I. — Le facteur mécanique
La méthode scientifique, comme nous l'avons déjà expliqué, consiste à envisager tous les phénomènes naturels comme étant sous la dépendance mutuelle les uns des autres ; et, pour employer un langage mathématique, la grandeur de chacun d’eux est fonciion de celle des autres que l’on désigne sous le nom de facteurs. Chaque facteur peut être à son tour fonction d’autres grandeurs.
Le premier résultat à atteindre est l’énumération exacte de tous les facteurs entrant en jeu, et le second est de connaître la forme de leur fonction et la grandeur de leur paramètre. Ces connaissances acquises, il suffira de modifier les facteurs pour atteindre le but poursuivi.
Pour la taille des métaux, le but poursuivi était d’établir une règle à calcul appropriée à chaque machine, permettant à un contremaitre intelligent d'indiquer à chaque ouvrier la façon de s’y prendre pour produire une pièce donnée dans le temps minimum.
Taylor a énuméré plusieurs variables, plusieurs facteurs au phénomène choisi : la dépense, c’est-à-dire le prix de revient du kilo de copeaux enlevés :
Qualité du métal travaillé ;
Vitesse de l’outil à la surface du métal ;
Épaisseur du coupeau ou profondeur de coupe ;
Largeur du copeau ou avance ;
Composition chimique de l'outil ;
UE
Traitement thermique de l’outil ;
Mode d’arrosage de l’outil ;
Angle de coupe de l’outil ;
Disposition du corps de l’outil ;
Flexibilité du corps de la machine.
Puis suit l’étude de l'effet des variations de chaque facteur sur la coupe ; étude divisée en quatre sections,
pour une utilisation pratique.
1) La détermination, par une série d'expériences, des faits ou des lois importantes ayant une relation avec l’art
de tailler les métaux ;
2) La recherche de l’expression mathématique de ces lois, suffisamment simple pour convenir à un emploi
journalier ;
3) La recherche des limites et des possibilités propres
aux machines à tailler les métaux ;
4) La construction d’un instrument, la règle à calcul réalisant, d’une part, les lois relatives à la coupe des métaux et, d'autre part, les possibilités et limitations propres à la machine spéciale, tour, raboteuse.… à laquelle elle s'applique.
Cet instrument peut être employé par un mécanicien n’ayant aucune instruction mathématique ; elle indique rapidement, dans chaque cas, la vitesse de coupe capable de faire le travail de la façon la plus rapide et la
meilleure.