‹ Le tâelâephone, le microphone, et la phonographeChapitre 9 sur 22 · I.K TÉLÉPHOXF. j · texte numérisé non relu

I.K TÉLÉPHOXF. j

canle s'y Irouvant une fois engagée, peut la parcourir sur une plus ou moins grande partie de sa longueur, suivant le temps plus ou moins long qu'on tourne le cylindre. Une feuille de papier d'élain ou de cuivre très-mince est appliquée exactement sur cette surface cylindrique, et doit y être un peu déprimée alin d'y marquer légèrement la trace de la rainure et de placer convenablement la pointe de la lame vi-

Fi-. m.

brante. Celle-ci, d'ailleurs, appuie sur celte feuille sous une pression qui doit être réglée, et, c'est à cet effet, aussi bien que pour dégager le cylindre quand on doit placer ou retirer la feuilie d'étain, qu'a été adapté le système articulé S N qui soutient le suppori S de la lame vibrante. Ce système, comme on le voit, se compose d'un levier articulé qui porte une rainure dans laquelle s'engage la vis R. Un manche

LE niO.NOGRAlMIE. 291

N qui termine ce levier, permet, quand la vis R est desserrée, de faire pivoter le système traçant. Conséquemment, pour régler la pression de la pointe traçante sur la feuille de papier d'étain, il suffît d'engager plus ou moins la vis R dans la rainure, et de la serrer fortement quand le degré convenable de pression est obtenu.

Telle est la planche sur laquelle la parole viendra

tout à l'heure se graver en caractères durables, et voici comment fonctionne ce système si peu compliqué.

On parle dans l'embouchure E de l'appareil, comme on le lait dans un téléphone ou dans un tube acoustique, mais avec une voix forte et accentuée et les lèvres appuyées contre les parois de l'embouchure, comme on le voit fig. 67; on tourne en même temps le cylindre qui, pour avoir un mouvement régulier, est

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muni d'un lourd volant (V. fig. 66) . Sous l'influence de la \oix, la lame LL entre en vibration et fait manœuvrer la pointe traçante, qui, à chaque vibration, déprime la feuille d'étain et détermine un gaufrage plus ou moins creux, plus ou moins accidenté, suivant l'amplitude de la vibration et ses inflexions. Le cylindre qui marche pendant ce temps présente successivement à la pointe trançanle les différents points de la rainure dont il a élé question plus haut ; de sorte que, quand on est arrivé au bout de la phrase prononcée, le dessin pointillé, composé de creux et de reliefs successifs que l'on a obtenus, représente l'enregistration de la phrase elle-même. En ce qui concerne l'enregistrement, l'opération est donc terminée, et en détachant la feuille de Fappareil, la parole pourrait être mise en portefeuille. Voyons maintenant comment l'appareil arrive à répéter ce qu'il a si facilement inscrit.

Pour cela, il s'agit de recommencer tout simplement la même manœuvre, et le même effet se reproduit identiquement en sens inverse. On replace le style traçant à l'extrémité de la rainure qu'il a déjà parcourue, et l'on remet le cylindre en marche; les traces gaufrées en repassant sous la pointe tendent à la soulever et à lui communiquer un mouvement qui ne peut être que la répétition de celui qui les avait primitivement provoquées, et la lame vibrante obéissant à ce mouvement, entre en vibration, reproduisant ainsi les mêmes sons et, par suite, les mêmes paroles; toutefois, comme il y a nécessairement perte de force dans cette double transformation des effets mécaniques, on est obligé, pour obtenir des sons plus forts, d'adapter à l'embouchure E le cornet C qui est une sorte de portevoix. Dans ces conditions, la parole reproduite par

LE rnO.NOGPuU>llE.

l'appareil peut être entendue de tous les points d'une salle, et rien n'est plus saisissant que d'entendre celte voix, un peu grêle il est vrai, qui semble venir d'outretombe pour formuler ses sentences. Si cette invention eût été faite au moyen âge, on en aurait bien certaine-

Fig. es.

ment fait l'accompagnement des fantômes, et elle aurait donné beau jeu aux faiseurs de miracles.

