CHAPITRE XIX. :ai
« Ce jour, comment le roi d'Angleterre, est celai d'une fftte solennelle , et cette ancienne époque ne peut mieux con?enir à des chrétiens pour se réconcilier avec leurs frères et reconnaître mutuellement leurs torts. Nobles princes et pères de cette sainte expédi. tion. . . Richard est un soldat. . . son bras fot toigours plus prompt que sa langue, et sa langue n'est que trop habituée à se servir du langage peu mesuré de son état... Mais pour quelques paroles ou actions ii^ considérées de Richard, n'abandonnez pas la noble cause de la dé*> livrance de la Palestine. Ne renoncez pas à la gloire dans ce monde, au salut dans l'autre et que cette illustre entreprise ne peut manquer de TOUS procurer, parce qu'un soldat en aura agi a?ec yous a?eo brusquerie, et que son langage aura eu la dureté de ce métal dont il est revêtu depuis son enfance. Si Richard a eu des torts avec quelqu'un de vous , Richard veut les réparer en paroles et en actions... Noble frère de France, aurais-je eu le malheur de vous offenser?
•—Le roi de France n'a pas de réparation à demander au roi d'Angleterre , » répondit Philippe avec une dignité royale , et serrant en même temps la main que Richard lui présentait... « £t quelque opinion que je puisse adopter sur la convenance de continuer notre entreprise , elle dépendra de raisons puisées dans la situation de mes propres états, et non certainement d'aucune jalousie ou d'aucun ressentiment contre mon vaillant et royal frère.
— Le duc d'Autriche , > dit Richard en s'avançant vers Léopold avec un mélange de franchise et de dignité, tandis que l'archiduc se levait de son siège machinalement , et semblable à un automate dont les mouvements dépendent d'une impulsion extérieure, « le duc d'Autriche croit avoir des moti& de ressentiment contre le roi d'Angleterre , et le roi d'Angleterre pense avoir raison de se plaindre du duc d'Autriche... Qu'ils échangent entre eux un généreux pardon , et la paix de l'Europe et l'union de cette armée peuvent encore être maintenues. Nous soutenons en commun la bannière la plus glorieuse qui se déploya jamais devant aucun prince de la terre... Je veux dire la bannière du salut. Qu'aucune querelle ne s'élève donc parmi nous sur les symboles de nos dignités mondaines; mais' que Léq[)old restitue l'étendard d'Angleterre , si la chose est en son pouvoir : Richard avouera (et nul autre motif que son amour pour la sainte Église n'aurait pu lui arracher cet aveu) qu'il se repeut d'avoir, dans un prunier mouvement de colère» insdté la bannière d'Autriche. »
«M UttAÛSMA».
hê daé d* Autriche restait imnobae , soflrtm «t|aiéMfttMit , les ymà, Ètéè mt ]ê plaaoher , «t son front partait les tranes d'un Mk eentineiit étooftf, ^'tm sentiinmt de timidité et d'elfref l'eiûp^ ehelt d'etprimér pei> des paroles.
Le petHatobe de Jérusalem se liAta de roeopre ee sitoiee ember- MSiâiit , et de se déelarer téâi«iti que le duc d!Atttriehe s'étett diseùlpd p6r M serment solenoel de toute eonuaissanee direete ou iu-direete de l'outrage feit à la baa&ière d'Angleterre.
s Alors BOUS n'en avbns dit que plus d'ii^ure au noble erebiduo , feprit Rîehard ^ et nous lui demaiidons paidon de lui atoir imputé Hft Mtfage aussi lAsbe ; » puis il Ifii tendit la main de nouvean en signe de ptix et d'amitié... < Maïs que Teut dire ceci 9 le duc d'Autriebe reflise notre main nue comme il a déjii refiisé notre gantdet -H» ht 1 Qttéi ! nfs somme$«fious digne d'être ni son camarade pe|idant la peix ^ al son antagoniste au combat 7 £h bien , comme il lui plaira ; nous regarderons le peu de cas qu'il fait de nous comme tme pénitenee des torts qaie nous avops pu avoir enrers lui dans un prenlier moment de irivacité ^ et en cons^n^iP^ iunis nous tiendrons quittes l'un envers Tautre. >
En disant ces mota, il s'âoigna de l'arobidnc ayeo plus de dignité qfue de mépris^ et rAt^ictum parut soulagé de n'avoir plus à aour tenir son vegird i tel un éenlter pris en ftute se r^oait Inrffue son austère pédagogue a cessé de k regarder.
t Mobleeomte de Champagne*., ilhistre maaqfuisde Monibrrat... vaillant maltve des ieippoërs , je suis ici comme un pénitent dans le wnfsssionnal... Quelqu'un de vons a-t-il une aocnsatinn à porter Mntre moi , ou une réparation à en tiigec ?
^ Jo ne vois pas sur qpioi nous pourrions la fonder, répondit le iMrquis de Montferrat à la langue dorée , si ce n'est que }e rot d'Angleterre a accaparé toute la ivoire que ses alliés auraient pu espérer de remporter dans cette e3q[)éditioii.
-«- Mon accusation , puisque je suis sommé de parler , dit à ami tour le grapd-mattre des temirtiers , est plus importaiitti et plus Ifrave que celle du marquis de Montferrat ; il paraîtra peut-être peu séant qu'un moiiie militaire, tel que moi, élève le voix lorsque tent de nobles princes gardent le silence ; mais il importe h toute Tprnaée , et non moins peutnëtre à l'illustre roi d'Angleterre d'entendre artîsnlcr en sa présence ie$ charges que trop de gens «ont disposés i.pèrter «ontre Im en son iiisenfie. Nous Imons et bonorpns }e mt rage et les hauts foits du roi d'Angleterre , mais uqw le 19J<B^ %9M