‹ Le tailleur de pierres de Saint-PointChapitre 31 sur 38 · HE S A I \ T - P G L N I · texte numérisé non relu

HE S A I \ T - P G L N I

- le temps s'écoulait, ••( plus ces penramponnaienl à mon esprit, comme ces qui se cramponnent d'autant |>lu- à ces murs qu'ils vieillissent plus. Enfin je n'y pouvais quelquefois (»lu- tenir. Je me disais : « AI Ions, retournons-} demain; n'y a-t-il pas sepl ans? N i imbé assez de neiges et de

- sur le sentier où nous no mes 'II' adieu, Denise et moi? Pense-t-elle à mlement, maintenant, autrement que comme une sœur pense à un Frère absent? N'est-

i heureuse depuis si longtemps .'

• plusieurs petits <|wi pendent à sa • sur -ni -''m en ail

e autrerois l'un pour l'autre, n'est-elle pas passée des milliers de fois de son cœur, comme l'eau de

• fondue au printemps i p ■ les mil

liera de fois dans le 1 i » du ravin, sans qu'on Peut-être qu'ils seront bien aises de me pi (traire?

Peut-être que ma mère me demande à m>i> lit de mort.? Peut-être qu'ils ont i>lu> -I" bouches a noun i qu'ils n'ont de bras pour

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piocher, pour semer et pour moissonner? Peutêtre qu'ils ont besoin d'un ouvrier, qu'ils n'ont point de gages à donner à un valet ou à une servante, et qu'ils disent (.Mitre eux : « Ah! si Claude était là ! » Il me semblait les entendre, monsieur, tout comme s'ils avaient parlé à côté de moi, à mon oreille.

A la fin, sans m'en rendre bien compte à moi-même, je me rapprochai insensiblement du pays, comme la mouche qui tourne autour de la lampe quand même on lâchasse pourl'em pécher de s'y brûler. Je vins travailler de Toulon à Barcelonnette dans les Basses Alpes, puis à Grenoble, puis aux carrières de Vienne en Dauphiné, puis aux carrières de Couson sur la Saône, où l'on taille des pierres pour la ville de Lyon, puis à Beileville, puis à Villefram Beaujolais, puis à Mâcon, d*où l'on voit le revers des montagnes où sonl les Hutte- noircies le soir comme un mur à moitié démoli, contre

le i tel. Ah ! i fois que je lus là, je retenais

bien encore mes pieds par ma volonté, monsieur-, mais je ne pouvais plus retenir mes yeux. Aussitôt que je les levais de dessus ma pierre

.- uni

<le taille, lient d'eux-mêmes ■

-i dur, monsieur, de me dire : • D.in- sept heures de marche tu te conêtre, tu verque tu veux voir ! Eh bien, non ! tu n'iras pas, tu te borneras à regarder de loin ion

p i- encore que tu e que tu es d'eux ! i

s me direz : « Mais vous ne donniez donc aucune nouvelle <lc- von-, <-t vous ne donc aucune nouvelle des autres? » D'abord,

monsieur, ni moi, ni persoi de la maison,

. on de la montagne dans les chantiers qui put me dire

it-il vous le dire? I désirant tant irrivé depuis

mon lourde France à la m peurde

l'apprendre. Je sais bien que c'est une

n'avez pas senti quelquefois que fhommi

1er, double, et que pendant que l'un dés il en lui—

■ des I luttes

venu à moi depuis si longtemps, el pas un mol de moi n'étail arrivé aux Huttes. C'étail pour moi comme un autre monde où j'aurais vécu avant la mort, el que je ne reverrais jamais qu'après ma résurrection.

Mais depuis que je m'étais laissé entraîner par moi-même, et comme malgré moi, à rêve nir si près, el depuis que je mesurais des yeux, toul le jour, le nombre de pas que j'avais seu lement à faire pour arriver à ces monta pour revoir la famille, je n'étais plus si maître • le iix-s jambes ni <!'• ma volonté. J'étais quel quefois '•.mime Fou de désir, monsieur; mou cœur bat ta il comme s'il avail voulu -'.■. happer de ma veste el aller sans moi là-bas.

Je lormaisplus, ou je dormais quasi éveillé

en voyanl en songe toute- sortes de choses de la maison, que je ne pouvais plus effai er de mes yeux quand j'étais réellement réveillé. Je devenais encore plus silencieux qued'habitude; je n'avais plu- goûl même à soulager celui-ci ou celui la par mon travail, et, pour comble je ne priai- quasi plus le bon Dieu, ou du moins je ne m'entendais pas moi même quand je mar

-. Oh I i •• fu' un terrible

temps de ma vie ! Je me repentis bien d'être

venu si luvent la nui)

• de retourner a Toulon ou à Bayonne,

i jamais si loin, -i loin, <|u>' je

■ m <|ui m>' travail ! quand le jour revenait el que yais la ht • I fini, c'était

comme si j'avais eu des semelles de plomb aux ■!.-i!X pi

ommeje v ivais pendant ces ■ |iiiii/<> malheureux jours, et plût à Dieu <|"'écouté la voix qui me retenait, au lieu d'écouter «••.■ll<; (|ui m'appelait aux I

i le meilleur! Cela fut plus fort que moi.

Une nuit <)ii<- je ne pouvais absolument pas

• mu- <•! que les tempes me battaient sur

l'oreiller comme les ailes d'un oiseau qui veut

■ i sursaut, je

m'habillai sans me doi r le temps de penser

n m 'I"- .■t je me mis npagne

ri l.i nuit sombre sans sentir la terre -<>u~ mes .iiiiDi- ■m lit «pi'- 1'-- fantômes mai

2 ] O 1 : rA ILLEUR DE PIERRES

J'étais lout en sueur, mais ma sueur était Froide comme si on m'avait jeté un seau d'eau sur la tête. Avant que le jour se fil là bas sur le mont Blanc, j'étais déjà au pied des montagnes. Je montai par les sentiers et par les bois de sains souffler seulement et sans m' sur aucune pierre. Il me semblait que je monterais toujours, toujours, sans jamais atteindre. Pourtant, quand le soleil en plein vint me réchauffer un peu et que le grand jour me rendit un peu de raison, je me dis : u O que tu vas, et qu'est ce que tu vas faire tu seulement si ta mère vit ? -m ton Frère, heureux avec Denisej ne te verra pas avec jalousie à la maison, sachant que Denise t'avait donné m avant que ta mère lui donnât sa main ? Sais-tu .-i tu ne troubleras pas le cœur 'le Denise par ta vue? Sais tu -i tout le bonheur de la maison ne disparaîtra pas a ton arrivée, comme l'ombre 'le ces arbres est chassée par le soleil '.' El -i cela est, de quoi t'aùi d'avoir été courageux et bon une fois, et absent tant d'années 'le ta jeunesse, pour perdre en une heure tout le fruit de ta peine '.' Ne vautil pas mieux qu'ils te croient tous mort, comme ils doivent le croire, n'ayant jamais plus entendu ■ le lui •? .i Enfin , mille choses comme cela, monsieur. De telle sorte que je Faisais un pais que je reculais de deux, que je rernon élan <^ puis que je me m'a

■ ut de nu1- souliers,

itnmol spiration, comme un mort

debout. Ali! monsieur, quelle marche doulou-

1 ilvaire,

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