CHAPITRE Vn. W
que je tous en parle , n'avez-vous pas entendu la proelamation portant que nul , s*il n'a le rang de comte , ne pourra garder de cbien de chasse dans l'enceinte du camp du roi Richard , sans sa permission royale, et cette permission , je crois, ne vous a pas été accordée. Je parie en ma qualité de grand-écuy er.
— Et moi, je répondrai en libre chevalier écossais, » dit Kennetb d*un ton sévère. « Je sers , quant à présent, sous la bannière d'Angleterre; mais je ne me rappelle pas m'étre jamais soumis à ses lois forestières , et je ne les respecte pas assez pour le faire. Quand la trompette appelle aux armes, mon pied est dans Tétrier aussi lestement que tout autre; lorsqu'elle a sonné la charge, je n'ai jamais été des derniers à mettre ma lance en arrêt. Mais je ne vois pas à quel titre le roi Richard exercerait sur moi aucune contrainte quant à la manière dont j'emploie mes heures de loisir et de récréation.
-^ Néanmoins , répliqua de Vaux , il y aurait de la folie à désobéir à l'ordonnance du roi... Ainsi , avec votre permission , moi qui ai quelque autorité dans cette partie , je vous enverrai une sûreté pour mon ami que voilà.
— Je vous remercie, » dit froidement l'Ecossais; « mais il connaît les limites de mon quartier, et au delà je suis dans le cas de le protéger moi-même. Et cependant, > ajouta- t-il en changeant soudainement de manières , » je sens que je ne réponds pas comme je le devrais à votre intention bienveillante. Je vous remercie donc, milord , et bien cordialement : le$ écuyers et les piqueurs pourraient rencontrer Roswall, pour son malheur, et se permettre quelque agression que je serais peut-être trop prompt à rendre , de sorte qu'il en pourrait résulter des malheurs... Vous avez vu assez de Tintérieur de mon ménage , milord , pour que je ne rougissse pas de vous dire que Roswall est notre principal pourvoyeur, et j'ose espérer que notre lion Richard ne sera pas comme le lion de la fable du ménestrel , qui allait à la chasse et gardait tout le butin pour lui. Je ne puis croire qu'il voulût priver un pauvre gentilhomme qui le sert fidèlement d'une heure de délassement et d'un morceau de gibier, surtout quand il est si difficile de se procurer d'autre nourriture.
— Par ma foi, vous ne faites que rendre justice au roi, dit le baron, et pourtant il y a quelque chose daiis les mots de chasse et de ve-. naison qui semble tourner la tête à nos princes normands.
—Nous avons appris depuis peu, dit l'Écossais, par desménes^
M LÉ tAtTSUlAlt.
tréls éi dés pèlerins que vos paysans desdbifitë^ â'Y6i*k et dé NbU tihghaih ôntsecbîîé ie Joûg des lois, et se sont rassemblés éhbândeJ nombreuses , commandées par m vàillaril afchèr, hoïriiiîé Rôbîiï- Hood, et son lieutenant Petit-Jéàii. il îiie sëiilble ^ull vaudrait mieux aue Richard se relâchât sUr le Code fiorestléfcû Angletei*i*e , que dé le filii*e mettre en vigueur dâïis là Terre-Sâlnté.
— Pure extravagance ! sir Kéniieth , » repf il de iTâUi 6ii bâtissant les épaulée comme quelqu'un qui voudrait évltei* UU sujet désagréable et dàngei*eu:([... c Nous vivons dâiis Un itibnde dé hni, beâU sil*e... Mais tl faut i^ueje Vous dise hdieu , àant obligé de fétôUrner au patUWn du i*ol. A Theure des véprei, aveé v6ti*é permission, je me rêhdrài de iiôùvéàu dans votre (îuartiét*, et je ni^en-» tretiendrâi avec ce médecin maure.... EU niêmeténipi, si votis le permettez, je serais bien aisé de vous euvoyef quelques bagatelles pour varier votre ordinaire.
— Grand merci, mîlord, dit Kenneth, tiiâis il n'en est pas Besoin... Roswail a déjà pourvu à ma cuisine pour quinze jours : cai" si le soleil dé la Palestine nous apporte des lUâladies , il sert auàéi i sécher la venaison. »
Les deux cavaliers se séparèrent beaucoup meilleure àmiè qu'ils ne s*étîiient âbdrdéé : tnaii avant de quitter sa nouvelle connaissance , Thomas de Vaux sé fit expliquer avec plus de détails les éirconstauceâ de la mission du médecin oriental, et reçut du chevalier écossais les lettres de créance qu'il avait apportées au roi Richard de la ilah dé Saladin.