W Ts'ing ti liong ^temple de l’Empereur vert
(C, VII, 34 v°). Ce dieu est celui dont „le prestige domine la région orientale” il fait partie du groupe
des cinq Empereurs qu’on a imaginés, en conformité avec la théorie des cinq éléments, comme correspondant respectivement aux quatre points cardinaux et au centre ; il semble cependant que l’Empereur vert soit bien antérieur à la systématisation des cinq Empereurs; on lui sacrifiait dès le septième siècle avant notre ère dans le pays de Ts'in ; c’est encore dans le pays de Ts'in qu’apparaissent, au cinquième siècle avant notre ère, le culte de l’Empereur jaune et celui de l’Empereur blanc'); ces cultes locaux de Ts'in furent accommodés à la théorie des cinq éléments au commencement de la dynastie des premiers par l’adjonction
i) Cf. Sscu-ma Ts'ien^ tiad. fr., t. III, p. 446, n. 4.
d’un cinquième Empereur qui fut l’Empereur noir. ’) — L’édifice consacré à l’Empereur vert au sommet du T'ai cJian n’offre aucun intérêt.
35- mm 'S Pi hia kong „Temple (de la princesse) des nuages colorés” (A, IX, 22 r°^ — 39 r°; B, X, 15 v° — 20 v°; C, VII, 30 r° — 34 r°; D, 19 r° — 20 r°). — Ce temple est le sanctuaire supérieur de la déesse ^ La dis-
position générale des bâtiments se laisse bien apercevoir sur notre carte (fig. i); la route qui mène au sommet de la montagne aboutit par une série d’escaliers (fig. 19) à une porte pratiquée à l’Est de l’enceinte du temple; elle ressort par une porte de l’Ouest après avoir passé entre la scène pour les représentations théâtrales à droite et les édifices religieu.x à gauche. Si nous franchissons le porche qui nous introduit dans la cour intérieure du temple, nous nous trouvons en précence d’un pavillon quadrangulaire à double toit recouvert de tuiles vernissées jaunes; il est ouvert par devant et laisse voir une statue de la déesse richement ornée; les pèlerins ne manquent pas' de se prosterner devant elle et de déposer leur offrande qu’un moine taoïste signale aussitôt en frappant un coup sur un bassin de fonte (voyez la fig. 24 dans l’ouvrage du p. Tschepe). Si on contourne ce pavillon, on arrive au grand bâtiment du fond qui est couvert en tuiles de cuivre; au centre, assise sur un siège dans une niche, se trouve la déesse qui a un miroir derrière la tête et qui porte un bonnet à franges; elle a dans ses mains l’insigne kouei ; à sa droite et à sa gauche deux assistantes tiennent, l’une le sceau, l’autre le décret, qui sont les emblèmes de l’autorité exercée par la déesse. Dans des niches semblables et dans des postures analogues sont, à l’Est, la dame des yeux Bit ^ et, à l’Ouest, la dame qui envoie les enfants ^ (cf. p. 32, lignes
i) Cf. Sscuma T s' ion trad. fr. t. III, p. 449.
1 1 et suiv.). Ces deux mêmes déesses secondaires
— üil# occupent respectivemement les bâtiments latéraux, couverts de tuiles de fer, situés à gauche et à droite du pavillon quadrangulaire qui est au milieu de la cour. En avant de ces bâtiments latéraux, deux pavillons abritent des stèles impériales.
Des deux côtés du pavillon quadrangulaire central, on remarquera deux petites stèles de bronze qui datent respectivement des années 1615 et 1625. Mais les inscriptions sont peu distinctes, car elles ont souffert de l’incendie qui détruisit le temple en 1740.
L’origine de ce sanctuaire remonte à l’époque de l’empereur Tchen tsong (998 — 1022) de la dynastie Song. Lorsque, en 1008, ce souverain eut célébré la cérémonie fong sur le T'ai chan, on découvrit, auprès d’un étang appelé depuis lors l’étang de la femme de jade S* , une statue de femme en pierre ; l’empereur ordonna qu’on la reproduisît en jade et il fit élever, à l’endroit même où était autrefois l’étang et où est aujourd’hui le temple, un sanctuaire portant le nom de Tchao tchen kouan flS & Il ; pendant la période hong-wou (1368 — 1398) des Ming, on répara ces bâtiments, on les agrandit et on leur donna le nom de Ling-ying kong
> pendant la période kia-tsing {1^22 — 1566), ce nom fut changé derechef en celui de Pi hia Imgyeou kong mmm
Pendant la période wan-li (1573 — 1616), l’empereur Chen tsong fit faire et placer dans le temple une statue de la déesse en bronze doré afin que cette oeuvre pie préservât sa mère de la cécité; c’est pour abriter cette statue que fut construit le pavillon K' in k'ine-^ PI ’ ^ l’endroit occupé aujourd’hui par le pavillon quadrangulaire au centre de la cour du temple. Le Tai lan (chap. IX, p. 22 v°) nous apprend que cette statue a été transportée au bas de la montagne et qu’elle se trouve maintenant à l’Est de la
colline Ch'ô-cJieou ; il est vraisemblable que c’est la belle statue qu’on peut voir dans la salle postérieure du temple Ling-ying (n° i66).
Le temple de la déesse au sommet du T'ai chan est resté le foyer d’attraction des grands pèlerinages qui montent chaque année à l’assaut de la montagne sainte ; les empereurs mêmes participent à cette dévotion populaire, et, depuis l’année 1759 jusqu’à nos jours, ç’a été la coutume constante qu’un envoyé impérial vienne, le dix-huitième jour du quatrième mois, apporter des offrandes à la princesse (D, 19 v°).
36. H ÿ 4; Keng yi t'ing „ Pavillon où on change de vêtements.” C’est l’endroit où l’empereur changeait de vêtements quand il venait sacrifier. Cette annexe du temple se présente au premier plan dans la fig. 20; la cour est toute encombrée des matériaux dont se servaient au moment de ma visite en 1907 les ouvriers occupés à la réfection du temple.