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hao-li était destinée aux funérailles des patriciens, des grands officiers et des gens du peuple. Les générations suivantes crurent à cause de cela que, à la mort des hommes, leurs âmes revenaient au Hao-li '). Dans cette montagne, il y a des dieux qui président (à ces âmes) ; c’est pourquoi on a établi soixante-quinze tribunaux pour poursuivre et atteindre, arrêter et saisir, faire sortir ou faire entrer, faire mourir ou faire naître (les hommes). Aussi Tchang Houa dans son Fo won tche et Loïc Ki^) dans son T'ai chan siii disent tous deux: „Quand un homme meurt, son âme est retenue au Hao-li" . P O Lo-t'ien’^) dit dans une de ses poésies: „Les âmes tôt ou tard venues au T'ai chan ; les ossements nouveaux ou anciens du P ei-niang^)." Fan Tien-iche, dans sa notice sur la réparation du temple dit aussi : „Quand un homme naît, il reçoit sa destinée au Hao-li-, quand il meurt, il retourne au Ch'o-cheon."
Maintenant, dans la montagne du Pic de l’Est, il y a les tribunaux souterrains; ces tribunaux ont chacun leurs magistrats; ces magistrats ont chacun leurs administrations; tous ces fonctionnaires servent à rechercher les morts et à enregistrer les naissances. Dans le monde obscur, comment les choses pourraient-elles se faire s’il n’y avait pas des directeurs officiels?
Ce sanctuaire est à plus de cinq li au Sud-Ouest du Pic T'ai-, il est établi à gauche de l’autel du Ch'ô-cheou. Depuis
1) Cf. p. 107, lignes i — 10.
2) Sur Tchang Houa ^ qui vécut de 232 à 300 de notre ère,
voyez Giles, Biographical Dictionary, n° 65.
3) Lou Ki vécut de 261 à 303 p.C. : cf. Giles, Biog. Dicl.,n° 1402.
4) Lo-t'icn est l’appellation du célébré poète de l’époque des
T'ang Po Kiu-yi 772 — 846 p.C. ; Cf. Giles, Biog. Dict., n® 1654-
5) Nom d’une colline au Nord de Lo-yang |^r ; c’était là que se trouvaient un grand nombre de sépultures de hauts personnages.
les T'ang jusqu’aux Song on n’a pas cessé d’y faire brûler des parfums. Ceux qui viennent le visiter, dès qu’ils entrent, deviennent respectueux ; quand ils approchent, ils sont saisis de crainte; quand ils sortent, ils sont pénétrés d’effroi comme s’ils se sentaient poursuivis. N’est-ce pas comme si des vivants avaient vu réellement des démons et des dieux?
Après que Won Tao-tseu *) eut peint les divers aspects des enfers, les gens de la capitale vinrent contempler son œuvre; tous, effrayés des châtiments, se mirent à faire de bonnes œuvres ; sur les deux marchés de la ville ne se trouvèrent plus assemblés les boucheries et les débits de vin, les poissons et les viandes. A combien plus forte raison, dans ce sanctuaire où les administrations judiciaires sont nombreuses, où les démons et les dieux sont en foule où les prisons sont profondes et obscures, rares seront ceux qui n’auront pas le cœur glacé et les yeux effrayés.
A la fin de la dynastie Kin, les guerres et les incendies s’élevèrent de tous côtés; les objets en jade furent brûlés et les pierres réduites en cendres. C’est à cela qu’on peut appliquer la parole dite autrefois: la religion des images, elle aussi, on la précipitera dans l’embrasement du kalpa^).
i) Sur Wou Tao-tseu , le célèbre peintre de l’époque des
T'ang^ voyez Giles, Biog. Dict.^ n° 2349, et T'oung pao^ 1904, p. 310 — 331. D’après le Fo tsou t'orig ki (Trip. de Tokyo, XXXV, 9, p. 79 v°), cette peinture fnt exécutée par Wott Tao-tseu en l’année 736 dans le temple King
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; ce temple, élevé en 583 en l’honneur de Tou-kou Sin
muiê , se trouvait au Sud-Est de Tch'ang-ngan (Si-ngau fou\ dans le quartier Tch'ang-lo mut* D’après l’auteur du Keng tseu siao hia ki (chap. VIII, p. 3 r°), une représentation des enfers de IVou Tao-tseu se voyait vers 1630 dans le temple Siang-kouo tîH à K'ai-fong foie
{I/o-nan) ; il est vraisemblable que c’était une copie.
2) L’expression „la religion des images” désigne le Bouddhisme ; c’est donc par une prédiction relative au Bouddhisme que l’auteur de l’inscription explique la destruction de la fameuse peinture de Wou Tao-tseu.
