Ts'ing ti miao „Temple de l’Empereur
vert” (B, X, 13 r°). Les édifices qui s’élevaient autrefois ici ont dû être assez considérables; mais aujourd’hui il sont entièrement détruits; seul a subsisté le grand porche peint
Cil rouge dont on peut voir la reproduction sur la fig. 32. Il semble que le culte de l’Empereur vert au bas du
Fig. 32.
Temple de l’Empereur vert (N° 199).
T'ai chan soit ancien; en effet, en 595 p.C., l’empereur Kao tsou, de la dynastie Souei, qu’on avait sollicité de faire les sacrifices fong et chan, se borna à célébrer au pied du T'ai chan une cérémonie analogue à celle qui était de règle dans la banlieue méridionale de la capitale, et, en outre, sacrifia sur l’autel de l’Empereur vert {Souei chou, chap. VII, p. 7 v°); cet autel existait donc alors au bas de la montagne.
En l’année 1008, l’empereur Tchen-tsong, de la dynastie Song, considérant que la divinité qui préside à l’orient est le principe de toute vie, conféra à l’Empereur vert le titre de Empereur ') qui développe la vie ( Koiiang
0 L’expression est en réalité un titre dans la hiérarchie des
divinités taoïstes ; les sont au-dessus des m # qui sont eux-
mêmes au-dessus des (cf. T'oung pao^ 1908, p. 404 — 405).
cheng tt kiiin) ; le décret d’investiture fut gravé sur une stèle qui était dressée autrefois dans le temple même sur les débris duquel nous nous trouvons en ce moment ; la pierre a disparu, mais le texte de l’inscription nous a été conservé (B, XVI, 6 v°-7 r°) ; nous en donnons la traduction plus loin, dans le chapitre consacré à l’Epigraphie.
De l’emplacement du temple de l’Empereur vert, on aperçoit vers le Nord, les ruines du bâtiment appelé
200. a BR tIê Si yen koiiang tien „ Salle occidentale de la bonne vue”. A l’Ouest est une source dont l’eau est salutaire pour les yeux. Cf. n° 105.
Nous prendrons maintenant un petit chemin qui mène vers l’Ouest, et, par une vallée charmante de trembles jaseurs et de thuyas, nous arrivons au
201. ^ P' ou tchao sseu ^Temple de l’illumination universelle” (A, XV, 9 v°-i3 r°; B, X, 13 v°). Ce temple passe pour dater de l’époque des T'aîig-, il est du moins certain qu’il a été réparé sous la dynastie Kin, pendant la période ta-ting (1161 — 1190); c’est alors qu’il reçut le nom qu’il a conservé jusqu’à aujourd’hui. Des religieux éminents y habitèrent : le religieux Coréen Alan-k' ong (B, XIV, 39 r°) sous le règne de Yong-lo (1403^ — 1424) y mourut et on voit son stupa funéraire au Sud-Ouest du temple; au début du règne de K'ang-hi (1662 — 1722), le religieux Yuan-yu fut célèbre par ses talents littéraires dont il nous a laissé quelques spécimens gravés sur pierre. Ces saints hommes avaient fort bon goût et la retraite qu’ils s’étaient choisie est délicieuse ; les bâtiments de ce temple s’étagent sur la pente de la montagne; la cour la plus reculée renferme dans un de ses angles un magnifique pin aux branches tourmentées, dont on raconte qu’il fut planté à l’époque des six dynasties, c’est-à-dire du troisième au sixième siècles de notre ère; un pavillon carré qui occupe le milieu
de cette cour offre au visiteur des sièges frais d’où il peut contempler les grenadiers, les lauriers roses et les grêles bambous, cependant qu’à ses côtés de petits conifères centenaires atrophient leurs formes naines dans des pots à fleurs. Les statues du temple sont sans intérêt et, ni le Buddha et les arhats de la première salle, ni la Kouan-yin de la seconde n’offrent d’intérêt historique ou artistique.
Les Bouddhistes ne sont pas les seuls à avoir apprécié le charme de cette vallée ombreuse; quelques pas plus au Nord nous amèneront à l’endroit où les fameux lettrés de l’époque des So7ig tinrent, dans la première moitié du onzième siècle, leurs doctes entretiens. Le chef d’entre eux est Souen Fou, souvent désigné sous son appellation de Mùig-fou. If eut pour principal disciple Che Kie, appellation Cheou-tao, qui a fait de son maître un éloge dithyrambique dans une inscription de l’année 1040 dont le texte nous a été conservé, bien que la stèle soit aujourd’hui détruite '). Souen Fou est parfois appelé Souen T’ai chan ^ [Jj pareequ’il a enseigné au pied du T'ai chan et Che Kie est appelé Che Tsou-lai ^ ^ parce qu’il est né près de la montagne
Tsou-lai, au Sud de T’ai-ngan fou A ces deux personnages s’en adjoignit un troisième qui est devenu le plus célèbre de la compagnie parce que la tablette portant son nom a été officiellement admise dans les temples de Confucius; c’est le fameux Ifou Yuan, appellation Ngan-ting, qui vécut de 993 à 1059^). Ce Hou Yuan était fort épris de l’étude; on raconte de lui l’anecdote suivante: ayant un jour reçu une lettre d’un membre de sa famille, il aperçut, en la décachetant, les mots p'ing ngan qui sont le terme usuel
1) Le texte de cette inscription se trouve dans A, XV, 14 r°-i5 v°; C, VI, 28 v°-29 v°.
2) La biographie de Souen Fou et c.lle de Che Kie s; trouvent dans le chap. CCCCXXXIl du Song che.
3) Voyez Song che, chr -. CCCCXXXIl; Giles, Biog. Dict., n° 827 ; Watters, A guide to the tablets in a temple of Confucius, p. 116 — 117.
pour souhaiter à quelqu’un de vivre tranquille, c’est-à-dire de se bien porter et d’être heureux; indigné qu’on lui conseillât la tranquillité au moment où il était emporté par son ardeur au travail, Hou Yuan jeta la lettre dans un torrent en refusant de la lire ; une stèle indique encore aujourd’hui l’endroit où se trouvait le