‹ LE TALISMAN, PAR WALTER SCOTTChapitre 16 sur 99 · FIN DES MYSTÈRES · texte numérisé non relu

FIN DES MYSTÈRES

En Tain ces apparitions noas ponrsuiyent jusque sous DOS tontes. Kous chassons les spectres et défioni lei arliac«s 4^4«t«rQtli et de Tennagant.»

Lr plus profond silence, robscurité la plus complète continuèrent encore de régner pendant plus d'une heure dans la chapelle ou nous avons laissé le cbevaUer du Léopard toujours à genoux , rendant alternativement grâces à Dieu et à sa dame de la faveur qui venait de lui être accordée. Sa sûreté personnelle , son propre destin , qui en général Toccupaient assez peu, n'eurent plus maintenant la moindre place dans $e$ réflexions. Il était près d'Edith 1 il avait reçu des gages de son souvenir, il se trouvait dna

CiUPITBE V. M

im lira ^m^cH pa^^ la plus saiiUe de toutes lea reUquei. Dans de tell^ ciFOQAStances , un soldat chrétien, un apiant dévoué ne ppuFmt songer qu'à ses deToirs envprs le eiel et euTeps s^ dqme.

Ap bout de Tespaee de temps dont nous venons de parler, un

soup de sifflet , aigu oomip^ celui dont un fiiuconnier sa sert poup

apprier son oiseau, se fit entendre jusque sous 1^ voûte de la eba^

pdle. Un pareil son convenait mal à la saint^é du liep : il rappela

à sir Kenpetb combien il 4tait nécessaire qu'il se tipt sur ses gardes.

n se releva donc et mit la main sur son poignard ; une espèee de

eraqueraent, un bruit semblable à celui de vis ou de poulies

succéda au coup de sifflet , et un rayon de lumiàre venant d'en bas

montra qu'une trappe avait été ouverte. En moins d'une minute un

long bras décharné , en partie np , en partie couvert d'une manche

de soie rouge , sortit de rouyerture tenant une lampe aussi élevai

que possible, et la figure à laquelle ce bras appartenait nionta

degr^ par degré jusqu'au niveai) de la dapelle. La taille et la

figure de Tètre qui s'oflrit alors étaient celles d^un nain hideux ,

avec une tète énorme couverte d'un bonnet bizarrement orné de

trois plumes de paon ; une tunique de soie rquge , doqt la richesse

rendait sa laideur plus frappante , était retenue pi|r une ceinture de

soie blanche , dans laquelle on apercevait à demi caché un poignard

à montuse d'or. Il portait aux l^as et aux poignets des bracelets du

même métal. Oe singulier individu avait à la main une expiée de

b^lai. Aussitôt qu'il fut sorti de Pouverture qui lui avait donné pas«

sage , il se tint debout à la mèipe place , et cemine s'il eût voidu se

moptrer plus distinctement , il promena lentement devant lui la

lampf qu'il tenait à la main , éclairant successivement ses traita

sai^v^ges et grotesques et ses membres difformes, mais nerveux.

Quoique disproportionné dans sa taille , le nain n'«tail pas assex

contr^foit pour qu'on en conclût qu'il manquait de force ou d'activité*

Pendant que sir Kenneth contemplait cet objet désagréable, il se

rappela \a croyance populaire sur les gnomes ou les esprits qui

habitent les profondeurs de ta terre; et telle était la ressemblaiicd

de cette figure av^ l'idée qu41 s'en était formée, qu'il la contempla

avec un dégoût mêlé non pas de crainte, mais de cette espace â*efFroî

que ^a présence dun être surnaturel inspire au cœur le plus ferme.

Le naip stfHa de nouv^u , et on vit surgir du souterrain un être

qui rivalisait avec lui de laideur. Cette seconde figura montsi de la

même m|inière que la première j mais c'était un bras de fomme

cette fois qui tenait la lampe ^ l'ouverture de la tea]^.

Une figure de femme , ressemblant beaucoup à la première par les formes et les proportions , s'éleva lentement du sol. Ses vêtements , également de soie rouge , étaient d'une forme bizarre et fort large ; son costume ressemblait à celui des mimes et des jongleurs. Son premier soin fut aussi d'approcher successivement la lampe de son visage et de toutes les parties de son corps. Avec un extérieur repoussant , ces deux êtres avaient cependant quelque chose qui annonçait la vivacité et Fhitelligence portées au plus haut degré : leurs yeux, enfoncés sous des sourcils noirs et toufius, brillaient d'un feu pareil à celui qu'on voit étinceler dans l'œil d'un reptile , et cet éclat semblait compenser en quelque sorte l'extrême laideur de leurs visages et de leurs personnes.

Sir Kenneth restait attaché à sa place comme par enchantement, tandis que ces deux êtres diffiormes , parcourant la chapelle côte à côte , paraissaient occupés de la balayer comme des domestiques ; mais comme ils ne se servaient que d'une main , le pavé ne gagnait pas beaucoup à cet exercice auquel ils se livraient avec une singularité de gestes et de manières qui répondait à leur extérieur bizarre. Lorsqu'ils s'approchèrent du chevalier dans le cours de leurs occupations , ils quittèrent leurs balais , et se posant directement en Cace de sir Kenneth , ils élevèrent de nouveau lentement la lumière qu'ils portaient j de manière à lui permettre de voir distinctement des traits qui ne s'embellissaient pas à être examinés de près , et de remarquer l'extrême vivacité et le feu dont à la clarté de la lampe étincelaient leurs yeux noirs et perçants. Ils dirigèrent ensuite leur lumière sur le chevalier ; puis , l'ayant attentivement examiné , ils se retournèrent l'un vers l'autre , se regardèrent en fece , et partirent d'un éclat de rire rauque et bruyant. Le son parut si eifroyable à sir Kenneth , qu'il se h&ta de leur demander au nom de Dieu qui ils étaient pour venir profaner le saint lieu par leurs gestes étranges et leur rire discordant.

« Je suis le nam Nectabanus, » dit l'avorton qui paraissait appartenir au sexe masculin ; et sa voix ressemblait au nocturne croassement du corbeau plus qu'à aucun des sons qui se font entendre de jour.

« Et moi , je suis Genèvre » la dame de ses pensées , » igouta l'autre d'une voix qui étant plus grêle paraissait encore plus sauvage que celle de son compagnon.

« Pourquoi êtes-vous ici ? » leur demanda le chevalier jui n'était pas encore bien stu* d'avoir devant les yeux des créatures humaines.

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