‹ Le T'ai chanChapitre 35 sur 61 · I TV · texte numérisé non relu

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ils ont gravé (sur pierre) leurs exploits, n'ont pas manqué de le faire dans cette demeure.

Prière écrite sur fiches de jade

par Vemperetir Kao-tsong de

la dynastie T'ang (666 p.C.) l).

Moi, un tel, Fils du Ciel par droit d'hérédité, de la dynastie T'ang, j'ose faire cette déclaration au Ciel majestueux Empereur d'en haut: Les destinées de la dynastie Souei 2) se trouvaient abattues et mises en péril; les nombres (présidant à son sort) aboutissaient à la ruine et à l'interruption ; — les êtres doués de vie et d'âme étaient en détresse 3) ; la prospérité des trépieds (im-

Fiches de jade de 666 p.C.

Chou king^ chap. Tchong houei

1) Le Chan tch'ouan tien (ch. XV, p. 6 r°) et le T'ai chan tche (B, XII, 22 v°) citent ce texte comme étant celui de la prière que l'empereur Kao tsong grava sur des fiches de jade lors du sacrifice fong en 666. On a lu plus haut (p. 224 — 225 et p. 252 — 253) les prières inscrites sur des tablettes de jade en 725 et en 1008 lorsque fut célébré de nouveau le sacrifice fong. Je ne m'explique pas pourquoi le texte que nous avons ici ne figure pas dans les histoires canoniques puisque les deux autres textes similaires y ont été insérés.

2) La dynastie qui a précédé celle des Tang.

3) Littéralement „étaient comme un homme qui s'enlize ou qui est sur des

charbons ardents." Métaphore tirée du tche kao.

périaux) périssait submergée 1). — Kao tsou brandit alors la hache jaune2) et secourut le peuple; il reçut en don l'insigne de jade noir 3) et sauva ceux qui se noyaient. — T'ai tsong accomplit des exploits plus grands que celui de fondre des pierres 4) ; il rendit le calme au pays dès le second signal du drapeau ; — ses actes furent plus beaux que celui de couper (les pieds de) la tortue s) ; il désaltéra la vaste étendue et tout fut mis en repos. — Moi, votre sujet, j'ai reçu, quoiqu'indigne, leur succession0); avec respect j'hérite de la prospérité qu'ils ont accumulée; — j'ai pu faire alors que, sur la montagne Kouen les incendies prissent fin, que, sur la mer ardente les flots fussent apaisés 7). — Quoique celui qui rendit mes actions prospères, ce soit le temple ancestral, en vérité cependant celui qui a fait descendre son influence surnaturelle, c'est le vaste Ciel. — Maintenant avec respect j'annonce ma réussite au Pic de l'Est et j'en rapporte tout le mérite au Principe suprême. — Puisse le grand joyau monter toujours plus haut et la grande fondation rester éternellement ferme 8) ; — qu'il y ait perfectionnement et amélioration pour le peuple ; qu'il y ait transformation du monde jusqu'aux huit extrémités.

i) Allusion à la tradition d'après laquelle les trépieds, palladium des Tc/ieou, s'enfoncèrent dans la rivière Sseu quand la ruine de cette dynastie fut imminente.

2) Cf. Chou king^ harangue à Mou^ et Sscu-ma Ts'ien^ chap. IV (trad. fr., t. I. p. 229): „Le roi, tenant de la main gauche la hache jaune..."

3) Cf. Choti king, chap. Vu kong, et Sscu-ma Ts^ien^ chap. IT (trad. fr., t. I, p. 149, n. 5): „ Alors l'empereur conféra à Vu un insigne en jade noir .. ."

4) Allusion à un exploit du mythique souverain Niu-koua ; voyez le San houang peu ki de Sseu-ma Tchcng (Mém. hist.^ trad. fr., t. I. p. 12).

5) Ici encore il est fait allusion à un haut fait de Niu-koua (M cm. hist.^ trad. fr., t. I. p. 12).

6) La succession de Kao tsou et de T^ai tsong.

7) Il me semble que la montagne Koucn^ c'est-à-dire le Koucn-louen^ désigne l'Occident et que la mer ardente, c'est-à-dire correspondant à l'élément feu, désigne le Sud.

8) Le grand joyau et la grande fondation sont des métaphores désignant la dynastie.

