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pattie, je vous l'ai dit déja, était en feuilles séparées, surtout ce qui composait le vocabulaire; le reste était réuni et le tout formait un cahier d’une épaisseur plus considérable. Le travail dont je m’occupai dans les mois suivants ne pouvait être que de peu de valeur, la notice de la Revue de linguistique de mars 80 vous le montre. Après plus d’un an d'interruption, je me remis à l’examen, puis à la description du document. À ce moment, sept des onze textes furent imprimés à part, en dix pages de petit format et à très peu d'exemplaires. Deux mois après, vers le milieu de juin, je reçus de vous une première lettre. Ayant eu connaissance de l’imprimé, vous m'interrogiez au sujet de cette langue; vous me dites ensuite que ces documents pourraient prendre place dans la Collection linguistique américaine.
» Sans vouloir m’engager, j’acceptai conditionnellement, et lorsque je me rendis près de vous en juillet, rien encore ne fut conclu. Ma famille n’avait pas d’abord songé à la publication, mais vous-même vous chargeant de diriger l'impression de l'ouvrage, il vous fut remis sans condition dans les derniers mois de cette année. Comme vous le savez, ce que je vous envoyais n’était pas la simple copie des documents en notre possession, mais la copie telle que je l'avais coordonnée et travaillée à plusieurs reprises. J'avouerai que, peu au courant des travaux américanistes, j'ai donné lieu, par ce qui est mon travail personnel, à des erreurs, par exemple dans les développements grammaticaux tels que ceux que vous avez supprimés ou corrigès. Vous avez été libre, l’espace de cinq mois, de remanier de notre consentement et retoucher à votre gré ce travail, tant la grammaire que le vocabulaire et la traduction des textes, du reste exactement reproduits; j'aime mieux que tout vous soit ainsi passé par les mains, je n'aurais eu ni la science ni l’expérience nécessaires pour cette œuvre, qui, si j'avais été laissé à moi-même, n’aurait probablement pas été éditée. ;
» Le vocabulaire n’existait que d’une façon incomplète, sous la forme de suites de mots par ordre de matières , plusieurs non traduits, d’autres improprement rendus ; j’ai
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eu à le ranger suivant l’alphabet en le complétant de tous les mots que je trouvais dans la grammaire. Cette partie était rédigée beaucoup plus brièvement : on n’accusera que moi des inexactitudes qui-existaient nécessairement dans le travail que je vous ai confié et que vous avez bien voulu refaire en entier en l’améliorant. — Les textes étaient de deux sortes : les quatre premiers, de la même orthographe que le reste du document, et parmi ceux-ci, les deux derniers traduits avec quelques indications grammaticales ; les sept autres d’une orthographe et d’une écriture différentes, avec le 8, l’à et la jota espagnole, etc., formant un fascicule distinct, et à la suite plusieurs mots, introduits par moi au vocabulaire, exprimés en espagnol, enfin quelques notes qui ont constitué les paragraphes de la grammaire traitant de la dérivation verbale et de la dérivation nominale par sufhixes. C’est donc à cette partie seulement que se rapporte l’assertion de la préface : que ces documents transcrits par mon aïeul ont été traduits par moi. Cette assertion n’est pas mienne, car je n'avais pas composé la préface en ces termes. Ma faute ici a été de ne pas rectifier une inexactitude de termes qui ne provient pas de ma rédaction.
» Quelle à été la part de mon aïeul? Est-ce un travail personnel ou une copie? Quelle importance y attachait-il ? Je l’ignore : il semble seulement qu’il aura négligé de bonne heure cette occupation. Quelle que soit la valeur de ce travail, je vous avais confié mes copies de bonne foi et sur votre demande. Vous avez pu, avant tout engagement, examiner, remanier librement. Je comprends la gravité des accusations de M. Brinton, mais je n'étais pas à même d'éviter les erreurs où m’ont mis les documents dont je me servais et que j’abandonnais d’ailleurs entièrement à votre appréciation.
» Voilà, Monsieur, les renseignements que je puis vous fournir avec le récit non dénaturé des faits. Je désire que mes explications vous soient satisfaisantes, et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations empressées.
» J. PARISOT
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Non, l’auteur de cette note n’a pas forgé de toutes pièces la langue taensa, et j'incline à penser qu'il se trompe de bonne foi au sujet de ce qu'il persiste à considérer comme ayant été de ma part une erreur. Il reconnaît que le renseignement n'a point été glisse 4 son insu dans l’Avertissement, et il s’impute à faute de n'avoir pas rectifié une inexactitude de termes ne provenant pas, croit-il, de sa rédaction. Il se peut qu’en 1882, M. Parisot, dont le style manque aujourd'hui encore de plusieurs qualités, n’ait pas voulu dire que les manuscrits étaient rédigés en langue espagnole; mais j'affirme qu’il l’avait écrit ou plutôt qu’il avait écrit de telle sorte que je ne pouvais pas lire autre chose que ce que j'ai lu. L’inexactitude provient donc de sa rédaction, et l’ayant aperçue, il devait s’empresser de la rectifier. Mais, veut-il dire que son tort a été de ne pas opérer la rectification ou bien que sa faute a consisté à n'avoir pas remarqué ladite inexactitude, parce qu’il n’aurait pas lu les épreuves avec assez de soin ? Je ne sais.
M. Parisot reconnaît également que je lui avais demandé la communication des manuscrits, et il explique assez confusément d’ailleurs que ces documents se trouvant alors à Plombières, il n’a pas pu satisfaire à mon désir, retenu qu'il était à Saint-Dié. Ma mémoire de quinquagénaire n'est pas assez sûre pour que je contredise sur ce point M. Parisot, et je dois à la vérité de déclarer que, n’ayant aucun soupçon, je n'ai pas insisté. Je crois, cependant, avoir demandé les manuscrits, moins pour les décrire que pour vérifier la signification donnée en langue espagnole à quelques noms taensas.
Vous objecterez peut-être, Monsieur, qu’il eût été préférable de publier les manuscrits eux-mêmes. J'en tombe d'accord ; mais M. Parisot entendait publier son travail à lui, ayant été à la peine il voulait être à l’honneur. J’aurais eu mauvaise grâce à prétendre qu’il en serait autrement, et le jeune auteur eût rejeté bien loin une proposition tendant à le dépouiller d’un droit acquis.
Je prévois une autre objection. Comment, direz-vous, ai-je pu me fier à la sagacité linguistique d’un tout jeune homme dont le travail trahissait l’inexpérience ? Parce
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