‹ Le tailleur de pierres de Saint-PointChapitre 4 sur 38 · DF S*1\T POINT · texte numérisé non relu

DF S*1\T POINT

allez : imbien

vous voulez avoir par | I

— Je n'en «ais rien, répondit-il avec un embarras visible et louchant.

— I • qui !•■ s iura, lui dis-je, si • •• n'esl vous? C ra donc moi to

— Non, monsieur, répliqua-Nil avec une timidité plus qui lit

nés et rougir légèrement ■. Ni vous i Dieu.

— Comment, Dieu! m'écriai-je.

— Oui, ajouta-t-il, il n'y a que lui qui Sache

n de temps j'emploierai a tirer les pierres de i lier e( à les polir.

Quaii'J fil.-- seront : pterai ce qu'il me Faudra juste pour ma nourriture, rien pour ma peine, m eine, ce n'est pas l'homme, i 'est Dieu qui l*im| qui l.i chambre, sur

- arbres a l'oml : peut-être plus que

1 oulanl

iturellemenl d omme la res-

piration, enl non de défi, •!>• su pré-

■ .1.- la

im passion, me frap-

i le heurter en

lui une

5 4 LE TAILLEUR DE P 1 E R lî F S

conversation dont il aurait pu se défier. Je ne mollirai sur mon visage ni étonnement ni peine.

« Eli bien! dis-je au père Litaud, conduisezle à la carrière, el mettez le à l'ouvrage. » Je rentrai.

Une demi-heure après, j'entendais de ma ■ les coups retentissants du pic, chutes sourdes des Mue- de pierres <|ui roulaient du haut de la carrière dans le fond du ravin.

)■• repartis le soir de Saint-Point.

Trois semaines après, je revins m'y établir avec la famille pour y passer le reste de l'été. En me réveillant, le lendemain de mon arrivée, je n'entendis aucun coup de pic ou de marteau dans la carrière. J'y allai : elle était vide. Il \ avait seulement au Fond un petit monceau de pierres grises nouvellement détachées des parois el deux ou trois dalles ébauchées sur le boni. Je courus chez le père Litaud pour lui demander raison de cet ouvrage pressé, convenu >•! abandonné.

— Je n'en sais rien, me dit-il, Claude 'le-

tillé quelques . un ma-

ie l'ai plus vu. L'idée lui jurj chanté aulisais bien, monsieur, il n'y

■ eu, qui priment leurs m hommi

■ • qu'il se sera 'lit :

o Je suis l'ouvrier <lu pauvre mondi travaille |->our les messieurs, les pauvn ronl plus personne qui travaille pour <-ux ; l'hiver viendra, les maisons ne seront p

mt pas réparées, les •-. le grain souffrira, ' périra, les enfants crieront I

i Faute. Dieu m'en demandera compte. 1

toujours des ouvriers pour de l'argent, l'oui maître 'lu jardin n'est pas pn

. mais elles ne souffrent pas.

I » Ou bienquelque chose comme

- je, moi ! On - enten-

l'homme lui 'lit tout bas,

Si monsieur le désire, j'ira

— Non, dis-je ■ m vieillard, j'irai moi-même;

eulement 'lu doigt sa demeure. «

élevant le bras

mmel de la chaîne de mon-

j6 I E 1 A ILLEUR DE PIERRES RE SAINT-POINT

tagnes du levant; il me fit remarquer presque à l'extrémité «lu faite, u droite d'un bouquet de huit ou dix grands châtaigniers, à gauche d'une roche grise qui fumail d'une légère brume comme le fond d'une cascade, deux ou trois points blancs dans les genêts d'or.

— « Ce sont ses chevreaux, monsieur, me dit-il; la maison n'est pas loin, mais vous ne pouvez pas la voir d'ici. Le toit est caché par l'angle de ce mamelon et par les branches de

r qui sont plus hautes que le mur et qui rampent sur le chaume. On voit seulement la fumée l'hiver, quand il bride un fagot de bruyères pour réchauffer les petits de ses < hèvres.

