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l'inscription; en effet, la partie inférieure de la paroi de rocher avait été endommagée par un feu qu'on avait allumé en hiver et qui avait fait éclater
la pierre; à l'époque des Ming^ un certain Ye Pin ~je£ Ta[a regrava 108
caractères et le travail de réfection fut terminé, au début du règne de ICien-
long, par le ta hio che Tchao Kouo-li?i jpff ||j| yfflt .
Au-dessus de l'inscription se trouvent répétés les quatre mots t^P ^& [
4»£ en caractères de 50 centimètres de haut disposés en deux colonnes;
ils ne sont pas reproduits sur mon estampage. — A la suite de l'inscription se trouvait gravée, en caractères plus petits, la liste des noms des officiers qui accompagnaient l'empereur Hiuan tsong\ elle a presque entièrement disparu sous les surcharges qu'on a faites à l'époque des Ming\ les débris en ont été recueillis dans le Chan tso kin che tche (chap. XII, p. i8v°-22r°). Le texte de cette inscription a été inséré dans le Kieou T'ang chou (chap. XXIII, p. 9 v°-io r°), mais avec de nombreuses inexactitudes, qui ne sont peut-être pas toutes involontaires, comme l'ont montré les auteurs du Chan tso kin che tche (chap. XII, p. 23 r°). On trouvera un texte plus correct dans le Kin che tsouei pien (chap. LXXVI ; c'est celui que reproduisent les pages 316 — 317 du présent ouvrage), dans le Chan tso kin che tche (chap. XII, p. 16 v°-i8 v°), dans A, IX, 3 v° et suiv., dans B, XV, 17 v°-20 r°, et dans un grand nombre de traités épigraphiques.
Eloge commémorant le T'ai chan l).
J'occupe la dignité impériale depuis quatorze années. Je me préoccupe cependant de mon manque de vertu; je suis ignorant de la parfaite raison. La fonction que j'exerce est difficile à exercer; le calme que je dois maintenir est difficile à maintenir. Maintenant, je ne sais point encore si je n'ai pas commis quelque offense envers les dieux ou envers le peuple et mon cœur se trouve ballotté dans une vaste inondation comme si je traversais un grand fleuve. Grâce à la protection que l'Empereur d'en haut a fait descendre sur moi et grâce à la prospérité accumulée par les souverains mes prédécesseurs, mes principaux ministres et la foule de mes fonctionnaires unissent leurs efforts pour réaliser la perfection impériale. Tous les pays compris à l'intérieur des quatre mers sont unis dans la concorde ; les cinq règles fondamentales 3) pénètrent partout. Les moissons s'annoncent belles et mûrissantes; les hommes mettent en pratique l'harmonie universelle.
Mes officiers de tous grades ont donc délibère ensemble et le concert de leurs voix m'a exhorté à faire les sacrifices fong et chan, disant qu'il n'y a pas de plus grand acte de piété filiale que de témoigner son respect à son père, disant qu'il n'y a pas de plus auguste cérémonie que
i) La transcription de la p. 316 omet le mot -jfj& par lequel débiitë le titre. — Au-dessous du titre doivent se trouver les mots /m\ InU /êa\ =fc ^composé par l'empereur ; écrit par l'empereur." Ces mots n'ont pas été reproduits sur mon estampage.
2) Pour dire „année", on emploie ici le mot HjB ; mais, à la fin de l'inscription, dans l'énoncé de la date, on trouve le mot 4£ ; les deux mots étaient donc employés concurremment; ce n'est en effet que la première année tHen-fao (742) que le mot Wkl fut substitué d'une manière absolue au mot 4£ .
3) Les règles qui président aux cinq relations sociales entre prince et sujet, père et fils, frère aîné et frère cadet, mari et femme, ami et ami.
d'adresser une déclaration au Ciel. Puisque les gages célestes étaient venus et puisque les espérances des hommes étaient à leur comble, les prières instantes (de mes officiers) n'ont pas pris fin et mes refus répétés n'ont pu être maintenus. Alors donc moi, avec mes quelques ministres, j'ai examiné le chapitre Yu tien ') et j'ai expliqué les règlements des Han2). Puis j'ai déployé le prestige de mes six armées impériales; j'ai fait trembler d'épouvante3) les neuf régions; les guidons et les étendards étaient rangés en bon ordre ; les soldats et les chevaux gardaient le silence ; quelle majesté ! quelle régularité ! quel beau spectacle ! quelle pompe ! ainsi je suis arrivé au Tai tsong; ce fut conforme à ce qui devait être.
Le Eulya 4) dit que le T'ai chan est le Pic de l'Est ; le Tcheou kouan 5) dit qu'il est la montagne dominatrice de la province de Yen. Il est véritablement le petit fils du Ciel-Empereur G) ; il est influences réceptacle de la foule des surnaturelles. Par sa situation, il est le principe initial de tous les êtres vivants et c'est pourquoi on l'appelle Tai 7) ; par sa position,
i) Le chapitre Chouen tien de Chou king où il est question de la tournée d'inspection faite par l'empereur Chouen ; le sacrifice accompli par ce souverain sur le Tai tsong ou T'ai chan était invoqué comme un précédent par ceux qui discouraient sur les cérémonies fong et chan.
2) L'empereur Wou^ en no av. J.C., et l'empereur Kouang-ivou^ en 56 p.C, ayant accompli la cérémonie fong^ on trouvait dans les règlements des Han plusieurs indications concernant ce sacrifice.
3) L'expression W> fB&m est tirée du Che king (section Tcheou song,
décade I, ode 8).
4) La tradition veut que la première rédaction du dictionnaire Eul ya ait été faite par le duc de Tcheou ; c'est pourquoi cet ouvrage est invoqué ici comme le plus ancien texte attestant le rôle éminent attribué au T'ai chan.
5) Voyez le Tcheou li, à l'article Tche fang che; trad. Biot, t. II, p. 271.
6) ^F *jSj* paraît être l'abréviation de Hao t'ien chang ti „le Ciel souverain, Empereur d'en haut." La proposition que le T'ai chan est le petit-fils du Ciel se trouve dès le troisième siècle de notre ère dans le Po wou tche de Tchang Houa (chap. I, p. 4 r°).
7) Nous avons ici une de ces explications par homophonie qui ont été
il est le chef des cinq Pics et c'est pourquoi on l'appelle tsong '). Depuis l'antiquité ceux qui ont régné, quand ils ont reçu le mandat et ont inauguré une nouvelle dynastie, c'est en ce lieu qu'ils se sont adressés au Ciel et à la Terre pour leur présenter l'œuvre glorieuse qu'ils avaient accomplie; c'est là qu'ils ont rangé leurs plans et leurs écrits pour rappeler leurs noms et leurs titres 2).
Pour moi, je continue la lignée des souverains qui m'ont précédé et maintenant je me conforme aux règles qu'ils ont établies3). En vérité, je désire témoigner ma reconnaissance pour le mandat que le Ciel sombre 4) m'a accordé dans sa bienveillance, et demander le bonheur pour la multitude de mon peuple. Ce n'est point que j'ose regarder en haut jusqu'à la plus lointaine antiquité et m'égaler aux neuf souverains 5).
J'ai donc disposé un autel et une aire au bas de la montagne ; j'ai accepté ce que m'offraient les diverses régions pour contribuer au sacrifice. En personne j'ai accompli la cérémonie fong et allumé un bûcher au sommet de la montagne; j'ai espéré par cette seule offrande entrer en communication avec les dieux. Tout cela est d'ailleurs0) conforme au
en grande faveur en Chine; le mot yfjj tai est considéré comme l'équivalent
du mot à peu près homophone Héj t'ai qui signifie „embryon, foetus"; voilà
pourquoi la montagne qui est l'origine de tous les êtres est appelée tai. Cette théorie est celle du Fong sou fong de Ying Chao (fin du deuxième siècle).
