‹ Le T'ai chanChapitre 22 sur 61 · A^ jjjljj JëB Houo chen miao „ Temple du dieu du feu · texte numérisé non relu

A^ jjjljj JëB Houo chen miao „ Temple du dieu du feu

185. JH M j^j Kan ngen fang „Arc de triomphe du bienfait dont on est touché".

l86- jjtfc |H J§ Ck° tsi ?an «Autel des dieux du sol et des moissons" (C, VII, 2 r°). Ces divinités locales sont parmi les plus anciennes de la Chine; on leur sacrifie au deuxième mois du printemps et au deuxième mois de l'automne, au premier jour wou H/ de la série dénaire.

î^7' ^1 $îl Hfl Niang niang miao „Temple de la dame".

Ce doit être un temple de la déesse du T'ai chan et de ses deux acolytes.

Nous nous transportons maintenant à la porte septentrionale de la ville, et, après en être sortis, nous obliquons à l'Ouest; nous rencontrons aussitôt le

188. ^ ^£ ^ P'ou-ts'eu sseu „Temple de la chanté universelle" (C, VII, 26 r°).

189. JH Jg Li fan „ Autel des spectres" (C, VII, 11 r°-v°). Sur cet autel qui, conformément aux statuts de l'empire, est au Nord de la ville, on sacrifie aux âmes qui sont privées d'offrandes funéraires et qui, pour cette raison, sont devenues des spectres malfaisants; on leur donne ainsi un lieu de repos et elles cessent d'être errantes ; nous lisons déjà dans le Tso tchouan, à la date de 535 av. J.-C: „ Quand les mânes ont un endroit où se réfugier, ils ne sont plus des spectres malfaisants" [Kouei yeon so kouei nai pou wei li

%. ^ ffi M 7$ 3F ^ M )• Ces sacrifices auquels on fait présider le dieu de la cité [Tclieng houang chen) ont lieu trois fois par an, à savoir: le jour ts'ing-ming (4 ou 5 Avril; cï. De Groot, Fêtes annuelles a Emoui, trad. fr., p. 230 et suiv.), le quinzième jour du septième mois et le premier jour du dixième mois. — Parvenus à l'angle Nord-Ouest de la ville, nous voyons se dresser devant nous une tour carrée (fig. 31); c'est le

190. ^ jflfc |^ Chou tchouang yuan „Temple de la toilette" (B, X, 34 v°; C, VII, 26 r°) ; c'est le temple où la déesse du T'ai chan fait sa toilette avant de monter sur la montagne. La tour carrée est l'édifice postérieur du temple; à l'étage inférieur, on a représenté la Pi hia yuan kiun avec ses deux assistantes qui tiennent des paires d'yeux en carton; à l'Ouest de la salle, on voit la statue de la déesse de la Grande Ourse avec ses huit bras: les

trois paires de bras supérieures brandissent le soleil et la lune, un arc et une flèche, une cloche et un poignard ; les deux bras inférieurs tiennent leurs mains jointes. Il est impossible de monter au haut de la tour, car l'escalier est vermoulu ; on y verrait, nous dit le gardien, la déesse qui guérit de la toux (ICo souo niang niang).

Le Chou tchouang yuan (N° 190).

En avant de la tour, comme on le voit bien sur la fig. 31, se trouve un bâtiment précédé d'un porche à trois ouvertures; dans ce bâtiment est une statue de femme avec son double; on appelle aujourd'hui cette divinité la vieille mère du T'ai chan (T'ai chan lao mou ^ |X| 7^ "fij) ou encore la vieille mère qui n'est jamais née, c'est-à-dire éternelle ( Wou cheng lao mou |ft£ ^ ;Ér -flj: ) ; il semble donc qu'on en fasse une déesse du T^ai chan, peut-être identique à la Pi hiayuan kiun\ mais, à l'origine, cette déesse paraît avoir été la mère reine d'occident (Si wang mou);

nous en avons la preuve dans une inscription de l'année 1609 qui, placée ici -même, relate l'érection du belvédère appelé Belvédère de la mère reine ( Wang mou ko ^£ -H:

pp] ). Ainsi, ce temple était à l'origine un temple de la Si wang mou\ on y ajouta plus tard la Pi hia yuan kiun et insensiblement la Si wang mou se transforma elle-même en une déesse du T'ai chan.

