‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 2)Chapitre 105 sur 277 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

1. Si après l'acte du déchaussement pai- la belle sœur, celle-ci remarque qu'elle est enceinte, puis met un enfant au monde, il s'agit de savoir si l'enfant est venu à terme. En ce cas, il est loisible au beau frère d'épouser des parentes de cette femme, et celle-ci pourra épouser des parents du beau-frère ; elle ne devient pas non plus inapte à épouser un cohen'. Mais si l'enfant n'est pas venu à terme (et ne subsiste pas), il est défendu au beau-frère d'épouser une parente de cette femme (envers laquelle il reste engagé), elle ne pourra pas s'unir à un parent de son beau-frère, et elle devient inapte à épouser un cohen (en vertu de la validité du déchaussement).

De ce qu'il est dit « si après le déchaussement elle s'aperçoit être caceinte « , on conclut qu'il en est ainsi en cas de fait accompli ; mais, en principe, elle ne devra pas déchausser si elle se sait enceinte. C'est ainsi qu'une Mischnà dit ^ : « Une belle-sœur veuve ne devra ni déchausser, ni épouser le beau-frère qu'au bout d'un délai d'au moins trois mois après le décès du mari ». Pourquoi ne peut-elle pas déchausser de suite? Ne devrait-elle pas y avoir recours en vertu du dilemme suivant : Ou l'enfant à naître viendra à terme, et cet acte sera non avenu; ou l'enfant ne viendra pas à terme, et alors l'acte conservera sa valeur? Il s'agit, dit R. Zeira ou R. Hiya au nom de R. Aboun et au nom de R. Yohanan, d'éviter un avis public qui la déclare de nouveau apte à épouser un cohen ^ On a enseigné que R. Oschia énonce un autre motif: de l'expression mon beau- frère a refusé (Deutéron. XKV, 7). On conclut que le beau-frère susceptible d'épouser peut aussi se laisser déchausser ; mais cet acte n'a pas sa raison d'être si le lévirat par mariage n'est pas applicable (s'il y a doute). Entre ces deux raisons données, il y a une différence au point de vue pratique, au cas où une telle femme, apte à épouser un cohen, est profanée et devient inapte à cet effet, comme par exemple une veuve pour un grand prêtre, ou une femme répudiée, ou ayant déchaussé, pour un simple cohen : d'après celui qui donne pour raison qu'il s'agit seulement d'éviter un avis public au point de vue de l'aptitude à épouser un cohen, une telle veuve pourrait de suite déchausser le beau-frère; d'après l'autre explication, au contraire, que seul un beau-frère susceptible d'épouser la veuve pourra se laisser déchausser, elle ne pourra pas procéder à cet acte avant trois mois. Si cet acte a été accompli dans l'intervalle de temps des trois mois, faudra-t-il recom-

1. Le décliaussement a été opéré indûment, et il est considéré comme non avenu. 2. Ci-après, § il. 3. Il faudrait un tel avis pour la dégager du déchaussement, si l'enfant est né viable.

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