‹ LE TALISMAN, PAR WALTER SCOTTChapitre 41 sur 99 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

partie de rannée d^s croisés ay^iest aimi leur quartier daqs ces environs , et n'avaient pas entendu le tumulte. Mais la personne du roi et sa précipitation avaient été remarquées par le cheyali^r du Léopard : persuadé qu*on était meuacé de (quelque grand danger et jaloux de le partager, il saisit son épée et son bouclier , et se joignit à de Vaux , qui ay^it quelque peine à suivre son maître impatient et fougueux. De Vaux répondit à un regard interrogateur que ]e chevalier écossais lui jeta en haussant ses larges épaules, ^tils continuèrent Tun et l'autre à marcher sur les pas de Richard.

Le roi fut bientôt au pied du mont Saint-George , dont le penchant, aussi bien que la plate- forme, était couvert en partie des gens de la suite du duc d'Autriche , qui célébraient avec des cris dq joie Faction qu'ils considéraient cpmme un hommage rendu à Thonneur national , et par des spectateurs de différentes notions i cwih ci par aversion pour les Anglais, ou par sijnple curipsité , s'étaien^ assemblés pour voir comment finirait cette scène es^traordinaire. Richard se fit un chemin à travers cette foule tumultueuse , semblable à un majestueux vaisseau qui , les voiles déployées , se fraie ui^ * passage au milieu des vagues écumantes et s^ns s'inquiéter si elles se réunissent et mugissent derrière lui.

Au somipet de Téminence était une petite esplanade sur laquelle étaient plantées les bannières rivales entourées par les amis et lei partisans de l'archiduc . Au milieu de ce cercle était Léopold luimême, méditant avec une satisfaction secrète sur Faction qu'il venait de faire et écoutant les acclamations d'applaudissements qui ne li^i étaient pas épargnées. Pendant qu'il était en cet état d'approbation de lui-même , Richard s'élança dans le cercle , suivi à la vérité de deux hommes seulement, mais avec cette force d'énergie et cette impétuosité qui le rendaient lui seul aussi redoutable qu'we armée.

« Qui a çu Faudace , i dit-il en portant la main sur Fétendard autrichien , et en parlant d'une voix qui ressemblait au bruit qui précède un tremblement de terre , c qui a pu siVQir l'audace de placer ce misérable chiffon à côté de la bannière d'Angleterre? :^

L'archiduc ne manquait pas de courage personnel , et il était impossible qu'il entendit cette question sans vouloir y répondre. Cepepdant , tï'oublé et surpris de Farrivée inattendue de Richard, et ^appé de la terreur générale qu'inspirait ce caractère fougueux et jipKexihle, la question fut deux fois répétée d'uQ ton qui semblait i^^fir^e ciel et la terre» avant [que Farcbiduc edt répwdu avec

tout ce qu'il put rassembler de fermeté : « C'est moi , Léopold d'Autriche !

—Eh bien ! LéopoM d'Autriche, répondit Richard, va voir tout à l'heure le cas que moi , Richard d'Angleterre y je fois de sa bannière et de sesprétentions ! »

En parlant ainsi ^ il déracina l'étendard , brisa la lance en pièces» jeta le drapeau à terre et le foula aux pieds.

« C'est ainsi, dit-il, que je foule aux pieds la bannière d'Autriche!... Est-il un chevalier parmi votre ordre teutonique qui ose blâmer cette action? »

Il y eut un moment de silence ; mais il n'y a pas d'hommes plus braves que les Allemands.

c Moi , moi , moi! » s'écrièrent en même temps plusieurs chevaliers de la suite du duc , et lui-même joignit sa voix à ceux qui acceptaient le défi du roi d'Angleterre.

« Pourquoi différer ainsi? » dit le comte Wallenrode, guerrier gigantesque des frontières de la Hongrie ; * frères et nobles gentilshommes, cet homme foule maintenant aux pieds l'honneur de notre pays, vengeons cette violation, et périsse l'orgueil de l'Angleterre ! » En parlant ainsi , il tira son épée et porta au roi un coup qui au* rait pu être fotal , si l'Ecossais ne l'avait détourné et reçu sur son bouclier.

— J'ai juré , » dit alors le roi Richard , et sa voix se fit entendre au dessus du tumulte qui devenait de plus en plus bruyant et sinistre, » j'ai juré de ne jamais frapper un homme dont l'épaule porterait la croix ; vis donc , Wallenrode, mais vis pour te souvenir de Richard d'Angleterre. »

A ces mots , il saisit le gigantesque Hongrois par le milieu du corps , et n'ayant pas d'égal à la lutte non plus que dans tous les autres exercices militaires , il le précipita en arrière avec une telle violence , que cette masse énorme sembla lancée comme par une machine de guerre» non seulement loin du cercle des spectateurs de cette scène extraordinaire, mais au delà de la plate-forme du mont; le corps de Wallenrode suivit le penchant rapide et fut arrêté par quelque obstacle qui lui fracassa l'épaule et près duquel il resta comme mort. Cette preuve extraordinaire de force n'encouragea pas le duc ni aucun de ses partisans à renouveler un combat commencé sous d'aussi funestes auspices. Ceux qui étaient le plus éloignés remuèrent bien leurs épées en s'écriant : « Mettez en pièces ce chien d'insulaire ! » Mais ceux qui étaient plus près déguiser

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