‹ Le Tʾai chan; essai de monographie d'une culte chinoisChapitre 79 sur 109 · SIX · texte numérisé non relu

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les sortes d’êtres et produire la paix prospère, c’est là le principal devoir d’un souverain; observer les règles excellentes pour présenter (aux dieux) une absolue sincérité, monter sur le pic élevé pour (les) remercier des grâces parfaites qu’ils ont accordées, c’est là la glorieuse occupation de celui qui règne.

Si on remonte plus haut que l’époque (où) des cordes nouées (servaient d’écriture), c’est la confusion et personne ne sait rien ; c’est seulement ce qui nous a été conservé sur les tablettes et les fiches ') qui est clair et susceptible d’être examiné.

Il s’est constamment produit ceci ^) : tout d’abord il y a eu ouverture d’un courant de bonheur; puis il y a eu un accord continu et une prospérité accumulée; une heureuse destinée ayant été inaugurée pour longtèmps, a été un bienfait éternel pour les descendants. Alors on a pu faire le sacrifice suprême à l’Empereur d’en haut, recevoir en audience plénière tous les princes, suivre les traces lointaines des huit fois neuf^), satisfaire les sentiments joyeux de la multitude du peuple. C’est ainsi que, après que le

isong (976 — 997). Ce titre dont on vient de lire la traduction forme les deux premières lignes de l’inscription, mais en même temps, il est écrit en caractères tchouan sur le chapiteau qui domine le monument (fig. 26); sur la fig. 53, ce titre du chapiteau a été placé à droite de l’inscription pour des raisons de commodité typographique.

l) Le mot désigne les tablettes rectangulaires sur chacune desquelles

il y avait plusieurs lignes d’écriture ; les mot m désigne les paquets de

fiches, ces dernières ne portant en général qu’une seule ligne d’écriture.

2) Ce paragraphe est destiné à établir que les souverains qui ont fait les sacrifices /o/ig et c/ian sont ceux qui ont régné au moment de l’apogée d’une dynastie; il faut donc qu’il y ait eu d’abord un glorieux fondateur de la dynastie, puis une série d'empereurs vertueux pour que puisse apparaître celui qui consacrera les vertus ainsi accumulées en accomplissant la cérémonie /ûftg sur le T'ai chan.

3) C’est-à-dire des 72 souverains de la haute antiquité qui passent pour avoir célébré les sacrifices fong et chan.

roi Wou ') eut détruit l’homme abandonné de tous et eut réuni entre ses mains la direction générale, le roi Tch'eng, grâce à cela, fit une inspection dans l’Est. (De même) après que l’empereur Kao (206 — 195 av. J.-C.) eut triomphé des trois fauteurs de troubles *) et eut instauré la dignité donnée par le Ciel, l’Empereur Wou (140 — 87 av. J.-C.), grâce à cela, monta faire le sacrifice fong ®),

Précédemment, les cinq dynasties s’étaient effondrées et les quatre régions du monde s’étaient rompues; poussant de grands cris d’angoisse, les neuf territoires observaient leur ombre et cherchaient le salut; élevant toutes ensemble la voix, les myriades du peuple imploraient le Ciel et regardaient en haut en se plaignant. S’il n’y avait pas eu des talents militaires divins, comment ces nombreuses difficultés auraient-elles pu être subjuguées? s’il n’y avait pas eu une sagesse pacifique, comment le gouvernement parfait aurait-il pu être restauré ?

Avec respect je considère que T'ai tsou (960 — 975), l’empereur grandement doué de piété filiale, qui commença l’évolution et établit l’apogée, éminemment guerrier et saintement pacifique, ayant une vertu divine et un mérite primordial ’), accumula la prospérité depuis le commencement

1) Fondateur de la dynastie Tcheou.

2) Le dernier souverain de la dynastie Vin,

3) Fondateur de la dynastie Han.

4) Hiang Yu mm- Tch'en Cheng , Hou-hai fin ^ («f-

Che yi ki^ chap. V, p. 2 v°).

5) En no av. J.-C.

6) Les cinq petites dynasties intermédiaires entre les T'ang et les Sang.

7) Toutes ces épithètes constituent le nom posthume de T'ai tsou. Dans le Song che.^ chap. I, p. i r°, ce nom offre trois variantes, à savoir

au lieu de ^ ^ , et ^ au lieu de , enfin l’addition des

deux mots S m

probable que ces modifications

du nom posthume de T'ai tsou ont été introduites postérieurement à l’année 1008, date de notre inscription.

et reçut un mandat illimité; après avoir passé par l’épreuve de l’adversité, il finit par parvenir à la souveraineté suprême. Son merveilleux prestige fit trembler d’épouvante ') ; sa bienfaisance primordiale se porta en tous lieux vastement. Où qu’il allât, on se soumettait à lui ; tous ceux qui venaient, il les satisfaisait. Il sauva le peuple du péril extrême; il fit monter tous les êtres sur la terrasse du printemps Dans la manière dont il régla les dix mille principautés, il eut l’extrême excellence de T'ang le vainqueur^); en répandant partout les neuf vertus '’), il eut la renommée que posséda le roi Wen^). Il inaugura l’évolution au début; il fit descendre la prospérité sur ses descendants.