2) Ainsi se trouve expliqué le terme Tai tsong TjC =p» par lequel le
Vai chan est désigné dans le chapitre Choue?i tien du Chou king.
3) Allusion à la tradition suivant laquelle soixante-douze souverains de l'antiquité auraient accomoli le sacrifice fong sur le Tai chan] cf. p. 17, lignes 2 — c.
4) C'est le mot ~$s qu'on lit sur l'inscription.
5) D'après une tradition que rapporte Sseu-ma Tcheng (trad. fr., 1. 1, p. 19), les neuf souverains de l'homme sont ceux qui succédèrent aux souverains du ciel et aux souverains de la terre; ilf sont à l'origine de l'histoire humaine.
6) Lisez AW .
principe qui veut qu'on aille dans un lieu haut pour exalter le Ciel et qu'on se rende dans un endroit étendu pour magnifier la Terre.
Ainsi, le jour keng-yin du second mois d'hiver, j'ai accompli les sacrifices au Pic oriental ; j'ai fait l'offrande lei à l'Empereur d'en haut !) et je lui ai associé mon (ancêtre) Kao tsou ; tous les dieux qui sont dans le ciel sans exception descendirent. Le lendemain, j'ai célébré le sacrifice chan sur le Ch'o-cheou et j'y ai fait participer mon auguste père défunt; j'ai sacrifié à la divinité souveraine de la Terre; de tous les dieux qui sont dans le sol, il n'y en eut aucun qui ne montât. Puis, le jour j'en- tek? en, je donnai audience à la foule des princes. Le plus haut dignitaire s'avança et dit: „Le Fils du Ciel a reçu les gages de la faveur céleste et est gratifié d'un immense bonheur; nous tous, ses sujets, nous nous prosternons la tête contre terre en lui souhaitant mille et dix mille années de vie." Les félicitations s'échangèrent et la joie fut communicative. On s'exhorta à la vertu.
Si l'univers est bien ordonné et si les excellentes relations sociales sont régulières, c'est grâce au mérite qu'ont en ce moment les trois directeurs2) et les cent officiers; si tous les êtres vivants ont leur principe en keng 3) et si la foule des hommes vaque à ses occupations normales, c'est grâce au mérite qu'ont en ce moment mes divers gouverneurs de provinces et la multitude de leurs fonctionnaires. Mes quelques frères pratiquent avec sincérité la piété filiale et l'amitié
5) Sur le sacrifice /«', voyez le chapitre Chouen tien du Chou king\ cf. Sseu-ma Ts'ien^ trad. fr., t. I, p. I.
2) ^^ j& est l'équivalent de ^^ ^\ ; ce sont les trois plus hauts dignitaires de l'empire. Cf. Che kmg^ Siao ya^ IV, ode I?, str. 2.
3) tO m? est le titre d'une ode perdue du Che kihg au sujet de laquelle la Préface du Che king dit : „ L'ode Yeou keng parle de la manière dont tous les êtres se développent en conformité avec leur vraie nature." Cf. Legge, C.C., vol. IV, prolégomènes, p. 64.
fraternelle et donnent leur exemple à toutes les principautés; ô heureuse époque! Mes lettrés ont ordonné les rites; mes archivistes ont composé la musique; le Ciel et la Terre poursuivent avec harmonie leur mouvement; ô heureuse époque !
Si les barbares Man et Yi, jfong et 7Y, viennent par le moyen d'interprètes multiples m'apporter leurs tributs, c'est grâce à l'action transformatrice d'une lignée de saints et ce n'est pas moi qui ai provoqué leur amour; si les cinq manifestations surnaturelles l) et les cent choses précieuses arrivent de jour en jour et se rassemblent de mois en mois, c'est grâce à l'évolution qui a amené une conjonction de prospérités et ce n'est pas moi qui ai ému (les dieux).
Que dorénavant et en toute occasion j'occupe ma haute dignité avec précaution, que j'unifie les règles qui émanent du souverain, que je rende uniformes les lois pénales, que j'arrache les institutions devenues trop vieilles, que je complète ce qu'il y a de défectueux dans mon gouvernement; que je maintienne la simplicité et que j'évite d'être tracassier; que je songe à dresser (en ma personne) la perfection humaine afin qu'on voie (en moi) la règle céleste.
Certes, quand le Ciel fait naître la multitude des hommes, c'est au souverain qu'il appartient alors de la gouverner ; quand celui-ci sait faire profiter le monde d'un profit excellent, il a compris comment on devait servir le Ciel. Quand la Terre est bienfaisante pour les êtres qu'elle supporte, c'est au souverain qu'il appartient alors de l'aider; quand celui-ci sait faire vivre les myriades d'hommes d'une vie abondante, il a bien vu comment on devait servir la Terre. Quand ce qui concerne le Ciel et la Terre a été ainsi bien compris
i) D'après une glose de la préface du commentaire du Tso tchouan par
Tou Yu les cinq manifestations surnaturelles ^ rjSn sont: le quadrupède
merveilleux appelé //«, l'oiseau merveilleux appelé fong, la tortue, le dragon et le tigre blanc. Voyez Pyei wen yun fou^ s.v.
et bien vu, les mânes et les dieux se manifestent (par leurs bénédictions).
Pour ce qui est de mon aïeul cultivé et de mon sage père défunt1), leurs pures essences sont dans le ciel; ils disent: ^Excellent est notre jeune descendant. Il a été capable de faire une offrande à l'Empereur d'en haut. Puisque le parfum agréable (de cette offrande) s'est trouvé convenir à l'Empereur (d'en haut) 2), en bas il y aura grande prospérité". Je réponds: „Moi, Long-kiz), arrière-petit-fils de Wen-wou*), empereur de la dynastie T'angt à ma naissance j'ai été gratifié d'un mandat nouveau; je continue et j'agrandis un ancien patrimoine. Je garde éternellement la dignité qui m'a été conférée par le Ciel; mes descendants en hériteront. Moi, votre jeune fils, j'ose en votre présence élever le bienheureux mandat conféré par l'Empereur d'en haut et maintenant à mon tour, avec l'aide de mes fonctionnaires de tous grades, je continuerai à assurer le repos de la multitude du peuple; je me propose de dépasser les mérites
1) Dans le chapitre XXIII du Kieou T^ang chou, nous avons lu (voyez plus haut p 225, ligne 8 et p. 229, lignes 21 — 22) que Kao tsou avait été associé au sacrifice fong et Jouei tsong au sacrifice chan. Ce sont ces deux empereurs qui sont évoqués ici; Jouei tsong était le père de Hiuan tsong \ Kao tsou était le trisaïeul de Hiuan tsong \ c'est ce qui justifie le terme de
jjjjfe 1|[H qui lui est appliqué ; il est à remarquer cependant que, d'après certains commentateurs du Chou king, cette expression devrait s'appliquer à l'ancêtre à la cinquième génération, c'est à dire au père du trisaïeul (cf. Sseu-ma TsHen, trad. fr., t. I, p. 56, n. 4 et p. 64, n. 3; dans le chapitre
Chouen tien du Chou king, les termes "a/* HîH et |g§î ïïfB paraissent être synonymes).
2) Je construis la phrase tife *Jg* jji 4jk sur le modèle de la phrase •yh HK US yÊ? du Chou king (chap. Yi hiun\ Legge, C.C., vol. III,
p. 195 et note.
