‹ Le tailleur de pierres de Saint-PointChapitre 30 sur 38 · OINT · texte numérisé non relu

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soleil (ju'il apercevait en haut sur l'extrémité du ravin, el remonta lentemenl la § >« - 1 1 r »- de té. J.- fis alors du bruil dans les feuilles et quelques pas, comme si je venais d'arriver seulement aux Huttes, el comme si je cherchais Claude vers l'enclos de roi hes. A ce bruit, il me reconnut, remonta t<>m à Fait, me salua, son bonnel ;■ la main el ses cheveux au vent. Je lui serrai la m. un avec un sentiment d'amitable que je reconnus dans l'impression forte <•( confiante de sa propre main. Nous allâmes, en causant de la beauté de la et de la sérénité du jour, sous le

grand châtaignier, dont ses feux de bergei m enfance avaient creusé le tron el nés.

Après avoir ramené insensiblement >-i par de el flexibles détours la conversation sur

lui-mén ? ;ui sa ■.■•■ passée:* 1 h bien ! Claude,

lui dis-je, étie2 vous suffisamment heureux dans

■ de dévouement à ; lendanl

.i-t m- pensiez vous

.m h ides, i Dieu el aux

sur ses perfer-

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tioii5 et sur votre destinée aprè tence?

— Oli ! monsieur, me répondit-il, je pensais bien aussi el trop souvent à antre chose, au pays, a la montagne, à m i mère, à mon Frère, à ma petite sœur et à Denise. Plus j'es de ehassef ces idées qui me rendaient le teau si lourd dans la main et le goût <lu pain si amer, plusi .aient toujours mal-

gré moi. Mes camarades se moquaient de moi ■ ■il badinanl et m'appelaient le songeur, u Dis donc, Glande! me disaient-ils, est-eequetu as oublié quelqu'un dan- les étoiles, ou est ce que tu as perdu quelque chose dans les mont que tu regardes ainsi, en soupirant, toujours '•n haut? » Je devenais tout rouge, monsieur, et je ne savais quoi répondre. Hélas ! ce n'était que trop vrai que j'avais tout laissé et tout perdu sur les hauteurs; el toutes les Fois qu'en sortant des villes pour me promener les diman-

h traversant les plaines 'l'un pays,

i le montagnes comme celle ci et une Fumée de hutte ou de bûcheron montant de derrière des sapins, je ne pouvais en détacher mes yeux. Quand je portais la main pour mieux voir, je ramenais mes doigts tout mouillés. Je me dis comme chez

nous ! Il va peut-être là des ravins, des rpches, des chevreaux qui bro aux qui cou-

lent en chantant par les rigoles, un !

Dl SAINT POINT JJJ

l'on jetl fleuris pour Faire la soupe

de la Famille; une vieille mère, une l ■«-! le fian-

■ !... o El puis, j'' :

jambes e je ne pouvais plus mar-

cher, et <|ue j'étais forcé de m'asseoir sur le I i f issë en I

d'un u

En un mot, monsieur, j'avais ce que nous ap-

. le mal du pays, la maladie

nie que nous maladie

du pauvre monde qui, n'aj

.1 aimer autour d'eux, se mettent à aimer le

le |>'-ii-<' que

, si mi le transplan-

lil la motte de

qui a nourri -

■ moment, le la nuit, je me donnais tout seul un moùsir en me disant :

is librement à eux. Qu'est-ce qu'ils disent ? Ç - 'ils font là I. ■

0 Voilà la nuit, ils rentrent a la hutte, ils rallument l<- f<'u pour le •

pouf aller nettoyer

2 3 4 'F r A I L LE U R D f PII

le pré on l'auge; voilà midi, ils mangent ensemble à l'ombre du foyard au coin du champ; voilà le soir, ils se reposent sur la porte et ils font peut être leur- prières en pensant à moi! Voilà le printemps, ils lavent le:- agneaux à la Fontaine; voilà l'été, ils Rapportent sur l'aire devant la maison les gerbes 'l'on pendent des pavots coupés et qui sonnent comme des fils Hé laiton quand elles sont sèches et (pie le fléau tombe dessus. Denise, ma mère <-t ma sœur les foulent les pie, I- nu-, pendant quemon pauvre frère écosse les pois toul seul dans uw coin de la cour, de peur qu'il ne blesse quelqu'un avec son fléau. Voilà l'automne, ils battent l< taigniers. Voilà l'hiver, ils se chauffent a la lueur ■ lu creusieu, à la chaleur des moutons dans l'écurie, eu iill.iui le chanvre ou en < assant les noisettes pour Turc l'huile. Mais combien sontils? Ma mère y est-elle encore? l-i elle bien voûtée? Ses mains, qui commençaient à maigrir, tremblent elles? Y a-t-il de nouveaux enfants autour des tabliers 'I'-- femmes ou (landes berceaux au pied du lit? " Ah! monsieur, je ne pouvais plu- jamais m'arrêler, une f<>ique je me dessinais en idée toutes ces choses devant le- veux, et que je me faisais eu moimême toutes ces questions auxquelles je me répondais, sans savoir, tantôt d'une manière, tantôt d'une autre. C'étaient comme des réveillés, quoi !

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