T'ai tsong (976 — 997), l’empereur à la vaste piété filiale grandement clairvoyant, qui fut parfaitement bon et conforme à la raison, qui eut des mérites divins et une vertu sainte, qui fut pacifique et guerrier *'), fut le second continuateur de la majestueuse fondation et fut celui qui reçut en la développant la brillante faveur. Semblable au soleil qui, en montant, éclaire toutes les terres, semblable au ciel qui, par sa vaste étendue, recouvre tous les êtres, il opéra la transformation en observant les manifestations humaines ’), il établit ses instructions en se conformant au mode

l) Cf. Che king^ Tcheou song^ I, ode 8

„il n’est personne

qui ne soit saisi d’effroi.” .

2) Allusion à un passage du Tao t'ô king (§ 20) où la joie de la multitude est comparée au sentiment de bonheur qu’éprouve un homme lorsqu’il monte au printemps sur une terrasse élevée

3) Fondateur de la dynastie Chang ou Yin.

4) Les neuf vertus nécessaires à qui veut bien gouverner sont énumérées dans le chapitre Kao yao mo du Chou king (Legge, C.C., vol. III, p. 71).

5) Père du roi Wou qui fut le fondateur de la dynastie des Tcheott.

6) Le Song chou^ chap. V, p. i r°, indique ce nom posthume comme étant

simplement M Wi ^ M M. ^ '

7) Cf. 17 king^ Appendice T'ouan\ trad. Legge, SBE, vol. XVI, p. 23.

d’agir divin *). Il respecta les sages et honora la vertu ; il abaissa la guerre et mit en dernier lieu les châtiments. Au son des instruments de musique en métal et en pierre, les divinités pures accoururent ; grâce au rite de l’offrande des objets en jade et des pièces de soie, les peuples barbares Man et Me vinrent s’unir à nous ®). De tous les lieux où sont uniformes les caractères de l’écriture et les essieux des chars ^), on accourut; les statuts et le cérémonial ne présentèrent point de lacune. Quand l’Etre suprême fait descendre son regard, il aperçoit une douceur et un respect semblables à ceux de Yu-Chouen^)\ la multitude du peuple, sans s’en apercevoir, se transforme merveilleusement comme au temps de T'ang~Yao L’excellence de cette double gloire dépassa tout ce qu’il y avait eu dans l’antiquité précédente.

L’écrit concernant la hauteur augmentée avait déjà donné (à T\ii tsong la preuve qu’il avait) parfaitement accompli son mandat; si cependant celui-ci recula devant la célébration de la cérémonie "’), ce fut par une modestie qui n’a pas d’égale. Quant à moi qui ne suis qu’un homme

1) Cf. Yi king^ ibid. ; trad. Legge, SBE, vol. XVI, p. 230.

2) Cf. Che king^ Siao ya^ VI, ode 5, str. 3 : ê

3) Cf. Che king^ Loti song^ II, ode 4, str. 6 :

4) C’est à dire tous les lieux où a pénétré la civilisation chinoise. Cf. Tchong yong^ chap. XXIII; Ssett-ma Ts'ien^ trad. fr.. t. III, p. 135.

5) Litéralement ; le sombre suprême . C’est le Ciel divinisé.

6) Cf. Chou king^ Chotien tien^ où il est dit que Chouen était doux, respectueux et entièrement sincère ïjIl fit M . Legge, C.C., vol. III, p. 29.

7) Cf. Chou king. Yao tien', sous le règne de Yao.^ le peuple aux

cheveux noirs fut transformé” ■ Legge, C.C., vol. III, p. 17.

8) Celle de T'ai tsou et celle de T'ai tsong. — Après cet éloge de ses deux ancêtres, l’Empereur va maintenant parler de l’Ecrit céleste.

9) Il doit être fait allusion ici à quelque écrit surnaturel qui aurait fait son apparition en 983 ou 984 au moment où on sollicitait T'ai tsong d’accomplir les cérémonies fong et chan.

10) La cérémonie fong'., cf. p. 235, lignes 14 — 20.

sans expérience, j’ai reçu la charge de ce vaste édifice '), mais ma vertu n’est pas digne de mes prédécesseurs et mon esprit n’est pas intelligent; je me sens incapable de continuer par hérédité le succès (de ma dynastie); je ne sais pas par quel moyen traverser (l’eau profonde qui est devant moi) ^). Cependant, au moment de l’arrivée du printemps vivifiant, un écrit surnaturel m’a gratifié de son gage de bonheur ^). A la suite de cela ■*), les vieillards de la région du Tsi et du Ho ®) et les lettrés des pays de Tseoii et de Loti *") m’ont annoncé une prospérité divine et m’ont invité à faire le sacrifice fong\ ne tenant pas compte d’un éloignement de mille li, ils sont venus jusqu’à mon palais. Plein d’inquiétude, je me déclarais indigne, mais eux ne cessaient pas d’insister avec fermeté. Puis les rois, les ducs du palais et les gouverneurs de provinces, les hauts 'dignitaires civils et les divers officiers militaires, à cinq reprises me présentèrent des requêtes scellées. Ceux qui se prosternèrent dans le palais furent au nombre de plus de dix mille; ils disaient que le glorieux mandat venait d’être renouvelé, que les prodiges précieux étaient donnés en foule, qu’il ne fallait pas se refuser à la volonté du Ciel, qu’il ne fallait pas s’opposer

t) A savoir l’empire.