3) Long~ki E& -gC est le nom personnel de l'empereur Hiuan tsong (Kieou T'ang chou, chap. VIII, p. 1 r°).
4^ Wen-wou AT "jjr est le nom posthume de l'Empereur Z"a/ tsong, arrière-grand-père de Hiuan tsong (Kieou T^ang chou, chap. II, p. 1 r°).
de mes prédécesseurs et de prévenir les malheurs qui pourraient arriver à mes successeurs. Si un seul homme agit mal ') que les dix mille régions m'en fassent un crime; si moi, l'homme unique, je reste vertueux jusqu'à la fin 2), que le Ciel souverain me connaisse. Je ne tiens à haut prix que la pratique de trois vertus qui sont; bonté, modération, humilité. La bonté signifie l'acte de couvrir d'une manière illimitée 3) ; la modération est ce qui enseigne à faire cas de l'avenir. Celui qui est orgueilleux, les hommes l'abaissent; celui qui est humble, le Ciel l'agrandit 4). Puisqu'il en est réellement ainsi, les règles sont faciles à observer, les principes fondamentaux sont aisés à garder. J'ai poli une surface de rocher et j'y ai gravé une notice en or5) pour que les hommes à venir, en écoutant mes paroles connaissent mon cœur, en voyant cet effet sachent quel en fut le principe 6). L'éloge en vers est ainsi conçu :
(ire strophe)
Quand le Ciel eut fait naître les hommes, — il établit le prince pour les gouverner.
Quand le prince a reçu le mandat, — il sert le Ciel comme s'il en était fils.
Les générations passent et ne restent pas; — les hommes viennent sans interruption.
Ceux dont la vertu fut insuffisante disparaissent entièrement;— ceux dont la conduite fut haute s'élèvent.
i) J'attribue à l'expression ~X\ 4m la valeur qu'elle a dans le Che king {Ta ya, I, ode 7, str. 1).
2) La valeur de l'expression /*E| •»> est déterminée par une ode du Che
king {Ta ya, III, ode 1, str. 1).
3) Comme le Ciel qui couvre et protège tous les êtres.
4) Cf. Chou king, chap. Ta Vu mo\ „L'orgueil appelle la diminution; l'humilité reçoit l'agrandissement". Legge, C.C., vol. III, p. 65.
5) Les lettres de l'inscription étaient primitivement dorées; cf. p. 315.
6) C'est-à-dire que, en voyant l'inscription qui est une expression des
(2e strophe)
Très majestueux fut Kao tson ; — très glorieux fut T'ai tsong.
S'étant substitués au gouvernement des Souei 1), — ils possédèrent entièrement les dix mille principautés.
Leur vaste territoire fut infini comme le ciel; — les fiefs qu'ils conférèrent furent immenses comme la terre.
Leurs talents militaires obtinrent une soumission complète 2) ; — leurs qualités pacifiques manifestèrent un accord parfait avec leur époque.
(3e strophe)
Kao tsong étudia l'antiquité; — sa vertu bienfaisante
s'étendit partout.
Très tumultueuses les neuf sortes de peuples barbares —
dès le premier coup de tambour furent écrasées et
pacifiées.
sentiments de l'empereur, la postérité saura quels ont été ces sentiments. 1) Le nom de la dynastie Souei R» est ici écrit l^a ; il en' est de même
dans l'inscription funéraire de Houang-fou Tan É^L m Wjj£ dont nous
possédons l'estampage à la Bibliothèque nationale (Courant, Catalogue, n° 1 1 78); l'inscription de Houang-fou Tan n'est pas datée, mais elle a dû sans doute être gravée sous les T^ang, au début de la période tcheng-kouan (Houan yu fang pei /ou, chap. III, p. 1 v°). On sait que le caractère qui devint
le nom de la dynastie Souei s'écrivait primitivement 1*3' ; mais, quand le
duc du royaume de Souei |*e| |i0 ^\. fut devenu empereur, il craignit que
le signe de marche ï, inclus dans le caractère Kg n'eût une mauvaise
influence sur les destinées de sa dynastie en l'obligeant à „partir" ; il supprima
donc ce signe, et le caractère V£ft devint Kt| (voyez les notes critiques à
la fin de la table des matières du Souei chou, dans l'édition de Chang-hai, 1 888). Il est vraisemblable que les T'ang, qui n'avaient point lieu de regretter que la dynastie Souei fût „partie" puisque cela leur avait permis de prendre sa
place, rétablirent l'ancienne orthographe j*rei .
2) L'expression /tt Sy" se retrouve dans le Che king (section Chang song, ode IV, str. 6; Legge, C.C., vol. IV, 642).
En ce qui concerne les rites, il exécuta les cérémonies fong et chan; — en ce qui concerne son mérite, il égale Chouen et Yu.
Très escarpé le Tai tsong1) — fêta notre divin souverain.
(4e strophe)
Tchong tsong poursuivit l'évolution; — les anciens territoires furent renouvelés 2).
Jouei tsong continua l'œuvre glorieuse; — tout l'empire se soumit à sa bonté.
Se rendant dignes de respect et tournés vers le Sud, — leur influence transforma et affermit les êtres.
La cérémonie d'annoncer la réussite, — ils en laissèrent le soin à leur descendant.
(5e strophe)
Moi qui ne suis que leur jeune fils peu considérable, —
j'estine lourd l'héritage que j'ai reçu de ces cinq
hommes saints.
(Si j'accomplis les cérémonies fong et chan), ce n'est
pas que je vante la hauteur de mon mérite; — ce
n'est pas que je m'enorgueillisse de l'excellence de
ma vertu.
Je ne fais que me conformer avec respect aux règles
des sacrifices — et prendre grandement soin du
mandat éternel.
Si ma sincérité absolue touche le Ciel, — qu'il répande
le bonheur sur la multitude de mon peuple.
1) Le T^ai chan sur lequel Kao tsong célébra, au milieu de réjouissances publiques, la cérémonie fong.
2) C'est à dire tout simplement que Tchong tsong conserva le territoire de l'empire dans son intégrité.
(6e strophe)
Ceux qui, dans l'antiquité firent le sacrifice fong sur le T'ai chan — furent au nombre de soixante-douze souverains *).
Les uns firent le sacrifice chan sur le Yi-yi 2) ; — les autres firent le sacrifice chan sur le Yun-yun.
Leurs vestiges ne se voient plus, — mais leur renommée s'entend encore.
(S'ils célébrèrent ces cérémonies, ce fut) pour continuer avec respect ce qu'avait fait l'ancêtre éclairé 3), — pour couvrir d'éclat les anciennes actions glorieuses.
(7e strophe)
Grâce aux vaines exagérations des magiciens — et aux
livres des lettrés à l'esprit étroit, Des princes licencieux 4) recherchant l'immortalité —
employèrent faussement les lattes et les jades destinés
aux dieux 5).
Mais les Ts'in rencontrèrent la calamité du vent et de la pluie G) ; — les Han souillèrent la liste continue 7).
1) Cf. Sseu-ma Ts'ien, trad. fr., t. III, p. 423 — 424.
2) La montagne W\ 3E n'apparaît pas dans le texte de Sseu-ma TsHen\ elle est vraisemblablement indentique à la montagne j^k Ws. sur laquelle, d'après le Fong sou fong (chap. II, p. 3 r°) de Ying Chao^ les trois souverains de la haute antiquité auraient fait le sacrifice chan.
3) Sur cette expression a£ ï|f[ij et sur les débats auxquels elle a donné lieu, voyez Sseu-ma Ts'ien, trad. fr., t. I, p. 56, n. 4. Ici d'ailleurs le rôle et la personnalité de l'ancêtre éclairé paraissent difficiles à déterminer.