En sortant de ce temple, nous apercevons le

191. HU ^ [§] Kouan y in ko „ Belvédère de Kouan-yin", au Sud duquel notre carte indique quelques petits édifices:

192 et 193. |pj ♦}jj4 JS|H Kouan ti miao „ Temple de Kouan ti" ;

194. yjj| |jj[ jpj Ts'ing hiu kouan „ Temple du vide et de la pureté".

Si nous tournons à l'Ouest en sortant du Chou tchouang yuan (n° 190), nous passons sous le

I95- j/C % lp Wi H°uo cnen ko „ Belvédère du dieu du feu", et nous arrivons à la

I9^- Si, "Êf JE* Kouan-yin t'ang „ Salle de Kouang-yin" ; sur la porte d'entrée de ce temple sont écrits les mots ?L ^jË ^ „Temple du paon". Ce temple est desservi par quatre nonnes bouddhiques. Le bâtiment principal, d'ailleurs fort misérable, est à deux étages; en bas, on voit les trois grands personnages (san ta cke): Kouan-yin (Avalokiteçvara), au centre sur un lion ; P'ou-hien (Samantabhadra), à l'Est, sur un éléphant blanc; Wen-chou (Manjuçrî), à l'Ouest sur une bête féroce difficile à identifier. — Au premier étage, auquel on accède par un mauvais escalier et une trappe, on trouve une représentation des trois religions (San kiao EilH£): au centre, le Bouddha dans l'attitude de l'enseignement; il est doré à l'exception de ses cheveux crépus

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qui sont bleus; devant lui se tiennent Ananda et Kàcyapa, la paume des mains jointes. A l'Ouest, Confucius: sa figure est brune; il porte le chapeau à franges et tient en main un kouei vert; devant lui sont ses disciples Yen tseu et Tseng tseu. A l'Est, Lao tseu ; son visage est de couleui claire et il a une longue barbe blanche; sa main droite porte un sceptre jou-yi; il a lui aussi deux assistants. — Ces représentations des trois religions étaient autrefois extrêmement répandues; de nombreux textes nous apprennent qu'elles étaient, à l'époque de la dynastie mongole, un grand sujet de dispute entre Bouddhistes et Taoïstes, ces derniers prétendant toujours mettre Lao tseu au centre tandisque les Bouddhistes revendiquaient leur droit à garder cette place d'honneur (cf. T'oung pao, 1904, p. 392). Aujourd'hui, les représentations des trois religions ont été interdites et sont fort rares ; je n'en ai vu que deux au cours de tout mon voyage ; l'une est celle que je viens de décrire; l'autre se trouve dans une salle du Long wang miao du village de Wang houan j'en fouen 3E Hf A. ^È ' * une Journée à l'Est de Ta-fong fou (Chan-si).

Si nous remontons maintenant la petite rivière Nai, nous arrivons au

197. J5î f|l| ^ Ying sien k'iao „Pont par lequel on va au-devant des immortels"; en le traversant, nous atteignons la

198. ||| ^J£ jÉ^ Kouang cheng ts'iuan „ Source de celui qui développe la vie", c'est à dire de l'Empereur vert. — Non loin de là est marqué en effet sur notre carte la vaste enceinte du

x99- 1*? *$* ]!§ Ts'ing ti miao „ Temple de l'Empereur vert" (B, X, 13 r°). Les édifices qui s'élevaient autrefois ici ont dû être assez considérables; mais aujourd'hui il sont entièrement détruits; seul a subsisté le grand porche peint

en rouge dont on peut voir la reproduction sur la fig. 32. Il semble que le culte de l'Empereur vert au bas du

Fig. 32.

