I.K TAI.IU.N
— Regarde, dit Jacques! On dirait qu'elle va s'éveiller, comme d'un songe... Non, je ne peux croire qu'elle meure ! Je ne peux me faire à l'idée d'être privé d'elle. Je suis comme Georges. Nous avons besoin de ses petits cris autour de nous, de sa beauté, de son sourire...
Georges!... Madeleine revit les yeux fous du garçonnet, son visage rouge un peu tuméfié.
— Pauvre Georges! dit-elle. Hier son chagrin m'avait chavirée. Je ne t'ai même pas demandé comment il va?...
— Mieux. Je lui ai dit que sa sœur toussait moins, et que demain il la verrait, si Jean permettait qu'il se lève... 11 m'a répondu : « Alors, je n'aurai plus de fièvre, pour embrasser Nine...»
Elle soupira. Nine... Georges! Ses enfants! C'était émouvant, cette passion du grand frère... Pût-il réaliser son vœu : que demain sa sœur n'eût pas cessé de tousser, pour toujours! Qu'il ne l'embrassât pas, pour la dernière fois!...
Mais, à ce moment, so us la tiède caresse de la lumière, les yeux de Nine s'entr'ouvrirent. Elle se réveillait, au baiser du soleil. En même temps, elle aperçut le visage de M. Fernay, à côté de celui de sa mère. Elle eut un faible sourire, bégaya:
— Papa!