4) Allusion à 7Vw Che houang ti et à l'Empereur Wou (140 — 87 av. J.-C.) de la dynastie Han.
5) C'est à dire : firent à tort le sacrifice fong où on se servait de tablettes de jade recouvertes par des lattes de la même substance.
6) Allusion à la mésaventure de Ts'in Che houang ti lorsqu'il monta sur le T'ai chan. Cf. Sseu-ma Ts'ien^ trad. fr., t. II, p. 140 et t. III, p. 431.
7) En l'an 54 p.C, l'empereur Kouang-ivou^ sollicité de faire la cérémonie
(En effet), comme leur vertu n'était pas d'accord avec le Ciel, — ils s'exposaient à recevoir un affront.
La sage conduite consiste à surveiller le bon gouvernement; — la gloire ne s'acquiert pas en se laissant aller aux désirs.
J'ai gravé mes sentiments sur cette roche abrupte — pour les annoncer publiquement à la multitude des pics de la montagne.
Fait sous la grande dynastie T'ang, la quatorzième année k'ai-yuan (726), l'année étant marquée des caractères kingyin *), le neuvième mois dont le premier jour était le jour yi-hai, le douzième jour qui était le jour king-siu.
fong s'y refusait en disant: „Pour quel motif souillerais-je la liste continue des 72 princes?" Voyez plus haut, p. 158 — 159. Cette parole était un blâme indirect à l'adresse de l'Empereur Wou (140 — 87 av. J.-C.) qui, lui, n'avait pas craint de célébrer le sacrifice que les 72 princes do la haute antiquité passaient pour avoir offert sur le T^ai chan.
1) Jp* @S est l'équivalent de FH 'a? , de même que, plus bas, -jp* tt,
est l'équivalent de j^J p& .
Fig- 53-
T'ai y in pei.
Inscription de 1008 p.C.
Inscription de Van 1008 ').
Eloge relatant l'ascension sur le T'ai chan, remerciant
pour les écrits célestes 2) et relatant les
exploits des deux saints 3).
L'empereur a composé et écrit ce texte et en même temps il a fait le titre en caractères tchouan.
D'après ce que j'ai entendu dire, unifier les territoires et agrandir l'instruction vertueuse, assurer le calme à toutes
1) Cette inscription, dont on peut voir la photographie sur la fig. 26 (p. 100), et dont j'ai reproduit l'estampage sur la fig. 53, est formée de cinq énormes dalles dressées sur un soubassement et surmontées d'un chapiteau. Elle mesure environ 8 mètres de longueur à la base et la partie inscrite a une hauteur de 2 m. 90. Elle se trouve au Sud de la ville de T'ai-ngan fou, à quelque distance à l'Est de la porte Sud de la cité (voyez plus haut, p. 99, n° 143); elle fait face au T'ai chan et est par conséquent tournée vers le Nord; de
cette orientation vient le nom populaire de yin tseu pei Mgr JjT* TJ© sous
lequel elle est connue. On trouvera le texte de ce monument dans le Kin che ts'ouei pien, chap. CXXVII, p. 1 et suiv. (c'est le texte que nous avons reproduit plus loin, pages 330 et 331), dans A, XIII, 25 r° et suiv., dans B, XVI, 2 r° et suiv., dans C, XI, 18 r° et suiv., etc.
Le T'ai chan tao U kl de Nie Wen nous apprend que cette inscription avait été gravée en double exemplaire; l'un est celui que nous avons pu photographier et estamper au Sud de la ville de T 'ai-ngan fou ; le second se trouvait au sommet du T'ai chan, sur une paroi de rocher appelée le Tô sing fong, à l'Est de la grande inscription de 726 que nous avons reproduite 2t traduite plus haut 5 ce second exemplaire a été détruit par les surcharges qu'y ont faites des visiteurs plus soucieux de leur propre renommée que de la conservation des antiquités nationales.
2) Cf. p. 114, lignes 1 — 11.
3) Les deux saints sont les deux empereurs T'ai tsou (960 — 975) et T'ai
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les sortes d'êtres et produire la paix prospère, c'est là le principal devoir d'un souverain; observer les règles excellentes pour présenter (aux dieux) une absolue sincérité, monter sur le pic élevé pour (les) remercier des grâces parfaites qu'ils ont accordées, c'est là la glorieuse occupation de celui qui règne.
Si on remonte plus haut que l'époque (où) des cordes nouées (servaient d'écriture), c'est la confusion et personne ne sait rien; c'est seulement ce qui nous a été conservé sur les tablettes et les riches l) qui est clair et susceptible d'être examiné.
Il s'est constamment produit ceci 2) : tout d'abord il y a eu ouverture d'un courant de bonheur; puis il y a eu un accord continu et une prospérité accumulée; une heureuse destinée ayant été inaugurée pour longtemps, a été un bienfait éternel pour les descendants. Alors on a pu faire le sacrifice suprême à l'Empereur d'en haut, recevoir en audience plénière tous les princes, suivre les traces lointaines des huit fois neuf3), satisfaire les sentiments joyeux de la multitude du peuple. C'est ainsi que, après que le
tsong (976 — 997). Ce titre dont on vient de lire la traduction forme les deux premières lignes de l'inscription, mais en même temps, il est écrit en caractères tchouan sur le chapiteau qui domine le monument (fig. 26); sur la fig. 53, ce titre du chapiteau a été placé à droite de l'inscription pour des raisons de commodité typographique.
1) Le mot ~T7 désigne les tablettes rectangulaires sur chacune desquelles il y avait plusieurs lignes d'écriture ; les mot -flJJ* désigne les paquets de fiches, ces dernières ne portant en général qu'une seule ligne d'écriture.
2) Ce paragraphe est destiné à établir que les souverains qui ont fait les sacrifices fong et chan sont ceux qui ont l'égné au moment de l'apogée d'une dynastie; il faut donc qu'il y ait eu d'abord un glorieux fondateur de la dynastie, puis une série d'empereurs vertueux pour que puisse apparaître celui qui consacrera les vertus ainsi accumulées en accomplissant la cérémonie fong sur le T'ai chan.
3) C'est-à-dire des 72 souverains de la haute antiquité qui passent pour avoir célébré les sacrifices fong et chan.
roi Wou l) eut détruit l'homme abandonné de tous 2) et eut réuni entre ses mains la direction générale, le roi TcKeng, grâce à cela, fit une inspection dans l'Est. (De même) après que l'empereur Kao (206 — 195 av. J.-C.) 3) eut triomphé des trois fauteurs de troubles 4) et eut instauré la dignité donnée par le Ciel, l'Empereur Wou (140 — 87 av. J.-C), grâce à cela, monta faire le sacrifice fong 5),
Précédemment, les cinq dynasties G) s'étaient effondrées et les quatre régions du monde s'étaient rompues; poussant de grands cris d'angoisse, les neuf territoires observaient leur ombre et cherchaient le salut; élevant toutes ensemble la voix, les myriades du peuple imploraient le Ciel et regardaient en haut en se plaignant. S'il n'y avait pas eu des talents militaires divins, comment ces nombreuses difficultés auraient-elles pu être subjuguées? s'il n'y avait pas eu une sagesse pacifique, comment le gouvernement parfait aurait-il pu être restauré?
Avec respect je considère que T'ai tsou (960 — 975), l'empereur grandement doué de piété filiale, qui commença l'évolution et établit l'apogée, éminemment guerrier et saintement pacifique, ayant une vertu divine et un mérite primordial 7), accumula la prospérité depuis le commencement
1) Fondateur de la dynastie Tcheou.
