‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 2)Chapitre 108 sur 277 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ne sait si l'enfant aura neuf mois de l'un ou de l'autre, ensuite s'il aura sept mois de l'un ou de l'autre ; s'il s'agit du cas où le beau-frère n'a cohabité avec la belle-sœur que doux mois après le décès du mari, et qu'elle s'aperçoit être enceinte après un nouveau laps de temps de trois mois, on devrait dire qu'une belle-sœur ne doit pas épouser le beau-frère par léviral, ni le déchausser, qu'après un laps de temps de cinq mois. Il faut donc admettre qu'il s'agit du cas où le beau-frère a cohabité avec elle au quarantième jour après le décès du mari, et qu'au cinquantième après (soit à 90) elle s'aperçoit être enceinte. Lorsque l'enfant naîtra, il y aura doute sur la question de savoir s'il est venu à neuf mois pleins (et du l^"" mari), ou à moins de sept mois (du second mari). Cela prouve qu'une femme enfante parfois à bien moins de sept mois après la conception.

Il résulte en général de cette assertion : 1° qu'il peut y avoir deux conceptions; 2" qu'une femme peut enfanter à une période moindre que sept mois ; 3° qu'une femme déjà enceinte peut le devenir une seconde fois ; 4° qu'une femme ne peut pas devenir enceinte des œuvres de deux hommes à la fois. C'est opposé à l'avis des rabbins de l'exégèse, qui ont dit d'interpréter la phrase biblique, un homme sortit alors chi milieu du camp des Philistins (I Samuel, XVII, 4), en ce sens qu'il équivalait à cent philistins, que sa mère avait eu le contact de cent prépuces philistins (preuve qu'il ;jeut y avoir une conception fréquente et renouvelée pour le même enfant). R. iMatlmia dit qu'il n'y a cependant pas de discussion à ce sujet : aussi longtemps que le sperme n'est pas décomposé, la femme peut concevoir de plusieurs hommes à la fois; mais une fois qu'il est décomposé (et a pris racine), il n'y a plus d'autre conception immédiate possible. On sait qu'il y a double formation de l'enfant, dit R. Zeira au nom de R. Houna, de ce qu'il est dit (^Genèse, II, 7) : « L'Eternel forma^ l'homme » ; l'orthographe spéciale du mot forma indique qu'il y a une formation à sept jours et une à neuf (après la conception). Si l'enfant a été formé au septième jour, et qu'au lieu de naître au septième mois il attend jusqu'au huitième et vit, il peut à plus forte raison être bien à terme et vivre au neuvième. Mais s'il a été formé le neuvième jour et qu'il naisse à sept mois, l'enfant vivra-t-il? Puisqu'à huit mois de terme un enfant ne peut pas vivre, à plus forte raison il en est de même à sept mois. Des savants (étrangers) demandèrent à R. Abaliou : d'où sait-on qu'un enfant venu à sept mois peut vivre (et non à S)? 11 leur rét)ondit : je veux vous le démontrer par voire propre langage (grec) : '^q-x kr^xx rj-a ôy.Tw, c'est-à-dire la lettre C est à la place du chiffre sept, par conséquent (faisant allusion à vrjV, vivre) Tenfant venu à sept mois vivra ; la lettre r, est mise pour le chiffre huit ; donc (pur allusion à '."îç(?) perdition), l'enfant venu à huit mois périra 2.

i. Le mot ira/j/jitaer est écrit avec 2 i. V. Rdljfja sur Genèse, ch. XIV. 2. Cf. B., tr. Sabbat, f. 135'». V. J. Levy, Neuhebr. H'ijrtcrbach, s. v., et une note de M. Ejjger à la fin de ce volume. Notes supplémentaires.

Lorsqu'à la mort du père, l'enfant douteux vient réclamer sa part d'héritage, on lui dit d'avoir à fournir la preuve de sa réclamation*. Lorsque le beau-frère réclame une part d'héritage de son frère, on lui dit au contraire de prouver de qui le fils est né. On opère en conséquence une entente entr'eux, et l'on répartit entr'enx les biens du décédé. Il en résulterait donc que cette entente pour deux frères aurait lieu au détriment des autres frères, tandis que les procès entre frères leur seraient avantageux (leur laissant un espoir de gain). Lorsque le grand-père meurt, le différend existe entre le fils certain et le fils douteux (le certain l'emporte alors). Si l'enfant douteux meurt, ce qui produit des réclamations contradictoires entre ses héritiers du côté ascendant paternel (douteux) et ceux du côté maternel (certain) les fils du beau-frère (second époux de sa mère) peuvent se présenter avec certitude pour hériter (soit comme frères du défunt, si l'enfant douteux a le même père, soit comme fils du frère de son père prédécédé), tandis que les héritiers du côté maternel sont dans le doute (et ne seront pas admis). Si un frère du prédécédé meurt, il y a contestation d'héritage entre un frère certain (le beau-frère qui a épousé la veuve le premier) et un fils de frère douteux (ce qui implique l'attribution d'héritage au frère certain). Si la mère de l'enfant douteux meurt, on se trouve en présence d'un fils certain et d'un mari dont la prétention à l'héritage est douteuse (le premier l'emportera). Si après la mort de l'enfant douteux sa mère meurt, on aura concurremment les réclamations des frères de la mère, héritiers certains, et celles du mari dont le droit au léviral était douteux (les premiers l'emporteront). Si le beau-frère en question meurt et que l'enfant douteux réclame une part de cet héritage paternel (en contestation avec les autres enfants de cet homme), au cas où le prédécédé était pauvre, ils peuvent dire à l'enfant douteux que celui-là était son père (de façon à l'écarter du nouvel héritage) ; s'il était riche, ils diront : « Nous sommes tous frères et fils du premier, héritons ensemble des biens de notre père et de ceux du frère do notre père » à (parts égales). On a enseigné - : le premier enfant né après le mariage du beau-frère avec la belle-sœur (quoique d'une issue douteuse) sera en tout apte à devenir grand-prêtre (son extraction n'est pas entachée de vice) ; mais le second enfant de cette union sera considéré comme bâtard douteux, on raison du doute sur la légitimité de l'union (au cas où le premier fils aurait eu pour père le défunt). R. Eléazar b. Jacob dit : en fait de bâtardise, le doute n'est pas admis (et un tel enfant sera comme un bâtard certain). Toutefois, il admet le maintien du doute à l'égard des Samaritains, ou des Israélites profanés. C'est ainsi qu'il a été enseigné ailleurs"^ : dix générations sont montées de Babylone (y compris deux familles douteuses, celles des Schataq ci cV A ssoitp/i.-^). Or, selon R. Eléazar b. Jacob, il n'y avait que

i. LiUéralemeut : « où est ton père? ». 2. Voir J., tr. Qiddouschin, IV, 3 (f. 6G«). 3. Ci-après, VIII, 2 (t. Q^). 4. Par Schalaq (de la racine se taire), on entend l'enfant dont la mère seule est connue; {)af Assoupli {vecueWW), celui dont le père et la mère sont inconnus.

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