E "^ ?0i Wang mou tcJCe „ L'étang de la mère
reine (d'Occident)" (A, XII, i r°; C, VII, iS r°) ; la cour antérieure de ce temple est occupée par un grand bassin rectangulaire avec une belle balustrade en pierre; on l'appelle l'étang des joyaux Yao tciïe J§ yjj^ et on le rattache au nom de la fameuse mère reine d'Occident, de la Si wang mou qui règne dans les montagnes mystérieuses de l'Ouest au milieu d'éblouissantes richesses. Cet étang est ancien, car il est déjà mentionné dans un des textes de l'époque des T'ang gravés sur les stèles jumelles du Lao kiun fang (n° 97). On le traverse sur un pont de pierre et on accède à une nouvelle cour au fond de laquelle est un bâtiment consacré à des divinités féminines.
100. jzj jjJU S: Lu tsou leou „Tour du patriarche Lu". Cet édifice, consacré à l'immortel Lu Tong-pin, a été construit en 1797 (B, X, 22 v°).
10 1. 4L ^E lfS£ K^ieou tsai watt „La crique où est présent le dragon sans cornes". Nom d'un petit lac.
102. /\\ |U ^ Siao p'ong lai „Le petit P'ong-lai". On sait que P'ong-lai est le nom d'une des îles légendaires que l'imagination populaire place dans la mer orientale ; ici, ce nom est appliqué à un site rocheux qui était fort pittoresque avant que des ouvriers carriers ne l'eussent endommagé (D, 16 r°).
103. {zj jjfU */|p] Lu tsou tong „ Grotte du patriarche Lu"; Cette grotte assez spacieuse passe pour avoir été habitée par le patriarche Lu. On y voit sa statue en pierre et une inscription de l'année 161 5 (A, XII, I v° ; B, X, 22 r°-v°; C, VII, 28 r°-v°; D, 15 v°) ').
1) L'association de la légende de Lu To?ig-pin avec cette grotte paraît assez récente; en effet, dans un des textes de l'époque des T'ang gravés sur les stèles jumelles du Lao kiun fang (No 97), cette grotte est
mentionnée sous le nom de Fa chcng tong %œ £p ^Ipj „La grotte qui
104- 4L fil) '/IrI Kyieou sien totig „ Grotte du dragon sans cornes devenu un immortel". D'après la légende, ce dragon sans cornes avait coutume de venir se prosterner devant les poésies que Lu Tong-pin écrivait sur le rocher; un jour, touché par le pinceau du maître magicien, il se transforma en un dragon à cornes et ailé et disparut (A, XII, 2 r°).
105- j|C BRtIl Mx Tong yen konang tien «Salle orientale de la bonne vue". D'après son nom, ce bâtiment doit être consacré à celle des deux acolytes de la Princesse qui préside à la bonne santé des yeux.
106. $HJ |îf[ lli§ Houei long yu „Vallée du dragon qui se replie".
107. p[[J $jjy ^ Sseu yang ngan „ Sanctuaire des quatre yang (?)" (B, X, 22 r° ; C, VII, 34 v°).
Nous revenons maintenant à la route que nous avions abandonnée à la hauteur du temple de Kouan ti (n° 95) et nous continuons à la descendre. Nous remarquons à l'Ouest le
108. -^ ^ J§H Ta wang miao „ Temple du grand roi". Le nom complet est Kin long sseu ta wang miao -^ ^|
Ptj -^ ^ JEh „ Temple du grand roi quatrième de Kin-long"
(A, XII, 21 v° et 25 v°; B, X, 13 r°; C, VII, 27 v°) — L'homme divinisé qu'on y adore est un certain Sie Siu au sujet duquel nous trouvons quelques détails dans le Ta ts'ing yi fong tche, chap. CCXVIII, p. 5 r° : Ce Sie Siu, qui était originaire de la ville préfectorale de Haug-tcheou,
émet la vie", et, dans la relation de voyage de Ts'icn Po-ycn (B, V, 12 r°), qui écrivait sous les So/ig, elle est appelée Kin mou tong &s -Q: ^|p] „la grotte de la déesse d'or" (D, 15 v°).
dans la province de Tch'ô-kiang, était un parent de l'impératrice femme de l'empereur Li tsong de la dynastie Song; en 1276, les Mongols envahirent la ville de Hang-tcheou, forcèrent les portes du palais et enlevèrent la vieille impératrice; Sie Siu s'alla noyer de déserpoir dans la petite rivière T'iao et, par un prodige, on vit son cadavre debout remonter le courant; ou l'enterra auprès de la montagne Kin-long. Comme Sie Siu fut enterré auprès de la montagne Kin-long, et comme il était le quatrième fils de sa famille, c'est la raison pour laquelle le temple qui lui est consacré porte le nom de „ temple du grand roi quatrième de Kin-long" ; le culte de Sie siu fut importé du Tch'ô-kiang jusqu'au pied du T'ai-chan, et, en 1626, on conféra à cette divinité le titre de grand roi parce qu'elle avait protégé le canal impérial; le titre de grand roi est celui qui convient aux dragons, divinités des eaux; il est donc fort probable que, à partir de 1626, le nom du temple fut faussement interprété et fut considéré comme signifiant: temple du dragon d'or, grand roi de quatrième ordre.
