I. — Le facteur humain
A côté du facteur machine se place, dans l’industrie, le
facteur humain,
Il existe une infinité de machines qui, correspondant à des industries diverses, n’ont aucune analogie dans leur objet et dans leur fonctionnement. L’homme, au contraire, unique de son espèce, s’écarte peu d’un certain type moyen. On a souvent objecté la différence de caractère de l’ouvrier américain et de l’ouvrier français. Peut-être oui, mais partout et généralement les ouvriers ont des défauts et des qualités très semblables, et on peut étudier l’ouvrier américain et l’ouvrier français, de même qu’on analyse deux minerais du sol américain et du sol francais.
A l’homme, comme à la machine, il est possible d’établir une science générale et Taylor appliqua au problème humain la méthode générale d’investigation expérimentale qu’il avait déjà appliquée avec succès au facteur machine.
Voici le cas du travail à la pelle.
C’est un travail qui paraît des plus simples, si bien qu'aucun entrepreneur de terrassement n’a pu seulement douter qu’il existait une science du travail à la pelle.
Le problème est celui de déterminer comment doit s’y prendre un pelleteur, afin d’utiliser ses forces le mieux possible et afin d’atteindre son rendement maximum.
Voici les facteurs énumérés complètement, comme précédemment : la détermination de la charge qui entraîne celle de la pelle ; la vitesse avec laquelle l’ouvrier, muni
d’une pelle appropriée, peut enfoncer son outil dans le