sieou fong „Pic d’une beauté unique
30- ^ -f - Ü K'ong tseii miao „Temple de Confucius.” — Ce n’est que pendant la période wan-li (1573 — 1619) de la dynastie Ming, que les lettrés s’avisèrent d’édifier un temple de Confucius sur le T'ai chan ; ce temple fut reconstruit en 1714. Il est de dimensions restreintes; le seul intérêt qu’il présente est que Confucius et ses quatre assistants ( l 'en tsen, Tseng tseu, Tseu-ssen et Mong tseu) y sont représentés, non par des tablettes, comme dans la plupart des temples de Confucius, mais par des statues, comme dans le grand temple de K'in-feon hien. La fig. 18 montre au premier plan ce temple vu par derrière. — (A, X, 8 r° — 13 r°; C, VIII, 13 r°).
31. ^ ^ ^ Wang woîi tsi „Emplacement d’où (Confucius) vit de loin le pays de ÏITn.” — Devant le temple de Confucius, un gouverneur du Chan-tong nommé Li Chou-fô éleva en 1757 un arc de triomphe, aujourd’hui disparu, pour signaler l’endroit où la tradition voulait que Confucius, accompagné de son disciple] Yen Houei, eûtjjaperçu du sommet du Tai chan un cheval blanc attaché à la porte de la capitale du pays de Woti. — Nous avons déjà rapporté cette anecdote (voyez plus haut, p. 47); mais il en est d’autres qui associent aussi les noms de Confucius et du T'ai chan; c’est ainsi que, dans le chapitre T'an hong du Li ki, nous lisons: „Confucius, longeant le mont T'ai, entendit une femme pleurer et gémir amèrement auprès de sépultures. Les mains
appuyées sur la barre transversale de sa voiture, il salua et prêta l’oreille. Il envoya Tseu-loii dire à cette femme : „ Madame, vous pleurez tout-à-fait comme une personne qui éprouve un grand chagrin.” „Oui, répondit elle. D’abord le père de mon mari a été dévoré par un tigre; puis mon mari a péri de même ; dernièrement mon fils a eu le même sort.” „Pourquoi ne quittez-vous pas ce pays?” demanda Confucius. Elle répondit: „C’est que le gouvernement ne vexe pas le peuple.” „Mes chers enfants, dit le Maître à ses disciples, n’oubliez pas cette parole. Un gouvernement tyrannique est plus cruel (et plus redouté) que les tigres (trad. Couvreur, Les quatre livres, p. 243).” Si ce texte doit être considéré comme relatant un fait authentique, il prouverait que, vers l’an 500 avant notre ère, la région du T'ai clian était infestée de tigres. — Dans le chapitre t'ien jouei ^ du volume qui porte le nom de Lie tseu, nous trouvons un autre récit qui n’est pas moins célèbre, car la scène qu’il raconte a été souvent figurée sur des miroirs métalliques *) : „Confucius se promenait auprès du T'ai chan lorsqu’il aperçut Yong K'i-k'i qui errait dans la région de Tch'eng (à 50 li au N. O. de la sous-préfecture actuelle de Sseu-chouei) ; vêtu d’une peau de cerf et ayant une corde pour ceinture, il chantait en jouant du luth. Confucius lui demanda: „Maître, quelle est la cause de votre joie?” Il répondit: „Les causes de ma joie sont fort nombreuses. Quand le Ciel a produit la multitude des êtres, c’est l’homme qui fut le plus noble de tous; or j’ai obtenu d’être un homme; telle est ma première cause de joie. Dans la distinction qui existe entre l’homme et la femme, c’est l’homme qui a la place d’honneur, et la femme qui tient le rang inférieur; or j’ai obtenu d’être un homme mâle, telle
i) Voyez le miroir reproduit dans le Kin che sono (page 60 r° du fascicule consacré aux miroirs) et le fragment de miroir, avec inscription en turc altaïque, qui provient de Minousinsk {Inscriptions dt l' lénisséi, pl. XXXIX).
est ma seconde cause de joie. Parmi les hommes qui viennent au monde, il en est qui ne voient pas le soleil et la lune (c. à. d. qui sont morts-nés), d’autres qui meurent avant même d’avoir quitté les langes; or j’ai déjà vécu quatre-vingt dix ans; telle est ma troisième cause de joie. La pauvreté est la condition habituelle des hommes; la mort est leur fin naturelle; puisque je suis dans cette condition habituelle et que j’aurai cette fin naturelle, pourquoi m’affiigerais-je?” Confucius dit: „Excellent est cet homme qui sait élargir ses pensées !”