Prière a V occasion du sacrifice fait au T'ai chan en la

dixième année hong-wou (ijjj) pour annoncer

la fondation de la dynastie 1).

La dixième année hong-wou (1377), le rang de l'année étant ting-sseuy le premier jour, jour ting-wei, du huitième mois, l'Empereur a délégué avec respect le duc du royame de Ts'ao, Li Wen-tchongy et les religieux taoïstes Wou Yong-yu et Teng Tseu-fang pour qu'ils présentent un sacrifice au dieu du T'ai chan Pic de l'Est, en lui disant:

J'ai reçu du Ciel supérieur et de la Terre souveraine le mandat bienveillant, j'ai bénéficié de l'influence efficace des dieux, et c'est ainsi que je suis parvenu à triompher d'une foule de braves et à mettre fin aux troubles néfastes; je suis devenu le chef suprême du peuple aux cheveux noirs dans le beau pays de Hia 2) et je gouverne les tribus barbares. Voici déjà dix ans qu'il en est ainsi et le royaume du milieu jouit du calme.

Cependant, en ce qui concerne les sacrifices aux dieux, si on en parle d'après ce que nous savons des princes de la haute antiquité, nous constatons que les souverains adressaient des prières au nom de leur peuple ; chaque année, ils faisaient au printemps et à l'automne les cérémonies de demander la récolte et de remercier pour la récolte; dans des circonstances comme celles d'aujourd'hui, les uns

1) Cette inscription est gravée sur une grande stèle (fig. 46) de 3,50 mètres de hauteur et de 1,10 mètre de largeur, qui se dresse du côté occidental de la seconde cour du Tai miao (cf. p. 138, n. 6); elle reproduit le texte d'une prière solennelle par laquelle l'empereur dont le nom de règne est Hong-wou annonce au dieu du T'ai chan le triomphe définitif de la dynastie Ming. Cette prière se retrouve dans A, VII, 8 r°-v°; C, I, c, 17 r°-v°; Chan tclCouan tien, XVI, I r°.

2) Le caractère JÉ| qui, sous sa forme primitive, représente un homme, a été employé dès la plus haute antiquité pour désigner la Chine qui était ainsi le pays des hommes, par opposition aux peuples barbares qui ne méritent pas ce nom.

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accomplissaient le sacrifice en l'adressant de loin aux dieux ; les autres, faisant des tournées dans les fiefs, allumaient des bûchers ou enterraient des victimes dans l'endroit même où se trouvait (la divinité).

Or, depuis que j'ai fondé ma dynastie, il ne s'est écoulé jusqu'à maintenant que dix années ; mon empire est tout nouvellement constitué et mon peuple commence seulement à vivre dans la tranquillité ; c'est pourquoi il ne m'est pas possible de me rendre en personne à l'endroit où se trouve votre divinité pour lui sacrifier; je délègue spécialement le k'ai kouo tchong tcïïen (ministre fidèle fondateur du royaume) Li Wen-tchong et les maîtres taoïstes Wou Yong-yu et Teng Tseu-fang pour qu'ils fassent ce voyage à ma place; ils vous offriront des victimes, des prières et des pièces de soie au bas de votre sanctuaire

Fig. 46.

Stèle de 1377 p.C.

afin de témoigner de la reconnaissance pour votre influence efficace. Dorénavant, chaque année, au second mois de l'automme, on se rendra à votre sanctuaire pour y présenter un sacrifice ; veuillez, ô dieu, prendre cela en considération et goûter à ces offrandes.

Prière adressée au T'ai chan a V occasion

du sacrifice qui lui fut offert en la onzième

année hong-wou {1378) pour remercier

de la récolte 1).

O dieu, votre montagne divine est le pic qui domine une région et vous concentrez en vous tout ce qui doit s'épanouir; en tant que divinité terrestre, vous présidez au soin de faire vivre le peuple 2). Vos mérites sont abondants et grands. C'est maintenant le second mois de l'automme; conformément aux rites, il faut vous offrir un sacrifice de remercîment; je délègue donc spécialement un fonctionnaire pour que, prenant avec lui des victimes, des prières et des pièces de soie, il se rende à votre sanctuaire et vous présente un sacrifice. Avec respect je désire que vous preniez cela en considération.

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