‹ Le Tʾai chan; essai de monographie d'une culte chinoisChapitre 87 sur 109 · IS · texte numérisé non relu

IS

i M5 1 If 1®^ 1^ I# Ife 'Tié i ! J, i l'j il I jC

i£\yÀ

lin I 3l

1ïr

li'

lî)

ft

lüM ^ #

: il n

IS

iw i/f ! Ml i ii'l |M i^ iii m i^ I#

ff

Jg

Pf

et annoncer sa réussite; mais son ministre ‘) sut trouver le discours propre à le retenir. Cependant, à partir du moment où le récit relatif aux soixante-douze souverains eut été mis en lumière, on parla d’illustrer le nom de famille et d’observer les présages de bon augure, de magnifier le titre et de glorifier le nom ^), et ces choses sont exposées au

1) Kotian Tchoi!g\ cf. Ssett-ma Ts'ien^ trad. fr., t. III, p. 423.

2) Cf. p. 17.

3) Toutes ces expressions se trouvent employées dans les textes relatifs aux sacrifices fong et chan. Ces sacrifices avaient pour but d'annoncer la réussite d’une dynastie, et, par suite, d’illustrer le nom de famille de la dynastie; pour que le moment de les célébrer fût propice, il fallait que des présages

•ar

# « W.\'Û i 1! I ili

It i f I

1) 1 EJ I i:

; lï ' -ëj I ' 3ï ! ;^ ! 0J i .

îif i ± I Sj ; i

plus haut point dans le traité de [Sseu-ma) Ts’ien ') et dans l’écrit de {Sseu-via) Siang-jou ^). De génération en génération on éleva le tumulus de terre et on fabriqua le coffre de pierre; on cisela le jade et on fit les tablettes*); ceux qui allèrent le plus loin dans cette voie sont celui qui, lorsqu’il

de bon augure se fussent manifestés; enfin, par ces cérémonies, un prince se proposait de rendre son nom glorieux à jamais.

1) Le traité sur les sacrifices fong et chan qui est le vingt-huitième chapitre des Mémoires historiques de Sseu-ma Ts'ien.

2) Cet écrit nous a été conservé dans le chapitre CX\ II, p. 16 v -18 r°, de Sseu-ma Ts'ien.

3) On reconnaît là les caractéristiques des cérémonies fong et chan qui consistaient à graver une prière sur des fiches de jade qu’on plaçait dans un coffre de pierre recouvert ensuite d’un tumulus en terre.

îT mi M # j

PJr'lW 0 W i

fs

it

fà

•’lf

îi

ff

fr

ra

fl

)iè

il i

Së i

Zv i zl: i

fl

ZZT i

jë.

ai

ÿc 1

Ifr

montait sur la montagne, craignait de faire du mal aux arbres et aux pierres '), et celui qui fut en butte au vent et à la pluie parceque sa vertu n’était pas accomplie et celui qui, dès qu’il alluma le feu, obtint soudain un exaucement en sorte qu’il put accomplir un sacrifice mystérieux Ainsi, après le bûcher et le sacrifice wang ■*), il y eut un premier changement d’où résultèrent les sacrifices fong et chan\ puis, après les sacrifices fong et chan, il y eut un second changement qui introduisit les génies surnaturels et alors les extravagances se développèrent sans mesure.

Ma dynastie est attentive aux règles parfaites et observe avec soin les sacrifices clairs ^). Cela fut grandement manifesté par mon aïeul impérial l’Ancêtre saint, lEmpereur bon {cheng tsoH je7i liouang en la vingt-troisième anné K'atig-hi

(1684), qui était une année kia tseu, un ministre de la cour présenta une requête en tirant argument de la tradition qui veut que Houatig ti, lors de la première origine, ait fait le sacrifice foîig sur une cime et gravé le récit de sa perfection'); un édit impérial déféra spécialement cette proposition aux neuf hauts dignitaires et à d’autres pour

1) Allusion à l’empereur Won^ de la dynastie Han\ cf. Sscu-ma Ts'ien^ trad. fr., t. III, p. 499, n. 3. Mais voyez aussi p. 431, lignes 3 — 4, où la même idée est exposée à l’époque de Ts'in Che hoiiang ti.