— C'est bien, lui dis-je, je connais la tagne, je n'ai pas besoin de route pour m'y guider. N'y ai-je pas gardé les chèvres aussi quand j'étais petit ! »

mïmi&mm&ï

( Il \ I' I T R E TROIS 1 1 M I:

' !■. m lous ; j'enlevai \>-~

Vg^J ""o-rr grelots i m :hien pour <|u'il

PaJv -^o^ n'épout i il '' pas les • he\

pas Clan le ei ouranl devant moi ; je m fusil, ce bal n lier du

e la vall< n

-. el je • omn

l'abord ■ - de la monl

}S IF rAILLELU DE PIERRES

le matin d'un dimanche; je ne rencontrais personne dans les champs; le jour était long devant moi, je me retournai- el je m'asseyais de temps en temps sur les racines d'un châtaignier pour jeter un long regard sur le bassin qui se creusait, de halte en halte, davantage sou- mes veux. L<' soleil avail dépassé oisif la moitié du pan de ciel qu'il semble mesurer sur la vallée, el il penchait déjà un peu vers la montagne opposée, quand j'approchai de ce hameau ruiné des Huttes d'où le tailleur de pierres recevait sans doute son nom. Je n'y étais pas monté depuis l'a je de onze an-, où ma mère m'avail retiré de la société des petits chevriers 'lu pays pour me mettre dans le moule commun 'In collège, dans la société des régents, des écoliers el des livtv-. J'y montais une fois ou deux par an, à cette heureuse époque de mon enfance, avec intes de la maison, pour acheter des cabris au printemps el des châtaignes écoi automne 'lui- les deux ou trois cabanes qui corn pi isaienl alors ce hameau.

le reconnaissais bien les arbres, les - -•ai- !■■- cressons el sous I'-- pervenches, les

sortent comm la terre du lit

it plus.

Je n'a| :■• deux

. Quelques ron- - rampaient reau qu'on appelle soyer dans .

que <|ui s'attache «le lui-même à la dem mme, comme la m

l'ortie s'

'un mur percé d'u

■ ;.\ et immortel dont . et dont l'écoi les Feuilles v< aime le

mblent survivre aux siè< les el prei

• ■rations humaines qui pasîds.

Ce -; tumé. Fi

creux du ravin, sur I»- bord d'un filet

.ut, et <|ui conduisait jadis

: . ris -'m- les

du dernier hiver, que les vents

du rav. liai quelque temps au bruit

Le ravin, d'abord plein d'humidité et de nuit, serpentait, tantôt étroit, tantôt large, entre deux parois de granit décomposé <|ui fondait en sable de différentes couleurs, rouge, jaune-gris, verdâtre, comme ces galets <\<- yen antique qu'on trouve dans les sables de la mer de Syrie. Des troncs de cerisiers sauvages, de platanes dentelés el de mélèzes, arbres durs au froid, s'y penchaient l'un vers l'autre des deux bords supérieurs de la gorge, et formaient, en s'entrelaça ni au-dessus, une- haute voûte de feuillages immobiles. Les pas j résonnaient comme sous une nef de cathédrale. Un doux frisson eourait sur la peau comme si l'on eûl marché dans l'avenue d'un mystère. Quelques merles noirs traversaient seuls d'un vol effrayé ce ravin. Mais bientôt il s'éclaircissait, comme si on eût allumé une lampe au-dessus des feuilles transparentes. On apercevait quelques |><'iiN pans de ciel l >1< -i i à travers les feuilles, comme des morceaux de lapis dans un plafond. L'-^ arbres s'écartaient, le sentier remontait à droite vers le bord de la gorge el vers le jour par une pente rapide, le i ma gauche quelques flaques d'eau verte

fl F SAINT POINT

au Fond de ce qu'on appelle un jb'nue en lan- . Quand je fus parvenu au niveau du sol, la demeuredu tailleur de ,

C'était une masure informe <le pierres

.lient, adossée à un grand bloc carré de sur laquelle on voyait encore debout, n. •• et sans toit, les murs de la troisième cabane du hameau des tée autrefois. La plate-forme de celte roche, qui avait servi de piédestal à cotte hutte de chevrier, était jonchée >l<- tuiles

pulvéri - par les pieds des animaux, d

une extrémité portait en- :• le mur, <-t dont l'autre bout pendait pport vers le sol; enfin de vieux lamléchirés du toit <-t tourbillonnant au vent. L 1 suie noir itre un eau de

pi marquait e du foy< imille <J'- monl

'. - murailles en ruine,

lit de torreul par l'écoulement <!>•> eaux de souri ••- el des pluies, form tii te de