Comme la hauteur des sons dans l'échelle musicale dépend du nombre des vibrations effectuées par un corps vibrant dans un temps donné, la parole peut être reproduite par le phonographe sur un ton plus ou moins élevé suivant la vitesse de rotation que l'on

294 LE PIIO^•OGIiÂPIIE.

donne au cylindre qui porte la feuille impressionnée. Si cette vitesse est la même que celle qui a servi à l'enregistration, le ton des paroles reproduites est le même que celui des paroles prononcées. Si elle est plus grande, le ton est plus élevé, et si elle est moins grande, le ton est plus bas; mais on reconnaît toujours l'accent de celui qui a parlé. Cette particularité fait qu'avec les appareils tournés à la main, la reproduction des chants est le plus souvent défectueuse, et l'appareil chante faux. Il n'en est plus de même quand l'appareil se meut sous l'influence d'un mouvement d'horlogerie parfaitement régularisé, et l'on a pu obtenir de cette manière des reproductions satisfaisantes de duos chantés.

La parole enregistrée sur une feuille d'étainpeut se reproduire plusieurs fois; mais à chaque fois les sons deviennent plus faibles et moins distincts, parce que les reliefs s'affaissent de plus en plus. Avec une lame de cuivre, ces reproductions sont meilleures; mais, pour les obtenir indéfiniment, il faut faire clicher ces lames, et, dans ce cas, la disposition de l'appareil doit êlre différente.

On a essayé de faire parler le phonographe en prenant les enregistrations à rebours de leur véritable sens; on a obtenu naturellement des sons n'ayant aucune ressemblance avec les mots émis; cependant MM. Fleeming Jenkin et Ewing ont remarqué que nonseulement les voyelles ne sont pas altérées par celle action inverse, mais encore que les consonnes, les ' syllabes et des mots tout entiers peuvent être reproduits avec l'accentuation que leur donnerait leur lecture si elle était faite à rebours.

Les sons produits parle phonographe, quoique plus

LE PlIONOGnAPllE. 29:y

faibles que ceux de la voix qui a déterminé les traces enregistrées, sont néanmoins assez forts pour réagir sur des téléphones à ficelle et mêmesurdes téléphones Bell, et comme dans ce cas les sons sont éteints sur l'appareil et qu'il n'y a que celui qui est en rapport avec le téléphone qui les perçoit, on peut être assuré qu'aucune supercherie n'a pu être employée pour le produire.

Quand je présentais le 11 mars 1878 le phonographe à l'Académie des sciences de la part de M. Edison, et que M. Puskas, son représentant, eût fait parler ce merveilleux instrument, un murmure d'admiration se fit entendre de tous les points de la salle, et ce murmure se changea bientôt en applaudissements répétés. « Jamais, écrivait à un journal une des personnes présentes à la séance, on n'avait vu la docte Académie, ordinairement si froide, se livrer à un épanchement si enthousiaste. Pourtant quelques membres incrédules par nature, au lieu d'examiner le fait physique, voulurent le déduire de considérations morales et d'analogies, et bientôt on entendit dans la salle une rumeur qui semblait accuser l'Académie de s'être laissée mystifier par un habile ventriloque. Décidément l'esprit gaulois se retrouve toujours chez les Français et même chez les académiciens. Les sons émis par l'instrument sont exactement ceux des ventriloques, disait l'un. Avezvous remarqué les mouvements des lèvres et de la figure de M. Puskas quand il tourne l'appareil?... disait l'autre : ne sont-ce pas les grimaces des ventriloques?... Il peut se faire que l'appareil émette des sons, disait encore un autre, mais l'appareil est considérablement aidé par celui qui le manœuvre ! Bref, le bureau de l'Académie demanda à M. du Moncel de faire lui-même

