‹ Le T'ai chanChapitre 43 sur 61 · M H US · texte numérisé non relu

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sera intelligent et sage; il tiendra la balance et l'équerre; les neuf régions ') seront calmées et l'empire se donnera à lui." — Le Lo chou tchen yao tou2) dit: „La vertu du troisième des rouges 3) aura sa perfection à la neuvième génération4); l'apogée sera réalisé; les prédictions seront justifiées. A l'époque de cet empereur, qu'on ait soin de graver (une stèle) et de faire le sacrifice fong." — Le Hiao king keou ming kiue5) dit: „A qui sera-t-il donné de pratiquer la conduite impériale des Lieou rouges? le troisième établira la piété filiale G) ; le neuvième réalisera l'apogée. Spécialement alors qu'on agisse avez zèle pour accomplir le sacrifice fong au Tai (tsong) (dans la province de) Tsing 7)." — Telles sont les prédictions qui nous ont été transmises par les livres du Ho et du Lo 8) concernant le mandat conféré à des souverains.

Autrefois l'empereur Yao fut intelligent et subtil ; il céda le trône à Chouen qui était un homme du peuple. Mais ses descendants prirent en main le mécanisme (du gouver-

i) Les neuf provinces qui constituaient l'empire au temps de Yu le grand.

3) Je crois qu'il est fait allusion ici à l'empereur Wou (140 — 87 av. J.-C.), arrière-petit-fils de Kao tsou. Ce souverain est celui qui avait accompli, en l'année 110, les sacrifices fong et chan.

4) C'est-à-dire que l'empereur Kouang-wou portera à son apogée les vertus déjà manifestées par l'empereur Wou.

5) "fSi $^ $& fart f& • Cet ouvrage est rangé au nombre des appendices

(wei jfeja ) du Hiao king (cf. che fong fong che^ chap. I, p. 4 r°) ; la citation qui en est faite ici prouve qu'il dut être composé peu avant l'année 56 de notre ère.

6) Il s'agit encore ici de l'empereur Wou ou Hiao-wou z& jjr (140 — 87

av. J.-C).

7) D'après le chapitre Yu kong du Chou king, la mer et le Tai (= T^aichati) délimitent la province de TsHng.

8) A l'exception du Hiao king keou ming kiue, tous les ouvrages précités

se rattachent aux cycles du Ho fou ^jT |M| et du Lo chou V^ ÏML

nement) !). Wang Mang, grâce à sa famille qui le rendait neveu d'une impératrice2), eut par trois fois à veiller sur les pieds du trépied 3) et eut l'autorité de grand conseiller; sous le prétexte de faire comme le duc de Tcheou 4) et comme Ho Kouang 5) qui aidèrent un jeune souverain puis lui rendirent le gouvernement, il put ainsi accomplir son usurpation, s'arroger faussement un titre et se mettre sur le trône; le temple ancestral (des H an) tomba en ruines; leurs dieux du sol et des moissons disparurent; ils n'eurent plus de sang dont ils pussent se nourrir °) — et cela dura dix, huit années. Les trois provinces de Yang, de Siu et de Ts'ing T) furent les premières à se révolter ; les hostilités s'étendirent et gagnèrent la province de Kzngs). Des hommes hardis surgirent de partout et en même temps; ils fondèrent des principautés qui n'avaient que cent li et plusieurs d'entre eux s'arrogèrent le titre souverain. Les barbares du nord firent des incursions; sur un espace de mille li, il n'y eut plus les fumées (des habitations humaines) et on n'entendit plus le chant des coqs et l'aboiement des chiens 9). Grâce à la bienveillance que lui témoigna le Ciel souverain, l'empereur, qui était un simple particulier, reçut le mandat de régner et atteignit à la réussite; à l'âge de vingt-huit ans 10), il entra en campagne ; ainsi, se trouvant dans la

i) La dynastie Han se prétendait issue de l'empereur Yao.

2) L'usurpateur Wang Mang était le neveu de la femme de l'empereur Yuan.

3) C'est à dire que Wang Mang exerça trois fois la régence.

4) Le duc de Tcheou fut régent pendant la minorité du roi Tch'eng.

5) Ho Kouang dirigea le gouvernement pendant les minorités des empereurs Tchao (86 — 74) et Siuan (73 — 49). Cf. Giles, Biog. Dict., n° 653.

6) C'est-à-dire que les sacrifices aux dieux du sol et des moissons des Han furent interrompus.

7) Ces anciennes provinces du Yu kong correspondent approxim ativement au Tch'ô-kiang^ au Kiang-sou, au Ngan-houei et au Chan-tong actuels.

8) Le Hou-pei et le Hou-nan.

