‹ LE TALISMAN, PAR WALTER SCOTTChapitre 91 sur 99 · CHAPITRE XXVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVn

ainsi que le [fouireau de leur sabre et de leur poignard, de fin acier de Damas, étaient incrustés d'or.

Cette troupe brillante s'avança au son de la musique militaire , et quand elle joignit le petit cQrps des chrétiens, elle ouvrit ses rangs à droite et à gauche pour le laisser défiler. Richard se mit alors à la tète de sa troupe» comprenant que Saladin lui-même s'approchait. En eifét , un moment après , au milieu de sa garde , des officiers de sa maison et de ces nègres hideux qui gardent les harems , et dont la diffidrmité ressortait encore sous la magnificence de leurs vêtements, parut le Soudan, avec le regard et le maiqtien de celui sur le front duquel la nature a écrit : « Ceci est un roi !» La tète couverte d'un turban blanc comme la neige , et portant une robe et de larges pantalons à l'orientale , d'un blanc également pur, noués par une ceinture de soie écarlate et sans ornement, Saladin pouvait paraître , au premier coup d'œil , l'homme le plus simplement vêtu de sa garde. Mais, en l'examinant de plus près, on remarquait sur son turban cette perle inestimable que les poètes ont appelée le siège de la lumière; le diamant qu'il portait au doigt, et sur lequel son cachet était gravé, valait probablement tous les joyaux de la couronne d'Angleterre , et le saphir qui terminait la poignée de son cangiar ne lui était pas inférieur en valeur. On doit ajouter que pour se protéger contre la poussière qui, dans le voisinage de la mer Morte, ressemble à des cendres tamisées, ou peut-être par un raffinement d'orgueil oriental, le soudan portait à son turban une espèce de voile qui dérobait en partie la vue de ses nobles traits. Il montait un coursier arabe, blanc comme la neige, qui semblait fier du noble fardeau qu'il portait.

Il n'y avait pas besoin de présentation. Les deux héros, car ils l'étaient véritablement tous deux, se jetèrent en même temps à bas de leurs chevaux ; les troupes s'arrêtèrent, et la musique cessa tout d'un coup ; ils s'avancèrent en silence au devant l'un de l'autre ; après s'être courtoisement salués , les deux souverains s'embrassèrent comme des frères et des égaux. Le luxe et la magnificence étalée des deux côtés cessèrent d'attirer les regards, chacun ne vit plus que Richard et Saladin, et eux aussi ne virent] bienlêt plus qu'eux-mêmes. Cependant les regards que Richard jetait sur Saladin étaient plus attentif et plus curieux que ceux que le soudan portait sur lui ; ce fut le sultan qui rompit le silence.

« Le Mélec-Ric est aussi bien venu près de Saladin que l'eau dwtt ce dé^rt. J'espère que ce grand nombre de cavaliers qç lui

Ml LE TALISMAN.

iBspire pâs dd méfianee. Excepté les esclaf es arméi de ma mai'* son 9 ceux qui vous entourent et tous aceueillmit avee des regards d'éUnmement et d'admiratim sont tous les nobles prirSégids de mes mille tribus ; car 4iuel est cdui qui , pouvant être présent, ao-^ rait voulu rester obez lui lorsqu'il s'agissait de voir un prince eomme Hicbard , dont le nom inspire tant de terreur que dans les sables du Yemen la nourrice s'^ sert pour faire taire son en&nt , et le libre Arabe pour soumettre son coursiw rétif I

«— Et voilà les nobles de TÂrabie , » répliqua Bicbard eontem* plant autour de lui des individus d'un aspect sauvage, couvris de shaieks. Leurs visages étaient brûlés par les rayms du soleil, leurs dents aussi blanches que Tivoire, et lenrs yeux noirs étiroe*laient d'un feu feroucbe et presque surnaturel sous les plis de teiirs turbans ; Os étaient vètns en général avec une simplicité qui ressemblait assez à de la négligence.

« Ils ont droit à ce titre, répondit Saladin; mais, qooiqiw nombreux, ils ne dépassent pas les conditions du traité, et ne portent d'autres armes que le sabre. L'acier même de lemr planée a ajété laissé de côté.

— Je crains, «murmura de Vaux m anglais, « qu'ils ne Talent laissé là où ib sauront bientôt le retrouver. Voilà, Je Tavoue, une brillante assemblée de pairs , et je crois que la salle de Westminster serait un peu trop petite pour eux.

— Silence! de Vaux, dit Richard; je te le commande. Noble Saladin , aJouta-t-0 , le soupçon ne peut pas exister quand il s'agit de toi... Vois , » poursuivit-il en montrant les litières , c moi aussi j'u amené quelques champions avec moi , en contravention des termes de notre traité ; des yeux brillants et de beaux traits sont des armes qu'il faut porter avec soi. »

Le Soudan , se tournant du côté des litières , fit une inclfaiatton aussi profonde que s'il se fftt humilié devant la Mecque , et balsa la poussière en signe de respect.

« Approche , frère , dit Richard , elles ne craindront pas de te voir de plus près... Ke veux4u pas approcher? les rideaux de leurs litières te seront ouverts sur-Ie*champ.

— Qu'Allah m'en présare! répondit Saladte; car n'y a pas un Arabe ici qui ne regardât comme une honte pour ces nobles dames d'être vues le visage découvert.

— Tu les verras en particulier, frère.

— Allquoi bonf ^reprît Saladin avee trMem. s'Ta éémilva

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