CHAPITRE XI
(Lévitique, XXII, 26) : à -partir du huitième jour et au delà, il sera ar/réê comme sacrifice pour V offrir à l'Eternel. On a dit là-bas (à Babylone)au nom de Samuel que l'avis de R. Simon b. Gamaliel peut si^rvir de règle. Selon H. Aba, il y a seulement discussion lorsque l'enfanLn'esl pas venu à terme; mais s'il est né à terme, R. Simon b. Gamaliel reconnaît aussi qu'il n'est pas besoin d'atlondrele troisième jour pour le déclarer viable.
Quant à l'avis de la Mischnâ, disant « ce fils est dispensé de la pénalité légale s'il frappe ou maudit l'un de ses pères putatifs», c'est seulement vrai lorsqu'il s'est mis à frapper ou à maudire deux fois, en raison du doute. Mais, demanda R. Hanania, n'est-ce pas opposé à R. Yohanan ? car au sujet du redoublement du jour de fête dans la captivité •, il y a discussion: d'après R. Yohanan, l'averlissement, môme en présence du doute (comme c'est le cas pour ce jour redoublé), a un effet légal ; selon R. Simon b. Lakisch, il n'en a pi^is (iN'en résulte-t-il pas qu'ici aussi, malgré le doute, ce fils coupable devrait subir une pénalité)? Non, dit R. Ilanina au nom de Rabbi, le tond de la discussion n'est pas semblable : pour le jour de fête redoublé, l'avertissement est valable, parce qu'il sera aisé plus tard de vérifier quel était le vrai jour de fête, tandis qu'ici on ne saura jamais quel est le vrai père (le doute subsiste).
Si le fils douteux a frappé à la fois les deux pères putatifs, ou les a maudits à la fois, il est coupable (puisqu'il y a certitude pour l'un d'eux) ; R. Juda l'absout. Mais, demanda R. Yohanan, est-ce que R. Juda ne se contredit pas? Il dit ailleurs ^ : Celui qui a mangé du nerf sciatique de droite d'un animal la valeur d'une olive, et autant de l'autre côté, devra subir deux fois la pénalité des lanières, ou quatre-vingts coups ; selon R. Juda, il ne sera passible que de quarante coups (ainsi, la peine est seulement réduite en raison do l'incertitude de l'application); pourquoi donc ici R. Judaénonce-t-il une complète dispense? Il n'y a pas de contradiction, dit R. Qrospi : pour le nerf sciatique, le principe de l'interdit est douteux (ne sachant à quel côté l'appliquer, et la certitude naît de la double consommation), tandis qu'ici il y a eu un moment do certitude (pour un seul père), et le doute est survenu par la double union. S'il en est ainsi, observa R. Juda, en cas de confusion de charogne avec de la chair d'animal égorgé, comme le doute est survenu après la certitude, celui qui eu a mangé est-il absous? Certes, dit R. Yossé, en tous cas de doute, R. Juda déclare qu'il y a culpabilité ; mais il fait exception ici, par interprétation du terme. s'ou /7();-e certain (Lévit. XX, 9), non en cas de doute, ou sa mère certaine, non en cas de doute. — «Il fait partie de l'une des sections hebdomadaires sacerdotales etc. », est-il dit. Mais il ne devrait pas en faire partie, ni monter au Temple puisqu'il « n'a pas droit aux revenus »? Il est admis à monter, dit R. Aha ou R. Hinena au nom de R. Yassa, pour ne pas faire rougir la famille dont il fait partie (ne pas rendre son inaptitude évidente). Enfin, « si les deux pères faisaient partie d'une même section, le fils a droit à une part ». Toutefois, dit un enseignement, ils doivent tous deux faire par-
1. J., ir. Pcsakim, V, 4; tr. Nazir, VIII, 1. 2. Tr. Ffoulin, VII, o.
^68 TRAITÉ YEBAMOTH
tie d'une même souche généalogique (sans qu'il y ait lieu de rejeter ce fils de l'une à l'autre).