CHAPITRE DEUXIEME
tj r lendemain, à midi, au retour de la chasse, j'entendis dans la cour les aboiements des chiens. I< des cendis : c'était le père Litaud el '!>• pierres.
■• Voilà Claude des Huttes, me dil le Fermier avec un accenl de satisfaction dans la voix qui révélait en lui le sentiment du triomphe intérieur qu'il éprouvait d'avoir mieux réussi qu'il ne le pensait la veille dans -
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. 11 consent, ajouta-t-il, .1 venir l'aire
monsieur el à travailler pour le
bonne pour
— Eh bien ! allons voir !<• mur el mesurer 1 1 largeur d tuverture, » < 1 i ~-j«- aux dei icheminèrent avec moi \ Tout en marchant, je co
lomme m'inspirail dès l'abord un certain
• humble el timide d'attitude, 0 1 qu'il ne bjugué par I'
le mon habil el par le prestige de ma . plus £raii<J<- que celles du l'il rendait compte de chacun
1 queN qu'un de plus plus haut que moi.
leillemenl p D en lui. L'allée
tail longue du seuil de la m 1
- !<• t. -mi-- de bien ■ souvenir.
Ctaudi . homme d'environ
de stature plutôt grêle et nu peu courbée en avant, comme celle d'un manœuvre accoutumé à se plier sous le poids* de choses lourdes. Ses jarrets n'avaieni pas la vigueur élastique, les muscles tendus des chasseurs de chevreuils dai - nos Alpes; il- penchaient en avant comme ceux de l'ouvrier qui s'agenouille souvent pour son travail. Une de ses épaules était beaucoup plu> élevée, plu- nouée el plu- Forte que l'autre: c'était celle où s'emmanchait le bras droit, qui lève h qui abaisse sans cesse le marteau. Bien que ses bras Pussent maigres, el bien que les manches qui n'en couvraient que la moitié .•m laissassent voir les veines, les tendons el les muscles presque à nu, ses mains étaient longues, massives, nouées aux articulations, rudes d'écorce comme des tenailles. L'habitude de remuer, '!<■ tourner, de Façonner les pierres, avait développé el endurci chez lui ce premier outil de l'homme, la main. Il les laissait pendre comme deux balanciers inertes qui l'embarrassaient visiblement quand il ne portait rien. Ses pieds un- el larges, dont les orteils, puissamment prononcés, mordaienl le sol, s'imprimaient devant moi sur le sable de l'allée humide comme les i lous des Fers de mon cheval dans l'herbe du pré après une M tenait son bonnet de laine rousse à la main. Ses cheveux noirs, épais, saupoudrés de quelques grains de poussière de mari
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t«i<-ut de la longueur d'une main derriè cou ; ils i . rément, à larg
. par ses pn • , de manière à
déborder seulement comme un ourlet noir i nuque <-t le collet,
■. pluie '-t Ij i il pour
mise de lil de chan- . nouée sur ir deux clous de laiton, donl l'un ser-
mtour <lu premier, formait une espèce id de cuivre qui pinçait la I - ir la poitrine. Il portait - >ur l'épaule gauche. Ce emmenl
pour lui qu'un -i^n-- de respect, un<- marque de déférence, une décoration honorifique, qu'il lil c|u>- pour moi et non pour lui. Un .1 de laine blanche, de même
nré .ni tour de sa taille par une forte ceinture de cuir roux à | - par un lacel de i uir ai m hes de hes '!■• ses :\. Ce panta-
qu'aux chevilles du pied.
Un long tablier de peau de i \i<-\n- flottait et noux. Il inarchait a • ■• lente el mesurée «l'un
homme < j u i pens marchant, <-< donl la
r du pendule
JD LE IAIL1.EUR I> F PIERRES
du corps. Tel étail l'extérieur du tailleur de pierres.
M. ii~ sous cel extérieur g habits rustiques éclatait néanmoins, dans la tête nue de cel homme, une empreinte, j<- ne dirai pas seulemenl de di jnité, mais de divi n té de - ige humain, qui imposait à l'œil et qui faisait rentrer toute idée de vulgarité et de dédain dans l'àme. La ligne de son front était aussi élevée, aussi droite, aussi pure d'inflexions "H de dépress - ignobles que les
lignes du front de Platon dans ses bustes reluisants au soleil de l'Attique. Les muscles amaigris, creusés, palpitants, des orbites de ses yeux, de ses tempes, de ses joues, de ses lèvres, de son menton, avaient à la fois le repos et l'impressionnabilité d'une jeune fille convalescente de quelque longue maladie <>u de quelque secrète douleur. Les paupières de ses yeux bordées de longs cils se relevaient sur le' globe bleu clair et largement ouvert des prunelles, comme la paupière de l'homme accoutumé à regarder de bas en haut et à fixer les choses éle I '- jetaient une
ombre pleine de mystère entre les bords de
il .- interrompre le re-
mbé au milieu par !<• réseau des veines entrevt une peau fine,
des narines, transparente au soleil qui brillait derrière lui. Les plis de la bouche
tideur ;
il- fléchissaient un j - bords sous le
ilontaire, pu •
- irt d'une ferm
; la blancheur mate el >;iin<- du
marbre >-xp' ■-<• à l'air; l'ombre Forte de ses
cheveux noirs flottant sut - quel-
ir ''ii relevait la pâleur. Il
pench . un peu en avant, |>.ir lu
tuelle de la réflexion plus ■ <|u>' par l'attitude du marchant ainsi
i lueur
son auréole d< i r p i *< .;i mar-
d'une âme. roui pensait, toul
qui la portait.
soleil du matin -tir le fond bleu
el lumineux du firmament. Je n'osais pas lui
déranger le
land il
répondait brièvement au vieux Fermii timbrée, creuse et grave comme le son d'une dalle de marbre amincie el sans Fêlure sous le petit marteau du polisseur; son accent ne eau sait pas, il chantait. On eût dit que tout était hymne dans cette poitrine, jusqu'à oui et
1 •• père 1 ilaud me jetait par moments un regard d'intelligence, à la dérobée, ihhh- me <lin- : o Voyez si le tailleur de pierres n'est pas tel que je vous ai dit. » Puis il hochait un peu ses cheveux blancs, pour se dire à lui-même : « Je doute <|u<- monsieur lui Fasse entendre raison. »
Non- arrivâmes aux cèdres, le montrai le haut du mur éraillé au tailleur de pierres. Il déplia sa toise pliée en éventail el marquée en pieds, pouces el lignes, pour mesurer le nombre el l'épaisseur des dalles que je demandais.
« C'esl i.. ut de toises, me dit-il en se rapprochant.
— Eh bien ! Faites-les moi le plus tôt possible. Voilà ma i arrière, ■< deux pas d'ici, d'où von-