2) Allusion à Ts'in Che houang ti\ cf. Sseti-ma Ts'ien.^ trad. fr., t. II, p. 140.

3) Peut-être l’empereur Tchen tsong.^ de la dynastie Song.^ est-il visé par cette phrase; mais je n’ai pas retrouvé le texte précis qui justifierait cette hypothèse.

4) Ce sont les sacrifices sur le T'ai chan dont parle le chapitre Chotien tien du Chou king.

5) L’empereur K'ien-long loue la dynastie à laquelle il appartient de ne point favoriser les cultes superstitieux.

6) On sait que ce nom de temple et ce nom posthume désignent l’empereur dont le nom de règne est K'ang-hi.

7) En d’autres termes, à l’occasion de l’année kia-tseu.^ première du cycle, ou proposa à l’empereur K'ang-hi de faire de cette date le point de départ d’une ère nouvelle en célébrant, à l’imitation du mythique empereur Houang ti., le sacrifice fong. K'ang-hi désapprouva formellement cette suggestion et son petit-fils K'ien-long l’en loue fort.

qu’elle fût critiquée et censurée; telle fut la règle vraiment parfaite ! tels furent les sentiments vraiment parfaits !

Pour moi, j’ai succédé avec respect (à mon aïeul) et j’en fais l’objet de mes préoccupations constantes ; ses excellentes instructions, je les prends constamment pour modèle. Chaque fois que s’est présentée l’importante cérémonie de l’inspection au temps prescrit, j’ai accompli en personne le sacrifice dans le temple du Pic et en toute pureté je me suis appliqué au culte. Mais lorsqu’il s’est agi de monter sur la terrasse du sacrifice fong, de commémorer la chose (sur une stèle), etc., alors j’en ai longuement discuté et j’ai exposé mon avis ') ; c’est à cette occasion qu’on peut dire : à supposer que Yao et Chouen eussent survécu jusqu’à maintenant, ils n’auraient pu trouver un seul jour pour annoncer que leur œuvre glorieuse était achevée'-^); cette opinion ne serait probablement pas changée si on interrogeait tous les anciens souverains. Or les règles fautives, on ne peut pas ne pas les rejeter, tandisque les règles normales, on ne peut pas ne pas les mettre en pratique.

Un lettré inexpérimenté et de savoir borné a prétendu impudemment qu’on avait changé l’autel et l’aire pour y substituer d’une part le temple et d’autre part la statue et il faisait soupçonner que ces pratiques étaient contraires à la règle. — Autrefois, à propos du fait que au pied de chacun des cinq pics on a élevé un temple, Woii

1) K'iefi-long déclare donc qu’il s’est acquitté régulièrement de ses obligations religieuses envers le T'ai chan'^ mais il s’est refusé à remettre en honneur les cérémonies fo7tg et cha7i qui lui paraissent peu orthodoxes.

2) excellent que soit un souverain, l’œuvre qu’il a à accomplir ne peut jamais être considérée comme achevée ; il doit toujours faire de nouveaux efforts. Les cérémonies fo7ig et cha77^ par lesquelles un empereur annonce au Ciel qu’il a pleinement réussi dans sa tâche, n’ont donc aucune raison d être.

