‹ Le T'ai chanChapitre 34 sur 61 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

Prières *).

Prière adressée en 4.95 au dieu du T'ai chan par V empereur Hiao-wen, de la dynastie des Wei du Nord1-).

En la dix-neuvième année fai-ho (495), je me permets de faire cette déclaration à la divinité du T'ai chan, Pic de l'Est 3) :

Quand le chaos nébuleux fut mis en forme, alors se produisirent les deux principes4);

1) Les prières qu'on adresse à une divinité nous renseignent sur ses attributions, car les grâces qu'on lui demande sont évidemment celles qu'elle est capable d'accorder. En recueillant et en traduisant les prières qui, à diverses époques, ont été adressées au T^ai chan, on sera donc informé sur le rôle que joue cette montagne dans la religion Chinoise. On remarquera que ces textes, même quand ils sont fort distants par leurs dates respectives, font souvent appel à des idées identiques ; ils ne sont pas en effet l'expression de sentiments individuels et variables \ ils ne font que répéter des formules consacrées par un long usage ; à ce titre, ils ont une valeur sociale incontestable puisqu'ils nous représentent la conception, non d'un homme, mais d'un peuple, non d'une époque passagère, mais de siècles accumulés. — Les prières qu*on va lire sont tirées pour la plupart de la section Chan tch'ouan tien (chap. XV et XVI) de l'encyclopédie Kou kin fou chou tsi tcheng] quelques unes se trouvent gravées sur pierre dans la cour du Tai miao\ d'autres enfin proviennent du T^ai ngan hien tche.

2) Chan tch'ouan tien, ch. XV, p. 50. Dans le San kouo tche, chàp. VII, b, p. 7 v°, nous lisons que, le quatrième mois de la 19e année fai-ho (495),

l'empereur envoya un délégué pour offrir au Pic Tai Tg JErl un sacrifice de

trois victimes (Suovetaurilia) \ c'est sans doute à cette occasion que fut composée cette prière.

3) Ce qui suit est en vers.

4) Le ciel et la terre.

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Après que le (Ciel) sombre et la (Terre) jaune eurent été séparés l'un de l'autre, les montagnes et les fleuves devinrent ainsi distincts.

Les quatre cours d'eau ont dans leur sein des divinités; les cinq Pics contiennent des puissances surnaturelles;

En eux sont concentrées toutes les formes sensibles; ils font sortir d'eux et reçoivent en eux la lune et le soleil.

Le Tai tsong est élevé; le Lea?igfou est sinueux !).

La montagne verte 2) est abrupte ; (la colline qui est à sa) base, correspondant au printemps 3) est couverte de végétation.

(Le T'ai chan) est le principe de la naissance pour toutes les sortes de vivants; il donne la lumière à toutes les catégories d'êtres.

En haut il répand son action divine; en bas il pénètre tout d'un ordre merveilleux.

Il soutient et il aide l'excellence transformatrice ; les quatre influences, grâce à lui, se répandent abondamment.

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i) Le Tai tsong ou T'ai chan est le pic sur lequel on sacrifie au Ciel ; le Leang-fou est la colline basse où on sacrifie à la Terre.

2) C'est le T'ai chan qui est désigné par l'épithète „vert" parcequ'il préside à l'Orient dont la couleur symbolique est le vert.

3) La colline basse du Leang-fou correspond au printemps, origine de toute végétation sur la terre.

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