2) Cf. Chou king^ chap. Ta kao\ Legge, C.C., vol. 111, p. 364-

3) Le jour yi-tch'eou du premier mois d’année 1008, un écrit sur soie jaune était tombé sur une des portes du palais; c’étaient les trois chapitres écrits

par le Ciel au sujet de la grande réussite et du gage de bonheur

trois jours après, l’empereur décrétait que le

nom de la période d’années serait changé et que l’année en cours serait la première année ta-tchong siang-fott ; c’est à la suite de ces événements qu’il se décida à accomplir les cérémonies fong et chan (cf Song che^ chap. VII, p. 7 r® ; Tong tou che lio^ chap. IV, p. 4 v°).

4) È S- Le texte reproduit sur la p. 330 écrit par erreur ^

5) La région arrosée par la rivière Tsi et par le Houang ho n’est autre que le Chan-tong.

6) Patries respectives de Mencius et de Confucius.

aux sentiments du peuple; si on résiste à la volonté du Ciel, comment pourrait-on dire qu’on se conforme à la raison ? si on attriste le cœur du peuple, comment pourrait-on dire qu’on satisfait aux désirs des hommes ? Il fallait donc monter sur le tertre élevé ') et accomplir la grande cérémonie.

Quoique mes explications sincères fussent aussi nettes que possible, ils redoublaient l’intensité de leurs ardentes prières. Je fis alors les sérieuses réflexions que voici: Quand le Ciel et la Terre font descendre leurs bénédictions et quand les tablettes renfermées dans le temple ancestral accumulent leurs faveurs, si on guide et développe ces heureuses influences, on se borne à se mettre d’accord avec une petite prospérité ^). Or ce qui fait que le territoire est paisible, que les guerres ont pris fin, que le vent et la pluie viennent au moment propice, que les moissons arrivent à maturité, qu’on n’a aucun sujet d’eflroi ou d’inquiétude, que les hommes se multiplient et s’enrichissent, c’est le don du Ciel qui est cause de tout cela; comment l’attribuerais-je à mes propres actions? Bien que ma faible vertu ne se sente pas digne d’annoncer un mérite achevé et de commémorer un nom glorieux, cependant mon humble personne n’oserait se refuser à se régler d’après le plan et l’écrit *), à répondre aux extraordinaires gages de bonheur.

Le T'ien-souen est l’endroit d’où on contemple le

Cette expression désigne le T'ai chan (cf. p. 6o, n, 1.)

I 2) En d’auti’es termes, si un empereur ne reconnaît pas les bienfaits des 1 dieux en célébrant les cérémonies fong et chan^ il agit comme s’il vivait à j une époque de prospérité moyenne ; mais, quand il est comblé des faveurs 1 célestes, c’est un devoir pour lui d’accomplir ces cérémonies.

1 3) 1^1 . Cette expression désigne le Ho t'ou et le Lo chou. On a

( déjà vu que les écrits relatifs aux sacrifices fong et chan se rattachaient aux ni cycles du Ho t'ou et du Lo chou.

f ' 4) ^ „petit-fils du Ciel”. C’est une des qualifications du T'ai chan.

soleil*); le Leajig-fou est le séjour des immortels-). L’un est le chef des cinq Pics ; l’autre est le principe de tous les êtres ^). Je suis monté (sur la montagne pour annoncer) ma réussite, j’ai fait flamber le bûcher et les anciennes institutions ont été mises actuellement en vigueur. J’ai continué sans interruption les intentions de mes prédécesseurs, et, pour ce qui est des règles excellentes, je me suis conformé aux principes précédemment établis; j’ai accompli avec respect la cérémonie sur l’autel rond, et, en ce qui concerne l’acte auguste d’associer ^), j’ai manifesté gravement la piété filiale de mon cœur obéissant. Alors donc j’ai invité mes ministres à établir un plan de ce qu’il fallait faire; j’ai ordonné aux lettrés d’expliquer (les rites) et de s’y exercer. Tout ce qui devait être employé pour les sacrifices fut au grand complet; mais, dans ce qui devait seryir à mon propre usage, je n’ai pas cru devoir rechercher l’abondance; c’est pourquoi les jades, les soies, les victimes, j’en ai eu grand soin ; mais les plumes, les ornements, les vêtements et les chars, je m’en suis montré économe. Je rendis parfaits mes sentiments et excellente ma volonté; je’ me levai dès le matin et restai inquiet jusqu’au soir. La clarté de ma sincérité a pénétré profondément et un exaucement évident s’est manifesté en retour. La faveur est descendue du Ciel;

1) 0 Cf. p. 6o, ligne 5.

2) Dans le Ts'ien Han chou (chap. VI, p. 12 v°), nous lisons que, en

l’année 102, au quatrième mois, l’empereur Wou accomplit le sacrifice fong sur le T'ai chan et le sacrifice chan à la Résidence de pierre ;

Ving Chao dit à ce propos: „La montagne de la Résidence de pierre est au pied du T'ai chan^ du côté Sud : les magiciens disent que c’est la résidence

des hommes immortels fil) A H .” Ainsi se trouve justifié ce que dit notre inscription que le mont Leang-fou est la résidence des immortels.

