CHAPITRE X
Et nutiHtiMAt |« tiif oBTrlr attlift«t«CNl >•! ifm$ lire qaelqae chose sar an sujet obicar et dangereu , mâts 4tte tetré mécoBtentement tons /era facilement tôÊ Êp tt n é r e» ÉûâttttMlmÉ. BêtêH tt^ f^pari.
I^ fluarfiM de MootAnrrit et le ^f ftHîd-nmttre des templiers s'étiieirt «rrMés derafit l'entrée dit p9tfHm royal , dans rinrtériecrr da-» (fod eette ecioe snnsaHfc'e s'éttit ii^assée 5 ils. tirent nne Ibrte gâfrde d'arrtiers et de bees-de-eerbin rangéi en eerele tout mtonr pour éearter ecm qni anraieitt pQ trenbler le sommeil dn rot. Les sol-* date ftfanent eel air sileneienï, sombre et abattn tpie porte lear firiNit iMsqn'îls traînent leurs anâi^ à des flméraflles : ils marchaient a? ee tast de préesntieB qat'm n^entendatt pas le retentissement d'un beMlier oo le eliqnetls d'une épée , qnoiqn'nn s! grand nombre dlMnniie» eomrerts de fer entourât la tente. Ils baissèrent leurs ar- MIS atee un protaid respect lorsqne les dignitaires tratersèrent leurs rangs, mais en gardant le même silence.
• Il f a du ehaiigement parmi ees ebiens d'insulaires , » dit le grand-^nltre à Conrad quand Ms eurent passé les gardes de Ri« Aard. « Quel tiMMlte , qa^ )éixi brvraf^^ afaient lieu deyanf ce pat ilon il y a peu de tenps! on ne ▼4>yail jama» ces gailtM^ds ee^ cnpés ftt'à jeter la barre , lancer la boNe , Inlter , TocifSrer des cfaan* soBS, vider des bouteîfles^ eomme s'ils eussent été à qoefcpjw ilMe de village avec w mai an milieu d'eux au lieu d'un étendard royal.
^^ Ce»Molosseésonl dTune race Edèie , dit Conrad , et lerof leur maître a gagné leurs coeurs en partageant leurs passe-temps, en se montrant le plus intr^e dans tous leurs jeux quand Fhnmenr Inf en prend.
^ Il ne fait rien que par boutades, dit le grand-maftre : avez* VMS remarqué lé déd qu'il nous a lancé an Heu d'une prière en n^ dwts»eottpe?
— Cette coupe aurait pu être la dernière et.lui paraître bien épicée, dit le marquis , si Saladin était comme tout autre Turc qui ait jamais porté le turban et se fût tourné du côté de la Mecque à la yoix du muezzin. Mais il aflfecte la bonne foi, Thonneur , la générosité : comme s'il appartenait à un chien sans baptême de pratiquer les vertus d'un chevalier chrétien ! On dit qu'il s'est adressé à Richard pour être reçu dans Tordre de la chevalerie.
— Par saint Bernard , dit le grand-maltre , nous n'aurons plus qu'à jeter nos ceintures et nos éperons , sir Conrad, à eflacer nos armes et à briser nos cimiers , si les premiers honneurs de la chrétienté sont conférés à un chien de Turc qui ne vaut pas dix sous.
— Vous mettez le soudan à vil prix,, dit le marquis ; j'avoue cependant que , quoiqu'il soit d'assez bonne mine , j'en ai vu un qui valait mieux et que l'on a vendu quarante sous au bazar. >
Les deux croisés étaient arrivés près de leurs chevaux qu'ils trouvèrent à quelque distance de la tente royale , piafiant et caracolant au milieu de la foule brillante d'écuyers et de pages qui les surveillaient. Conrad , après un moment de silence , proposa à son compagnon de renvoyer leurs coursiers et leur suite , et de profiter de la fraîcheur de la brise du soir pour revenir dans leurs quartiers en suivant les remparts du vaste camp des chrétiens. Le grand-mattre y consentit : ils se mirent en marche, en évitant comme d'un mutuel accord les parties les plus habitées de cette ville de toile, et suivirent la large esplanade qui était entre les tentes et les défenses extérieures , afin de pouvoir converser en particulier et sans être vus, si ce n'est des sentinelles.
