‹ LE TALISMAN, PAR WALTER SCOTTChapitre 59 sur 99 · CHAPITRE XD(. 2t · texte numérisé non relu

CHAPITRE XD(. 2t

ftàne t clans t9ut^ 1^ occasions » c}ierc|ier ^ usurper et maintenir sur nous une pNsf^nce et une supériorité ausqii01es i} ne oony|ent pas k ie$ princes indépendants de se soumettre. Nous pourrions faire Tolontair^ment de gran4cs concessions ^ $9^ bravoure , à son zèle, à ses richesses, à son pouYoir : mais celui qui s'eoipfire 4c tout comme d'un droit, et ne nous laisse rien à lui accorder par cour* tpisie et foveur , nous fait descendre du rang de ses alliés à c^lui d$ ses partisans ou de ses yassaux ^ il flétrit , aux yeux de nos soldats et de nos siyets , Féclat de notre autorité qui cesse d'être exercée d'une manière indépendante. Puisque le royal Ricb^r^ nous a de* mandé la yérité , il ne doit être ni ^urpps ni f^ché d'enteqdire un homme à qui la pompe mondaine est défendue, et pour qui le pouvoir sépulier n'est rien qu'autapt qu'il contribue à la prospérité du temple de Dieu , et à l'abaissement du lion qui erre à la recherche des iHT^is égarées, d'entendre, dis-je , un )iomme comme moi lui dire , en réponse h sa question , une vérité qui; je le sais, est confirmée au fond des cœurs de tous ceux qui m'écoutent, quoique le respect étouffe l^ur voix. »

Richard rougit beaucoup pendant cette attaque directe et firançhe contre sa conduite ; et le murmure d'assentiment qui s'éleva après ees paroles lui montra clairement que presque tous les assistants convenaient de la justice de l'accusation. Également irrité et mortifié j il prévit cependant qu'en s'abandonnant à l'impétuosité de son ressentiment , il donnerait à son froid et adroit accusateur l'avantage que celui-ci avait eu principalement en vue. Il parvint donc, au moyen d'un violent effort, à garder le silence jusqu'à ce qu'il eût répété un pater noster^ expédient que son confesseur lui avait conseillé d'employer quand il se sentirait emporté par la colère. Le roi s'exprima ensuite avec calme, quoiqu'un peu d'amertume marquât son discours, surtout dans son début.

« £n est-il donc ainsi? Et nos frères se sont- ils réellement appliqués à remarquer les faiblesses naturelles de notre caractère , et la précipitation inconsidérée de notre zèle qui peut nous avoir emporté quelquefois à donner des ordres quand il n'y avait que peu de temps pour tenir conseil ? Je n'aurais pu croire que des offenses . accidentelles et sans préméditation, comme les miennes, pussent laisser d'assez profondes racines aux cœurs de mes alliés dans cette sainte cause , pour qu'à cause de moi ils voulussent retirer leur main de la charrue lorsque le sillon est presque tracé , et se détourner du chemin de Jérusalem que leurs épées leur ont ouvert.

Je me flattais en Tain que mes feibles services auraient pu balancer mon imprudence et mes erreurs ; que si Ton se rappelait que je m'élançai toujours en avant dans un assaut , on n'oublierait pas non plus que je fus invariablement le dernier à la retraite ; que si je levai ma bannière sur le champ de bataille où nous venons de vaincre , ce fut le seul avantage que je cherchais , tandis que d'autres se divisaient le butin. Je puis avoir appelé une ville vaincue de mon nom; mais c'est à d'autres que j'en abandonnai l'empire... Si je me suis obstiné à donner des conseils énergiques , il me semble que je n'ai pas épargné mon sang ni celui de mes gens pour les exécuter d'une manière plus énergique encore... Ou si, dans la précipitation d'une marche , ou le désordre d'un combat, j'ai pris momentanément le commandement des soldats qui n'étaient pas sous mes ordres , ces derniers du moins ont toujours été traités comme les miens; c'est ainsi que mes trésors ont également servi à leur acheter les vivres ou les médicaments que leurs souverains ne pouyaient leur procurer. Mais j'ai honte de vous rappeler ce que tout le monde, excepté moi, semble avoir oublié ici. Occupons-nous donc plutôt des mesures qu'il nous convient de prendre, et, croyezmoi , mes frères et alliés , > continua-t-il , tandis que sa figure exprimait un véritable enthousiasme , « ce ne sera pas l'orgueil , la colère ou l'ambition de Richard qui vous opposera jamais d'obstacle dans la route où la religion et la gloire vous appellent d'une voix aussi puissante que la trompette de l'archange. Oh! non, non ! je ne pourrais survivre à la pensée que mes défauts et mes faiblesses auraient causé la division de cette sainte réunion de princes. Ma main droite trancherait à l'instant ma main gauche, si je croyais que cette action'pûtvous prouver ma sincérité. Je céderai volontiers tout droit de commandement dans l'armée, même celui de mes propres sujets ; ils seront guidés par les chel^ qu'il vous plaira de nommer; et leur roi, toujours trop disposé à échanger le bâton du chef contre la lance de l'aventurier , servira sous la bannière de Beau-séant , parmi les templiers , ou sous celle de l'Autriche même , si l'archiduc veut nommer un brave pour commander ses fDrces. Enfin, si vous êtes fatigués de cette guerre, et si le poids de votre armure commence à vous sembler trop lourd , laissez seulement à Richard dix ou quinze mille de vos soldats pour travailler à l'accomplissement de votre vœu ; et lorsque Sion sera reconquise, » s'écria-t-il en élevant son bras en l'air, comme s'il eût déployé la

bannière de la croix sur les remparts de Jérusalem : « quand Sim

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