3) Cf. p. 319 — 320; on fait ici une distinction entre les attributions du T'ai chan proprement dit et celles du Leang fou\ ces attributions étaient considérées par l’inscription de 726 comme réunies dans la personne du Taitsong.

4) L’association de T'ai tsou et de T'ai tsong au sacrifice offert au Ciel.

correcte et vraie, elle s’est approchée sur son char de nuages; ayant reçu le gage de bon augure, j’ai accompli la cérémonie; nourrissant le peuple comme s’il était mon enfant, oserais-je me montrer négligent des règles du bon gouvernement ?

Or donc, au début du dernier mois d’automne, j’ai fait avec respect une offrande dans le temple funéraire pur ’) et j’ai annoncé ainsi l’ascension et l’association^); en un jour faste du premier mois de l’hiver, je suis monté avec respect sur le Tai tsong et j’ai déployé (mes sentiments) en face de (la divinité) ^). J’ai présenté l’écrit précieux à gauche du siège (de la divinité); j’ai fait monter (sur l’autel) {T'ai) tsoii et {T'ai) tsong pour que tous deux aidassent (au sacrifice). Telle fut ma correction dans l’accomplissement du rite; telle fut l’importance primordiale de ma piété filiale. Puis je fis le sacrifice chan sur le Ch'o-cheou et les règles y furent toutes observées. Alors les dieux célestes descendirent tous et les divinités chthoniennes montèrent toutes. La bonne odeur (des victimes) se répandit en un instant; les offrandes furent comme si elles étaient aperçues (des dieux). Pour ce qui est du sacrifice, quoique j’aie à rougir au regard de la vertu parfaite, cependant, pour ce qui est de l’influence que j’exerçai (sur les dieux), très réelle fut mon absolue sincérité. En outre, j’ai médité sur les anciennes traditions du palais de Fong*) et j’ai admis les projets acceptés à Kan-ts'iuan^)-, les fonctionnaires de

1) Le temple funéraire pur désigne le temple consacré aux

ancêtres du souverain; cf. Che king^ Tcheou tsong^ I, ode i. Ce temple était dans la capitale.

2) Avant de partir pour le T'ai chan^ l’Empereur annonce à ses ancêtres son intention de monter sur la montagne et de les associer au sacrifice qu’il

I y célébrera.

3) Sur l’expression , voyez Che king^ Tcheou so/ig, I, ode i.

4) C’est-à-dire du roi Wen^ aneêtre des Tcheou^ qui avait son palais à Fong.

5) C’est à dire par l’empereur IVou^ de la dynastie Han^ qui résidait

tous grades me remirent leurs insignes et les nobles des cinq degrés me présentèrent leurs sceaux; je pardonnai les fautes et je fis preuve de bonté ; j’ai promu les hommes de bien et je les ai exhortés à bien gouverner; j’ai étudié les règles et les mesures ; j’ai recueilli les chants populaires. Je me suis occupé pacifiquement d’acquérir de la renommée et ainsi j’ai élevé la grande gloire de mes deux saints (ancêtres); je me suis complu avec joie à faire d’heureuses libéralités et ainsi j’ai encouragé le désir qu’avait le peuple de venir à moi. Cette félicité sans mélange qui me vient du Ciel et de la Terre, cette prospérité débordante qui m’est donnée par mes sept temples ancestraux, cette beauté parfaite de ma dynastie, cet immense bonheur de la multitude du peuple, comment serait-ce moi, isolé et ignorant, qui aurais pu les produire? Il faut donc, soit que je veille, soit que je dorme, que j’aie une crainte respectueuse, que, jour et mit, je sois inquiet et vigilant, que je ne me livre pas à l’arrogance et que je ne me laisse pas aller à la mollesse et aux plaisirs, que je chérisse et que je calme les pays qui me sont soumis, que je favorise le développement de toutes les sortes d’êtres. Ainsi je répondrai au mandat bienveillant que m’a donné le Ciel immense et majestueux.

J’ai gravé un éloge en vers sur le sommet de la montagne afin de le transmettre à des générations innombrables. Cet éloge est ainsi conçu :

(ire strophe)

Escarpé est ce pic Tai — qui se dresse d’une manière élevée dans la région de l’Orient.

volontiers dans son palais de K'an-ts'iuan. Cf. Sseu-ma Ts'ien^ trad. fr., t. II, p. Il 3, n. 3. — L’empereur auteur, de notre inscription, va montrer qu’il a agi comme l’ont fait avant lui le roi Wen et l'empereur IVou.

C est là que la multitude des êtres a son origine ; — c’est là que se montrent les manifestations du principe suprême.

Depuis l’antiquité, ceux qui ont reçu le mandat — en ont fait remonter le commencement au Ciel immense et azuré.

Ceux qui allumèrent le bûcher en ce lieu — furent au nombre de soixante-seize souverains ').

(2e strophe).

Je songe que, malgré mon peu de mérite, — j’ai hérité avec respect des grands plans (de mes prédécesseurs).

Très actif et très vigilant, — même au moment du repos je ne me repose pas.