Ils parlèrent quelque temps des points militaires et des préparatife de défense ; mais ce genre de conversation, auquel aucun des deux ne paraissait prendre intérêt , languit , et bientôt il y eut une longue pause, à laquelle le marquis de Montferrat mit fin en s'arrêtant tout court comme un homme qui a formé une résolution soudaine : fixant quelques instants ses yeux sur la physionomie sombre et immobile du grand-maltre, il lui parla enfin en ces termes : « Si cela pouvait convenir à Votre Valeur et à Votre Sainteté, révérend sir Gilles Amaury , je vous prierais de vouloir bien , pour une fois, mettre de côté le sombre masque que vous portez et de causer avec un ami à visage découvert. >
Le templier souritàdemi. « Il y a, dit-il, des masques d'unaspect riant , aussi bienquedes masquesd'une couleur sombre , maislespremiers ne cachent pas moins bien les traits du visage que les seconds.
CHAPITRÉ X. 12t
-— ' Cela se peut , » dit le marquis en portant la main à son menton , et foisant le geste d'un homme qîii se démasque ; c mais je mets mon déguisement de eôté. Or maintenant que pensez-Tous , dans les intérêts de votre ordre , de la perspective de cette '(croisade ?
— Vous cherchez plutôt à arracher le voile qui couvre mes pensées qu'à me dévoQer les vôtres , dit le grand-mattre ; cependant je vous répondrai par une parabole qui m'a été dite par un santon du désert... « Un fermier demandait au ciel de la pluie, et murmurait de ce qu'il n'en tombait pas ; pour punir son impatience, Allah fit déborder FËuphrate sur sa ferme, et il périt lui et tous ses biens, pour avoir obtenu l'accomplissement de ses vœux. »
— Voilà qui est une grande vérité... Plût au ciel que l'Océan eût englouti les trois quarts des armements de ces princes ! ce qui en serait resté eût mieux servi les intérêts des seigneurs chrétiens de la Palestine , misérables restes du royaume latin. Livrés à nousmêmes , nous aurions pu subir la loi du vainqueur; ou bien , avec des secours médiocres de troupes et d'argent , il nous eût été possible de forcer Saladin à respecter notre valeur , et à nous accorder paix et protection à des conditions faciles. Mais d'après l'extrême danger dont cette croisade vient de menacer le Soudan , nous ne pouvons pas supposer, s'il en est une fois quitte , que le Sarrasin permette à aucun de nous de conserver des possessions ou des principautés en Syrie, encore moins qu'il souffre l'existence des communautés militantes qui lui ont feit tant de mal.
— Oui ; mais ces croisés aventureux peuvent réussir et planter de nouveau la croix sur les remparts de Sion.
— Et quel avantage en retirera Tordre des Templiers, ou Con^ rad de Montferrat ?
— Il en résulterait peut-être un avantage pour ce dernier. . . Conrad de Montferrat pourrait devenir Conrad roi de Jérusalem.
— C'est un beau nom ; mais ce n'est qu'un nom vide de sens..v Godefroy de Bouillon n'avait pas tort de choisir la couronné d'épines pour emblème de la sienne... Grand-maltre , je vous avouerai que j'ai pris goût à la forme du gouvernement oriental : une monarchie pure et simple ne devrait se composer que d'un roi et de sujets. Telle est la constitution primitive... un berger et son troupeau. Toute cette chaîne progressive de dépendances féodales n'apporte qu'entraves et corruption dans le gouvernement , et j'aimerais mieux tenir d'une main ferme mon humble bâton de marquis et en user à mon gré ,v'que le sceptre d'un monarque , pour être
tu LE TALISMÂM.
obligé de rîidiiier défaut fous les onpieilleaz tnrons Modeuxi poisesieurs de terres ttms la jaridietion de Mmsaiem. Ua roi doit marcber libre, grand- mattre , et ne pas se trouver arrêté » iei par un foisé» là par une palissade» tantAt par un prifilége jéodaly tantèt par un baron eouTert d'acier et Tépée à la moin , tout prêt à défi^ndre ee qu'il appelle son droit. Pour tout dire en un mot , Je fais que les droits de Lusignan au trône seront préMrés au^ miens ^ H Riebard se rétablit et s'il a quelque infloenoe sur se choix.