Temple de l'Empereur vert (Nc

T'ai chan soit ancien; en effet, en 595 p.C, l'empereur Kao tsou, de la dynastie Souei, qu'on avait sollicité de faire les sacrifices fong et chan, se borna à célébrer au pied du T'ai chan une cérémonie analogue à celle qui était de règle dans la banlieue méridionale de la capitale, et, en outre, sacrifia sur l'autel de l'Empereur vert (Souei chou, chap. VII, p. 7 v°); cet autel existait donc alors au bas de la montagne. En l'année 1008, l'empereur Tchen-tsong, de la dynastie Song, considérant que la divinité qui préside à l'orient est le principe de toute vie, conféra à l'Empereur vert le titre de Empereur l) qui développe la vie ( Jj ^ *5j* 38* Kouang

0 L'expression *5j* 3a* est en réalité un titre dans la hiérarchie des divinités taoïstes; les *5j* ïff* sont au-dessus des |g 3r" °iui sont eux" mêmes au-dessus des "ÏB^ yl (cf. T^oung pao^ 1908, p. 404 — 405).

cheng ti kiun) ; le décret d'investiture fut gravé sur une stèle qui était dressée autrefois dans le temple même sur les débris duquel nous nous trouvons en ce moment ; la pierre a disparu, mais le texte de l'inscription nous a été conservé (B, XVI, 6 v°-7 r°) ; nous en donnons la traduction plus loin, dans le chapitre consacré à l'Epigraphie.

De l'emplacement du temple de l'Empereur vert, on aperçoit vers le Nord, les ruines du bâtiment appelé

200. g§ gj^ 3fc H£ Si yen kouang tien „ Salle occidentale de la bonne vue". A l'Ouest est une source dont l'eau est salutaire pour les yeux. Cf. n° 105.

Nous prendrons maintenant un petit chemin qui mène vers l'Ouest, et, par une vallée charmante de trembles jaseurs et de thuyas, nous arrivons au

201. ^ Jj|? ^fe P'ou tchao sseu „ Temple de l'illumination universelle" (A, XV, 9 v°-i3 r°; B, X, 13 v°). Ce t<?mple passe pour dater de l'époque des T'ang; il est du moins certain qu'il a été réparé sous la dynastie Km, pendant la période ta-ting (11 61 — 1190); c'est alors qu'il reçut le nom qu'il a conservé jusqu'à aujourd'hui. Des religieux éminents y habitèrent : le religieux Coréen Man-k'ong (B, XIV, 39 r°) sous le règne de Yong-lo (1403 — 1424) y mourut et on voit son stûpa funéraire au Sud-Ouest du temple ; au début du règne de K'ang-hi (1662 — 1722), le religieux Yuan-yu fut célèbre par ses talents littéraires dont il nous a laissé quelques spécimens gravés sur pierre. Ces saints hommes avaient fort bon goût et la retraite qu'ils s'étaient choisie est délicieuse ; les bâtiments de ce temple s'étagent sur la pente de la montagne; la cour la plus reculée renferme dans un de ses angles un magnifique pin aux branches tourmentées, dont on raconte qu'il fut planté à l'époque des six dynasties, c'est-à-dire du troisième au sixième siècles de notre ère; un pavillon carré qui occupe le milieu

de cette cour offre au visiteur des sièges frais d'où il peut contempler les grenadiers, les lauriers roses et les grêles bambous, cependant qu'à ses côtés de petits conifères centenaires atrophient leurs formes naines dans des pots à fleurs. Les statues du temple sont sans intérêt et, ni le Buddha et les arhats de la première salle, ni la Kouan-yin de la seconde n'offrent d'intérêt historique ou artistique. Les Bouddhistes ne sont pas les seuls à avoir apprécié le charme de cette vallée ombreuse; quelques pas plus au Nord nous amèneront à l'endroit où les fameux lettrés de l'époque des Song tinrent, dans la première moitié du onzième siècle, leurs doctes entretiens. Le chef d'entre eux est Souen Fou, souvent désigné sous son appellation de Ming-fou. Il eut pour principal disciple Che Kie, appellation Cheou-tao, qui a fait de son maître un éloge dithyrambique dans une inscription de l'année 1040 dont le texte nous a été conservé, bien que la stèle soit aujourd'hui détruite '). Souen Fou est parfois appelé Souen T'ai chan Jfêfc ^ |Jj parcequ'il a enseigné au pied du T'ai chan et Che Kie est appelé Che Tsou-lai tt ^ ^|Ç parce qu'il est né près de la montagne Tsou-lai, au Sud de T'ai-ngan fou 2). A ces deux personnages s'en adjoignit un troisième qui est devenu le plus célèbre de la compagnie parce que la tablette portant son nom a été officiellement admise dans les temples de Confucius; c'est le fameux Hou Yuan, appellation Ngan-ting, qui vécut de 993 à 1059 3). Ce Hou Yuan était fort épris de l'étude; on raconte de lui l'anecdote suivante: ayant un jour reçu une lettre d'un membre de sa famille, il aperçut, en la décachetant, les mots fing ngan qui sont le terme usuel

1) Le texte de cette inscription se trouve c'ans A, XV, 14 r°-i5 v°; C, VI, 28 v°-2$ v°.

