CHAPITRE ONZIÈME
«montai !<• dimanche suivant, je ">T\#I a "' lr""v'n au fond du ravin, à peu ^/2^^f^$ I"'1"- à l'endroit où son Frère l'aveu- }£±, -&j\ gle était tombé ou s'étail jeté dans la nuil de son désespoir. Il était assis non loin de ses chèvres qui broutaienl l'extrémité des jeunes tiges sur les escarpements des deux bords ■ lu ravin. Le bruil qu'elles Faisaienl en secoua ni les jeunes branches, en détachant le sous leurs sabots de corne, el le petil çazouil-
lemenl du ruisseau sur !<•? cailloux de son lil empêchaient < .1 tude de m'entendre. Il él pied d'un sorbier dont les Feuil décou| • • pleuvoir sur lui et sur
l'herbe .minur de lui de légers rayons 'lu soleil dans l'ombre, comme di - lucioles vivantes se poursuivant la nuit mit le bord d'un large !>.•- multitudes d'oiseaux chantaient, sifflaient . gazouillaient , volaient parmi les branches de chêne, 'l<- Frêne, de hêtre, de ceri . ,,, dessus de sa tête. Des fleurs • bres et d'humidité nuançaient çà et là le tapis déchiré de
' . . i ; fT. - ~ et en bouquets jusque sur \<- lit du ranime pour respirer l'eau qu'elles parfumaient ;i leur tour. L'air du midi tombant 'J'im ciel calme et embrasé s'insinuait à travers ce dôme d'arbustes • la fraîcheur
ordinaire du ravin. On ne voyait à lrav< branches que de p''tit> pans de ciel bleu, qui faisaient paraître la verdure 'le- feuilles plus
firmament. l<-> moucherons -'•■ Il ippa ent p i haque fois qu'un oise iu •' tait pour boire. Il- flottaient comme de petites
- au dessus de l'écu du
et le rayon du soleil, <-n ]<■- traversant, les faisait reluire de toutes les i ouleurs de leurs ailes ">mm<- des arcs-en les
débordante.
Au milieu de ce site, bien plus em pour Claude que pour moi, puisqu'il était la scène de son enfance, de toute sa vie, el qu'il le revêtait, pour ainsi dire, de toutes ses impressions, de tous ses souvenirs, Claude semblait absorbé dans la contemplation de ce qui l'entourait. On eûl dit qu'il Faisait partie vivante, végétante ou pétrifiée de la terre, el qu'il y était aussi enraciné que le tronc du sorbier contre lequel il s'appuyait. Je me gardai bien de le déranger par aucun bruit imporl prématuré; j'étais curieux de voir vivre el d'entendre respirer cet homme devant Dieu
seul.
Il y était, en effet, comme toujours, par la pensée et par l'adoration; mais il ne se doutait pas qu'il y avait un regard et une oreille entre son finie et Dieu.
H traçait avec distraction des lignes sur le sable avec la branche de noisetier encore feuil-
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lu.» an bout qu'il tenait à la main. Il rouler «lu pie le sable ou de
- l'eau en paraissant >•• outi • lin charme le petit bruit de cloche plainhutes Faisaient rendre au I Il appi : nom tantôt une
tantôt l'autre; il sifflait son chien; il suivait «le l'œil !•• papil - sur l'eau ; il
intôt sur un bras, tantôt sur l'autre ; il Fermait et il rouvrait tour à ' lourde | itenir ou pour
îs. Il avait '!<• lon^s
souffle que ~'il eût été mort, | népuisables respira-
it voulu épancher • haleine. On voyait qu'il y avait à du mouvement dat âme, et qu'elle ressemblait à la mer qui coupe
stueuses
. ! ' intérieur
ê\ idemment fur lui
Que n' •■ pour traduire en
"•■ invocation
1 i I MI.IFUR DE PI E II K ES
muette qui se passai! toute ainsi 'Mitre ses lèvres el -"N cœur! On n'a jamais noté les palpitations d'une .'une simple, plus belles sans doute mille f'M>. que les hymnes des poètes et les prières savantes el étudiées de ceux qui Font profession d'enthousiasme el de contemplation. 11 ne me fut pas donné d'en saisir autre chose que la contre-empreinte sur sa physionomie, dans son attitude, dans ses gestes, el quelque Fois le nom de Dieu qu'il prononçai! en inclinant le front ou en élevant ses regards vers la cime des arbres. Mais dans l'accenl avec lequel il prononçai! ce nom, il y avait toute une révélation de la présence el de la sainteté de son Créateur. J'entendis distinctement aussi le nom de Denise, el ces mois huit ou dix fois répétés : Es-tu là? — Me vois-tu? Est-ce toi, Denise, qui me réponds dans l'âme? Dis-moi donc quand il flaira au bon Dieu de non- réunir? — Je suis bien impatient peut être, n'es! ce pas? Ces! bien mal à moi de ne pas savoir attendre la volonté de là haut que tu sais, toi ! Mais la montagne est si seule sans toi ! Ol>ti<*ndune- du bon Dieu <|u'il ail pitié de Claude !
Denise! Denise! que la vie me dure! » h
quelques autres paroles confuses el entrecoupées comme celles là. Puis, comme s'il eùl eu honte de son impatience, el comme s'il eùl le s'attendrir ainsi sur lui-même, il se
istemeni