ouvriers, emploi de bons outils, stimulants.

De ces trois systèmes d’organisation, 11 est simple de déduire les transformations qu’amène la scientifique.

Le matériel général de l’usine est tenu en meilleur état, il possède une plus grande capacité de production par suite de l’intervention d’un service central de contrôle.

Les produits fabriqués présentent une plus grande régularité ; ils sont d’une qualité supérieure par le seul fait

que chaque opération est réglée d’une façon uniforme

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et rendue indépendante des caprices ou de la négligence des ouvriers.

L’ouvrier a l’avantage de gagner un salaire plus élevé et d’avoir un travail plus régulier, par suite moins fatigant.

Il sait toujours, par avance, ce qu’il aura à faire ; il n’a à se préoccuper de rien et ne rencontre aucune difficulté au cours de son travail ; ses machines sont toujours en bon état, les matières arrivent en temps utile.

Le rôle de la direction est modifié peut-être plus encore -que celui des ouvriers. Elle assume la responsabilité de tout ce qui se passe dans l’usine ; son travail est considérablement accru.

En un mot, la part du travail intellectuel est considéra-

blement augmentée par rapport à celle du travail manuel.

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