‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 2)Chapitre 165 sur 277 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

1. La cérémonie du déchaussement doit être accomplie par devant trois juges, fût-ce trois simples Israélites (non magistrats). Si l'acte a été accompli à laide d'un soulier ordinaire (mince), il est valable; en cas d'emploi de sandale de feutre timpilia), il n'a pas de valeur. Une sandale qui a un talon peut servir, et celle qui n'en a pas est impropre à cet effet. Le déchaussement n'est valable que s'il est accompli au-dessous de la cheville, non s'il l'est au-dessus (si les cordons étaient attachés audessus).

Puisque le texte biblique (Deuléron. XXV, 7) recommande à la bellesœur veuve de s'adresser aux anciens (juges), pourquoi noire Mischnâ aulorise-t-elle l'intervention de trois simples particuliers? Il est, en ellet, recommandé de s'adresser aux juges ; mais, au besoin, de simples particuliers suffisent pour la cérémonie du déchaussement, en raison de ce qui est écrit (ibid. 10) : // sera nomme en Israël, par n'importe quel Israélite, le déchaussé. Selon un enseignement, le déchaussement effectué par devant des prosélytes est valable ; selon d'autres, celte cérémonie ainsi accomplie est sans valeur. La première opinion, qui déclare valable un tel déchaussement, est conforme à celle qui conclut de l'expression en Israël à l'extension de cette loi aux prosélytes. La seconde opinion, qui déclare qu'un tel déchaussement est sans valeur, est conforme à l'avis de celui qui, de ladite expression e;i Israël, déduit l'exclusion des prosélytes. Comment se fait-il que ce dernier conclut de l'expression en Israël à l'exclusion des prosélytes, tandis qu'ailleurs (pour la Soucca) on conclut de la même expression à l'extension de cette loi aux prosélytes? C'est que, fut-il répondu i, pour la Soucca la Bible (Lévitique, XXUl, 42) emploie d'abord le mot étranger, par lequel on exclut les prosélytes, puis le mot en Israël, servant aussi à exclure les prosélytes; la double exclusion équivaut à une extension- (et aboutit à impliquer les prosélytes) ; tandis qu'ici, l'expression en Israël est isolée, et on en déduit l'exclusion des prosélytes.

Selon un enseignement, le déchaussement opéré devant deux personnes est sans valeur; selon d'autres, même devant deux personnes, il est valable. La première opinion est conforme à celle qui déclare nul le déchaussement opéré devant des prosélytes; la seconde opinion paraît conforme à celle qui admet le déchaussement opéré devant des prosélytes (elle est moins sévère pour la composition de ce tribunal). Toutefois, même d'après celui qui admet pour valable le déchaussement opéré devant des prosélytes, une telle cérémonie accomplie devant deux personnes est sans effet, de même qu'une

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