rexpérience, et comme il n'avait pas l'habitude de parler dans cet appareil, l'expérience fut négative, à la grande joie des incrédules. Toutefois quelques académiciens, désirant fixer leurs idées sur ce qu'il y avait de vrai dans ces effets, prièrent M. Puskas de répéter devant eux les expériences dans le cabinet du secrétaire perpétuel et dans les conditions qu'ils lui indiqueraient. M. Puskas se prêta à ce désir, et ils revinrent de là parfaitement convaincus. Néanmoins les incrédules ne se tinrent pas pour battus, et il fallut qu'ils fissent eux-mêmes les expériences pour accepter définitivement ce fait que la parole pouvait être reproduite dans des conditions excessivement simples. »

Cette petite anecdote que je viens de raconter ne peut certes pas être interprétée en défaveur de l'Académie des sciences ; car son rôle est avant tout de conserver intactes les vrais principes de la science et de n'accueillir les faits qui peuvent provoquer l'étonnement qu'après un examen scrupuleux. C'est grâce à cette attitude qu'elle a pu donner un crédit al3solu à tout ce qui émane d'elle, et nous ne saurions trop l'approuver de se maintenir ainsi sur la réserve et en dehors d'un premier moment d'enthousiasme et d'engouement.

Le peu de réussite de l'expérience que j'avais tenlée à l'Académie provenait uniquement de ce que je n'avais pas parlé assez près de la lame vibrante, et que mes lèvres ne touchaient pas les parois de l'embouchure. Quelques jours après, sur l'invitation de plusieurs de mes confrères, je fis des expériences répétées avec l'appareil, et je parvins bientôt à le faire parler aussi bien que celui qu'on accusait de ventriloquie; mais

LE riIO>'OGaAPIlE. 207

je reconnus en même temps qu'il fallait une certaine habitude pour être sûr des résultats produits. Il y a aussi des mots qui sont reproduits beaucoup mieux que d'autres. Ceux qui renferment beaucoup de voyelles et beaucoup d'R viennent bien mieux que ceux où les consonnes dominent et surtout que ceux où il y a beaucoup d'S, On ne doit donc pas s'étonner, comme l'ont fait plusieurs personnes, que même avec la grande habitude que possède le représentant de M. Edison, certaines phrases prononcées par lui s'entendaient mieux que d'autres.

Un des résultats les plus étonnants que le phonographe a produits a été la répétition simultanée de plusieurs phrases en langues différentes dont l'enregistration avait été superposée. On a pu obtenir jusqu'à trois de ces phrases ; mais pour pouvoir les distinguer au milieu du bruit confus résultant de leur superposition, il fallait que des personnes différentes, en faisant une attention spéciale à chacune des phrases inscrites, pussent les séparer et en comprendre le sens. On a pu même superposer des airs chantés aux phrases prononcées, et la séparation devenait même dans ce cas plus facile.

Il y a plusieurs modèles de phonographes. Celui que nous avons représenté hg. 66, est le modèle qui a servi pour les expériences publiques; mais il est un modèle plus petit que l'on vend principalement aux amateurs, et dans lequel le cylindre, beaucoup moins long, sert à la fois d'enregistreur et de volant. Cet appareil donne de très-bons résultats, mais il ne peut enregistrer que des phrases courtes. Dans ce modèle, comme du reste dans l'autre, on peut rendre l'enregistration de la parole beaucoup plus facile en adap-

ODS l.E rHOiNOGUAl'IlE.

tant dans rembouchure nn petit cornet en forme de porle-voix allongé; les vibrations de l'air sont alor§ pins coiicenlrées snr la lame vibrante et agissent jUns vigonrensenient. 11 parait anssi que Tappareil gagne à avoir nne lame vibrante peu épaisse, et l'on areconmi qu'on pouvait adapter directement la pointe traçante sur la lame.

