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charpentiers. De simples manœuvres arrivent, avec le système Taylor, à gagner des salaires plus élevés que des bons mécaniciens travaillant selon les anciens errements.
L'organisation scientifique a aussi donné d’excellents résultats, appliquée au travail des femmes. Les salaires ont été élevés, la durée de la journée de travail diminuée, mais sur la santé des ouvrières, les résultats furent peu précis et même contradictoires, maïs sur ce point, il intervient tant de facteurs étrangers à l’usine qu’il est vraiment délicat d'arriver à des conclusions précises.
Gantt appliqua le Scientific Management à la New England Cloth Finishing House (1) (Maison de confection). Les jeunes filles étaient groupées en équipes qui se remplaçaient alternativement aux machines, ce qui permettait de ne pas les laisser plus de 1 heure 20 devant leur machine. Leur salaire fut majoré de 50 % tandis que la durée du travail fut diminuée. Malgré ces améliorations, le rendement de chaque ouvrière avait triplé et celui des
machines augmenté de 60 %.
Ces ouvrières se sont toutes montrées satisfaites des nouvelles conditions de leur travail et leur santé n’en fut pas du tout altérée.
Le système Taylor a des applications infinies et les heureux résultats ne furent pas seulement acquis dans l’industrie, mais encore dans les travaux publics, le com-
merce, les banques, etc.
(1) Making both ends meet. Fabricalion parfaile, de Clark et Wyatt, Mac Millan C° New-York.
La création des chambres de compensation en est une application direction. L’excès de la circulation fiduciaire et monétaire est un des graves errements qu’il est nécessaire de réformer : la loi du moindre effort domine tout le monde économique et il faut notamment arriver à l’économie dans l’emploi du numéraire pour faciliter le développement de l’activité commerciale.
C’est là le rôie du système de compensation appliqué officiellement la première fois en Angleterre, en 1754, sous le nom de Clearing House.
Le système Taylor a été appliqué avec succès dans le service des travaux publics de la ville de Philadelphie (1).
M. R. Blankenburg, maire de Philadelphie, devant l’état déplorable des affaires de la ville et spécialement du service des travaux publics, fit appel à Taylor pour le réorganiser suivant ses nouvelles méthodes.
Taylor lui désigna M. Cooke, un de ses jeunes collaborateurs, ingénieur électricien, qui, quoique n’ayant jamais entendu parler d’affaires municipales, s’attela à la tâche.
Il commença ses travaux en 1912. Il fit d’abord une étude de toutes les parties du service des travaux publics et, après avoir nettement déterminé le but à atteindre, en détermina les différents facteurs.
Les différentes défectuosités du service en vigueur
(1) Renseignements extraits du Rapport annuel sur les résultats de l’année 1913, adressés par M. Cooke au maire de Philadelphie.
consistaient dans l’incompétence des employés, les pots de vin qu'ils recevaient, la négligence des habitants de la ville, l’obstruction des conseils élus.
Ses observations l’amenèrent à distinguer deux sortes de facteurs : les facteurs d’ordre général se rapportant à la totalité du service et les facteurs spéciaux à chacune de ses parties.
Les premiers sont les plus importants, parce que nombreuses sont. les circonstances où ils entrent en jeu ; leur étude permet de faire disparaître les défectuosités et d’apporter les perfectionnements voulus. En voici l’énumération :
Utilisation des conseils des personnes et employés compétents.
Résistance des intérêts particuliers opposés à l’intérêt général. C’est pour lutter contre les attaques des employés incompétents, qui Se souciaient de ne pas être dépossédés de leur sinécure bien rétribuée, qu'il fit appel à l’opinon publique par :
La publicité des affaires de la ville.
Budget rendu clair — il était si obscur que personne ne pouvait se douter des dépenses engagées.
Réforme des adjudications qui étaient telles que les procédés employés pour voler les finances publiques étaient indéfiniment variés.
Les employés furent instruits de leur travail et des nouvelles méthodes tandis que leurs traitements étaient
augmentés.
Direction. — Les perfectionnements à apporter tendaient à simplifier et à accélérer le travail, à réduire les pertes de temps occasionnées par les visites inutiles ou les recherches de documents.
Pour chaque service particulier, la même étude fut entreprise ; ainsi le service des égouts et des rues, le service de l’éclairage, le service des eaux où les économies réalisées se sont élevées à deux millions de francs.
L'économie totale s’est élevée à $ 1.300.000.
Les applications du système Taylor n’ont cependant pas éu un succès uniforme. En 1914, sur 107 entreprises industrielles, 58 ont eu un complet succès, 15 un succès partiel, tandis que 34 avaient échoué complètement.
Il est à présumer ce pourcentage : sur 17 entreprises voulant employer le système Taylor, il en est 5 qui n’arriveront à aucun résultat. Ces échecs analysés, leurs causes proviennent de deux facteurs : c’est d’abord l’incompétence des ingénieurs et ensuite du directeur, pour ce dernier une grande cause de l’échec provient aussi de l’inhabileté financière qui l'empêche de continuer l’application heureusement commencée.
Ces échecs sont aussi dus, mais occasionnellement, à des manques de prudence.
Et d'autre part, ils sont parfois dus aussi à des causes tout à fait indépendantes ; je veux parler des crises, des périodes de grande dépression des affaires comme en 1907 et 1913-1914, où les demandes de produits manufacturés avaient presque cessé.
Mais dans plus d’un cas et spécialement en 1907, la situation était si embrouillée qu’il était difficile de déterminer précisément la part de responsabilité revenant, à la crise elle-même et à l'incapacité du directeur d'exploitation.
Le Scientific Management a reçu une application encore plus inattendue dans la tenue scientifique de la maison. Et une telle étude est intéressante car elle permet de dégager nettement les principes généraux que l’on pourrait reléguer au deuxième plan, en restant sur le terrain industriel ; elle peut rendre encore d’autres services à une époque où les jeunes filles ont un engouement si grand pour le baccalauréat, les licences, prétendant faire de la science. Ce petit exemple leur montrera un nouveau champ d’explorations : maîtresses de maison, elles ont des occupations multiples, qui n’en sont pas moins intel: ligentes, même scientifiques et qui leur reviennent dans la répartition des tâches dans la famille.
C’est là une étude qui n’a jamais été entreprise ; les réformes sont nombreuses à réaliser, car l’empirisme règne en maître absolu, escorté de toutes les dépenses inutiles, les gaspillages.
La préparation des aliments est une science comme les autres, et quoique cela puisse paraître bizarre, toute maïtresse de maison, comme tout chef d’industrie, devrait atteindre pour les aliments un rendement maximum et
par suite une économie surprenante,
Mistress Christine Frederick fut amenée à appliquer les principes d'organisation scientifique à la tenue de sa maison, à la suite d’une conversation entre son mari et un ami sur le rendement normal des ouvriers et des machines.
Et elle pensa appliquer chez elle les mêmes principes qui présidaient à l’organisation d’une entreprise industrielle. Il en résulta « the New Housekeeping ».
C’est tout d’abord l’énumération des divers facteurs entrant en jeu :