‹ Le T'ai chanChapitre 21 sur 61 · gH) |££ ^p Mi-fo sseu „Temple de Maitreya · texte numérisé non relu

gH) |££ ^p Mi-fo sseu „Temple de Maitreya

168. Ifjjl -^ ^ Kouan-yin tàng „Salle de (la déesse) Kouan-yin\

169. j^ jS ;§* Lien mo ngan „Temple de celui qui punit les démons". Le T'ai ngan hien tche (C, VII, 25 r°) cite ce temple sous le nom de „Cour du dhyâna du pic Tai" (Tai yo chan yuan ^ ^ jjjjB (5^); il s'y trouve, dit il, une inscription de l'année 158 1.

170. HH *jîj* JËS Kouan H miac „ Temple de Kouan lï". Nous sommes maintenant arrivés à côté de deux collines

enclavées toutes deux dans une vaste enceinte; ce sont les collines Hao-li et Chô-cheou. La colline Hao-li est celle où la croyance populaire localise le royaume des morts (cf. p. 14); son nom primitif était Kao-li 0j J|ï ; c'est ainsi que dans le TsHen Han chou (chap. VI, p. 12 r°), nous lisons que le douzième mois de l'année 104 av. J.-C, l'empereur Wou offrit le sacrifice chan à la terre sur le Kao-li; d'autre part cependant, une élégie funèbre, composée en 202 av.

io5

Fig. 28.

Statues de bronze doré dans le Ling-ying kong (n° 766).

Au premier plan, les deux assistants du côté Ouest, en avant de la

Princesse des nuages colorés qui est invisible. A l'arrière-plan,

le Bodhisattva du côté Ouest et ses deux assistants.

J.-C. et devenue une complainte rituelle qu'on chantait aux funérailles, commençait par les mots Hao-li jÇ j|î !) ; on ne tarda pas à faire une confusion entre les deux termes Kao-li et Hao-li; la montagne consacrée aux divinités qui sont sous la terre, et l'élégie qui accompagne à leur dernier séjour les morts, produisirent, par une association d'idées, la conception d'un monde souterrain où se donnent rendezvous les âmes des hommes défunts; cet obscur domaine des ombres fut localisé sous la colline Kao-li dont le nom se tranforma en Hao-li. La croyance populaire relative aux âmes des morts qui habitent le Hao-li est aujourd'hui encore très vivace ; nous le constatons dès que nous pénétrons dans l'enceinte où nous introduit la porte surmontée des mots Hao-li chan ïffr jjï [Jj ; dès que nous avous passé devant la scène destinée aux représentations théâtrales, nous voyons s'élever de tous côtés, et plus particulièrement le long de deux avenues, une véritable forêt de stèles funéraires (p. 14 fig. 4) qui signalent „l'endroit où on fait les offrandes aux parents de trois générations défuntes" si kou san tai tsong tsHn hiang tsi tche tch'ou

la plupart de ces stèles sont érigées à frais communs par les habitants d'un ou plusieurs villages réunis en une association religieuse ; voici par exemple ce que nous lisons sur l'une d'elles (fig. 29):

„Les habitants du village de Mong ha yen qui est dans lé district méridional de la sous-préfecture de

Fig. 29.

Stèle du Hao-li chan

1) Voyez, dans le chapitre Epigraphie^ le début d'une inscription de 1284 qui se trouve dans l'un des temples de la colline Hao-li.

io8

Tclûang-chan, dépendant de la préfecture de Tsi-nan, dans la province de Chan-tong, sacrifient avec respect à l'emplacement où se trouvent leurs parents des générations défuntes.

Erigé par Ho Tchouang-kong en un jour faste du second mois de l'année ping-wou (1906) de Kouang-siu, sous la grande dynastie Ts'ing.

Le président (c. à d. le religieux Taoïste ayant présidé à la cérémonie) Tchang Neng-chouen.1"

Une autre stèle (fig. 30) est ainsi conçue:

„ Association conforme à la raison des villages de Won-li Wiao et de Tao tchouang, faisant partie du district oriental

de la sous-préfecture de Tcttangchan, qui dépend de la préfecture de Tsi-nan, dans la province de Chan-tong.

Emplacement de leurs parents de trois générations.

Erigé le deuxième mois de la vingtneuvième année (1903) Kouang-siu.

Le président Kao Tche-yu".

D'autres stèles, plus verbeuses, rappellent les traditions qui concernent la montagne Hao-li; toutes concourent à nous attester que nous sommes bien là dans le domaine des mânes. — Suivant jusqu'au bout l'allée la plus méridionale des stèles, nous tournons vers le Nord, et, après avoir franchi un porche défendu par deux gardiens farouches, l'un vert et l'autre bleu, nous arrivons devant un grand et beau bâtiment qui est le

Fig. 30.