Un gage suprême m’a été glorieusement donné; — c’est une prospérité débordante qui se propagera au loin.

Contraint par les sentiments de la multitude, — ■ la cérémonie parfaite je l’ai donc accomplie.

(3e strophe).

Les anciens rois étaient grands et illustres — et c’est pourquoi ils faisaient la cérémonie qu’on appelle „annoncer la perfection” ^).

Quant à moi, faible et ignorant, — je n’ai aucune vertu qui me rende glorieux;

1) Je suppose que ce nombre doit être expliqué de la manière suivante; aux 72 souverains qui, d’après la tradition; auraient accompli le sacrifice fong dans la haute antiquité, il faut ajouter les noms des quatre empereurs qui ont célébré cette cérémonie à des époques plus récentes ; ce sont : l’empereur Wou (iio av. J.-C.), l’empereur Kouang-wou (56 p.C.), Kao tsong (666), Hiuang tsong (725).

2) La cérémonie fong a pour but principal d’annoncer aux dieux la perfection réalisée sur la terre par un bon gouvernement.

Mais, songeant perpétuellement à l’aide bienveillante que je reçois — et répondant avec respect aux brillantes manifestations surnaturelles.

Je célèbre donc ce sacrifice solennel — afin de témoigner ma parfaite sincérité.

(4e strophe).

De merveilleux présages de bonheur m’ont été donnés en foule ; — dans l’univers et dans l’empire ') tous sont accourus (vers moi).

Aucun rite n’a été violé — et les dieux véritablement sont venus.

J’ai caché la boîte scellée dans les pierres superposées ^) — et j’ai gravé une inscription au haut de la montagne ^).

La multitude du peuple sera éternellement prospère; — des bonheurs multipliés descendront constamment.

Le vingt-septième jour du dixième mois de la première année ta-tchong siang-fou (1008) *).

1) L’expression ou 1^ apparaît dès l’année 218 av. J.-C.

dans une des inscriptions de Ts'in Che Jiouang ti (cf. Sseu-ma Ts'ien^ trad. fr., t. II, p. 158). Elle paraît désigner, d’une part, toute la surface de la terre, et, d’autre part, la région soumise au pouvoir impérial.

2) Le coffre de pierre dans lequel on enfermait la boîte scellée contenant les tablettes de jade.

3) Littéralement : sur le sourcil de la montagne, car c’est bien le sens propre du mot

4) L’empereur avait quitté sa capitale, K'ai-fong fott^ le quatrième jour du dixième mois de Tanné 1008; il était arrivé, le vingtième jour, au palais de Fofig-kao au pied du T'ai chan\ il monta sur le T'ai chan le vingttroisième jour; le sacrifice fong sur le sommet de la montagne fut célébré le vingt-quatrième jour; le sacrifice chan sur la colline Ch'à-cheou fut célébré le vingt-cinquième jour ; l’audience plénière fut tenue le vingt-sixième jour ; le vingt-septième joui, l’empereur prit le chemin du retour. Comme on le voit, notre inscription, datée du vingt-septième jour du dixième mois, est exactement datée du jour où les cérémonies avaient été terminées. En fait

cependant, comme le prouve un texte du Yu hai de Wang Ying-Un (1223 — 1296, cité dans le Km che t'ouei pien^ chap. CXXVII, p. 2 v°), la rédaction du texte ne fut achevée que le cinquième mois de la deuxième année ta-tchong siang-fou (1009) et l’inscription ne fut gravée sur une paroi de rocher au sommet du T'ai chan que dans le onzième mois de cette même année 1009. C’est alors aussi sans doute qu’on la grava en un second exemplaire sur le monument qui a subsisté au Sud de la ville de T'ai-ngan fou.

A la fin de l’inscription, on lit en plus petits caractères la mention suivante; „Le bureau des autographes impériaux {yu chou yuan)., en vertu d’un décret reçu, a gravé sur pierre ce texte conformément au modèle’”

Eloge de l’auguste Empereur qui développe la vie, par l’empereur Tcheyi tsong, de la dynastie Song ').

Si on veut traiter suivant les règles le pic élevé, assigner sa place glorieuse à celui qui exerce une influence céleste et chthonienne, il convient que celui qui. préside à la vie dans le territoire oriental, celui dont l’intelligence est comparable à l’intelligence de l’Empereur d’en haut, ait son nom au premier rang sur la liste des bienheureux, et répande sa bienfaisance sur toute la multitude du peuple; qu’il goûte aux sacrifices réguliers parmi les parfums de l’armoise et du millet; qu’on grave ses excellentes louanges sur le métal et sur la pierre. En ce moment où j’accomplis avec diligence la cérémonie fong et où je réponds avec respect aux faveurs

i) Dans le temple de l’Empereur vert, au pied du T'ai chan (cf. p. 121, lignes I — 6), se trouvait autrefois une stèle rappelant que l’empereur Tchcti tsong., de la dynastie Song., avait, en l’année 1008, conféré à la divinité

connue sous le nom d’Empereur vert le titre de ^auguste empereur

qui développe la vie” ; ce titre élevait l’Empereur vert

d’un rang dans la hiérarchie taoïste en remplaçant son titre de tchen kittn

IB par celui de On lisait sur la stèle, d’abord un éloge écrit

en gros caractères, puis, en caractères plus petits, le décret officiel conférant un nouveau titre à l’Empereur vert, enfin le texte de la prière par laquelle on avait informé la divinité de la gracieuse mesure prise à son égard. La pierre paraît être aujourd'hui perdue ; mais on a conservé les textes qui y étaient gravés; je les reproduis ici (p. 344) d'après le K'ieou kou loti de Kou Yen-u'ou (p. 5 v°-7 v° de la réimpression du Houai lou ts'ong choit).