Ce temple est un petit édifice dans lequel on voit le dieu assis dans une niche; il tient, de la main droite, une épée, et, de la main gauche un lingot d'or; devant lui se tiennent debout les deux assistants réglementaires, le jeune garçon portant le sceau et la jeune fille portant l'édit. En avant de la statue, six tablettes sont consacrées à des divinités fluviales qui sont des hommes béatifiés; les deux premiers se nomment Houang&et Tchou j?k et ont le titre de „grand roi" {ta wang);
les deux suivants se nomment Siao ^ et Yen ^ et ont le titre de „ marquis" (heou); enfin les deux derniers se
nomment Yang ]Èk et Kieou-long fy ^M et ont le titre de ^général" (tsiang kiun).
109. £j ^| i^ Pat ho ts'iuan „ Source des grues blanches". (A, XII, 20 v°; B, X, 12 v°; C, VII, 27 v°). — Ce
nom est inscrit au-dessus de la porte orientale par laquelle on entre dans le Yu houang ko ou Belvédère de l'Empereur de jade (n° uo); mais la source au bord de laquelle se rassemblèrent un jour, dit la légende, plusieurs grues blanches, a cessé d'exister. — Après avoir traversé une petite cour, on se trouve dans une seconde cour plus septentrionale ; on remarque à droite une porte au-dessus de laquelle sont écrits les mots ^^J J\^ ^ Sien j'en tong v grotte du bienheureux"; si nous nous faisons ouvrir, nous voyons le saint lui-même, non pas en chair et en os, mais en os et en peau; vêtu d'une robe rouge, il est assis dans une niche vitrée et sa figure est cachée par un masque doré; ses tibias et ses mains sont encore recouverts de leur épiderme parcheminé. Une inscription de l'année 17 16 placée en dehors et à droite de la grotte nous apprend que ce saint personnage portait le nom de famille SouenJfêfcet s'appelait
en religion Tchen-tsing &ffiï il vécut 94 ans, de 16 10 à 1703 et passa soixante années à pratiquer ses devoirs de moine taoïste dans le Yu houang ko; quand il fut près de sa fin, il demanda que l'on conservât son corps pendant trois ans dans une salle du temple, après quoi on verrait s'il y avait lieu de l'enterrer; on le laissa douze ans dans cette salle et, lorsqu'on revint le chercher, on s'aperçut avec émerveillement que son corps ne s'était point décomposé et était resté dans la posture assise qu'il avait au moment de la mort ; on décida de le garder à perpétuité pour l'édification des générations futures.
no. 3Ê Ê= [§j Y*1 h°uang ko ^Belvédère de l'Empereur de jade". — Au Nord de la cour où est la giotte du bienheureux, on accède par un escalier à un bâtiment à étages (voyez fig. 24) qui fut construit pendant la période wan-li (1573 — 1619). Dans la partie supérieure de cet édifice, on sacrifie à l'Empereur de jade, cette divinité suprême du
Taoïsme que nous avons déjà rencontrée au sommet du T'ai chan (n° 18). Parmi les douze divinités qui lui font cortège, on remarque les dieux du tonnerre et de la foudre,
Fig. 24.
Yu houang ko (n° 110).