Je ne parlerai pas d'une manière spéciale du phonographe à mouvement d'horlogerie. C'est un appareil exactement semblable à celui de la fig. (>6, seulement il est monté sur nne table spéciale un peu haute de pieds pour donner au poids du mouvement d'horlogerie une course suffisante; le mécanisme est adapté direclement snr l'axe du cylindre au lieu et place de la manivelle, el il est régularisé par un volant à ailettes. Celui qu'on a adopté est un volant d'un sysiéme anglais; mais nous croyons que le régulateur à ailettes de M. Villarceau serait préférable.

Connue le raccordement des feuilles d'étain sur nn cylindre est toujours délicat à eflectuer, M. Edison a cherché à obtenir les traces de la feuille d'étain sur une surface plane, el il a oblenn ce résultat de la manière la plus heureuse, au moyen de la disposition que nous représentons ûg. 69. Dans ce nouveau modèle, la plaque sur laquelle doit être appliquée la tenille d'élain ou de cuivre est creusée d'une rainure hélicoïdale en limaçon, dont un bout correspond au centre de la plaque et l'autre bout aux côtés extérieurs, et cette plaque est mise en mouvement par un fort mécanisme d'horlogerie dont la vitesse est régularisée proportionnellement à l'allongement des spires de l'hélice. Au-dessus de cette plaque est placée la lame vibrante, qui est d'ailleurs disposée comme dans le premier

LE l'nONOdUAPIlK. ^ÎM)

appareil, ctdonlla pointe traçante peut, par suite d'un mouvement de translation comnnuiiciué au système, suivre la rainure en liinaçoa depuis le eeulic de h\ plaque jusqu'à sa circonl'éience. Enfin quatre poiuls de repère periuetlent déplacer toujouis el sans làloiinements la feuille d'étain dans la véritable position qu'elle doit avoir. La figure 70 montie rominent cette feuille peut être retirée de Tapparcil.

11 ne faudrait pas croire que toutes les feuilles

Fi-, ny.

d'étain employées pour les enregistrations phonographiques soient également bonnes, il faut que ces feuilles contiennent une certaine quantité de plomb et présentent une certaine épaisseur. Les feuilles d'étain qui enveloppent le cbocolat, et môme toutes celles que l'on trouve en France, sont trop riclies en élain et trop minces pour donner de bons résultats, et M. Puskas a été obligé d'en faire venir d'Amérique pour continuer à Paris ses expériences. Jusqu'ici les proportions de plomb et d'étain n'ont pas encore été bien définies, et

c'est l'expérience qui permet de décider le choix des feuilles ; mais quand le phonographe sera plus répandu, il faudra évidemment que ce travail soit effectué, et cela sera facile en analysant la composition des feuilles qui auront fourni les meilleurs résultats. La disposition de la pointe traçante est aussi une

Fig. 70.

question très-importante pour le bon fonctionnement d'un phonographe. Elle doit être très-ténue et trèscourte (un millimètre de longueur tout au plus), afin qu'elle puisse enregistrer nettement les vibrations les plus minimes de la lame vibrante sans se courber et vibrer dans un autre sens que le sens normal au cylindre, ce qui pourrait arriver si elle était longue,

LE PHO.NOGRAPHE. 501

en raison des froltemenls inégaux exercés sur la feuille d'étain. 11 a fallu aussi la construire avec un métal ne pouvant facilement provoquer des déchirures sur la feuille métallique. Le fer a paru réunir le mieux les conditions voulues.

Le phonographe n'est du reste qu'à son début, et il est probable que d'ici à peu de temps, il pourra être dans des conditions convenables pour enregistrer la parole sans qu'on ait besoin de parler dans une embouchure. S'il faut en croire les journaux, M. Edison aurait déjà trouvé le moyen de recueillir sans le secours d'un tuyau acoustique, les sons émis à une distance de 5 à 4 pieds de l'appareil et de les imprimer sur une feuille métallique. De là à inscrire sur l'appareil un discours prononcé dans une grande salle, à une distance quelconque du phonographe, il n'y a qu'un pas, et si ce pas est fait, ce qui est probable, la phonographie pourra avantageusement remplacer la sténographie.