-^ C'est assea , dit le grand-^attra , tu m'as en eflet conTainaa de ta sincérité ; d'autres peuvent avoir les mêmes pensées ; mais il 7 en a peu qui osent avouer aussi francbement que Conrad , qu'tli ua désirent pas la resUtuilon du royaume de Jérusalem , mais qu'ils préféreraient être maîtres d'une portion de ses fragments , eomme les barbares insulaires qui ne font rien pour travetlicr à ladéiivnoiee d'un noble Vaisseau livré aux vagues, et attendent que son nBW* frage vienne les enridiir.
^ Tu ne trahiras pas ma eonfidenoe? » demanda Conrad en le regardant avec attention et méfiance. < Sois assuré que ma langue n'exposera jamais nm tète , et que mon bras saura toujours déilsn* dre l'une et l'autre : accuse-moi, si tu veux, je suis préparé à bra?* v^ en liée le meilleur templier qui ait jamais tm lance en arrêt.
-^ C^endant tu te cabres un peu vivement pour un si bon oowv sier ; quoi qu'A en soit, Je te promets par le saint Temple que notre ordre a juré de défimdre, que Je te garderai le secret emnme un i* dèle camarade.
— Par quel temple ? • demanda le marquis de Montlmrat , qui par son pendiant au sarcasme nuisait souvent à sa politique et i sa prudence : « jures-tu par celui de la montagne de Simi , que le roi Salomon fit construire, ou par cet édificesymboiique, emblématique, dont il est ^ptestion dans les conseiis tenus en vos eommiuideries , pour l'agrandissement de l'ordre vaillant et vénénd)k. »
Le templier lui jeta un regard qui semblait un tratt de mert, mais il réponditavec calme : « Par çielque templs qoeje jura, sois assuré, seigneur marquis , que mon serment sera sacré. Je voudrais savoir comment te lier toi-même d'une manière aussi îndissolidik».
^ Je te jurerai , » dit le marquis en riant, < par eette eourewe de marquis que j'espère , avant la te de ces gm^rres, dian0er pour quelque chose de mieux. Elle ne me garantit pas dujfrotd, eette léfêre couronne; eeHe d'un ^e serait une meiûeure protection eo»lr# la brise fui soulBe maintenanty et une cewpnMde roi menem^
bleraft eftoore prâtiràbh , étmt cbaudteiMiit dwMéi d%elittfai* et de velours... Bi^f^ iioi mtérftti ûoui lieM Tuti à l'Autre $ ^r m «royec ^ai ^ ^ând-mâitre , qoe si ees princet alliés repraiftient Jénnalem et y repliaient un roi de leur ehoix, ils laissasMmt à totrt ordre non plus qu'à mdh pauvre marquisat rindëpendancs do6t eeuiHBi Jouissent maintenante Nob, de par Notre-Dame I dans un tel eas les fiers ebevaliers de Saint-Jean seraient ibreës de fisirv de nouveau des emplâtres et de panser des plaies dans les bépitatui^ et vous^ très puissants et très viinérables chevaliers du Templt» hB»> prendriez votre état d'hommes d'artnes^ dortniriea trois suf on crabat rt monteriez deux sur un cheval , humble coutume de vds premiers ttops , qui est encore rappelée aiyourd'bui ^ reflgie de votre sceau.
~ Le rang, les privOéges et Topuledet de néiH ordrfe l'Mapèeheroot toiijours de tomber dans un tel état de dél^adatiM ^ • dit lé bhevalier avee hauteur.