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des dieux, j’offre un titre magnifique (à l’Empereur vert) afin de lui témoigner ma sincérité; continuant l’œuvre de civilisation, j’ai rimé le bel éloge que voici:

Elevé ce Tai tsong — maintient l’ordre dans le territoire oriental ;

C’est le lieu qui donne la vie et qui l’entretient; — c’est le palais des bienheureux surnaturels.

Là se trouve Celui qui est élevé et véritable ') ; — réellement il préside aux claires destinées;

Sa divinité suprême est insondable; — à la sincérité respectueuse il répond aussitôt par des exaucements.

Sa perfection florissante est capable d’illuminer; — tous les événements heureux dépendent de lui.

Je lui présente régulièrement un beau titre, — afin de manifester mes intentions excellentes.

La première année ta-tchong siang-fou (ioo8), le vingtseptième jour du dixième mois, le Bureau des autographes impériaux, en vertu d’un décret reçu, a gravé sur pierre ce texte conformément au modèle.

Edit ajoutant à l’Empereur vert un nom excellent.

Voici le décret qui est remis aux fonctionnaires de la chancellerie impériale [tchong chou tnen hia) :

Ce pic célèbre, associé au Ciel, est la plus puissante des montagnes; son efficace abondante réside dans l’élément bois; il est en réalité ce qui fournit la vie à la multitude des êtres; la présence actuelle de ce véritable directeur est ce qu’attestent les écrits relatifs aux choses surnaturelles. Le Véritable prince^). Empereur vert, a pour fonctions

1) L’expression paraît, d’après la suite des idées, désigner l’Empereur

vert lui-même.

2) Le titre de était celui que portait alors l’Empereur vert; mais

à la suite du piésent décret, il prendra le titre de •

d’éclairer et de nourrir; sa conduite agit d’accord avec le vaste firmament; il contribue avec (le Ciel) élevé et lumineux à l’évolution primordiale; il protège avec (la Terre) vaste et étendue la multitude des êtres vivants. Son culte véritable a été institué depuis longtemps comme le prouvent les descriptions locales. Récemment, mon cortège majestueux a fait une inspection au temps voulu et j’ai accompli le rite du mystérieux sacrifice fong-, puis, j’ai été visiter le temple du dieu dans l’espérance de recevoir ses bénédictions cachées; avec respect j’ai appliqué les statuts administratifs pour élever plus haut les honneurs excellents (dont bénéficie l’Empereur vert); je lui présente un nom excellent pour faire une offrande glorieuse; je signale au-delà de toutes limites sa parfaite vertu. Puisque je lui témoigne un grand respect, il m’assurera éternellement la prospérité. Il convient donc de lui conférer le nom excellent de „Empereur vert, auguste empereur qui développe la vie” [ts'ing ti koiiang cheng ti kmn). Les bâtiments de son temple, par faveur spéciale, seront réparés et ornés.

Voilà pourquoi je rends présentement ce décret; j’estime qu’il faut qu’on le connaisse entièrement.

Texte de la prière impériale.

La première année ta-tchong siang-fou (1008), le rang de l’année étant woii-chen, le onzième mois dont le premier jour était le jour woii-woii, le quatrième jour qui était le jour sin-yeou, l’empereur qui honore les vertus pacifiques, qui développe les vertus militaires, saint et intelligent, bon et doué de piété filiale ‘), a délégué avec soin le chang-choti,

i) Quelques nombreux que soient ces titres, ils ne sont pas encore au complet. Nous lisons en effet dans le Song che (chap. VII. p. 7 r®) que, le sixième mois de la première année ta-tchong siang-fou^ on décerna à 1 empereur

yuan wai lang du ministère de la guerre, Chao Ye, pour adresser ces paroles à l’Empereur vert, auguste empereur qui développe la vie:

Je considère avec respect que votre mérite élevé, qui n’a besoin d’aucune aide, étend et met en lumière la bonté par laquelle vous accordez secrètement votre protection bienfaisante ; votre influence divine qui n’a pas de limites, préside réellement au domaine d’émission de la vie. Le domicile caché de Celui qui est élevé et véritable ') maintient l’ordre dans la localité divine du pic majestueux. Il se trouve que j’ai reçu avec respect un gage de la faveur céleste et en personne j’en témoigne ma grande reconnaissance; je m’empresse d’y joindre une belle prière et je me décide à déployer un cérémonial magnifique afin de vous mettre en évidence par une dénomination Q 0> afin, de vous signaler par le rite qui témoigne la vénération et qui honore. Il convient que je vous en fasse l’annonce afin de vous informer de ma respectueux sincérité. Voilà ce que je prends soin de vous dire.

Tchen tsonff les titres de :

1) Cf. p. 345, n. I.

