‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 2)Chapitre 128 sur 277 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

qui refuse à une femme qui serait mariée pour la troisième fois, sans eafanl, de rentrer en possession de la Kethoubah (disant que deux mariages stériles suffisent pour établir la présomption) ; et celui qui autorise une troisième relation, défendant seulement la quatrième, adopte l'avis qui confère encore la Kethoubah à une femme qui se sépare d'un troisième mari, sans avoir eu d'enfant. Si les fils mis au monde meurent après la circoncision, on ne circoncira pas le troisième qui naît; selon un autre, on circoncira encore le troisième, mais non le quatrième. On a supposé que cette discussion aussi est conforme à la précédente : celui qui admet qu'il y a lieu seulement en ce cas de circoncire le second fils et non le troisième, se conforme à celui qui refuse à une femme mariée pour la troisième fois, sans avoir d'enfant, de rentrer en possession de la Kethoubah ; et celui qui autorise la circoncision du troisième enfant adopte l'avis qui confère encore la Kethoubah à une femme qui se sépare d'un troisième mari, sans avoir eu d'enfant. Mais, il n'en est pas ainsi ; même d'après cette dernière opinion, il est reconnu ici que déjà le troisième fils ne devra pas être circoncis, en raison du danger couru. On enseigne que R. Nathan raconte* : « Il m'est arrivé de me rendre à Césarée de Cappadoce, où se trouvait une femme dont les fils étaient morts au fur et à mesure qu'après leur naissance on les eut circoncis ; ce fait se renouvela, après le premier, pour le second et le troisième. Elle m'apporta le quatrième à examiner, et comme j'aperçus qu'il n'avait pas le sang nécessaire à la conclusion de l'alliance, j"ai émis l'avis de différer la cérémonie de la circoncision à une époque ultérieure. On le laissa, on le circoncit plus tard ; l'enfant survécut, et on lui donna le prénom de Nathan en mon honneur. »

c Si la femme a eu une fausse couche, dit la Mischnâ, on comptera la période de dix ans à partir de ce jour. » Si elle a eu des enfants et qu'ils sont morts, on comptera à partir du jour du décès, car elle peut arguer que le mauvais air qui a causé la mort de ses enfants est aussi le motif de sa stérilité, R. Eleazar dit, au nom de R. Yossé b. Zimra par quel motif le Mischnâ impose à l'homme seul le devoir de la reproduction ; c'est qu'il est écrit (Genèse, I, 28) : croissez et multipliez, remplissez la terre et dominez-la ; comme ce dernier terme est écrit (par exception) au singulier, on vise la coutume de l'homme à dominer, et ce n'est pas celle de la femme. R. Jérémie, R. Abahou, ou R. Isaac b. Morion, dit au nom de R. Hanina, que l'avis de R. Yohanan b. Broqa, dans la Mischnâ, sert de règle. R. Jacob b. Aha, R. Jacob b. Idi et R. Isaac b. Haqucla, disent au nom de R. Judan Naci, l'avis contraire : si c'est la femme qui a demandé à être épousée par un autre (qu'elle demande la séparation pour défaut d'enfant), on lui accordera ce droit; car elle a raison. R. Eleazar dit aussi, au non de R. Yohanan, que l'avis de R. Yohanan b. Broqa sert de règle. R. Abab. Zabda lui répliqua s'être trouvé en même temps que lui près de R. Hanina (pendant l'enseignement de ce dernier), lequel a seulement déclaré d'avoir à suivre l'avis de R. Yohanan b. Broqa, lorsque la femme

j. B., tr. Sabbat, f. iSAK

96 TRAITÉ YEBAMOTH

privée d'enfant a demandé la séparation, afin d'épouser un autre, et en ce cas Ja raison est de son côté. Ainsi, il a été enseigné ailleurs* : « Dans la semaine; où survient le jeûne du neuf Ab, il est interdit de se raser et de blanchir, sauf le jeudi pour se mettre en état d'honorer le sabbat. » R. Aba b. Zabda dit, au nom de R. llanina, que Rabbi voulut supprimer l'anniversaire du neuf Ab; mais on ne le laissa pas faire. J'étais auprès de toi, lui observa R. Eleazar, lorsque R. Hanina s'est exprimé à ce sujet, et il a seulement dit que Rabbi avait voulu supprimer un jeune de neuf Ab qui se trouvait survenir un samedi, et on ne le laissa pas faire; car, puisque le jeune est ajourné au lendemain dimanche, avait-ii dit, omettons-la. Mais ceux qui se trouvaient là proposèrent de célébrer ce jeûne le lendemain (ce qui fut fait). A ces cas s'applique le verset (Ecclés. IV, 9) : Mieux valent deux qio'un (puisqu'un auditeur a rectifié ce qu'un autre avait mal entendu).

Page 1