Stèle du Hao-li ch n

ïÊk M $$L Chen-lo tien „ Salle de Chen-lo" (A, XX,

19 V°; B, VII, 35 V°, VIII, 2 V°, XVIII, 26 V°; C, III, 20 V°; VII, 25 r°-v°). — On voit là un dieu colossal assis dans une niche rouge; il a un aspect de redoutable majesté, qui est véritablement émouvant; son visage et ses mains sont dorés: il tient un kouei vert sur lequel est représentée une constellation triangulaire; en avant du dieu sont postés debout, de chaque côté, deux assistants, l'un civil et l'autre militaire ; l'assistant civil de l'Ouest est muni d'un pinceau et d'un livre intitulé „ Registre général des naissances et des morts" £{r ^ jjjÊ[ ||£ ; celui de l'Est porte un rouleau ; les deux militaires sont armés, l'un d'une lance, l'autre d'une hallebarde; sur les murs sont des représentations des dix enfers ').

Derrière cette salle, au fond de la cour, on voit la stèle de 1284 dont on lira plus loin la traduction2).

Tout le long du mur d'enceinte de la cour sont rangées soixante-quinze cours de justice des enfers avec la représentation des supplices qui y sont infligés 3) ; les chambres numérotées de nombres impairs, de 1 à y 3, sont à l'Est; les chambres numérotées de nombres pairs, de 2 à 74, plus la chambre 75, sont à l'Ouest; le point de départ des deux séries est le centre du mur Nord où sont représentés les trois juges (San tsao ^ W ), celui du milieu habillé de rouge et portant la moustache, celui de l'Est vêtu de bleu et portant la barbe; celui de l'Ouest vêtu de vert et imberbe; le point d'arrivée des deux séries de chambres est la porte d'entrée du mur Sud, mais elles sont séparées de la porte par deux chambres dont l'une, celle de l'Est, est consacrée aux deux dieux qui président respectivement aux jours et aux années (je tche sseu [jj jjj[ ^J , nien tche sseu 4fî ïff fjj ), tandis que l'autre est consacrée aux deux dieux qui président

1) Cf. p.. 96.

2) Voyez, dans le chapitre Epigraphie^ l'inscription n° 6.

3) Sur les soixante-quinze cours de justice, voyez, dans le chapitre Epigraphie^ lés inscriptions n°* 7 (1285) et 8 (1284).

no

respectivement aux mois et aux saisons (yue tche ssue H ïj[ f^f) , che tche sseu H& |J f^| ).

Si nous sortons de la cour du chen lo tien, nous pourrons encore visiter trois autres sanctuaires qui sont compris dans l'enceinte commune des temples de la montagne Hao-li; nous commençons par jeter un coup d'oeil sur un pavillon élevé qui renferme, au premier étage, une divinité; une carte du T'ai chan tche (B, IV, 25 v° — 26 r°) indique ce pavillon sous le nom de tour du général de fer (^ ^ jg $6 fie tsiang kiun leou)} mais je n'ai pu découvrir qui était ce personnage au-dessus de la statue duquel on lit l'inscription: „Son visage de fer est sans partialité" (fie mien wou sseu $H jg] $&û ^£). Nous entrons maintenant dans le premier des trois sanctuaires qui nous restent à visiter; c'est le [H) Ht ^ Yen-lo tien „Salle de Yen-lo (Yama)." On y voit trois dieux coiffés du chapeau à franges; celui du milieu qui a le visage et les mains dorés, appuie les poings sur ses genoux et paraît interroger un coupable avec un air terrifiant; les deux autres dieux tiennent en main des kouei) devant la statue du centre, deux assistants debout portent, l'un le sceau, l'autre le décret; contre les murs latéraux se trouvent, à l'Est le dieu à tête de boeuf et un mandarin à figure blanche ; à l'Ouest, le dieu à tête de cheval et un mandarin à figure brune. Sur les murs latéraux eux-mêmes sont peintes des fresques représentant les vingt-quatre exemples de piété filiale.

Ce bâtiment occupe l'emplacement de l'ancien pavillon Houan-ts1 ouei }|| 3j| ^ (B, VIII, 2 r°). Plus bas, on remarque un pilier octogonal de pierre sur lequel est inscrit une dhâranî ou prière mystique, aujourd'hui presque entièrement effacée; ce monument, érigé sous la dynastie des Tsin postérieurs, date de l'année 944 (B, XV, 46 r°) ; on sait que ces piliers octogonaux, très fréquents en Chine, sont désignés par le mot tciïonang ||l|| qui signifie proprement

une banderole; ils sont en effet le substitut des anciennes banderoles (dhvaja) qu'on suspendait autour d'une hampe centrale après y avoir inscrit des textes sacrés.

