‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 2)Chapitre 114 sur 277 · CHAPITRE IV n · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV n

Celte période de temps est de trente jours^. Toutefois, c'est seulement vrai à l'égard des femmes; mais pour les hommes, cette période comprend l'intervalle de temps qui s'écoule entre les trois grandes fêtes. Cependant, la période de temps ne sera aussi longue que si ce veuf a des enfants ; mais s'il n'en a pas, il pourra se remarier de suite (au bout de la semaine de deuil) ; ou encore, elle sera aussi longue s'il a quelqu'un pour le servir; mais s'il n'a personne auprès de lui pour cela, il peut se remarier de suite; ou encore, elle sera aussi longue s'il n'a pas de petits enfants (qui demandent les soins d'une femme) ; mais s'il en a, il peut se remarier de suite (pour les faire soigner). Ainsi, à la mort de la femmiO de R. Tarfon, à peine était-on sorti du cimetière, que ce rabbi dit à la sœur de la défunte : Laisse-toi épouser et élève les entants de ta sœur. Malgré ce mariage rapide, il ne la connut que trente jours après le décès.

il. Quatre frères ayant épousé chacun une femme, meurent (en laissant d'autres frères) ; si l'aîné des survivants veut les épouser toutes parlévirat, il en a le droit ~. Si quelqu'un marié a deux femmes meurt, l'accomplissement du mariage ou du déchaussement pour Tune d'elles dispense l'adjointe du lévirat. Si l'une est apte à épouser un cohen et l'autre est impropre à cet effet, le beau-frère, — au cas où il a recours seulement au déchaussement, — devra le ûiire opérer par la femme impropre au cohen (afin de ne pas entacher la première); mais s'il veut en épouser une, il peut aussi prendre la première.

Il arriva un jour que, sur treize frères mariés, douze moururent sans laisser d'enfant ; et les douze veuves vinrent demander devant Rabbi que le treizième frère survivant les épousât toutes en vertu du lévirat. C'est vrai, dit Rabbi, il devra exercer le lévirat. — Je n'ai pas les moyens de les nourrir toutes, répondit le beau-frère. — Chacune de nous, répliquèrent les veuves, le nourrira lui et sa famille un des douze mois de l'année. — Mais, objecta le beau- frère, qui me nourrira au treizième mois de l'année embolismique. — Je me charge de la nourriture pendant ce mois supplémentaire, dit Rabbi, qui alla prier pour leur prospérité. Puis, tous partirent. Après trois ans, elhs revinrent chargées de trente-six enfants (ayant eu chacune un enfant par an), et e:los se rangèrent avec leurs enfants dans la cour de Rabbi. Les gens vinrent lui dire : « En bas, toute une bourgade d'enfants vient te saluer ». Rabbi regarda alors ()ai' la fenêtre, et, les voyant, demanda ce qu'on lui voulait : « Nous voudrions, dirent les femmes, que tu nous donnes le montant du mois embolismique' » (selon ta promesse) ; et Rabbi leur remit cette somme. — Il

i. V. B., tr. Mocd Çn/on, f. 23a. 2. C'est une alhision au conseil de ne pas prendre plus de 4 fi'mmes ; règle suivie chez les Turcs Sunites, de façon à pouvoir donner une semaine par mois à chaque épouse. 3. Il survient en effet en la 3« année du cycle lunaire de 19 ans (ou aux ans 3, G, 8, II, 14, 17, et 19 du cycle), soit 7 fois en 19 ans.

72 TRAITÉ YEBAMOTH

csl écrit (II Samuel, YI, 11) : L'arche iVaMiance de VÉlernel, resta auprès d'Obed-EdoDt dans sa maison, pendant trois mois; V Éternel le bénit, etc. Par quoi le bénil-il? Par des fils, comme il est dit (I Chroniques, XXVI, 8) : Tous CCS gens sont de la famille des Obcd-Edoni, eux, leurs fils, leurs frères, gens de valeur, de force, pour l" agriculture, au nombre de soixantedeux, etc. Chaque femme du ses huit enfants mil au monde par miracle deux enfants par mois ; ce qui est possible de la façon suivante : après sept jours d'impureté et une période de sept jours purs, la femme ©nfaotait; et après une seconde période de sept jours impurs, suivie de sept jours purs, elle enfantait encore; soit ensemble seize enfants par mois, et en trois mois quarante-huit enfants; or, comme le père de son côté eut aussi par sa femme (en ces trois mois) six fils, soit ensemble cinquante-deux, auxquels il faut ajouter les huit premiers ; on arrive au total de soixante-deux. Aussi estil écrit (ibid.) : soixante-deux pour la famille d'Obed-Edoni. R. Aba b. Zabda interprèle le verset : Von appellera son nom en Israël la « maison » du déchaussé (Deuléron. XXV, 10); du terme pléonastique maison, on déduit que la femme est libérée par un déchaussement; comme la cohabitation avec une femme suffit pour déclarer libres les autres femmes adjointes, un seul de ses actes devant suffire, et ce qui est déduit au sujet du déchaussement est applicable à la cohabitation. Est-il permis d'agir à ceL égard par ruse (et après avoir consacré toutes les veuves comme femmes, d'en épouser une seule)? Certes, puisque R. Tarfon (un Cohen), comme un véritable père pour tout Israël, feignit de consacrer trois cents femmes pour épouses en une année de disette S afin qu'elles puissent comme ses épouses bénéficier du privilège de manger l'oblalion sacerdotale (et il les répudia ensuite). Toutefois l'analogie entre les veuves dont il est question ici et les femmes de R. Tarfon n'est pas complète : chaque femme isolée (sans être mariée avec ce Cohen) n'aurait pas pu manger de l'oblalion ; tandis qu'ici chaque veuve seule est apLe à épouser le beau-frère (il est donc interdit d'employer la ruse en question). R. Judan b. R. Ismiaël eut recours à ce procédé détourné.

H. Celui qui a repris la femme qu'il avait répudiée (mariée à un autre dans l'intervalle de temps), ou celui qui a épousé celle qui l'a déchaussé, ou qui s'est marié avec une parente à un degré prohibé de celle qui l'a déchaussé, devra rompre une telle union interdite ; l'enfant qu'il en aurait eu, serait un bâtard (illégitime), selon lavis de R. Akiba ; les autres sages ne déclarent pas cet enfant comme tel. Toutefois, tous reconnaissent que l'enfant issu d'un mariage avec une parente à un degré prohibé de celle qui a déchaussé sera illégitime.

1o(1-4).0n nomme il/amzcr (illégitime) l'enfant issu d'un mariage à un degré interdit; tel est l'avis de R. Akiba. Simon de Téman nomme ainsi

i. Cf. tr, Yvtna, I, 1 (t. V, p. 165); Derenbourg, Essai, cLc, p. 378.

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