2) Le dernier souverain de la dynastie Yin.
3) Fondateur de la dynastie Han.
4) Hiang Yu jjf $J , Tciïm Ckeng |^ jgp, Hou-hai ^ ^ (cf. Che yi ki, chap. V, p. 2 v°).
5) En 110 av. J.-C.
6) Les cinq petites dynasties intermédiaires entre les T'ang et les Song.
7) Toutes ces épithètes constituent le nom posthume de T'ai tsou. Dans
le Song che^ chap. I, p. 1 r°, ce nom offre trois variantes, à savoir tjgz a/* au lieu de lp? a£ , et 1^3 ~$J[ au lieu de tt* ~th , enfin l'addition des
deux mots *j? HH avant -y^ i&i . Il est probable que ces modifications
du nom posthume de T'ai tsou ont été introduites postérieurement à l'année 1008, date de notre inscription.
et reçut un mandat illimité; après avoir passé par l'épreuve, de l'adversité, il finit par parvenir à la souveraineté suprême. Son merveilleux prestige fit trembler d'épouvante *) ; sa bienfaisance primordiale se porta en tous lieux vastement. Où qu'il allât, on se soumettait à lui ; tous ceux qui venaient, il les satisfaisait. Il sauva le peuple du péril extrême; il fit monter tous les êtres sur la terrasse du printemps 2). Dans la manière dont il régla les dix mille principautés, il eut l'extrême excellence de T^ang le vainqueur 3) ; en répandant partout les neuf vertus 4), il eut la renommée que posséda le roi Wen5). Il inaugura l'évolution au début; il fit descendre la prospérité sur ses descendants.
T'ai tsong (976 — 997), l'empereur à la vaste piété filiale grandement clairvoyant, qui fut parfaitement bon et conforme à la raison, qui eut des mérites divins et une vertu sainte, qui fut pacifique et guerrier °), fut le second continuateur de la majestueuse fondation et fut celui qui reçut en la développant la brillante faveur. Semblable au soleil qui, en montant, éclaire toutes les terres, semblable au ciel qui, par sa vaste étendue, recouvre tous les êtres, il opéra la transformation en observant les manifestations humaines 7), il établit ses instructions en se conformant au mode
1) Cf. Che king, Tcheou song, I, ode 8 ]Ë[ ~J& jËË £a^ „il n'est personne qui ne soit saisi d'effroi." ^pâ = ||1 .
2) Allusion à un passage du Tao t'ô king (§ 20) où la joie ae la multitude est comparée au sentiment de bonheur qu'éprouve un homme lorsqu'il monte
au printemps sur une terrasse élevée mj ;35; ^fc jjfg .
3) Fondateur de la dynastie Chang ou Yin.
4) Les neuf vertus nécessaires à qui veut bien gouverner sont énumérées dans le chapitre Kao yao mo du Chou king (Legge, C.C., vol. III, p. 71).
5) Père du roi Wou qui fut le fondateur de la dynastie des Tcheou.
6) Le Song chou, chap. V, p. 1 r°, indique ce nom posthume comme étant
simplement JlJl^fffiÉ^^Mi^-
7) Cf. Yi king, Appendice T'ouan\ trad. Legge, SBE, vol. XVI, p. 23.
d'agir divin *). Il respecta les sages et honora la vertu ; il abaissa la guerre et mit en dernier lieu les châtiments. Au son des instruments de musique en métal et en pierre, les divinités pures accoururent 2) ; grâce au rite de l'offrande des objets en jade et des pièces de soie, les peuples barbares Man et Me vinrent s'unir à nous 3). De tous les lieux où sont uniformes les caractères de l'écriture et les essieux des chars4), on accourut; les statuts et le cérémonial ne présentèrent point de lacune. Quand l'Etre suprême 5) fait descendre son regard, il aperçoit une douceur et un respect semblables à ceux de Yu-Chouen G) ; la multitude du peuple, sans s'en apercevoir, se transforme merveilleusement comme au temps de T'ang-Yao1). L'excellence de cette double gloire g) dépassa tout ce qu'il y avait eu dans l'antiquité précédente. L'écrit concernant la hauteur augmentée 9) avait déjà donné (à T'ai tsong la preuve qu'il avait) parfaitement accompli son mandat; si cependant celui-ci recula devant la célébration de la cérémonie 10), ce fut par une modestie qui n'a pas d'égale. Quant à moi qui ne suis qu'un homme
1) Cf. Yi king, ibid. ; trad. Legge, SBE, vol. XVI, p. 230.
2) Cf. Che king, Siao ya, VI, ode 5, str. 3: jjj| $. ^ fâ ,
3) Cf. Che king, Lou song^ II, ode 4, str. 6 : ^€|: BEL y$ H|î .
4) C'est à dire tous les lieux où a pénétré la civilisation chinoise. Cf. Tchong yong^ chap. XXIII; Sseu-ma Ts'ien, trad. fr., t. III, p. 135.
5) Litéralement : le sombre suprême p y>T . C'est le Ciel divinisé.
6) Cf. Chou king, Chouen tien^ où il est dit que Chouen était doux, respectueux et entièrement sincère ^M 7p^ y|* *£ . Legge, C.C., vol. III, p. 29.
7) Cf. Chou king. Yao tien: sous le règne de Yao^ „ah! le peuple aux cheveux noirs fut transformé" 3ffi£ fj^ "fc^ "%p . Legge, C.C., vol. III, p. 17.
8) Celle de T^ai tsou et celle de T^ai tsong. — Après cet éloge de ses deux ancêtres, l'Empereur va maintenant parler de l'Ecrit céleste.
9) Il doit être fait allusion ici à quelque écrit surnaturel qui aurait fait son apparition en 983 ou 984 au moment où on sollicitait T^ai tsong d'accomplir les cérémonies fong et chan.
10) La cérémonie fong] cf. p. 235, lignes 14—20.
sans expérience, j'ai reçu la charge de ce vaste édifice l), mais ma vertu n'est pas digne de mes prédécesseurs et mon esprit n'est pas intelligent; je me sens incapable de continuer par hérédité le succès (de ma dynastie); je ne sais pas par quel moyen traverser (l'eau profonde qui est devant moi) 2). Cependant, au moment de l'arrivée du printemps vivifiant, un écrit surnaturel m'a gratifié de son gage de bonheur3). A la suite de cela4), les vieillards de la région du Tsi et du Ho 5) et les lettrés des pays de Tseou et de Lou 6) m'ont annoncé une prospérité divine et m'ont invité à faire le sacrifice fong\ ne tenant pas compte d'un éloignement de mille li, ils sont venus jusqu'à mon palais. Plein d'inquiétude, je me déclarais indigne, mais eux ne cessaient pas d'insister avec fermeté. Puis les rois, les ducs du palais et les gouverneurs de provinces, les hauts dignitaires civils et les divers officiers militaires, à cinq reprises me présentèrent des requêtes scellées. Ceux qui se prosternèrent dans le palais furent au nombre de plus de dix mille; ils disaient que le glorieux mandat venait d'être renouvelé, que les prodiges précieux étaient donnés en foule, qu'il ne fallait pas se refuser à la volonté du Ciel, qu'il ne fallait pas s'opposer
t) A savoir l'empire.
2) Cf. Chou king, chap. Ta kao\ Legge, C.C., vol. III, p. 364.