3) Après avoir traité la question des sacrifices fo7ig et cha7t^ K ie7t-lo7ig expose maintenant son avis dans le débat qui avait été soulevé de savoir si le temple et la statue du dieu du T'ai cha7i n’étaient pas des superfétations irrégulières et s’il ne convenait pas d’en levenir à l’autel et à 1 aire qui seuls

TcJCeng ') a dit que cela avait commencé à l’époque des T'ang\ en outre, nous observons que Li Tao-yuan~), citant le ts'ong tcheng ki ^), dit qu’il y a trois temples du Pic ; celui qui maintenant est au bas du versant méridional de la montagne escarpée, c’est en effet le temple inférieur parmi ceux de l’antiquité ; {Li Tao-yuan) dit encore que, dans le temple, il y a les thuyas des Han et que, dans le trésor du temple, on conserve le char du dieu '’) et les instruments de musique datant de l’époque des Han. Ainsi, célébrer le sacrifice au Pic en ce lieu, c’est ce qui se passait déjà à l’époque des Han et l’origine en est fort ancienne. D’ailleurs, lorsqu’il y a inspection des fiefs et rapport sur l’administration ''), c’est à dire lorsqu’il y a des sacrifices extraordinaires, et lorsque, en vertu des statuts de l’empire, on envoie des délégués apporter les tablettes des invocations pour venir adresser leurs prières, c’est à dire lorsqu’il y a les sacrifices habituels, dans tous ces cas il y a des offrandes qui se font spécialement dans le temple; à quoi sert donc de s’embarrasser dans des arguments tirés de l’antiquité ') ?

Maintenant, nous sommes en l’année keng-yin (1770) qui

existaient primitivement. L’empereur démontre, au moyen de textes, que le temple et la statue ne sont pas des innovocations récentes et qu’on en trouve ^ mention dès l’époque des T'ang et même des Han.

1) Woti Tch'eng., qui vécut de 1247 à 1331, est un érudit célèbre; cf.

Giles, Biog. n° 2316. ^

2) Li 7’a<7-jr/a«, mort en 527 p.C., est l’auteur du commentaire du [

i) i&um-

4) Des trois anciens temples dont il est question dans le is ong tcheng

le temple médian est celui qui occupait l’emplacement où se trouve aujourd hui , le temple de Lao tseu\ cf. p. 87, lignes 25—28. Le temple inférieur était sur l’emplacement du Tai miao actuel (cf. p. 126, n° 218).

5) C’est là une preuve que le dieu avait dès cette époque une statue.

6) Cf. p. 388, n. I.

7) Puisque les statuts de l’empire prévoient toute une série de sacrifices, les uns extraordinaires, les autres réguliers, qui doivent être accomplis dans le temple du T'ai chan., à quoi bon ergoter sur des textes de la haute antiquité pour chercher à prouver qu’il ne devrait pas y avoir de temple.

est l’heureux anniversaire de ma soixantième année; quand I arrivera l’année sin-tnao (1771), nous rencontrerons avec t respect le grand âge de quatre-vingts ans pour ma sainte I mère, l’impératrice douairière. En ce temps, les neuf régions I de l’empire proclameront leur joie et les cent divinités nous combleront de leurs faveurs. Or le Tai est grand producteur de vie; c’est lui qui tient en main l’influence d’où proviennent l’essence de la végétation et la fermentation transformatrice ; il est donc capable de susciter et de développer une immense prospérité, de donner la paix et le bonheur à notre souveraineté. Cependant les portes à étages et les bastions de l’enceinte ont subi les atteintes des ans sans être consolidés ; comment cela répondrait-il aux bienfaits que nous avons reçus de la divinité? Qu’on délibère donc pour entreprendre les travaux; qu’on agrandisse le temple et qu’on le remette à neuf; que la date de cette réfection soit exactement inscrite dans la relation gravée au sommet de la montagne.

Comme ce temple est l’endroit où le directeur des sacrifices suspendra les instruments de musique la veille du sacrifice '), j’ai donc fait deux chants l’un — pour inviter les dieux à venir; l’autre, pour leur faire la conduite, — afin que ceux qui dirigeront la cérémonie s’exercent à apprendre ces chants de manière à les exécuter entièrement; le texte en est le suivant:

Dans le pavillon de la salutation faite de loin nous nous tenons prosternés. Le dieu monté sur le yang vert

1) Sur l’expression , voyez Tcheoti //, article du ta sseu yo\ trad.

Biot., t. II, p. 36.