42 !. h l'A ILLEUR DO PIERRES

cade pleuvait à petil bruit dans le ravin. C'était de ce côte qu'ouvrait jadis la fenêtre basse de la cabane tournée au nord. Un immense lierre* les racines dans l'eau, encadrait déjà, «le mon temps, cette Fenêtre et ce côté de mur. M nant, il remplissait l'ouverture tout entière d'une gerbe touffue de «es feuille- el de ses grappes noire-, comme .-'il eût porté des fruits de deuil sur la ruine de la maison qui l'avait nourri. Il s'accrochait aux «olives, aux jambages de la cheminée, à l'entablement de la porte; il se hérissai! en corniches débordantes au sommet de chaque pan de mur el sur les rebords même de la roche comme un chien couché sur son maître mort, qui l'étreinl de ses pattes, qui le couvre de son corps, el qui semble délice les hommes de lui euh ver la dépouille de celui qui l'a .unie.

Claude n'avait pas essaye de ri lever la maison éboulée de sa famille et de s'y refaire un asile à lui-même. Rien n'aurait été plus facile quand la pierre, le bois, les tuiles étaienl encore sains. Pourquoi avait-il préféré se g pied di :1 ■: -, -"ii- une espèce de concavité

qui forn

coucher là comme un mon. liant sous la Dieu I" ■ Fui par quelque su-

perstition secrète du cœur pour le toit <>u il ■ l'horreur de -

de I" sentir si vide après l'avoir vu si plein. Car ce n'était : I Faisait toutes

. .me- pour rien pins de travail qu'il n'en eût Fallu pour relevé ilide c i-

bane de sa mère.

Quoi qu'il <mi soit, sa m u plutôt

espèce de cave

ir les eaux ou par l'éboulement

d'une partie des parois, dans le flanc même du

• était peu profonde,

il y avait ajouté deux petits mur- <l>- pierres in-

Formes et la plupart triangulaires de granit roulé.

Ces pi(

les autres, de manière cependant que les an-

>senl dans les

mme les murs

■ens qu'on voit en Étrurie,

qui les a bâtis de la nature ou de l'homme Ces

deux m lient 'le

quelques pas sur la rocaille en pente, mêlée de quelques touffes de buis; un autre mur pareil les rejoignait. Il était percé, en Face de la vallée, d'une porte basse et d'une lucarne à côté Fermée d'une botte île genêts encore en fleurs. La porte, bâtie «le trois morceaux de planches vermoulues évidemment empruntées au débris du plancher de la cabane supérieure, n'avait d'autre serrure qu'un loquet de bois levé par une ficelle qui pendait dehors le jour et qui rentrait la nuit par un petit trou au-dessus du loquet dans l'intérieur de la hutte. La partie du toit qui -'aiia' hait au rocher et qui en débordait de quelques toises était couverte, au lieu de chaume, de petits balais de genêts Fortement liés le- uns aux autre- par de grosses cordes de paille d'avoine tordue, sur lesquelles

! i pluie et croi ;saienl des touffes de pa riétaire. Le roc lui-même servait de toit naturel au Fond de la cabane. On voyait encore sur ce rebord proéminent du rocher les restes d'une galerie soutenue par une vieille poutre, et décorée d'un débris de balustrade cl d'une <>u deux marches d'escalier, qui était autrefois le porche rustique de la maison. Le- lierres chevelus dont j'ai parlé, qui envahissaient à présent toute l'antique demeure, débordaient de

ilerie en ruine jusque sur le toit de la nouvelle hutte. Un cognassier tortueux, quelers aux perles noires el une im-

MNTPOINT l

oche d'aubépine, \ ■ . i llaires,

1 ins une corniche naturelle

■ lu roc. Il- pendaient de là avec leurs branches,

: -. leurs fruit.- el leurs Heurs sur le toit.

Il- le recouvraient presque ">m entierde Feuilles

•l>' Feuilles vertes <■( de neig forante

d'aubépine. J>- fus étonné de voir parmi ces branches deux <>u trois nids de petits des hauteurs. Il- couvaient leurs œufs en me ml <lu Fond de l'ombre des Feuilles. Ils i mon approche, comme s'ils eussent par instinct le sentiment d'une confiante sécurité. Les lézards du mur

. (>lll-.

fi< elle du loquet de bois, i

Irai dans la cabai n appelant Claude des

bane était vide. J'> jetai rapidement un coup d'oeil pour juger des mœurs >•! '!>•- habitudes de l'homme par I' habitat on. rie de ce

pauvre , I ■ rond de la

quelques pieds plus élevé que le plancher, me espèi e de lit de pie

f, à la taille d'un homme.