Nous publions dans la note ci-dessous les instructions que M. Roosevelt le vendeur de ces machines, donne aux acquéreurs pour les initier à la manœuvre de l'appareil ^

^ JN'e jamais établir le contact enlre le stylet et le cylindre avant que celui-ci soit recouvert de la feuille d'étain.

>'e commencer à tourner le cylindre qu'après s'être assuré que tout est en place. Avoir toujours soin, en faisant revenir le stylet au point de départ, de ramener l'embouchure en avant.

Laisser toujours une marge de 5 à 10 millimètres à la gauche et au commencement de la feuille d'étnin, car si le slylet décrivait la courbe sur le bord extrême du cylindre, il pourrait déchirer le papier ou sortir de la rainure.

Avoir soin de ne pas détacher le ressort du coussin en caoutchouc.

Pour placer la feuille d'étain sur le cylindre, enduire l'extrémité de la feuille avec du vernis au moyen d'un pinceau, prendre cette extrémité entre le pouce et l'index de la main gauche, le côté gommé vers

502 LE PllONOGIlAriIE.

Considérations théoriques — Bien qiie les explications que nous avons données précédemment soient

le cylindre, la relever avec la main droite et la tendre fortement en l'appliquant contre le cylindre de l'açon à bien lisser le papier; appli- (|iier alors le bout gommé sur l'autre extrémité et les réunir forte ment.

Pour ajuster le stylet et le placer au centre delà rainure, ramener le cylindre vers la droite alin de mettre le stylet en face de l'extrémité gauche de la feuille de métal, faire avancer doucement et peu à peu le cylindre jusquà ce que le stylet touche la feuille d'étain avec assez de force ponr y laisser une trace.

Observer si cette trace est bien au centre de la rainure (pour cehi avec l'ongle rayer en travers k cyUndre), sinon, ajuster le stylet à gauche ou à droite au moyen de la petite vis placée au haut de l'embouchure.

La meilleure profondeur à donner à la trace du stylet est de 1,5 de millimèlre, c'est-<à-diro juste assez pour que le stylet, quelle que soit l'ampleur des vibrations de la plaque, laisse toujours une légère trace sur la feuille.

Pour reproduire les mots, faire en sorte de tourner la manivelle avec la même vitesse que lors de l'inscription; la vitesse moyenne doit être de 80 tours par minute.

Pour parler dons l'appareil, appuyer la bouche contre l'embouchure; les sons gutturaux ou la voix de poitrine se gravent mieux que la voix de fausset.

Pour reproduire les sons, desserrer la vis de pression et ramener en avant reinbouchure : faire revenir le cylindre au point de départ, rétablir le contact entre la pointe du stylet et la feuille, faire tourner de nouveau le cylindre dans le même sens que lors({Lic la phrase a été prononcée.

Pour augmenter le volume du son restitué : appliquer sur l'embouchure un cornet en carton, en bois ou eu corne, de forme conique dont l'extrémité inférieure sera un peu plus large que l'ouverture placée devant la plaque vibrante.

Le stylet est fait d'une aiguille \r 9 un peu aplatie sur les deux côtés par frottement sur une pierre huilée. 11 est facile de construire un stylet; d'ailleurs la maison en a de rechange à la disposition de ses clients.

Le coussin de caoutchouc qui réunit la plaque au ressort sert à atténuer les vibrations de la plaque.

Dans le cas où ce coussin viendrait à se détacher: chauffer la tête d'un petit clou, l'appuyer sur la cire qui colle le coussin à la plaque ou au ressort jusqu'à ce que cette cire soit amollie, et alors, après avoir retiré le clou, i)resser légèrement le caoutchouc sur la partie décollée

