‹ Le taensa a-t-il été forgé de toutes pièces? Réponse à M. Daniel G. Brinton, A.M., M.DChapitre 2 sur 16 · LES QUES · texte numérisé non relu

LES QUES

bonne foi et sur sa demande ‘que j'ai remis mon propre manuscrit à M. Adam. Ma part à la publication est telle qu'il ne m'en reste aucune responsabilité, M. Adam ayant sé de toute sa liberté dans cette affaire pour corriger et remanier.

» Une fois l'affaire terminée, je n’ai pas gardé les papiers sur lesquels j'avais travaillé. Ceux que jai écrits de ma main ont été brûlés comme inutiles désormais, sauf ce qu'a gardé M. Adam; ceux de mon aïeul sont revenus à ma famille. Je ne les ai pas eus sous les yeux depuis l'hiver de 1882-83, ne m étant trouvé à Plombières qu’à de rares intervalles. [ls ont di être, avec d’autres papiers, changés de lieu à diverses reprises, et il n’est nullement surprenant qu’on ne puisse à l'instant mettre la main dessus. »

M. J. Parisot est bien maladroit!

Ainsi, il oublie qu'avant d’entrer en relation avec moi, il avait de son propre mouvement publié, dans la Revue de linguistique (t. XIII, 15 avril 1880, p. 167-86) une courte grammaire du taensa et quelques textes avec traduction. En présentant ce travail aux lecteurs de la Revue, M. Julien Vinson disait : « La langue des Taensas est peu connue, aussi avons-nous accueilli avec empressement les documents que nous offrait M. Parisot et qu'il a bien voulu extraire pour nous de manuscrits conservés dans sa famille. »

Vous voudrez bien noter, Monsieur, cette double circonstance, que M. Parisot avait dès 1880 fait connaître le gros de la grammaire taensa et que son travail a été inséré dans la Revue, sans qu’au préalable les manuscrits conservés dans sa famille aient été communiqués à la rédaction.

Les Notes sur la lanoue des Taensas avaient échappé à mon attention, quand, en mai 1882, je recus d’'Epinal une plaquette ayant pour titre : Cancionero americano et ne portant aucun autre nom que celui de M. Fricotel, imprimeur. C'était le texte des sept chansons publiées sous ce même titre dans notre Grammaire (p. 57-71). M. Fricotel, à qui je demandai d’où lui étaient venus ces textes publiés Sans traduction dans une langue inconnue, m'informa .que l’impression avait été faite pour le compte de M. Parisot de Plombières, élève au Grand-Séminaire de Saint-Dié.

= 9 — Après avoir cherché à me renseigner sur la nation des Taensas, je m’adressai à mon ami, M. Ch. Leclerc, qui me renvoya au tome XIII de la Revue.

M. Parisot, alors âgé dé 19 à 20 ans, vint chez moi dans le courant du mois de juillet, et il me dit exactement ..... ce quil a dit au public dans l'Avertissement signé de lui. Il ose aujourd’hui prétendre qu’a son insu j'aurais glissé dans cet Avertissement des renseignements inexacts, qu'il ne m'avait pas dit « que les manuscrits fussent en espagnol » et que « cela ne se rapporte qu’à une partie des textes écrits dans une orthographe différente! » J’oppose à ces allégations le démenti le plus formel. Oui, j'ai remanié la préface dont le français et le style étaient des plus défectueux. Mais, est-il admissible qu’il me soit venu à l’esprit de modifier le fond en quoi que ce fût et notamment de faire dire à l’auteur, qui allait voir les épreuves et donner le bon à tirer, que les documents transcrits par son aïeul étaient rédigés en langue espagnole? Car, M. J. Parisot a corrigé les épreuves de l'Avertissement et il à donné le bon à tirer, ainsi qu’au besoin, M. Crépin- Leblond, notre imprimeur, pourra lattester.

M. Parisot nie avoir compulsé la Bibliotheca americana de M. Ch. Leclerc. En soi, la mention de cet ouvrage, que M. Parisot a vu entre mes mains, est un détail sans grande importance. Toutefois, quand on rapproche de cette dénégation l’assertion suivante : « Avant qu’il ne fût question de Pimpression du livre, j’étais peu au courant des travaux américanistes, je n’en ai eu connaissance qu’au moment de la publication, » il apparaît que sa mémoire est aussi mauvaise que celle de M. le Supérieur du Grand-Séminaire de Saint-Dié. En effet, dans ses Notes sur la langue des Taensas (avril 1880), le jeune auteur fait montre de son savoir américaniste en comparant « le tansa aux autres langues de l'Amérique du Nord », notamment au natchez, au dakota, au mexicain, à l’algonquin et à l’iroquois, savoir assez mince, il est vrai, mais qui atteste quelque connaissance des travaux américanistes les plus récents.

Après avoir affirmé que j'ai remanié en entier l'ouvrage, M. Parisot tire prestement son épingle du jeu. « Ma part

Page 1