Ce lit avait le rocher en voûte pour plafond; il était recouvert, au lieu de matelas, -l'une litière <!>■ paille d'avoine, mêlée de foin de fines herbes des montagnes. Une botte de genêts servait d'oreiller. Trois on quatre peaux noires de mouton, roulée- au pied de cette couche, servaient de couverture en hiver. A coté de cet enfoncement, une robe de femme, galonnée de velours sur les coutures, pendait à Un clou avec une petite croix d'or ou de laiton sur la poitrine : c'était la seule décoration de la cabane, les lares apparemment de la maison. Un peu plus loin, contre le mur de pierres sauvages, on voyait un petit foyer couvert d'une pincée de cendres blanches de genêts, La fumée qui avait noirci dans cet endroit les piei

s'échappait par l'interstice de deux blocs de granit ménagé pour cet usage par le hasard et qui se fermait, quand le foyer était mort, par un bouchon d'herbes sèches. Le reste du plancher de la caban uverl tout en-

tier d'une litière épaisse et propre de bruyères et de fougères vertes, sur laquelle étaient imprimées '-n creux les places que les chie ■ lièvres ou les chevreaux avaient affaissées de leur poids pendant la nuit. Pour toute provision, «Mi voyait des régimes de mais ,! l'an passé, suspendus à une poutre du toit, dont les paysans de ces montagnes font griller

tins sous la cendre; des châtaignes écor-

- au four qu'on fait cuire dans du lait, qu chèvre, durs

comme !»•> cailloux dont ils ont la forme, el un gros pain d<- seigle entamé,

mmençaient à velouter d'un dues pour lillir les pommes de terr .

clie de cuir luisant, emmanchée d'un !.>,.

fer, poui- puiser et boire à la source, - seuls ameublen

la cabane. J par la

porte ma maison qui brillait à l'horizoï .

imbres remplies de meubles utiles ou fotjles, de tous les serviteurs <-t de toutes les nécessités d'une civilisation in-

: je r.-portai mon regard sur le mobi- Claude des Huttes et je sorti- en di-

— Voila donc le homme. »

Je refermai la porte et j'appelai du I

lier redit le nom de

son habitant. Je m'acheminai alors plus haut, çà et là, pour découvrir l'homme et les chèvres. Un sentier imperceptible à tout autre œil qu'à l'œil 'lu chasseur, tracé par une légère inflexion du gazon sous les pas, et par quelques fougères donl une ou deux Feuilles avaient été récemment brisées par la corne des chevreaux, me guida au revers d'un mamelon entouré de pierres grises, à une centaine de pas environ pardessus la cascade. Un énorme bloc de rocher, semblable à celui qui portait l'ancienne maison, sortait de terre comme une tour de géant an milieu de ce mamelon. Une herbe fine comme le velours de s,, ,,• verte i autour. Je fis lentement le tour de ce rocher, donl I"' sommet me paraissait inabordable sans échelle; puis je trouvai une espèce de cassure entre ses p< -, el des degrqs naturels el inégaux qui en facilitaient l'accès. Je les gravis pour découvrir de plus haut tout ce qui pouvait habiter ces sommets et ces gorges, <>u la terre, la pierre el l'eau semblent vouloir se dérober sous les plis multipliés du sol. Parvenu au sommet, une pente douce me conduisit du côté du midi, au pied de ce rocher que je croyais de t. mies parts inaccessible. Il était de niveau de ce côté avec une petite enceinte de pelouse fleurie, toute murée de roches moussues, en-

les une, sur les autres comme un pan

de jardin préservé par le hasard dans I i

•poiN r

•ment d'un vieil édifice. En mettant l<

ml d'un re- ■rd, j'aperçus t < • 1 1 1 ce que je

v de la pluie ; le >n|«-il de

midi, q en plein, réverbéré encore

ineux des roches graniti-

- rayonnements el des tiédeurs iteurs au-dessus des . On y respirait le printem|

bourdonnaie

>ns qu'il- rei • >-i dire |>.il-

pables. i i ' lutres hôtes •

que l'i tuvert cet al

. pullulaient au pied des roches :