LE PIIOM.GUAI'IIE. ZDÔ

suffisantes pour faire comprendre les effets du phonographe, il est une question curieuse qui ne laisse pas que d'étonner beaucoup les physiciens, c'est celleci : Comment se fait-il que des gaufrages effectués sur une surface aussi peu résistante que Tétain, puissent en repassant sous la pointe traçante qui présente une rigidité relativement grande, déterminer de sa part un mouvement vibratoire sans se trouver complètement écrasés? A cela nous répondrons qu'en raison de l'extrême rapidité du passage de ces traces devant la pointe, il se développe des effets de force vive qui n'agissent que localement, et que, dans ces conditions, les corps mous peuvent exercer des effets mécaniques aussi énergiques que les corps durs. Qui ne se rappelle cette curieuse expérience relatée tant de fois dans les traités de physique, d'une planche percée par une chandelle servant de balle à un fusil. Qui ne se rappelle les accidents produits à diverses reprises par

jusqu'à ce que, étant rclroidio, la cire lasse adhérer le coussin à la plaque ou au resort.

AvoIj- soin de renouveler de temps à autre ces coussins qui, par l'usage, perdent de leur élasticité.

En les remplaçant: faire attention à ne pas abimer la plaque vibrante, soit par une pression trop forte, soit par une éraflure avec l'instrument qui servira à maintenir le coussin.

Commencer les expériences par des mots isolés ou par des phrases très-courtes : les augmenter au fur et à mesure que l'oreille s'habitue au timbre particulier de l'appareil.

Varier les intonations et faire reproduire les phrases ou les airs sur des tons différents en accélérant ou en ralentissant le mouvement de rotation du cylindre.

Imiter les cris d'animaux (coq, poule, chien, chat, etc.)

Faire jouer dans l'embouchure devant laquelle on aura au préalable placé un cornet en carton, des instruments en cuivre.

Autant que possible jouer des airs sur mesure rapide, leur reproduction parfaite, sans mouvement d'horlogerie, étant plus facile à obtenir que celle des airs lents.

des bourres de papier projetées par les armes à feu ? Dans ces conditions, le mouvement communiqué aux molécules qui reçoivent le choc n'ayant pas le temps d'être transmis à toute la masse du corps auquel elles appartiennent, ces molécules sont obligées de s'en séparer ou tout au moins de déterminer, quand le corps est susceptible de vibrer, un centre de vibration qui, propageant ensuite des ondes sur toute sa surface, détermine les sons.

Plusieurs savants, entre autres MM. Preece et Mayer, ont cherché à étudier avec soin la forme des gaufrages laissés par la voix sur la lame d'étain du phonographe, et ont reconnu que ces formes ressemblaient beaucoup à celles des flammes chaulantes si bien dessinées avec les appareils de M. Kœnig. Voici ce que dit à cet égard M. Mayer dans le Popular Science Montlhy d'avril 1878 :

« Par la méthode suivante, j'ai pu parvenir à reproduire sur du verre enfumé, de magnifiques traces montrant le profil des vibrations sonores enregistrées sur la feuille d'étain avec leurs différentes sinuosités. J'adapte pour cela au ressort supportant la pointe traçante du phonographe, une tige longue et légère terminée par une pointe qui appuie de côté sur la lame de verre enfumée, et qui peut, par suite de la position verticale de celle-ci et d'un mouvement qui lui est communiqué, déterminer des traces sinusoïdes. Par cette disposition, on obtient donc simultanément, quand le phonographe est mis en action, deux systèmes de traces dont les unes sont le profil des autres. « L'instrument a été en ma possession pendant si peu de temps que je n'ai pu faire autant d'expériences que je l'aurais voulu; mais j'ai néanmoins pu

étudier quelques^urres àè èes boûHjesy et il: «l'a semblé que les contours enregistrés avaient, pour un même son, une grande ressemblance avee- ceux des flammes chantantes de Kœnig.'^^nîBnp i;i .^im'Mnlo:

« La figure 71 représente les traces correspondantes au son de la lettre A prononcerai dans les trois systèmes d'enregistration. Celles qui correspondent à la ligne A sonlla reproduction agrandie des Iraces laissées sur la feuille d'élain ; celles qui correspondent à la ligne B, en représentent les profils sur la feuille de verre noiilci.i Enfin celles qui correspondent à