Nous visitons ensuite le

jfy |§£ |t^ ti tsang tien „ Salle (du Bodhisattva) ti-tsang (Ksitigarbha)" où nous voyons un Bodhisattva assis avec les jambes repliées à l'hindoue; il porte une coiffure à cinq pointes, celle du centre étant rouge ; celles des deux extrémités, bleues; celles qui sont intermédiaires, vertes.

Nous entrons enfin dans une dernière enceinte située plus haut sur la colline; c'est le

172. -+* ^£ Jt§ Che wang tien „ Salle des dix rois". Dans le bâtiment principal, nous trouvons un dieu colossal à figure dorée et à chapeau à franges; c'est le dieu du Fong-tou (cf. n° 116), comme nous l'apprend l'écriteau portant les mots „ Salle de Fong-tou" fflj ^ ^§ qui est placé au dessus de l'entrée de cet édifice; à. la droite et à la gauche de ce personnage central, deux dieux avec chapeaux à franges ont, l'un la figure blanche, l'autre la figure brune ; huit autres personnages tiennent en main des tablettes kouei\ ces dix statues (8-J-2) représentent sans doute les dix rois des enfers subordonnés à Fong-tou (cf. n° 116).

Dans la cour qui précède ce temple, le bâtiment latéral de l'Est est appelé San fa sseu 3Ei ^ HJ ; les trois dieux qui y sont représentés paraissent identiques aux San ts'ao Eil ^ Que nous avons rencontrés au fond de la cour du Chen lo tien (cf. p. 109, lignes 22 — 24). Le bâtiment latéral de l'Ouest ne porte plus d'écriteau ; il renferme six dieux rangés deux par deux.

Après être sortis de la cour, nous nous dirigeons vers le Nord-Est et nous arrivons au point le plus élevé compris dans l'enceinte qui renferme tous les temples précédemment décrits. Nous avons, de là, une fort belle vue sur la plaine

de T'ai-ngan fou limitée au Nord par le T'ai c/zan (p. il,, fig. 3). Nous nous trouvons en ce moment sur le sommet du

l73- J|tt "fi* |L| Ch'à-cheou chan „ Montagne Chô-cheou", comme nous l'apprend une stèle, sur laquelle nous lisons les mots: „Emplacement du dieu de la montagne Ck'o-ckeou1 ( jjtt "Hf |Jj ^ fllp li cfà ckeou chan tche chen weï). C'est là que, d'après une tradition fort suspecte, le roi Tck'eng, de la dynastie Tcheou, aurait offert le sacrifice chan à la divinité de la Terre1); mais c'est là certainement que ce sacrifice fut accompli en 666 par l'empereur Kao tsong, de la dynastie T'ang, tn 725 par l'empereur Hiuan tsong, de la même dynastie, en 1008 par l'empereur Tcken tsong, de la dynastie Song.

A peu de distance à l'Ouesi des temples de la montagne Hao-li, se dresse une colline surmontée d'une petite pagode qui forme un point de mire attirant constamment le regard lorsqu'on est dans la campagne de T^ai-ngan fou; je ne l'ai pas examinée de près, car, notre visite aux dieux des enfers s'étant prolongée, le soleil de la fin de Juin était près du milieu de sa course au moment où il aurait fallu escalader la colline et nous n'avons pas eu le courage de risquer une insolation pour voir un monument qui ne paraît d'ailleurs présenter aucun intérêt historique ; d'après notre carte, cette pagode s'appelle

174. ~yT j& j2jj£ Wen fong t'a „La pagode du pic Wen". Elle est un édifice dont le rôle est d'effiler la silhouette de la colline qui préside dans la région au développement de la civilisation {wen); elle avive ainsi l'énergie bienfaisante de cette colline.

Nous revenons maintenant sur nos pas et nous nous rendons à la porte occidentale de la ville de Tyai-ngan fou.

[) Cf. Sseu-ma Ts'ien, trad. fr., t. III, p. 424.

ii3

pour suivre la route qui se dirige vers l'Ouest; je n'ai pas fait personnellement cette excursion et c'est seulement d'après les livres que je parlerai des bâtiments qu'on y rencontre. La route qui part de la porte occidentale passe d'abord sous un belvédère que notre carte appelle

l7S- )J $U 11} Chou pao sseu; — je ne l'ai trouvé mentionné dans aucun des ouvrages que j'ai consultés; le nom de chou pao sseu „cour de la prompte rétribution" est celui de la treizième des soixante-quinze cours de justice des enfers '). — Nous traversons ensuite le

176. Y^£ |2|r fe Wen yang k'iao „Pont de Wen-yang", qui conserve le nom de l'antique localité de Wen-yang déjà mentionnée dans le Tdîlouen-ts''ieou en 589 et en 583 av. J.-C. Il ne faut pas croire cependant que cette localité fût située là, car elle était en réalité au Sud-Ouest de T^ai-ngan fou\ elle se trouvait au Nord de la rivière Wen, comme son nom même l'indique2). — Nous arrivons maintenant au

i) Voyez, dans le chapitre Epigraphie l'inscription n° 7.