par le

i -m- les mou 'lu mi . I -

i profusion; •>ii des milliers

él

O II r Al ILEU R DE P I ER R ES

cinq Feuilles qui pleuvaienl ~\w le L'herbe, quoique inculte, semblait peigti le râteau. L>' chasseur, en découvrant cette solitude dans la solitude, à la Fois gracieuse et sévère, rayonnante et recueillie, murée et fleu i incertain si le morceau de terre qu'il avait sous les yeux était un verger, un jardin ou un sanctuaire de mort, paré de IV la piété d'un village abandonné. Ou plutôt, 'était en réalité quelque chose qui partit ipail «Je ces deux natures, une espèce de jardin funèbre, où la vie disputait le sol à la mort, et où, en voyant tout à la fois de l'herbe, de fleurs, des animaux paissant, des oiseaux chantant, et ces monticules de gazon qui semblent les plis de la couverture de l'homme dans son dernier lit, on hésite entre la joie et le plaisir, et l'on reste à contempler en silence, sans savoir -i iuir ou s'attristen Telle fut

la première impression produite sur moi ('.•lire charmant asile de soleil, de silence et de repos.

A peine avais-je posé le pied sur cette het'be en fleurs pour en faire le tour, qu'un ë et inexplicable ?pecta< le attira mon regard el

>OI \ i s <

suspendit mon \^- commencé. A vi

■ - Frusi - iu sommet de

le bleu du < n'\ : l'un sortait de ornme l<- tron<

.|>-ii»..li ; l'au

*-• j 11 i 1 1 1 >i-< • sur ce tronçon; le troisièm . • omme un dé au milieu du se-

cond I

intention du constructeur,

. dont les di-

iteur semblaient dépasser

- de l'homme. L'n>- des branches de

he d'une

telle inclinaison, qu'elle semblait attester dans

imenl semi-druidique un jeu irrégulier

et inhabile des utôl qu'une combi-

. I lix sau-

iti i gro

tour les sept ou huit tombes de ces huttes? • habitants qi

pour ''il r.iii-"'

me 'l>- leur n de leur

immort ■< dire. Les

- des lichens,

mbres de la pluie, les mousses

ciden-

espèce de végétations saxillaires et de velours fins et diversement coloriés. Des touffes de bruyères violettes pendaient, les Heurs renversées, des branches de la croix; un lierre rampant et des ronces vigoure lient de toutes parts ail tronc principal el Form iii sommet un couronnement de Feuilles touffues, de rameaux entrelacés, de fleurs, de grappes et d'épines, qui rappelaient la couronne symbolique du supplice sur le Fronl du juste crucifié. Deux chevreaux blancs comme la ne cet instinct qui porte ces animaux aux escarpements, étaient couchés l'un en face de l'autre sur chacune des branches transversales de cette croix, leurs jambes de devant repliées sous le ventre, et leurs têtes barbues se dessinant comme nue corniche antique sur le bleu du firmament.

Je serrai le cordon de mon chien contre moi, et je lui fis signe du doigt de se taire, pour qu'il ne dérangeât pas cette admirable disposition du caprice des chèvres el du hasard de la nature, devanl mes veux.

Au pied de ce groupe de pierres el d'aï maux, Claude des Huttes dorm i

DfSM\r POINT

l'herbe.

lit d'oreiller. Son autre br étendu .-( porté sur le <lo- d'un chien noir à

- . couché el dorm ml de lui. On voyait qu'il s'était endormi en le . un peu tempéré, tombait d'aplomb, en s'éloignent, sur l'homme

-• mblail les pénétrer el les fondre de sea feux, comme si l'herbe, I :

ment bénir - . chien, cinq ou -ix mouton-, dont la laine d'hiver sous l<;

•es les ■ l>-- autres,

ters l<- moyeu, temenl l'ombre de -. Une belle chèvre tachetée de blanc '•i de noir, la mamelle pleine et rebondie comme uni- ouïr.' de lait, était couché

le Claude, dans un.- attitude <{•■ repos, de bien-être «-t de complète sécurité. Elle ap- ; m belle tête, plantée

de deux longues cornes luisantes, sur le cou -l'un t: • hevreau Uanc - .