2) 11 s’agit des fameux écrits célestes

Inscription de 126s ')•

Relation de l’ascension du T'ai chan par Tchang, siuan-wei du district de Tong-p'ing'^).

La première année tchong-f ong (1260), l’Empereur promut dans les services publies des lettrés éprouvés pour qu’ils eussent le gouvernement général des dix circuits. L’honorable {Tchang) fut le premier à être choisi; il eut à administrer le circuit de Ho-tong et s’y distingua; lorsqu’on examina les mérites des fonctionnaires, il se trouva être le meilleur de tout l’empire. Le souverain le manda en sa présence, l’honora en lui offrant une coupe de vin et alla même jusqu’à l’appeler par son petit nom. La cour et la province

l) Cette inscription, qui se trouvait primitivement dans la Salle Yen-hi (cf. p. 147) du Tai ntiao^ est maintenant dans le temple T'ou-ti ts'eu "f"* , à l’intérieur de la demeure du sous-préfet de T'ai-ngan.

Le texte en est reproduit dans A, VII, i v°-3 r°, dans C, XI, 36 v®-37 v° et dans le Chan tch'ouan tien^ XV, 20 v°-2i v°. L’inscription a été composée par Tou yen-kie^ le deuxième mois de la deuxième année tche-yuan (1265); elle a été écrite en caractères réguliers ïE# par Wang Tcheng (B, VIII,

1 1 r®). Au revers de la stèle se trouve un diagramme des cinq pics luou yo tchen hing l'ou (reproduit dans A, XXIX, 49 v®) qui a été gravé en 1378 (A, VII, 3 v°). — L’auteur du Tai tan (A, VII, 3 r°-v®) a bien montré que le siuan-wei Tchang qui est le héros de ce texte n’est autre que le fameux Tchang T'o-houei qui, en 1247, s’était rendu auprès du futur empereur Che tsou (^Koubilai khan\ au pied des monts Khangai. Sa relation de voyage, qui nous a été conservée dans le Tch'eng-tà fou tche (description de Jehol), a été traduite en russe par Palladius, et du russe en anglais par Shuyler {the Geographical Magazine^ 1875, P- 7 — biographie de Tchang T'o-houei se trouve dans le chap. CLXIII du Yuan che.

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jugèrent glorieuses ces faveurs. Quatre ans plus tard (1264), l’empereur chargea derechef l’honorable {Tchang) d’être commissaire gouverneur général du circuit de Tong-p'ing *).

(L’honorable Tchang) avait dit: y^K'iu-feou est le palais de Confucius; le T'ai chan est le pic saint de la Chine; ces deux localités sont dans le territoire soumis à ma juridiction; je dois y aller sacrifier en personne.” C’est pourquoi, trois jours avant le neuvième jour du neuvième mois de la [première année] tche-yiian (1264), ayant fait tous ses préparatifs, il se mit en route.

Il sortit par la porte de Yi tcheou-, le ciel était alors couvert. Le lendemain il arriva au temple de la sépulture et se prosterna devant les tombes des trois Saints ^). Le temps pluvieux n’avait pas encore pris fin. A la deuxième nuit, il atteignit le sanctuaire du Pic. Le lendemain, il monta jusqu’à Si-houa vien-, les nuages tantôt couvraient le ciel, tantôt le laissaient clair; la pluie tantôt tombait et tantôt s’arrêtait ; les trois temples, à deux pas de nous, étaient tout embués de l’obscurité humide et en un instant changeaient d’aspect des centaines et des milliers de fois. L’honorable [Tchang] dit à ses intimes: „Ma résolution de monter au sommet, je n’oserais pas la tenir pour irrévocable; si le temps devient beau, nous irons; dans le cas contraire, je craindrais de fatiguer vos gens.” Or, au moment où on allait frapper la cinquième veille, l’obscurité se dissipa et, avant le troisième chant du coq, les étoiles se mirent à scintiller. Alors le préfet de l’arrondissement Tchang Joii-lin, le sous-préfet de Fongfou, Tchang Ts'iuan, le sseu-hou Wang et les trois

cents personnes de la suite préparèrent immédiatement des

1) Tong-p'ing est encore aujourd’hui le nom d’une préfecture secondaire dépendant de la préfecture de T'ai-ngan^ dans la province de Clian-tong.

2) 11 s’agit ici de la sépulture de Confucius, le K'ong lin

cjui est au Nord de la ville de IC'iu feou. Les trois saints sont Confucius, son fils et son petit-fils qui sont tous trois enterrés dans la même enceinte.