9) Le pays était complètement ravagé.

place centrale '), il punit et châtia pendant plus de dix années; les hommes coupables furent alors pris; la multitude du peuple put rester dans ses champs et habiter ses demeures ; les caractères de l'écriture devinrent uniformes; les chars eurent des essieux identiques; les hommes observèrent les mêmes règles sociales. Partout où pénètrent les bateaux et les chars, partout où atteignent les pas des hommes, il n'y eut personne qui n'apportât tribut et qui ne remplît les devoirs de sa charge. L'empereur édifia un Ming fang 2) et construisit un Pi-yong 3) ; il éleva une terrasse des influences surnaturelles (Ling t'ai) 4); il établit des écoles. Il unifia les tubes musicaux, les mesures de longueur, de capacité et de poids; il pratiqua les cinq rites; les cinq (insignes de) jade, les trois pièces de soie, les deux animaux vivants et l'animal mort lui furent apportés en offrande 5). Les officiers s'acquittèrent de leurs fonctions respectives; on restaura les anciennes règles. Voici trente-deux ans que l'empereur est au pouvoir ; il est âgé de soixante-deux ans G). Il travaille

i) Ayant pris la dignité impériale.

2) Sur le Ming fang, voyez le chap. Ming fang wei du Li ki et le dessin dans Legge, SBE, vol. XXVIII, p. 28. Cf. Sseu-ma TsHen, trad. fr., t. III, p. 510— 511.

3) Sur le Pi-yong, pavillon entouré d'un étang circulaire, voyez Che king, Ta ya, I, ode 8, strophe 3 et la note de Legge, CC, vol. IV, p. 458.

4) |H JL Cf. Che king, Ta ya, I, ode 8.

5) Depuis les mots „il unifia . . ." jusqu'ici, l'inscription copie le texte du Chouen tïen\ cf. Sseu-ma Ts'ien, trad. fr., t. III, p. 63 et les notes explicatives.

6) L'Empereur Kouang-wou était donc âgé de 62 ans en 56 p.C. Ce texte est important parce qu'il est en contradiction avec le témoignage du Heou Han chou qui nous dit que l'empereur mourut en 57 p.C, âgé de 62 ans. Or c'est l'inscription qui est correcte; en effet, elle nous dit à deux reprises (p. 309 lignes 1 1 — 12 et p. 312 lignes 22—23) qu« le futur empereur Kouang-wou entra en campagne à 28 ans, et, d'autre part, le Heou Han chou (chap. I, p. 4 v°) confirme cette indication en ajoutant que c'était alors la troisième année fien-houang (22 p.C.) ; si l'empereur Kouang-wou était âgé de 28 ans en l'an 22, il eut 62 ans en l'an 56 et, par conséquent, il avait 63 ans (et non 62) quand il mourut en l'an 57; par suite, la date de sa naissance est l'an

avec ardeur jusqu'au coucher du soleil et ne se permet aucun repos inconsidéré. Il franchit les dangers et traverse les périls ; en personne il fait des tournées pour inspecter le peuple ; il est plein de respect pour les divinités célestes et chthoniennes ; il est animé de compassion pour les vieillards. Dans les règles qu'il impose à la multitude, il se conforme à l'antiquité. Il est intelligent et sincère, clairvoyant et patient.

Faisant attention aux textes véridiques du Ho fou et du Lo chou ',) l'empereur, le jour sin-mao du présent mois, a allumé un bûcher et est monté faire le sacrifice fong sur le Tai chan\ le jour kia-wou, il a fait le sacrifice chan sur le Leang-yin 2). Ainsi il a reçu les manifestations surnaturelles (du Ciel) et les gages de bon augure (de la Terre) 3) ; par là, il a agi en faveur de la foule du peuple. Il a rendu éternel son empire unifié et le transmet à sa postérité. Ses officiers de tous grades et ses ministres qui l'accompagnent, ses gouverneurs de provinces et ses fonctionnaires 4) bénéficient tous de cette faveur divine qui durera à jamais sans limites.

5 av. J.-C, et non l'an 4 av. J.-C. comme l'indique Giles dans son Biographical Dictionary^ n° 1305.

1) Ce sont les prédictions diverses qui ont été rapportées plus haut.

2) C'est la colline Leang-fou >fft ^t qui est ici désignée sous le nom de Leang-yin Wf\ Itfï* , peut-être parce que le yin est le principe qui correspond à la Terre.

3) Un passage précédent de l'inscription (p. 310, ligne 6 — 7) nous a montré

que le mot pjSa désigne les phénomènes de bon augure qui se passent dans les astres et qui viennent du Ciel, tandis que le mot ïs^ s'applique aux animaux, aux plantes ou aux objets de bon augure que produit la Terre.

4) L'expression gjjj *33* est tirée du chapitre Hong fan du Chou king\ cf. Legge, CC, vol. III, p. 341 et note.

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