2) La biographie de Souen Fou et elle de Che Kie s: trouvent dans le chap. CCCCXXXII du Song che.

3) Voyez Song chès dhi % CCCCXXXII; Giles, Biog. Dict., n° 827; Watters, A guide to the table t s in a tetnple of Confucius, p. 116 — 117.

pour souhaiter à quelqu'un de vivre tranquille, c'est-à-dire de se bien porter et d'être heureux; indigné qu'on lui conseillât la tranquillité au moment où il était emporté par son ardeur au travail, Hou Yuan jeta la lettre dans un torrent en refusant de la lire ; une stèle indique encore aujourd'hui l'endroit où se trouvait le

202. ;{gf ⣠)^j T'eou chou hien „ Torrent de la lettre jetée". — Tout à côté est le sanctuaire qu'on appelle

203- 3l 5f JJÎrJ Wou hien tseu „ Sanctuaire des cinq sages" (C, VII, 19 r°-2i v°); mais l'ancienne dénomination, qui a subsisté dans l'usage populaire, était San hien tseu „ Sanctuaire des trois sages". On y vénérait en effet les tablettes funéraires des trois lettrés de l'époque des Song dont nous venons de rappeler la célébrité: Souen Fou, Che Kie et Hou Yuan. Maintenant, les tablettes sont au nombre de cinq par l'adjonction de Yen Cheou, appellation Yi-fien qui vivait à l'époque des Ming, et de Tchao Kouo-lin, appellation Jen-p*ou, qui appartient à la dynastie actuelle.

C'est à côté de ce sanctuaire que se trouve le

204. US Jfe ^g* Kiang chou fang „ Salle d'explication des livres" (A, XV, 13 v°-i4 r°), qui s'élève à l'endroit où Souen Fou passe pour avoir enseigné; ce bâtiment est aussi appelé T'ai chan chang chou yuan „ Bibliothèque supérieure du T'ai chan", par opposition à la „ Bibliothèque du T'ai-chan (n° 179) qui est dans la plaine, à l'Ouest de T'ai-ngan fou. — Enfin, derrière ces constructions, une esplanade rocheuse est la

205. ^ Jj|g j| «Terrasse où on donnait (l'enseignement) des livres classiques"; c'est aussi un endroit où Souen Fou et ses deux principaux disciples discouraient sur le sens des textes sacrés du Confucéisme.

J'énumérerai plus brièvement les autres noms qui figurent dans cette région de la carte car ils correspondent à des sites que je n'ai pas visités:

206. ^ m? ^ San yang nga?i „ Ermitage de San-yang" (A, XV, 18 r°-20 v°; B, X, 27 r°; C, VII, 34 v°-35 v°) C'est là que, sous la dynastie Ming, se retira, en 1551, le taoïste Wang San-yang. Une inscription composée en 1595 par Yu Chen-hing nous fournit une notice assez détaillée sur ce personnage dont le nom personnel était Yang-houei, ainsi que sur son compagnon le taoïste K'ieon Ynn-chan dont le nom personnel était Fou-ming. La vallée de l'eau parfumée (hiang cliouei yn ^ ^ jl{§) où est blotti ce calme asile se trouve au pied de la montagne appelée

207. '/Jl H| 4£ Ling hait fong „Pic Ling-han" . — Plus à l'ouest, on voit le

208. £| te ;fcfc Pai yang fong „Arc de triomphe des peupliers blancs".

Revenant, vers l'ouest, nous rencontrons les noms suivants:

209 <Yf ^ =8* Tchou lin sseu „ Temple de la forêt des bambous (Venuvana)" (B, X, 22 v°-23 v°; C, VII, 36 r°). Ce temple bouddhique, qui paraît avoir aujourd'hui disparu, remontait à l'époque des T'ang.

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