3) Le jour yi-tctteou du premier mois d'année 1008, un écrit sur soie jaune était tombé sur une des portes du palais; c'étaient les trois chapitres écrits
par le Ciel au sujet de la grande réussite et du gage de bonheur ^^ 3gî "JC pfa jjsê fëf ^E^ jiÉj ; trois jours après, l'empereur décrétait que le nom de la période d'années serait changé et que l'année en cours serait la première année ta-tchong siang-fou\ c'est à la suite de ces événements qu'il se décida à accomplir les cérémonies fong et chan (cf. Song che^ chap. VII, p. 7 r°; To?ig tou che lio, chap. IV, p. 4 v°).
4) tïj 4g. Le texte reproduit sur la p. 330 écrit par erreur £J ^g .
5) La région arrosée par la rivière Tsi et par le Houang ho n'est autre que le Chan-tong.
6) Patries respectives de Mencius et de Confucius.
• aux sentiments du peuple; si on résiste à la volonté du
Ciel, comment pourrait-on dire qu'on se conforme à la raison ?
si on attriste le cœur du peuple, comment pourrait-on dire
qu'on satisfait aux désirs des hommes ? Il fallait donc
monter sur le tertre élevé *) et accomplir la grande
cérémonie.
Quoique mes explications sincères fussent aussi nettes que possible, ils redoublaient l'intensité de leurs ardentes prières. Je fis alors les sérieuses réflexions que voici: Quand le Ciel et la Terre font descendre leurs bénédictions et quand les tablettes renfermées dans le temple ancestral accumulent leurs faveurs, si on guide et développe ces heureuses influences, on se borne à se mettre d'accord avec une petite prospérité 2). Or ce qui fait que le territoire est paisible, que les guerres ont pris fin, que le vent et la pluie viennent au moment propice, que les moissons arrivent à maturité, qu'on n'a aucun sujet d'effroi ou d'inquiétude, que les hommes se multiplient et s'enrichissent, c'est le don du Ciel qui est cause de tout cela; comment l'attribuerais-je à mes propres actions? Bien que ma faible vertu ne se sente pas digne d'annoncer un mérite achevé et de commémorer un nom glorieux, cependant mon humble personne n'oserait se refuser à se régler d'après le plan et l'écrit 3), à répondre aux extraordinaires gages de bonheur.
Le T'ien-souen 4) est l'endroit d'où on contemple le
i) -yt* JpR . Cette expression désigne le T^ai chan (cf. p. 60, n. I.)
2) En d'autres termes, si un empereur ne reconnaît pas les bienfaits des dieux en célébrant les cérémonies fong et chan^ il agit comme s'il vivait à une époque de prospérité moyenne ; mais, quand il est comblé des faveurs célestes, c'est un devoir pour lui d'accomplir ces cérémonies.
3) H^j 4s& . Cette expression désigne le Ho fou et le Lo chou. On a déjà vu que les écrits relatifs aux sacrifices fong et chan se rattachaient aux cycles du Ho fou et du Lo chou.
4) "J^ JJ5& „petit-fils du Ciel". C'est une des qualifications du T^ai chan.
soleil1); le Leang-fou est le séjour des immortels2). L'un est le chef des cinq Pics ; l'autre est le principe de tous les êtres 3). Je suis monté (sur la montagne pour annoncer) ma réussite, j'ai fait flamber le bûcher et les anciennes institutions ont été mises actuellement en vigueur. J'ai continué sans interruption les intentions de mes prédécesseurs, et, pour ce qui est des règles excellentes, je me suis conformé aux principes précédemment établis; j'ai accompli avec respect la cérémonie sur l'autel rond, et, en ce qui concerne l'acte auguste d'associer4), j'ai manifesté gravement la piété filiale de mon cœur obéissant. Alors donc j'ai invité mes ministres à établir un plan de ce qu'il fallait faire; j'ai ordonné aux lettrés d'expliquer (les rites) et de s'y exercer. Tout ce qui devait être employé pour les sacrifices fut au grand complet; mais, dans ce qui devait servir à mon propre usage, je n'ai pas cru devoir rechercher l'abondance; c'est pourquoi les jades, les soies, les victimes, j'en ai eu grand soin; mais les plumes, les ornements, les vêtements et les chars, je m'en suis montré économe. Je rendis parfaits mes sentiments et excellente ma volonté; je me levai dès le matin et restai inquiet jusqu'au soir. La clarté de ma sincérité a pénétré profondément et un exaucement évident s'est manifesté en retour. La faveur est descendue du Ciel ;
1) 0|, Cf. p. 60, ligne 5.
2) Dans le Ts'ien Han chou (chap. VI, p. 12 v°), nous lisons que, en l'année 102, au quatrième mois, l'empereur Wou accomplit le sacrifice fong
sur le T'ai chan et le sacrifice chan à la Résidence de pierre JZT Daj ; Ying Chao dit à ce propos: „La montagne de la Résidence de pierre est au pied du T'ai chan^ du côté Sud : les magiciens disent que c'est la résidence des hommes immortels i|M yl ren ." Ainsi se trouve justifié ce que dit
notre inscription que le mont Leang-fou est la résidence des immortels.
3) Cf. p. 319 — 320 j on fait ici une distinction entre les attributions du T'ai chan proprement dit et celles du Leang fou\ ces attributions étaient considérées par l'inscription de 726 comme réunies dans la personne du Taitsong.
4) L'association de T'ai tsou et de T'ai tsong au sacrifice offert au Ciel.
correcte et vraie, elle s'est approchée sur son char de nuages; ayant reçu le gage de bon augure, j'ai accompli la cérémonie; nourrissant le peuple comme s'il était mon enfant, oserais-je me montrer négligent des règles du bon gouvernement?
Or donc, au début du dernier mois d'automne, j'ai fait avec respect une offrande dans le temple funéraire pur ') et j'ai annoncé ainsi l'ascension et l'association2); en un jour faste du premier mois de l'hiver, je suis monté avec respect sur le Tai tsong et j'ai déployé (mes sentiments) en face de (la divinité) 3). J'ai présenté l'écrit précieux à gauche du siège (de la divinité); j'ai fait monter (sur l'autel) (T'ai) tson et (T'ai) tsong pour que tous deux aidassent (au sacrifice). Telle fut ma correction dans l'accomplissement du rite; telle fut l'importance primordiale de ma piété filiale. Puis je fis le sacrifice chan sur le Cïïà-cheou et les règles y furent toutes observées. Alors les dieux célestes descendirent tous et les divinités chthoniennes montèrent toutes. La bonne odeur (des victimes) se répandit en un instant; les offrandes furent comme si elles étaient aperçues (des dieux). Pour ce qui est du sacrifice, quoique j'aie à rougir au regard de la vertu parfaite, cependant, pour ce qui est de l'influence que j'exerçai (sur les dieux), très réelle fut mon absolue sincérité. En outre, j'ai médité sur les anciennes traditions du palais de Fong*) et j'ai admis les projets acceptés à Kan-ts'iuan*); les fonctionnaires de
1) Le temple funéraire pur rai JfâH désigne le temple consacré aux
ancêtres du souverain; cf. Che king, Tcheou tsong, I, ode I. Ce temple était dans la capitale.
2) Avant de partir pour le T^ai chan, l'Empereur annonce à ses ancêtres son intention de monter sur la montagne et de les associer au sacrifice qu'il y célébrera.
3) Sur l'expression 5SJ* mfe •> voyez Che king, Tcheou song, I, ode I.
4) C'est-à-dire du roi Wen, aneêtre des Tcheou, qui avait son palais à Fong.