2) Cf. p. 126, lignes 10 — 15.

apparaît en tchen ') ; avec lui la princesse de l’Orient ^ court en avant. Se manifestant égal au Ciel, il est le ^ régulateur ^). De l’armoise brûlée on sent la bonne odeur ^ et les régimes de bananes y mêlent leur senteur pénétrante. Des vapeurs de bon augure s’élèvent en foisonnant tout t près de nous. Tandisque nous contemplons pleins de respect, ces dieux viennent nombreux comme une nuée d’insectes j pour goûter à nos offrandes.

(Ce qui précède est le chant destiné à inviter les dieux ji à venir).

(Il)

(En évoquant le souvenir des) neuf souverains et des soixante-quatre personnes ^) qui montèrent (sur le T'ai chati) \ pour annoncer leur réussite et qui célébrèrent leurs mérites; , qui voulurent, sur le mont Yiin-ytin, disposer un tertre et une fosse ^); qui, sur des nattes en chanvre, présentèrent le simulacre de char *’) avec ses roues garnies de jonc*);

1) Cf. Yi king^ appendice chouo kona\ trad. Legge, SBE, vol. XVI, p. 425. Le dieu du T'ai chan symbolise l'Orient; on peut donc Ini appliquer ce texte du 17 king.

2) me paraît ici désigner la déesse de l’aurore qui n’est autre que

la princesse des nuages colorés (// kia yuan kiun).

3) Nous avons déjà vu à mainte reprisse le T'ai chan qualifié comme étant égal au Ciel et comme jouant le rôle de régulateur dans la partie orientale de l’empire.

4) Le commentaire du Tchcou li^ à l’article du tou tsong jen cite un passage de Sseu-ma Ts'ien ou il est dit: „ Antérieurement à Fou-hi^ les neuf souverains et les soixante-quatre personnes sont tous des princes

innommés de la haute antiquité.” iki.

5) Le tertre pour le sacrifice au Ciel, la fone pour le sacrifice à la Terre.

6) Cf. Ssett-ma Ts'ien^ chap. XXVHI, p. 7 r’ ^ ^

„le simulacre en bois d'un char attelé de quatre chevaux.”

7) Cf. Ssat-ma Ts'ien^ chap. XXVIII, p. 4 r° „Ceux qui ont fait autrefois

qui, avec les herbes mao provenant de la région du Kiang et le millet provenant de la région de Ho '), offrirent à profusion des objets précieux, en sorte que les dieux arrivèrent avec plaisir pour goûter attentivement à leurs ofrandes; en évoquant tout cela, qu’ai-je voulu dire? Cela signifie que moi, j’ai fait un sacrifice correct et que jlai

E présenté des prières irréprochables; le mûrier de FoiH) qui resplendit au matin annonce l’affluence de la prospérité; il le signe magique du T'ai"^) que je tiens dans ma main fait un printemps universel pour tous les êtres. D’une manière t très' abondante, une seule tige plantée s’est multipliée en !• dix mille pour protéger mon heureux anniversaire.

(Ce qui précède est le chant destiné à accompagner I les dieux).

La trente-cinquième année k'ien-long (1770), le rang de l’année étant keng-yin, le premier mois de l’hiver, en un jour faste, écrit de la main de l’empereur.

les sacrifices fong et chan entouraient de jonc les roues de leur chars y , de peur de* blesser la terre, les pierres, les herbes et les arbres de la montagne.”

1) Cf. SscH-ma Ts'ien^ chap. XXVIIl, p. 3 r" (trad. fr., t. III, p. 426), où sont mentionnés le millet de la montagne Ho-chang et l’herbe à trois côtes qui pousse dans la région du Kiang et du Hoiiai.

2) C’est le fameux fou sang^ le mûrier merveilleux duquel sort le soleil.

3) Peut-être s’agit-il de la figure magique qui est censée représenter la montagne T'ai dans le Tableau de la forme véritable des cinq montagnes (voyez plus loin, le chapitre Croyances populaires').

Page 1