2) On sait que le terme yang u&z désigne le Nord d'une rivière et le Sud d'une montagne, tandis que le terme yin «3^ désigne le Sud d'une rivière et le Nord d'une montagne; c'est ainsi que l'ancienne capitale des TsHn était appelée Hien-yang Ig/ JSIr „entièrement yang", parce qu'elle

était au Nord de la rivière Wei et au Sud d'une chaîne de collines. Cette valeur des mots yang et yin m'a été expliquée au cours d'une conversation que j'ai eue avec l'aimable sous-préfet de Teng-fong hien, M.. Lin Yu-tao\ on sait que, d'après les idées Chinoises, les cours d'eau et les montagnes ont une direction uniforme de l'Ouest à l'Est, ce qui est d'ailleurs exact si on considère la configuration générale du pays; le soleil, qui parcourt le ciel de l'Est à l'Ouest en étant incliné vers le Sud, éclaire la berge Nord des rivières et le versant Sud des montagnes qui sont ainsi en pleine lumière, yang\ au contraire, il ne touche pas la berge Sud des rivières et la pente Nord des montagnes qui sont ainsi obscures, yin. Voilà pourquoi le terme yang désigne le Nord des rivières et le Sud des montagnes, tandis que le terme yin a une valeur exactement contraire.

ii4

l77- ^Ç f& US, T'ien chou kouan „Temple de l'écrit céleste" (A, XVI, 14 rM; r°; B, X, 28 v°-29 r°; C, VII, 25 v°). — En l'année 1008, dans le courant du premier mois, un écrit venu du ciel était tombé dans la capitale; l'empereur Tchen tsong, émerveillé de ce prodige, changea le nom de la période d'années et se décida à accomplir les cérémonies fong et chan\ pour l'encourager dans ces bonnes dispositions, un second écrit céleste tomba au pied du T'ai chan dans le courant du sixième mois '); le temple de l'écrit céleste fut élevé à l'endroit où s'était produit ce nouveau miracle. — D'après les descriptions du T'ai ngan hien tche (C, VII, 25 v° et XI, 49 r°-v°) et du T'ai chan tche (B, X, 28 v°), ce temple comprend, outre un sanctuaire de la Pi hia yuan kiîin, deux bâtiments érigés à la fin des Ming pour abriter les statues de deux impératrices représentées sous la forme de Bodhisattvas ; une visite au T'ien chou kouan nous apprendrait si ces statues s'y trouvent encore ou si ce ne sont pas celles mêmes que nous déjà avons vues dans le Ling ying kong (n° 166). — A l'Ouest du temple, notre carte marque une pagode : c'est, d'après le Tai lan (XVI, 15 r°), un stûpa en fer à treize étages qui fut construit sous les Ming, en 1533.

Ce n'est pas seulement par l'apparition d'un écrit céleste que la sainteté de ce lieu se manifesta en l'an 1008 de notre ère; à cette même époque, une source jaillissante qui se trouvait là produisit de l'ambroisie ; la source s'est tarie mais un étang a subsisté auquel on donne encore le nom de

178. fflS j^ Li ts'iuan „La source d'ambroisie" Quelques pas plus à l'Ouest nous amènent à la

1) Cf. Song che^ chap. CIV, p. 6 v°. En ion, l'empereur Tchen-tsong décréta que le sixième jour du sixième mois, date à laquelle était tombé en 1008 le second écrit céleste, serait un jour férié; le nom en fut „fête du

don céleste" j£ ^JJ fjj (Song chou, chap. VIII, p. I r°).

I79- ^ |JL| fë |$7C T'ai chan chou yuan „ Bibliothèque du T'ai chan" (C, VI, 28 v°-33 r°). Ce nom est bien connu dans les fastes littéraires de la Chine; il rappelle en effet l'enseignement que donna au pied du T'ai chan, dans la première moitié du onzième siècle, le célèbre lettré Souen Fou. A vrai dire cependant l'emplacement où s'éleva, selon toute vraisemblance, l'école de Souen Fou était ailleurs (voyez, plus loin, n° 204); l'édifice où nous sommes maintenant a emprunté le nom glorieux de cette école, mais il en est distinct; il a été construit en 1764, sous le règne de ICien-long.

180. j£r *j& JêB Hiuan ti miao „ Temple de l'Empereur sombre". Cette divinité préside au Nord, de même que l'Empereur vert préside à l'Est.

181. 5E: *fi JÉH San kouan miao „Temple des trois Fonctionnaires" (Ciel, Terre, Eau; cf. p. 92, n. 1).

l%2- >$§ W$ JH Ma chen miao „ Temple du dieu des chevaux".

Page 1