Ce sont là préeiiément vos fléaux, reprit Conrad de MontftfTM. Vous le savez eomme mol , ré? érend gràBd'-maflre i si les princes alliés étaient vainqueurs dans la Palestine ) leur première démarche politique serait de détruire Imdépendanee de votre ordre , ce qui» sans la protection de notre saint Père le pape et la nécessité d'edi^ plOyer votre valeur à la conquête de la Terre-Sainte , vous serait déjà arrivé. Qu'ils aient un triomphe complet, et vous serez jetés de côté comme les éclats d*une lance brisée sont dispersés dans la lice.
•^ Il peut 7 avoir de la vérité dans ce que vous dites , • reparttt le templier avec un sombre sourire ; « mais quels avantages aurionsnous à espérer si les alliés retiraient leurs fermes et laissaient là Palestine au pouvoir de Saladin?
-** Des avantages brillants et solide , r^ondit Conrad i le ioudan domierait de vastes provinces pour conserver sous ses ordres un corps de lances franques aussi bien discipliné. En Egypte et m Piu^e , cent auxiliaires de ce genre, joints à sà cavalerie légère t décideraient la bataille en sa feveur^ même avec toutes les cbanees contraires. Cette dépendance ne durerait qu'un temps, peufrétre pendant la vie de cet entreprenant sultan... Mais^ en Asie, les empires s'élètent comme des cbaftipignon».. . Supposez-le mort « et nous autres étant constamment renforcés par ces esprits intrépides et aventmreui^ qui nous arriveraient d'Europe , que n'aurions-nous pas l'espoir d'accomplir, n'étant plus entravés par ces monarques dont la éigtitéf nom hûsse iMittteMBt dans rombro f^i^i f'ili
restait ici et réussissaient dans cette estpédition , nous dévoueraient avec joje à Thumiliation et à la dépendance ?
— Vous parlez bien » seigneur marquis , et tos paroles trouvent un écho dans mon cœur. Néanmoins il nous fiaut de la prudence ; Philippe de France est aussi sage que vaillant.
— C'est vrai; et il se laissera d'autant plus facilement détourner d'une expédition à laquelle , dans un sentiment d'enthousiasme , ou peut-être poussé par ses nobles, s'est voué si témérairement. Il est jaloux du roi Richard , son ennemi naturel , et il lui tarde de partir pour suivre des plans d'ambition dont le théâtre est plus près de Paris que de Jérusalem. Le premier prétexte honnête lui suffira pour s'éloigner d'un pays où il sent parfoitement qu'il épuise les forces de son royaume.
— Et lé duc d'Autriche?
— Oh ! quant au duc, sa présomption et sa sottise le conduiront aux mêmes résultats où la politique et la sagesse auront conduit Philippe. Il se croit, Dieu lui pardonne, traité avec ingratitude, parce que toutes les bouches , même celles de ses ménestrels, sont remplies des louanges du roi Richard; car il le craint et il le déteste : il se réjouirait du malheur de ce monarque , comme ces chiens de race bâtarde qui , lorsque le chef de la troupe tombe sous la griffe du loup , sont plus portés à l'attaquer par derrière qu'à venir à son secours. Mais pourquoi te parlé-je ainsi , si ce n'est pour te montrer avec quelle sincérité je désire que cette ligue soit rompue et le pays délivré de ces grands monarques et de leurs armées : et tu sais bien , tu as vu par tes propres yeux combien tous les princes qui ont ici quelque influence et quelque pouvoir sont impatients d'entrer en négociation avec le Soudan.
— Je l'avoue; il faudrait être aveugle pour n'avoir pas remarqué cela dans les dernières délibérations. Mais lève ton masque encore un peu plus haut , et dis-moi par quels motife tu as proposé au concile cet Anglais du nord , cet Ecossais , ou quel que soit le nom que vous donniez à ce chevalier du Léopard , comme porteur des con* ditions du traité.
— J'avais en cela un but politique , reprit l'Italien ; sa qualité d'enfiaint de la Grandes-Bretagne le rendait propre à l'entrevue que désirait Saladin; ce prince voyait en lui un guerrier de l'armée du roi Richard. D'une autre part, son caractère d'Ecossais , et certaine rancune que j'ai cru apercevoir entre ce chevalier et le roi d'Angleterre rendaient peu probable que notre envoyé eût à son retour