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Discipline, loyauté, salaire normal

Le but de la tenue d’une maison doit être soigneusement dégagé. C’est vers lui que seront dirigés tous les efforts, et savoir ce qu’on veut est la moitié du problème résolu.

La maîtresse de maison répétant souvent ses mouvements, doit les ordonner ; elle doit déterminer les parties qui composent son travail, voir si elles répondent bien au but qu’elle se propose et alors, par des études expérimentales, elle déterminera les meilleures conditions de leur exécution.

Des améliorations en seront les conséquences et finalement, pour Chaque tâche, les conditions de travail et le temps nécessaire pour l’accomplir seront fixés exactement.

Toutes ces tâches seront réunies sur ia liste de la bonne tenue de la maison, et, désormais, l’organisation sera terminée ; chaque fois qu’on devra accomplir une tâche, on se servira de la fiche établie, comme l’ouvrier s’en sert à l’atelier.

Dans la plupart des cas, les réformes paraissent des plus simples, même trop simples pour qu’on y ait porté attention. Ainsi pour la détermination de la hauteur des tables, hauteur correspondante à celle des personnes devant travailler debout.

Après avoir organisé son travail et comme conséquence ou plutôt partie solidaire, elle devra organiser le milieu où il s’effectue.

Chaque ustensile, meuble, provision, aura sa place et ils seront groupés comme sont groupées les opérations qui les utilisent.

Ainsi la cuisine devra être construite suivant certaines caractéristiques : beaucoup de lumière, peu d’odeur, propreté.

Le mobilier devra être placé de façon à éviter tous les mouvements inutiles. Ainsi un côté de la cuisine servira à la préparation des plats, et pour cela devra posséder le garde-manger, les fourneaux, les tables nécessaires ; les

plats passeront directement à la salle à manger pour

revenir de l’autre côté de la cuisine destiné au nettoyage, et qui par suite comprendra l’égoût, l’évier, la planche à

vaisselle.

Les ustensiles nécessaires seront groupés près des meubles où ils auront le plus souvent à servir. Mais auparavant chacun nécessitera une étude scientifique pour constater qu’il répond bien aux services qu’on lui demande ; tel appareil particulier employé pour le chauffage sera employé de préférence à tel autre parce qu’il est plus économique. Tous les efforts tendront à économiser le combustible, le temps, le travail, les allées et venues.

Toute maîtresse de maison, avant d’acquérir un instrument perfectionné dont le prix d’achat est assez élevé, devra se demander s’il est économique de l’acheter et devra calculer si son rendement lui remboursera le prix d’achat.

Ainsi un fer à repasser électrique, acheté 30 francs, doit fournir 6 % d'intérêt, soit 1 fr. 80 ; en tenant compte d’une dépréciation de 50 % en 5 ans, il faudra ajouter 3 francs à l’intérêt annuel, soit 4 fr. 80 par an.

Si on repasse tous les mois le service du fer électrique reviendra : 4.80 : 12 — O0 fr. 40 par mois ; il s’agira de savoir si l’économie réalisée sur l’ancien fer à repasser pourra supporter ces 0 fr. 40.

Après avoir déterminé pour chaque tâche le temps

nécessaire et les meilleurs conditions de son exécution,

la maîtresse de maison établira un horaire de son travail.

Comme toute entreprise, la maison nécessite des approvisionnements ; la maîtresse de maison devra surveiller l'opportunité des achats, la bonne qualité des marchandises et le bon marché des objets choisis ; tout ceci en vue

des besoins de la maison à satisfaire.

Le budget devra être aussi administré : une comptabilité devra être tenue qui permettra d’avoir une connaissance

précise des recettes et des dépenses.

Quand la maîtresse de maison emploie du personnel, elle devra lui donner toutes les instructions nécessaires pour lui faire accomplir le travail suivant l’organisation scientifique. Comme à l’usine, elle devra réglementer le travail et les repos à accorder. Ne se bornant pas aux améliorations dont elle seule profite, elle s’occupera des

avantages matériels et moraux de ses employés.

Matériels : veiller à ce qu’ils appliquent les règles de l'hygiène, aussi bien dans leur chambre que sur eux-

mêmes.

Pécuniaires : elle pourra au besoin stimuler leur

ardeur par des primes en cas de succès dans l’exécution

de la tâche prescrite.

Moraux : elle ne devra pas considérer son employé comme un être inférieur, mais comme un collaborateur ;

elle lui rendra la vie agréable, les lieux gais, car il est

obligé de rester à demeure contrairement à l’ouvrier qui, le soir, quitte l’usine. Et Mistress Christine Frederick, se basant sur la faible proportion des domestiques à demeure aux Etats-Unis, esquisse déjà l’organisation future où ils travailleront à la journée, tout comme les ouvriers.

Une autre application du système Taylor à été faite par Taylor lui-même, avec le concours de deux de ses amis, MM. Robert Bender et Harold van der Zee, sur les gazons” de golf (1).

Jusqu'en 1904, époque à laquelle il commença ses recherches, les gazons de golf n’étaient pas du tout soignés. On choisissait dans les prairies un terrain dépourvu d'arbres, répondant le mieux aux besoins immédiats du jeu et, comme seul entretien, le gazon était tondu parfois par des tondeuses, et le plus souvent par les dents des moutons.

Taylor essaya d’installer un petit gazon de golf ordinaire dans sa propriété ; l’échec fut complet la première et la’ deuxième année. malgré quelques améliorations apportées.

Il entreprit d'appliquer à ce problème les méthodes qu'il avait déjà employées avec succès dans l’industrie ; il se mit délibérément au travail.

Les gazons de golf furent étudiés d’ahord sur les diffé: rents terrains de Philadelphie où Taylor essaya de les

() Country Life îin America, n°* de février, mars, avril, mai, juin 1915.

faire venir ; mais outre que les résultats n’auraient pu avoir d'intérêt que pour ses habitants, ils ne furent que très médiocres.

Il recommença ses expériences avec un terrain artificiel composé d'argile, de calcaire broyé, d’os pulvérisé , de fumier de vache, de terreau de feuilles et de tourbe de Hollande, et obtint quelques résultats appréciables.

Ayant reconnu la possihilité de n’employer qu’une seule herbe, les recherches se portèrent sur son choix...

Il s'agissait alors de concilier les qualités du terrain artificiel avec les besoins de l’herbe choisie.

La méthode Taylor entra en application.

Le gazon de golf doit posséder certaines propriétés nécessaires au jeu ; le terrain doit être tel que la balle rebondisse également quel que soit le temps sec ou humide ; tel que les intempéries atmosphériques n’altèrent pas sa surface.

D'autre part et en deuxième lieu, le terrain artificiel doit posséder les qualités favorables à une bonne germination et utiles à la végétation d’un vieux gazon.

C’est là deux qualités bien différentes et que ne possède aucun sol naturel.

Le problème posé, après énumération exacte de tous les facteurs entrant en jeu, Taylor fut conduit à étudier expérimentalement vingt-trois problèmes subsidiaires.

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