5) C'est à dire par l'empereur Wou, de la dynastie Han, qui résidait
tous grades me remirent leurs insignes et les nobles des cinq degrés me présentèrent leurs sceaux; je pardonnai les fautes et je fis preuve de bonté; j'ai promu les hommes de bien et je les ai exhortés à bien gouverner; j'ai étudié les règles et les mesures ; j'ai recueilli les chants populaires. Je me suis occupé pacifiquement d'acquérir de la renommée et ainsi j'ai élevé la grande gloire de mes deux saints (ancêtres); je me suis complu avec joie à faire d'heureuses libéralités et ainsi j'ai encouragé le désir qu'avait le peuple de venir à moi. Cette félicité sans mélange qui me vient du Ciel et de la Terre, cette prospérité débordante qui m'est donnée par mes sept temples ancestraux, cette beauté parfaite de ma dynastie, cet immense bonheur de la multitude du peuple, comment serait-ce moi, isolé et ignorant, qui aurais pu les produire? Il faut donc, soit que je veille, soit que je dorme, que j'aie une crainte respectueuse, que, jour et mit, je sois inquiet et vigilant, que je ne me livre pas à l'arrogance et que je ne me laisse pas aller à la mollesse et aux plaisirs, que je chérisse et que je calme les pays qui me sont soumis, que je favorise le développement de toutes les sortes d'êtres. Ainsi je répondrai au mandat bienveillant que m'a donné le Ciel immense et majestueux. J'ai gravé un éloge en vers sur le sommet de la montagne afin de le transmettre à des générations innombrables. Cet éloge est ainsi conçu :
(ire strophe)
Escarpé est ce pic Tai — qui se dresse d'une manière élevée dans la région de l'Orient.
volontiers dans son palais de Kan-ts'iuan. Cf. Sseu-ma Ts*ien^ trad. fr., t. II, p. 113, n. 3. — L'empereur auteur, de notre inscription, va montrer qu'il a agi comme l'ont fait avant lui le roi Wen et l'empereur Wou.
C'est là que la multitude des êtres a son origine ; — c'est là que se montrent les manifestations du principe suprême.
Depuis l'antiquité, ceux qui ont reçu le mandat — en ont fait remonter le commencement au Ciel immense et azuré.
Ceux qui allumèrent le bûcher en ce lieu — furent au nombre de soixante-seize souverains *).
(2e strophe).
Je songe que, malgré mon peu de mérite, — j'ai hérité
avec respect des grands plans (de mes prédécesseurs). Très actif et très vigilant, — même au moment du
repos je ne me repose pas.
Un gage suprême m'a été glorieusement donné; —
c'est une prospérité débordante qui se propagera
au loin.
Contraint par les sentiments de la multitude, — la
cérémonie parfaite je l'ai donc accomplie.
(3e strophe).
Les anciens rois étaient grands et illustres — et c'est pourquoi ils faisaient la cérémonie qu'on appelle ^annoncer la perfection" 2).
Quant à moi, faible et ignorant, — je n'ai aucune vertu qui me rende glorieux;
1) Je suppose que ce nombre doit être expliqué de la manière suivante: aux 72 souverains qui, d'après la tradition ; auraient accompli le sacrifice fong dans la haute antiquité, il faut ajouter les noms des quatre empereurs qui ont célébré cette cérémonie à des époques plus récentes \ ce sont : l'empereur Wou (110 av. J.-C), l'empereur Kouang-woti (56 p.C), Kao tsong (666), Hiuang tsong (725).
2) La cérémonie fong a pour but principal d'annoncer aux dieux la perfection réalisée sur la terre par un bon gouvernement.
Mais, songeant perpétuellement à l'aide bienveillante que je reçois — et répondant avec respect aux brillantes manifestations surnaturelles.
Je célèbre donc ce sacrifice solennel — afin de témoigner ma parfaite sincérité.
(4e strophe).
De merveilleux présages de bonheur m'ont été donnés en foule ; — dans l'univers et dans l'empire ') tous sont accourus (vers moi).
Aucun rite n'a été violé — et les dieux véritablement sont venus.
J'ai caché la boîte scellée dans les pierres superposées 2) — et j'ai gravé une inscription au haut de la montagne 3).
La multitude du peuple sera éternellement prospère; — des bonheurs multipliés descendront constamment.
Le vingt-septième jour du dixième mois de la première année ta-tchong siang-fou (1008) 4).
1) L'expression ^ lffi& ou -=É* upE apparaît dès l'année 218 av. J.-C.
dans une des inscriptions de TsHn Che houang ti (cf. Sseu-ma TsHen, trad. fr., t. II, p. 158). Elle paraît désigner, d'une part, toute la surface de la terre, et, d'autre part, la région soumise au pouvoir impérial.
2) Le coffre de pierre dans lequel on enfermait la boîte scellée contenant les tablettes de jade.
3) Littéralement: sur le sourcil de la montagne, car c'est bien le sens
propre du mot |jj|| .
4) L'empereur avait quitté sa capitale, K 'ai-Joug fou, le quatrième jour du dixième mois de Tanné 1008 ; il était arrivé, le vingtième jour, au palais de Fong-kao au pied du T'ai chan\ il monta sur le T 'ai chan le vingttroisième jour; le sacrifice fong sur le sommet de la montagne fut célébré le vingt-quatrième jour; le sacrifice chan sur la colline Chô-chcou fut célébré le vingt-cinquième jour ; l'audieace plénière fut tenue le vingt-sixième jour ; le vingt-septième jour, l'empereur prit le chemin du retour. Comme on le voit, notre inscription, datée du vingt-septième jour du dixième mois, est exactement datée du jour où les cérémonie? avaient été terminées. En fait
cependant, comme le prouve un texte du Yu liai de Wang Ying-lin (1223 — 1296, cité dans le Kin che fouei pien, chap. CXXVII, p. 2 v°), la rédaction du texte ne fut achevée que le cinquième mois de la deuxième année ta-tchong siang-fou (1009) et l'inscription ne fut gravée sur une paroi de rocher au sommet du T'ai chan que dans le onzième mois de cette même année 1009. C'est alors aussi sans doute qu'on la grava en un second exemplaire sur le monument qui a subsisté au Sud de la ville de T'ai-nganfou. A la fin de l'inscription, on lit en plus petits caractères la mention suivante: „Le bureau des autographes impériaux (yu chou yuan), en vertu d'un décret reçu, a gravé sur pierre ce texte conformément au modèle*"
Eloge de l'auguste Empereur qui développe la vie, par l'empereur Tchen tsong, de la dynastie Song x).
Si on veut traiter suivant les règles le pic élevé, assigner sa place glorieuse à celui qui exerce une influence céleste et chthonienne, il convient que celui qui préside à la vie dans le territoire oriental, celui dont l'intelligence est comparable à l'intelligence de l'Empereur d'en haut, ait son nom au premier rang sur la liste des bienheureux, et répande sa bienfaisance sur toute la multitude du peuple; qu'il goûte aux sacrifices réguliers parmi les parfums de l'armoise et du millet; qu'on grave ses excellentes louanges sur le métal et sur la pierre. En ce moment où j'accomplis avec diligence la cérémonie fong et où je réponds avec respect aux faveurs
1) Dans le temple de l'Empereur vert, au pied du T^ai chan (cf. p. 121, lignes 1 — 6), se trouvait autrefois une stèle rappelant que l'empereur Tchcn tsong, de la dynastie Song, avait, en l'année 1008, conféré à la divinité
connue sous le nom d'Empereur vert pa *j£* le titre de „ auguste empereur
qui développe la vie" ]§? Al ♦3** JT ; ce titre élevait l'Empereur vert
d'un rang dans la hiérarchie taoïste en remplaçant son titre de tchen kiun
IB 3g* par celui de *jSj* ^T . On lisait sur la stèle, d'abord un éloge écrit
en gros caractères, puis, en caractères plus petits, le décret officiel conférant un nouveau titre à l'Empereur vert, enfin le texte de la prière par laquelle on avait informé la divinité de la gracieuse mesure prise à son égard. La pierre paraît être aujourd'hui perdue ; mais on a conservé les textes qui y étaient gravés; je les reproduis ici (p. 344) d'après le KHeou kou lou de Kou Yen-wou (p. $ v°-7 v° de la réimpression du Houai lou ts'ong chou).
