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à la publication est telle qu’il ne m'en reste aucune responsabilité ! » Dans sa lettre du 19 mai, il n’avait pas encore séparé sa cause de la mienne. « Ni vous ni moi, disait-il, ne pouvons répondre des inexactitudes bien explicables du travail d’ailleurs incomplet de mon aïeul. » C'était alors la faute à grand-papa! Je déclare l’excuse pitoyable et j'insiste sur la nécessité que le manuscrit soit produit au grand jour, aussitôt on me répond : Vous avez remanié l’ouvrage en entier, je me lave les mains de cette affaire,
La loyauté avec laquelle je vous fournis des arguments en apparence favorables à la thèse de la « déception, » n’est point un procédé au moyen duquel je me propose de décliner la très grosse part de responsabilité qui m’incombe. Vous en serez convaincu quand j’aborderai la question capitale qui est de savoir si la langue dont nous avons publié la grammaire a été forgée de toutes pièces, soit par M. J. Parisot, soit par feu M. Haumonté, soit par n'importe qui.
Mais j'entends ramener à l’exacte vérité l’assertion de M. Parisot : que j’aurais remanié en entier son travail. En ce qui concerne la grammaire, j'ai eu à faire de nombreuses corrections toutes de forme, et je déclare n’avoir pas été assez sévère particulièrement dans les premiers chapitres. Quant au fond, je n’y ai pas touché, et si j’ai conseillé la supression de certains passages « dans lesquels l’auteur s'était laissé aller à développer, sans profit pour la science, de minces incidents grammaticaux, » soyez assuré, Monsieur, que ces développements étaient l’œuvre personnelle de M. Parisot, qu’ils n’offraient aucun intérêt et qu’il convenait de les supprimer. Aujourd’hui, néanmoins, je regrette d’avoir fait cet élagage : si j'avais imprimé tel quel le travail de M. Parisot, je n’aurais pas à démontrer que la création du taensa était au-dessus de ses forces.
J'ai également remanié la traduction et le commentaire des textes, mais j'ai accompli cette besogne en linguiste, m'attachant à vérifier les données de la grammaire et du lexique, sans me préocupper de la valeur ethnographique ou littéraire de documents dans lesquels je ne voyais que des Sprachproben. Je compléterai tout à l'heure mes explications au sujet des textes.
TORRENT RM OCEN CIE
M. Parisot m'a adressé directement une seconde note dans laquelle il donne sur les manuscrts de son aïeul des renseignements plus précis que les précédents :
« Il est extrêmement regrettable que je ne puisse pas vous procurer ce que vous demandez. Les papiers dont vous désirez avoir communication étaient, comme jai eu l'honneur de vous le dire, retournés à ma famille dès l’hiver de 1882, alors que s’achevait la publication du livre, de sorte que je ne pus — à votre demande de les avoir pour les décrire — vous les faire parvenir assez promptement; pour ne pas attendre, on passa outre et on acheva l'impression de l’ouvrage. Le livre terminé, je n’eus plus besoin de ces documents, et depuis cette époque, je ne les ai pas revus; je ne m'en suis plus occupé. Et parce que depuis bien des années, je n’ai séjourné qu’à de rares intervalles et toujours pour peu de temps dans mon pays, je n'ai pu, il y a quatre semaines, vous répondre autre chose, sinon que je les ai perdus de vue il y a plus de trois ans, et que ne les possédant pas, je ne pouvais vous les livrer. Aux demandes qui me sont arrivées ces derniers jours, je n’ai pas pu donner des indications assez précises pour aider beaucoup aux recherches qui se font en mon absence, sur vos instances, et il ne m'est pas possible présentement d’aller les faire moi-même.
» Je crois bien, en effet, avoir conservé ces pièces et ne pas les avoir détruites comme j'ai fait des autres papiers que j'avais écrits relativement à ce travail. Revenues à ma famille à l’époque susdite, elles ont été, avec bien d’autres pièces imprimées ou manuscrites plus ou moins importantes, déplacées à plusieurs reprises, et il n'y a pas à s'étonner de ce qu’on n'ait pu les trouver, ni de ce qu'ait été émise l'opinion qu’elles peuvent être égarées. Vous comprendrez d’après cela comment il se fait que nous ne vous ayons pas communiqué ces papiers.
» Maintenant, pour déterminer la part de responsabilité qui revient à chacun, permettez-moï de vous rappeler en détail la suite de nos relations au sujet de ce livre. C'est dans le courant de l’année 1879, si mes souvenirs sont fidèles, que je mis la main sur ces papiers. Une bonne