Les sabots 'I - charmantes bêtes, polis

par l'herbe, l>rillai«-ni comme des cailloux

l'eau 'l'un ruisseau. Les yeux de la mèra. rêveurs

Ï<V 1-t TAILLEUR DE PIEKKES

semblaient penser. Ils se portaient tour à tour du maître .1 ses petits, du chien aux moutons, iii-~ roches à l'herbe, comme si elle eût rassemblé voluptueusement dans -"ii regard tout e<- tableau de paix dont elle Faisait partie. Quelques lapin- broutaient le serpolet de la pelouse à côté du chien, des chèvres el de l'homme, sans s'effrayer même de mes pas. On voyait que Claude avait appris à son chien u les regarder comme <lu troupeau. Sept ou huit pruniers <•! deux cerisiers, aux troncs maigres et courbés par les vents, croissaient à quelques pas de là, à l'abri d'une rangée de lilocs de granil plus haut- que le reste de l'enceinte. Leurs (leurs tardives, qui commençaient cependant a tomber, pleuvaienl par fl ■ chaque ébranlement insensible de l'air. Ils Faisaient flotter m mbre légère entremêlée de

clarté sur le gazon.

La nature sait combien les dernières cimes des montagnes sont froides et battues des vents. Elle n'y Tait croître que des a H 1 maigre

Feuillage, dont l'ombre légère el mobile n'est qu'un éventail étroit el transparent su .1.' la terre. Cette ombre des pruniers el des cerisiers en Fleurs n'atteignait pas les pieds du tailleur de pierre endormi. Contre les blocs, derrière ces arbres, on voyait sepl ruches avec nu priii toit pointu de paille portées sur autant de pierres qui leur - piédestal pour

Df SAIN I POIN !

!■• l'humidité pendant les pluie-.

C<< ri ms, bruissaienl sour-

dement comme une flamme dans le bo

!<•-. rëchaufl ■'■•il, sortaient

>■• rentraient en Foule, volant autour de l'homme

et se posant même sur son bras et -ur son

elles coni i

nimaux domestique, la main qui

j'élevai I

tout auprès de la tête du paysan. Son bâton

t pas voulu la démolir pour ne pas dé-

t ru ire une ville laborieusement bâtie \

hitectes du l»>u Dieu, comme il me le ■ lit apn

tient leurs j'>li.-i têtes éveillées entre les fentes des pierres, '<u se |

ndre de passer <ur les |m>"I-, sur les mains et jusque sur

• du chien. On rùi » I î f qu'un esprit de douceur • ■' d'am la paix

Ml

menl at-

<,û LF TAILLEUR DE PIERRES

maintenant d'y porter le trouble en réveillant Claude pour l'interroger. Si j'avais pu me retirer en silence et sans avoir été aperçu, je serais revenu sur mes pas. Mais, au moment où je me retournais pour aller attendre à la porte 'J'' sa cabane le réveil et le retour du tailleur <lc pierres, son chien flaira le mien. Il se dressa sur ses pattes de derrière en regardant de mon côté, et, élevant son museau vers le ciel comme font les chiens en détresse ou surpris par un objet inattendu, il jeta un long hurlement d'angoisse et d'effroi pour éveiller son maître. Claude se releva sur son séant, regarda vers moi, me reconnut et fil quelques pas pour m'aborder avec un visible eml Je m'avançai moi-même alors avec un visage souriant pour le rassurer, et lui prenant la niiiiu : — a je vois ce que c'est, Claude, lui dis-je; vous vous sentez en faute envers mol, el vous avez peur que je ne vienne vous reprocher d'avoir déserté mon chantier. Rassurezvous, rasseyez-vous où vous étiez là, au milieu de votre famille de chèvres, de moutons, de lézards, d'abeilles el de chien. Tout cela est de la même famille que nous, c'est-ce pas? le les comprends et je les aime comme vous. Puisque l<* bon Dieu ne s'est pas trouvé trop grand pour les faire, nous ne devons pas nous trouver trop grands pour les fréquenter. » — Le chien se tut, la chèvre ne se leva pas de on

- continuèrent a bêler, - leurs jambes, les lézards

à courir, les abeilles à bourdonner. Nous nous assîmes au soleil, l'un vis-à-vis de l'autre, lui mit son monticule, moi sur le mien, la tête dans la lumière du ciel, les pieds dans l'herbe de quelque sillon de t.>ml><- Fermée et oubliée • vert linceul '!'■ gazon embaumé «le- Heurs, <-t nous eûmes ensemble l'entretien que ■ lui.

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