Quand l’honorable Yen '), qui reçut le titre posthume de Wou-honei, gouverna la région de Tong-p'ing ^), le peuple le chérit et les fonctionnaires le craignirent ; son administration fut comme celle d’un dieu. Il honora tout spécialement le directeur {t'i tien) de la communauté taoïste Tchang Tche-zuei, dont le nom en religion est THen-yi tseu\ ce Tchang avait à l’origine le nom personnel de Tche-%vei\ mais, plus tard, ayant eu la chance d’être connu de l’empereur, celui-ci lui conféra le nom personnel de Tche-chotien'^)-, {Yen IVonhouei, T'ien Yi-tsen et Tchang Tche-wei) délibérèrent sur la restauration du temple et des statues dans leur état primitif. Mais, avant qu’on eût abouti, le vénérable {Yen Wou-honei) mourut. Son successeur put cependant confier à T'ien-yi tseu la dignité de directeur des travaux. Quelques années se passèrent encore, puis, sur une requête adressée au {tchong chou) cheng et au ministère (des rites) ■*), l’autorisation de faire les réparations fut enfin accordée.
i) Ce personnage, qui vécut de 1182 à 1240, se nommait Ye?i Che ^ et avait pour appellation Wou-chou ; on trouvera sa biographie dans
le chap. CXLVIII, p. 7 et suiv.. du Yuan che. D’abord commandant militaire de la ville de Tch'ang-ts'ing , dans le Chan-tong., au service de la
dynastie A7«, il se soumit en 1218 à la dynastie So?ig\ mais il ne tarda pas à s’apercevoir que son nouveau souverain n’avait aucune chance de pouvoir résister aux attaques des Mongols et c’est pourquoi, dès l’année 1220, il se rallia aux envahisseurs qui le comblèrent d’ailleurs d’honneurs. En l’année 1234, ils se rendit à Karakorum; Ogotai khan lui conféra le titre de chef de dix mille foyers (gwan hoti) dans la région qui correspond au Chan-tong actuel. Il mourut en 1240. En 1261, on lui accorda rétrospectivement le titre nobiliaire de duc du royaume de Hoti et le nom posthume de W oti-houei.
2) D’ancienne commanderie de T ong-p'ing 2pl avait son centre administratif à 20 li à l’E. de l’actuelle préfecture secondaire de To7ig-p'ing.^ qui dépend de la préfecture de T'ai-ngan dans la province de Chan-tong,
3) C’était là une marque insigne de la faveur impériale.
4) Cette valeur de l’expression nous est révélée par diverses
inscriptions de l’époque mongole; cf. T'oung pao,^ P- 3^2, ligne 20,
et p. 324, note 2.
Quand notre saint empereur monta sur le trône, il aima et traita avec bonté les dieux de toutes sortes; sans faste inutile, tous les sacrifices furent bien ordonnés '). Un décret concernant les divers sanctuaires consacrés dans l’intérieur de l’empire aux montagnes célèbres et aux grands cours d’eau, aux pics et aux fleuves, autorisa ceux qui y résidaient à les réparer. Or il se trouva que le patriarche directeur de la religion de la mystérieuse doctrine, administrateur de la religion taoïste dans tous les districts, l’Homme véritable profond et éclairé, K'i Tche-tch'eng'^), fut en communauté d’idées avec T'ien-yi tseu. Celui-ci put alors employer tous ses efforts à reconstruire les cent vingt travées de l’ancien sanctuaire ; récemment ces travaux ont été terminés ; successivement ils ont été achevés; les statues eurent un éclat plus beau encore que celui d’autrefois.
Pour moi, je me trouvais attendre mon châtiment dans le Han-lin et j’étais occupé à composer une inscription pour le temple du T'ai chan-, je n’avais pas encore fini lorsque T'ien-yi tseu me dit : „Quand votre inscription consacrée au Tai tsong sera terminée, cette inscription particulière (du temple Hao H) en sera comme un point spécial; je craindrais de vous déranger en vous demandant de vous en occuper, mais, si vous vouliez vous en occuper, les phrases sortiraient comme en coulant ; vous n’auriez
1) Cf. Chou king^ chap. Lo kao\ Legge, C.C., vol. III, p. 438 — 439-
. „II s.acrifia dans la nouvelle ville en faisant toute chose régulièiement mais sans faste.”
2) Ce Tche-tch'eng nous est connu par le Yuan che
(chap. CCII, p. 4 v°) et par une inscription de 1280 {^T'ouug pao^ 1908, p. 31 1). Nous le retrouverons mentionné dans l’inscription de 1285 sur la réfection du temple Tch'ao-yuan.
3) En d’autres termes, T'ien-yi tseu trouva chez son chef spirituel l’appui dont il avait besoin pour entreprendre les réparations du temple Hao-li.