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des dieux, j'offre un titre magnifique (à l'Empereur vert) afin de lui témoigner ma sincérité; continuant l'œuvre de civilisation, j'ai rimé le bel éloge que voici:
Elevé ce Tai tsong — maintient l'ordre dans le territoire oriental;
C'est le lieu qui donne la vie et qui l'entretient; — c'est le palais des bienheureux surnaturels.
Là se trouve Celui qui est élevé et véritable ') ; — réellement il préside aux claires destinées;
Sa divinité suprême est insondable; — à la sincérité respectueuse il répond aussitôt par des exaucements.
Sa perfection florissante est capable d'illuminer; — tous les événements heureux dépendent de lui.
Je lui présente régulièrement un beau titre, — afin de manifester mes intentions excellentes.
La première année ta-tchong siang-fou (1008), le vingtseptième jour du dixième mois, le Bureau des autographes impériaux, en vertu d'un décret reçu, a gravé sur pierre ce texte conformément au modèle.
Edit ajoutant à l'Empereur vert un nom excellent.
Voici le décret qui est remis aux fonctionnaires de la chancellerie impériale {tchong chou men hid) :
Ce pic célèbre, associé au Ciel, est la plus puissante des montagnes; son efficace abondante réside dans l'élément bois; il est ëft réalité ce qui fournit la vie à la multitude des êtres; la présence actuelle de ce véritable directeur est ce qu'attestent les écrits relatifs aux choses surnaturelles. Le Véritable prince 2), Empereur vert, a pour fonctions
1) L'expression Êg IB paraît, d'après la suite des idées, désigner l'Empereur vert lui-même.
2) Le titre de |B ~¥± était celui que portait alors l'Empereur vert; mais à la suite du piésent décret, il prendra le titre de *5j* ^f±
d'éclairer et de nourrir; sa conduite agit d'accord avec le vaste firmament; il contribue avec (le Ciel) élevé et lumineux à l'évolution primordiale; il protège avec (la Terre) vaste et étendue la multitude des êtres vivants. Son culte véritable a été institué depuis longtemps comme le prouvent les descriptions locales. Récemment, mon cortège majestueux a fait une inspection au temps voulu et j'ai accompli le rite du mystérieux sacrifice fong; puis, j'ai été visiter le temple du dieu dans l'espérance de recevoir ses bénédictions cachées; avec respect j'ai appliqué les statuts administratifs pour élever plus haut les honneurs excellents (dont bénéficie l'Empereur vert); je lui présente un nom excellent pour faire une offrande glorieuse; je signale au-delà de toutes limites sa parfaite vertu. Puisque je lui témoigne un grand respect, il m'assurera éternellement la prospérité. Il convient donc de lui conférer le nom excellent de „Empereur vert, auguste empereur qui développe la vie" [tsHng ti kouang cheng ti kiun). Les bâtiments de son temple, par faveur spéciale, seront réparés et ornés.
Voilà pourquoi je rends présentement ce décret; j'estime qu'il faut qu'on le connaisse entièrement.
Texte de la prière impériale.
La première année ta-tchong siang-fou (1008), le rang de l'année étant wou-chen, le onzième mois dont le premier jour était le jour wou-wou, le quatrième jour qui était le jour sin-yeou, l'empereur qui honore les vertus pacifiques, qui développe les vertus militaires, saint et intelligent, bon et doué de piété filiale J), a délégué avec soin le chang-çhou,
1) Quelques nombreux que soient ces titres, ils ne sont pas encore au complet. Nons lisons en effet dans le Song che (chap. VII, p. 7 r°) que, le sixième mois de la première année ta-tchong siang-fou^ on décerna à l'empereur
yuan wai lang du ministère de la guerre, Chao Ye, pour adresser ces paroles à l'Empereur vert, auguste empereur qui développe la vie:
Je considère avec respect que votre mérite élevé, qui n'a besoin d'aucune aide, étend et met en lumière la bonté par laquelle vous accordez secrètement votre protection bienfaisante ; votre influence divine qui n'a pas de limites, préside réellement au domaine d'émission de la vie. Le domicile caché de Celui qui est élevé et véritable *) maintient l'ordre dans la localité divine du pic majestueux. Il se trouve que j'ai reçu avec respect un gage de la faveur céleste 2) et en personne j'en témoigne ma grande reconnaissance; je m'empresse d'y joindre une belle prière et je me décide à déployer un cérémonial magnifique afin de vous mettre en évidence par une dénomination O 0> afin, de vous signaler par le rite qui témoigne la vénération et qui honore. Il convient que je vous en fasse l'annonce afin de vous informer de ma respectueux sincérité. Voilà ce que je prends soin de vous dire.
Tchen tscng les titres de : ^ £ g ^ % 3zW-M,9 I
i) Cf. p. 345, n. i.
2) Il s'agit des fameux écrits célestes H^ ^Z .
Inscription de 1265 1).
Relation de l'ascension du T'ai chan par Tchang, siuan-wei du district de Tong-p'ing2).
La première année tchong-t'ong (1260), l'Empereur promut dans les services publies des lettrés éprouvés pour qu'ils eussent le gouvernement général des dix circuits. L'honorable (Tchang) fut le premier à être choisi; il eut à administrer le circuit de Ho-tong et s'y distingua; lorsqu'on examina les mérites des fonctionnaires, il se trouva être le meilleur de tout l'empire. Le souverain le manda en sa présence, l'honora en lui offrant une coupe de vin et alla même jusqu'à l'appeler par son petit nom. La cour et la province
1) Cette inscription, qui se trouvait primitivement dans la Salle Yen-hi (cf. p. I47) du Tai miao, est maintenant dans le temple T^ou-ti ts'eu ~p ^Hf JJIpJ , à l'intérieur de la demeure du sous-préfet de T'ai-ngan.
Le texte en est reproduit dans A, VII, 1 v°-3 r°, dans C, XI, 36 v°-37 v° et dans le Chan tck'ouan tien, XV, 20 v°-2i v°. L'inscription a été composée par Tou yen-kie, le deuxième mois de la deuxième année tche-yuan (1265);
elle a été écrite en caractères réguliers jj» =jL par Wang Tcheng (B, VIII,
Il r°). Au revers de la stèle se trouve un diagramme des cinq pics wou yo tchen hing fou (reproduit dans A, XXIX, 49 v°) qui a été gravé en 1378 (A, VII, 3 v°). — L'auteur du Tai lan (A, VII, 3 r°-v°) a bien montré que le siuan-wei Tchang qui est le héros de ce texte n'est autre que le fameux Tchang To-houei qui, en 1247, s'était rendu auprès du futur empereur Che tsou (Koubilai khan), au pied des monts Khangai. Sa relation de voyage, qui nous a été conservée dans le TcWeng-t'ô fou tche (description de Jehol), a été traduite en russe par Palladius, et du russe en anglais par Shuyler (Jhe Geographical Magazine, 1875, P« 7 — ll)\ la biographie de Tchang Tô-houei se trouve dans le chap, CLXIII du Yuan che.
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