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la ligne C

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montrent les contours des flammes chanitaïïtes dè'^K^-s nig, quand le même son^ est produit /r^s-/jr^é?' "dkî la* membrane de l'enregistreur. Je dis irès-prè.^ avec' intention, car la forme des traces produiles par 'Une pointe attachée à une membrane vibrante son&'l'iiï-flucrice de sons composés, dépend delà di&tance'^sè'pa^rantla membrane de la source du son, et rôn^petit-Ob-; tenir une infinité de traces tk forme différente en Vft-* riant cette distance. 11 arrive, en effet, qu'en augmëiUi tant cette distance, les ondes sonores résultant to sons composés réagissent sur la membrane à difiéreflH tes époques de leur émission. Par exemple, si le son

506 LE PHO^'OGRAPllE. ,

composé est formé de six harmoniques, le déplacement de la source des vibrations de V4 ^e longueur d'onde de la première harmonique, éloignera la seconde, la troisième, la quatrième, la cinquième et la sixième harmonique de V',, %, 1 , 1 V^, 1 V, de longueur d'onde, et par conséquent les contours résullant de la comhinaison de ces ondes, ne pourront plus être les ménnes qu'avant le déplnccment de la source sonor^-, quoique la sensation des sons reste la même, dans les deux cas. Ce principe a été parfaitement démontré au moyen de Tapparcil de Kœnig, en allongeant et en raccouicissant un tube extensible interposé entre le résonateur et la membrane vibrante placée près de la flamme, et il explique le désaccord qui s'est produit entre dilférents physiciens sur la composilion des sons vocaux, quand ils les ont analysés au moyen des flammes chantantes.

« Ces faits nous démontrent, d'un autre côté, qu'il n'y a pas lieu d'espérer que l'on puisse lire les impressions et les traces du phonographe, car ces traces varient non-seulement avec la nature des voix, mais encore avec les moments différents d'émission des harmoniques de ces voix et avec les différences rela^ tives des intensités de ces harmoniques. »

Nous reproduisons néanmoins, fig. 72, des traces extrêmement curieuses que nous a communiquées M. Blake, et qui représentent les vibrations déterminées par les mots : Broivn universihj ; how do you do. Elles ont été photographiées sous l'influence d'un index adapté à une lame vibrante et illuminé par un pinceau de lumière. Le mot hoiv est surtout remarquable par les formes combinées des inflexions des vibrations.

Des expériences récentes semblent montrer que plus

J.l 'PIIONOCIl.vrMIE-. 507

la membrane vîJjrai^te d'un phonegr^àplic se rapproche comme construdtïOn de celle de f oreille humaine, et mieux elle répète et enregisti^ les vibrations sonores ; olle devrait, en quelque sorte, être tendue à la manière de la membrane tympanique par l'os du marteau et

surtout en avoir la forme, car les vibrations aériennes s'effectueraient alors beaucoup mieux.

• Suivant M. Edison, la grandeur du trou de l'embouchure influe beaucoup sur la netteté de l'articulation de la parole. Quand les mots sont prononcés devant toute la surface du diaphragme, le sifflement de certains sons est perdu. Au contraire, il est renforcé quand les sons n'arrivent à ce diaphragme qu'à travers un orifice étroit et dont les bords sont aigus. Si ce trou est pourvu de dentelures sur ses bords aplatis.

308 i.E l'JKt.NOGRAi'ilL.

les coiisomics sifflantes sont rendues plus clairement. La meilleure reproduction de la parole est obtenue quand rcmbouchure est recouverte avec des enveloppes plus ou moins épaisses disposées de manière à éteindre les sons provenant de la friction de la pointe traçante sur l'étain.

M. Hardy a, du reste, rendu l'enrojistrationdes traces du phonographe plus facile, en adapte^ nt dans le trou de Tembouchure de l'appareil, un petit cornet d'ébonite formant comme une embouchure d'instrument à vent.

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