tenant en main le marteau et le ciseau comme sur les bas-reliefs purement chinois du deuxième siècle de notre ère, mais ayant le bec et les pattes d'un oiseau, ce qui prouve qu'on les a façonnés sur le modèle du Garuda hindou. — Dans la voûte qui constitue la partie inférieure de l'édifice, on adore les „ trois fonctionnaires" (san kouan) du ciel, de la terre et de l'eau; leur sanctuaire est appelé ^£ 7^ J|pJ San yuan tong „la grotte des trois principes" '). — Plus à l'ouest, mais toujours dans la même enceinte est le
1) C'est pendant la période U-pHrig (172 — 177 p.C.) que nous voyons apparaître pour la première fois la théorie des „trois fonctionnaires" — > f*
A cette époque, Tchang Lou 2Ê SS (ou, plus vraisemblablement, son père
ïlï- ^C ^\ 8$ Pe* teou ^en 75 Sa] le de la Grande-ourse". — Plus bas, nous entrons dans les beaux bâtiments qui constituent le
112. ^y ,jg4 Hing kong ou rpalais de voyage", qui hébergea en 1770 l'empereur K^ien-long. — Si nous sortons par la porte de la source des grues blanches, nous devrions, d'après la carte, trouver, de l'autre côté de la route, le
11 3* ^\ TU SU Cheng yuan konan „Temple Cheng-yuan" (A, XII, 21 v°; B, X, 12 v°; C, VII, 27 r°); ce bâtiment a disparu, de même que le bâtiment marqué sur notre carte, sans indication de nom, plus au Sud; le souvenir ne s'en conserve plus que dans une stèle de l'année 11 18 qui est maintenant placée à droite de l'entrée du Yu houang ko (n° 1 10) '), et dans une stèle de l'année 1285 qui est derrière le San houang miao ( n° 114) 2). A
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Tchang HengXjÊi -fflgT ), fondateur de la secte taoïste dite des cinq boiseaux
de riz -fj ^jç- jfâ^ igj , invitait tous les malades à écrire en triple exemplaire leurs noms et la confession de leurs péchés: il offrait un de ces exemplaires au ciel en le déposant sur une montagne; il enfouissait le second dans la terre; il plongeait le troisième dans Teau : il disait qu'il les remettait ainsi aux trois fonctionnaires du Ciel, de la Terre et de l'Eau. A l'époque des Wei du Nord, d'autre part, nous trouvons la théorie des trois principes
— - Tf* qui consacre a la purification le treizième, le quatorzième et le quinzième jour du premier mois, du septième mois et du dixième mois. On mit ensuite en relation les San konan — * p» et les San yuan — > yr* ;
le fonctionnaire du Ciel présida au Chang yuan | tt^ , c'est-à-dire aux jours médians du premier mois; le fonctionnaire de la Terre présida au Tchong yuan JZD ~JX\i c'est ^ ^ire aux Jours médians du septième mois;
le fonctionnaire de l'Eau présida au Hia yuan y\ -jt\ , c'est-à-dire aux
jours médians du dixième mois (Song che^ chap. CCCCLXI, p. 2 v°). Voyez sur cette question les textes intéressants réunis par Tchao Yi dans le Kai yu ts'ong k'ao (chap. XXXV, p. 1 r° et suiv.).
1) Le texte de cette inscription se trouve dans A, XII, 22 r°-v°.
2) Voyez le texte dans A, XII, 23 v°-25 r°.
l'origine, le Cheng yuan kouan était le Kien fong yuan $H ^sj* |^ ; en 1 1 1 8, on lui donna le nom de temple
Cheng-yuan ^J* j£ , et en 1285, celui de temple Tciïao-yuan
^§ 7C ; mais les Ming, pendant la période kia-tsing (1522 — 1566) lui rendirent le nom de Cheng-yuan kouan. On y vénérait la divinité appelée Tong houa ti kiunl^ ïjjjt *jfr ^* qui, d'après une tradition populaire taoïste, est le dieu du bonheur du Pic de Test (tong yo fou chen j|f ^ jjfg jjj|jj ) (D, 15 rr). L'auteur du Tailan (A, XII, 21 v°) émet cependant quelques doutes au sujet de l'attribution de cette divinité à ce temple.
1 14. ^ j|| JëR San houang miao „ Temple des trois souverains" (A, XII, 22 r°; B, X, 12 v°; C, VII, 12 r°; D, 1 5 r°). Au centre se tient Fou-hi qui porte un vêtement de feuilles vertes; à l'Est se trouve Chen-nong qui a une collerette et une jupe courte en herbes 'vertes; à l'Ouest, Houang ti> vêtu d'étoffe ; ainsi se marquent les progrès de la civilisation dans l'habillement de plus en plus perfectionné de ces trois souverains qui sont à l'origine de l'histoire. — Des deux côtés de la salle sont rangés les huit Tcha ^ divinités forts anciennes dont le culte est aujourd'hui encore très répandu en Chine, mais qui ne nous sont connues que par un texte assez obscur du Li ki x) ; les huit Tcha semblent être des divinités agrestes auxquelles sacrifiaient les paysans quand ils avaient achevé leurs moissons; dans les représentations que nous en voyons ici, nous remarquons l'un de ces dieux qui a des crocs redoutables lui sortant de la bouche; peut-être est il le tigre auquel les laboureurs sacrifiaient, dit le Li ki, parce qu'il détruisait les sangliers qui ravagent les champs. — Le T'ai-ngan hien tche (C, VII,
1) Legge, S. B. E., vol. XXVII, p. 431—432 et Couvreur Li ki t. I, p. 594—596.
12 r°-v°) dit qu'un temple des anciens médecins -4q ||£ JëB était annexé au temple des trois souverains, et il donne l'énumération des divinités qu'on y adorait.