4) Formule de modestie qui signifie simplement qu’il était fonctionnaire du Han-lin yuan.
5) L’inscription que T'ien-yi tseu lui demande de faire ne lui coûtera
qu’à ordonner à un de vos disciples de tenir le pinceau et d’écrire à votre place; ce serait alors suffisant.”
Pour moi, j’ai pensé que le Hao-li était l’endroit où se trouvaient les vestiges du sacrifice chan sur le Ch'ô-clieou, que c’était aussi le lieu où la dynastie T'ang avait reçu un don céleste. Si maintenant on permet qu’une médiocre composition de ma vieillesse attache mon nom à cette colline, en vérité cela répond à mes désirs et je n’aurais
Ipas osé tant espérer. C’est pourquoi j’ai ajouté quelques paroles pour faire cette notice. Si cependant je n’ai rien i écrit sur les princes qui, comme Wou-houai, firent les j sacrifices fong et chan, et sur les souverains qui, comme Vti, firent l’inspection des fiefs, c’est par un sentiment de ' respect pour le T'ai chan ').
A contribué à l’érection de ce monument Tchang Tche- I chouen “) ayant les titres de : grand maître vastement doué, I élevé et profond, qui porte à l’extrême la vertu, et qui pénètre le premier principe, — t'i-tien (directeur) du Pic de l’Est, — fonctionnaire chargé de la surveillance des travaux, — et en même temps t'i-tien (directeur) général de la religion taoïste dans le district de Tong-p'ing.
A érigé la stèle T'on-pon-chett, descendant héréditaire du prince qui eut le titre de grand précepteur, — grand officier du premier rang du second degré, ■ — ta-lou-hona-tch' e (darougha) du district de Tong-p'ing — et en même temps
aucune peine puisqu’il est déjà parfaitement informé de tout ce qui concerne le T'ai chan.
1) Dans cette inscription, l’auteur a passé sous silence l’histoire des douze souverains de la haute antiquité qui firent les sacrifices fong et chan, le premier de ces souverains se nommant Wou-houai (cf. Sseu-nia Ts ien, trad.
j fr., t. III, p. 423); il a également passé sous silence ce que raconte le Chou ! king sur l’inspection des fiefs par l’empereur Chouen qui alluma un bûcher I sur le Tai tsong. La raison de ces omissions est que ces faits doivent cire [ réservés pour l’inscription consacrée spécialement au T'ai chan.
2) Cf. p. 357, lignes 5—9.
administrateur général de tous les campements militaires [ao-loti] ') de ce même district.
Gravé par Kao Yeoii-ynan, originaire du pied de la montagne T'ai, sous la grande dynastie Ytian, la vingt et unième année de la période tche-yuan (1284), le rang de l’année étant kia-chen, le dixième mois dont le premier jour était le jour yi-sseii, le quinzième jour qui était le jour ki-wei.
i) Sur les diverses hypothèses faites au sujet du terme jg , voyez,
Devéria dans Jotirnal Asiatique, Juillet- Août 1896, p. 103.
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Inscription N° 7 (1285 p.C.).
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Inscription N° 7 (Suite).
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Inscription N° 7 (Suite).
Inscription de 128p.
Dans le temple Hao-li se trouvent encore deux curieuses inscriptions de l’époque mongole; je ne les ai pas vues lors de ma visite à ce temple; je les étudierai d’après le texte qui nous est fourni par A, XX, 22 v°-26 r° et par B, XVIII, p. 26 v°-29 v°. Je commencerai par celle de ces deux inscriptions qui est chronologiquement la seconde, car elle facilitera l’intelligence de la première.
L’inscription de 1285 est intitulée: Mémoire sur les chapelles des soixante-quinze cours de justice du Hao-li. Elle a été érigée le 2 le jour du premier mois de la vingtdeuxième année tche-ynayi par un certain Wanp Tche-kien. Elle commence par un préambule de deux lignes ainsi conçu:
„La règle du Ciel est très vaste; quoique lâche, elle ne [laisse rien échapper] *); sur ceux qui pratiquent le bien, elle fait descendre toutes sortes de prospérités; sur ceux qui pratiquent le mal, elle fait descendre toutes sortes d’infortunes; aux gens de bien elle accorde le bonheur; aux pervers elle envoie le malheur; ainsi c’est en elle qu’est la rétribution du bien et du mal.”
Cette courte introduction est suivie de l’énumération de tous les tribunaux des enfers; voici cette liste:
i) Cette phrase est une sentence qu’on retrouve souvent citée: cf. Bazin, Le théâtre chinois., p. 185: „Ma fille, le filet du ciel, qui est vaste et étendu, ne laisse pas échapper les coupables.”