Méthode de Rééducation
A Frenkel revient l’honneur d’avoir érigé à la hauteur d’une méthode une série d’exercices des-
MÉTHODES SYMPTOMATIQUES
tinés à combattre le symptôme ataxie seul, symptôme objectif qui frappe si péniblement les malades et en fait des infirmes et des impotents.
Rappelons seulement les nombreuses discussions auxquelles la méthode donna lieu et constatons que, malgré les conclusions favorables du XIIe Congrès de Moscou, l’emploi de la rééducation ne s’est pas vulgarisé. Cependant cette méthode donne d’excellents résultats et arme le médecin contre un symptôme rebelle à toute thérapeutique, l’élongation exceptée.
TECHNIQUE. — i ° Membres inférieurs. — Voici, d’après M. Rubens Hirschberg, la technique à suivre pourla rééducation des membres inférieurs :
Les mouvements doivent être exécutés lentement aussi régulièrement que possible et d’une façon réfléchie.
Les exercices consistent en contractions musculaires simples : flexion, extension, abduction, etc.; — en mouvements coordonnés simples : lever la jambe à une hauteur déterminée, — en mouvements coordonnés compliqués : marcher, s’asseoir.
Exercices au lit. — Flexion, extension, adduction, abduction, un seul pied exécutant d’abord ces mouvements, puis les deux pieds simultanément.
MÉTHODE DE REEDUCATION
Rotation du pied.
Flexion du genou.
Flexion de la cuisse.
Abduction et adduction de la cuisse.
Lever la jambe d’une seule pièce.
La jambe levée, faire des mouvements d’abduction et d’adduction ayant pour siège l’articulation coxo-fémorale.
Les jambes allongées, s’asseoir.
La jambe levée, faire des mouvements de rotation ayant pour siège l’articulation coxo-fémorale.
Tous ces exercices doivent être faits sous le contrôle de la vue, puis les yeux fermés.
Ces exercices se font au lit et ceux-ci se divisent en exercices d’équilibre statique et en exercices de locomotion.
Exercices debout, exercices d'équilibre statique. — Rester debout immobile, les pieds joints, en écartant d’abord un pied, puis les deux à des degrés divers.
Dans cette position, faire des mouvements avec les bras.
Fléchir le corps de façon à décrire un cercle avec la tête.
S’accroupir et se lever lentement, les pieds écartés.
MÉTHODES SYMPTOMATIQUES
S’accroupir et se lever lentement; les pieds joints.
Fléchir le corps en avant, de façon à toucher des doigts, le bout des pieds.
Se tenir debout, les genoux fléchis.
Le meme exercice en faisant des mouvements avec les bras.
Se tenir sur une jambe.
Se tenir surunejambe, en fléchissant les genoux.
Exercices de locomotion. — Avancer le pied de la longueur d’un pas, puis le retirer.
Placer un pied l’un devant l’autre sur une même ligne droite et rester en équilibre.
Faire vingt pas en avant.
Marcher sur une ligne tracée.
Marcher à reculons.
Marcher latéralement.
Marcher à grands pas.
Marcher les genoux fléchis.
Marcher sur la pointe des pieds.
Marcher au commandement, avec arrêt brusque et changement de direction.
Marcher avec obstacles.
Se lever d’une chaise sans l’aide des mains, — s’asseoir.
Monter et descendre un escalier sans l’aide de la rampe.
MÉTHODE DE REEDUCATION
2° Membres supérieurs. — Le traitement de l’ataxie des membres supérieurs est plus délicat et réclame l’emploi d’appareils spéciaux. On peut, dit Frenkel, considérer le résultat comme atteint, dans le traitement de l’ataxie des membres inférieurs, même lorsque le mouvement se fait avec un écart de quelques centimètres, écart qui n’entrave que fort peu l’exécution des mouvements usuels des membres inférieurs, tandis qu’une exactitude rigoureuse est nécessaire pour les membres supérieurs, exactitude dont on comprendra aisément la nécessité, si l’on tient compte de la précision presque mathématique que réclament la plupart des mouvements des membres supérieurs pour être conformes au but cherché (action d’écrire, de jouer de la musique).
Cependant, comme dans le traitement de l’ataxie des membres inférieurs, on commencera par faire exécuter une série de mouvements simples, puis plus compliqués : flexion, extension, rotation, abduction, adduction des différents segments isolés ou associés, c’est « LA. B. C. de la coordination ». Lorsque ces mouvements seront exécutés avec une correction suffisante, l’emploi des appareils spéciaux imaginés par Frenkel s’impose, afin de parfaire le mouvement et de lui donner toute
méthodes symptomatiques
la précision désirable. Ces appareils peuvent être quelconques.
4 oici les principaux appareils employés par Frenkel :
Une pièce de bois triangulaire, dont une arête est cieusée d un sillon, sert à conduire dans ce sillon, qui les guide, une pointe ou un crayon.
Un plateau rectangulaire est creusé de godets numérotés; le malade doit, au commandement, mettre la pulpe du doigt indiqué dans le godet dont on prononce le numéro. On peut faire tenir au malade une bille de la dimension des dépressions, la bille est placée dans le godet indiqué.
Un plateau est percé de trous dans lesquels le malade doit mettre des chevilles ; c’est, on le voit, quelque chose d analogue au jeu de solitaire.
Un objet volumineux est lancé au malade qui s efforce de le saisir au vol. Le meme exercice sera fait plus tard avec des objets plus petits.
Les exercices que l’on doit faire exécuter au malade dans une cure de rééducation ne doivent point être aussi schématiques que pourrait le faire penser ce qui précédé; en effet, souvent un tabétique n’est ataxique que pour certains mouvements seulement; c’est l’étude de la manière d’être des actes ataxiques, qui permet au médecin d’employer tels