‹ Le Tʾai chan; essai de monographie d'une culte chinoisChapitre 6 sur 109 · IVei p'ing fong „Pic formant écran · texte numérisé non relu

IVei p'ing fong „Pic formant écran

Won kouan fong „Sommet d’où on voit le pays de Won”. — D’après une tradition que rapporte Wang Tch'ong (27 — 97 p-C.) dans la section chou hiu (chap. IV) de son Louen hetig, Confucius était monté, avec Yen Yuan, sur le T'ai chayi; regardant du haut de la montagne vers le Sud-Est, Confucius aperçut un cheval blanc attaché à la porte Tch'ang de la capitale du pays de Wou; il appela auprès de lui Yen Yuan, et, lui indiquant ce qu’il voulait lui montrer, il lui demanda: „ Voyez-vous la porte Tch'ang de la capitale du pays de Wou?" „Je la vois,” répondit Yen Yuan. Confucius reprit: „Qu’y a-t-il en dehors de la porte?” L’autre répondit: „I1 y a quelque chose qui semble être un morceau de soie attaché.” Confucius toucha ses yeux et le fit voir d’une manière correcte. Mais, quand tous deux redescendirent, les cheveux de Yen Yuan étaient devenus blancs, ses dents étaient tombées et il mourut prématurément du trop grand effort qu’il s’était imposé. — Wang Tch'ong se gausse de cette anecdote et démontre surabondamment qu’il est absurde de prétendre voir du sommet du T'ai chan la capitale du pays de Wou qui était l’actuel Sou-tcheou fou, dans la province de Kiang-sou. Le rationnalisme moderne a essayé de répondre à ces objections en supposant qu’il y avait eu une erreur dans la manière dont on avait compris une tradition véridique; parvenu au sommet du T'ai chan, Confucius aurait vu la porte Hou qui était la porte orientale de la capitale du pays de Lou ; comme les sons des caractères ^ semblent, c’est le nom de cette porte de la capitale de Lou dont on aurait fait ensuite la porte de la capitale de Wou en écrivant ^ au lieu de ^ p^ (A, X, 8 r°).

hou et lüou se res-

Mais cette explication n’est guère satisfaisante, car, si la ville de K'iu-feou hien qui occupe actuellement l’emplacement de la capitale du pays de Lou, n’est distante que d’une forte journée de marche du T'ai chan, il n’en est pas moins vrai cependant que la montagne et la ville sont absolument invisibles l’une pour l’autre. Il ne reste donc qu’à accepter la tradition pour ce qu’elle est, c’est-à-dire pour une simple légende; il est vraisemblable que c’est cette dénomination de JFûu konan fong qui a donné naissance plus tard aux dénominations analogues de Ts'in kouan fong (n». 6) et de Tcheou kouan fong (n». lo).

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