‹ Le tabac et l'absintheChapitre 36 sur 50 · II · texte numérisé non relu

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président du conseil de santé de l’armée, de M. le docteur Maillot, ce fait important, que, dans le chiffre progressif des cas de paralysie générale, qui s’offrent chaque année à l’inspection, il s’en trouve un certain nombre , plus même qu’on ne l’avait pensé, qui étaient autant d’exemples de sobriété, à l’endroit des spiritueux, bien que les malades eussent souvent fait abus de la pipe et du cigare. Les soldats qui, comme on le sait, changent quelquefois volontiers leur ration de vivres pour des provisions de tabac, ont fourni de nombreux exemples de paralysie, sans que l’on ait pu accuser en eux aucun abus de spiritueux.

11 nous a été facile de constater un autre fait plus général encore et non moins probant, c’est que, dans certaines provinces de la France, dans la Saintonge, le Limousin, la Bretagne, où l’on ne fume encore que très-peu, mais où l’on fait souvent une énorme consommation d’eau-de-vie , les femmes comme les hommes, les jeunes aussi bien que les vieux, la paralysie générale est à peu près inconnue, bien que l’alcoolisme, le delirium tremens surtout, y soient presque endémiques en certaines régions.

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Il nous paraît donc suffisamment prouvé, d’après ce concours de faits et de témoignages, que si l’abus des spiritueux ne peut être considéré comme chose indifférente dans la question de développement des maladies mentales, il y a lieu d’attribuer plus spécialement à l’abus du tabac la cause essentielle de la paralysie générale des aliénés, de cette maladie qui figure aujourd’hui pour plus de 8o pour loo dans le chiffre total des aliénés.

Un tel fait pourrait-il être sans influence sur le mouvement de la population? Un seul mot traduit en chiffres suffira pour dire ce qu’il faut en penser.

Avant 1844, les naissances dépassaient annuellement les décès de i 5o 000, chiffre rond; et delà jusqu’à cette époque, un accroissement successif et presque normal de la population de la France. Mais, en 1847, on signale, pour la première fois, un excédant de mortalité de 107 000 décès sur le chiffre des naissances. En 1854, on constate encore un excédant de 69 000 décès sur les naissances; chiffre qui, ajouté à celui des i5o 000 pour les décès de i853, donne, comme perte réelle de population, un total de 2 19000 décès d’excédant sur le chiffre des naissances.

NICOTISMf! CHRONIQUE

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