chaises à porteur et, emportant l’honorable {Tchang), commencèrent l’ascension. Après que nous eûmes passé le plateau de la montagne jaune [houang liien) '), nous mangeâmes auprès de la source hoii-kia et nous nous arrêtâmes à la tente impériale pour nous y reposer un peu. Nous étions alors à plus de quinze H de T'ien-nien ^). Le chemin était graduellement devenu resserré; les arbres de la forêt nous entouraient de tous côtés ; à travers les interstices de leurs branches, la clarté céleste apparaissait d’un bleu intense comme celui du saphir. Vers le soir, nous atteignîmes le plus haut sommet; en regardant du côté de l’Est, nous vîmes l’ombre de la montagne devenir très noire et s’allonger à l’infini. Pendant un instant, nous regardâmes la stèle de Li Sseu; c’est à peine si nous parvînmes à y trouver quelques mots ®)'; tout le reste était effacé et ne pouvait plus être lu. En redescendant de l’endroit où était l’autel du sacrifice fong qu’on célébrait au sommet, nous remarquâmes partout des parois de rochers polies sous diverses dynasties ; mais toutes aussi sont endommagées et brisées; il n’a subsisté que l’éloge commémorant le T'ai chan, composé par l’empereur Ming-houang de la dynastie T'ang-, les caractères en sont grands chacun comme un bol pour le riz et profonds de plusieurs pouces ; l’enduit doré (dont ils étaient revêtus) est tombé par places; quelques uns seuls l’ont conservé*').

1) Cf. le chapitre Description du T'ai ckan^ n° 64, p. 78, lignes 3 — 4.

2) . C’est l’endroit qu’on appelait aussi autrefois „rescarpement

de cent tchang d’élévation” ; il est au Sud de l’esplanade de la

tente impériale (A, XI, 12 v°).

3) Cf. le chapitre Description du T'ai chan^ n® 55, p. 77, lignes 8 — 9.

4) C’est-à-dire de Yi /’iVw otè’// où commence la montée ; cf. p. 86, lignes 9 — 12.

5) Ce texte est important parcequ’il prouve que, en 1264, on pouvait encore discerner quelques caractères sur la stèle érigée par Ts'in Che-houang-ti en 217 av. J.-C. ; cf. Sseu-ma Ts'ien^ trad. fr., t. II, p. 558.

6) C’est ce texte qui nous informe que les caractères de la grande inscription rupestre de 726 étaient primitivement dorés; cf. p. 315.

Peu après le coucher du soleil, un vent froid s’éleva qui saisissait les gens comme au gros de l’hiver; les hommes de l’escorte allumèrent un feu de branches et s’assirent en cercle pour attendre le matin. La constellation chen était à peine au milieu du ciel lorsque l’honorable [Tchang] se leva et se mit à marcher ; partant de l’étang de la femme de jade {yîi niu tch'e) '), il monta sur le sommet d’où on contemple le soleil {je koiian fong) ; les six directions de l’espace étaient entièrement dégagées; dans ce spectacle auguste, il n’y avait pas la moindre impureté ; après un moment aussi long que celui qu’il faut pour cuire le riz, l’orient s’illumina d’une lueur qui tantôt s’ouvrait et tantôt se refermait; un instant après, le soleil se découvrit à moitié et ce fut alors un éclat tel qu’il semblait qu’on fût transporté dans le monde de la couleur d’or illimitée ; tous ceux qui étaient venus là s’exclamèrent d’admiration. En nous retournant, nous vîmes encore l’ombre occidentale qui plongeait tout droit dans la vallée obscure, comme si elle eût voulu rivaliser de grandeur avec le Koîien-louen ....

(Ce qui suit n’a plus aucun rapport avec le T'ai chan).

1) C’est l’endroit où est maintenant le Pi hia kong\ cf. p. 71, lignes 13 — 20.

2) Cf. p. 60, lignes 5 — 21.

Notice sur la réfection du temple de la montagne Hao-li qui dépend du Pic de l’Est ').

Composé par Siu Che-long ayant les titres de : savant de la „cour des sages rassemblés” dépendant de l’Académie, grand officier qui rectifie et qui discute, rédacteur des édits impériaux, en même temps historiographe officiel ;

Ecrit en rouge par Siu Jon-kia ayant les titres de tch'eng Züou lang et d’adjoint au préfet de T'ai-ngan tcheou-,

Yang Houan, professeur au Collège des lettrés du district de Tsi-ning, a écrit le titre en caractères tchoiian.

Hao-li est le nom d’une élégie funèbre de l’antiquité ; elle fut composée par un client de T'ien Heng(\\\\ exprima son émotion dans un chant ^). Au temps des Han, Li Yen-nmi divisa ce chant en deux mélodies : la mélodie hiai-lou ■*) était destinée aux funérailles des rois, des ducs et des nobles; la mélodie

1) Cette inscription est située derrière la salle Chen-lo tien dans le temple de la colline Hao-li (cf. p. 109, lignes 13 — 14). Elle est reproduite dans A, XX, 20 v°-22 v°, et dans B, XVIII, 24 v°-26 r°.

2) Ce renseignement est tiré du Kou kin tchou, composé au quatrième siècle de notre ère par Ts'ouei Pao. Tchang Cheoti-tsie a cité ce passage du Kou kin tchou dans son commentaire au chapitre de Sseti-ma Ts'ien (chap. XCIV, p. 2 v°) consacré à T'ien Hcng (-f- en 202 av. J.-C.).

3) Vers l’an ni av. J.-C., Li Yen-nien avait été nommé intendant de la musique par l’empereur Wou (cf. Sscu-ma Ts'ien, trad. fr., t. III, p. 235 et 494).

4) Dans cette poésie, la vie humaine était comparée à la rosée (Joti) fugitive qui se dépose sur l’échalote (Jiiaï). Voyez le passage du Kou kin tchou cité par Tchang Cheou-tsie.

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